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Titre
La stratégie de l’appât
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Titre Paul May
La stratégie de l’appât
Roman d’aventure
5 Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit, 2010 www.manuscrit.com © Couverture : droits réservés ISBN : 978-2-304-03252-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304032529 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03253-6 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304032536 (livre numérique)
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La Stratégie de l’Appât
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AUMAUVAISENDROIT,AUMAUVAISMOMENT.
Il fait beau en ce trente avril au soir. Le printemps est enfin de retour. Une dernière fois, je traverse le petit square devant mon groupe d'immeubles à Villeurbanne. Je suis heureux car aujourd’hui commence vraiment ma retraite, officiellement prise depuis une quinzaine de jours. Mon appartement est vendu. Seul un lit de camp et quelques affaires de toilette me permettront de passer ma dernière nuit avant de tout emballer et partir définitivement demain matin pour l’avant-pays savoyardoù se trouve ma maison. Construite sur une colline dominant la petite ville de Yenne, la vieille ferme assez isolée que j’ai restaurée au fil des années m’offre un magnifique point de vue à l’ouest sur le Rhône qui s’engouffre dans les
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La stratégie de l’appât
Gorges de la Balme et le défilé de Pierre Châtel ainsi que les riantes collines avoisinantes. A l’est je suis dominé par la montagne du Chat et sa fameuse Dent qui me sépare du lac du Bourget, le plus grand de France. Je compte bien avoir une retraite active sans me limiter à ce que j'ai déjà prévu : une quantité de livres en attente, la visite de plusieurs pays où je ne suis encore jamais allé, la mise en œuvre des nombreux projets de développement pour mon jardin d’agrément et, après avoir approfondi mes connaissances des logiciels spécialisés, j’espère enfin réaliser les montages photos et films que j’ai retardès depuis plusieurs années. Je souhaite aussi perfectionner les quelques gadgets électroniques que j’ai développés sous la pression des évènements. Il m’a fallu un second cambriolage, il y a quelques années, pour que je me décide à protéger correctement la maison qui est fort isolée. Bien entendu j’ai un système d’alarme classique avec télésurveillance mais j’ai ajouté quelques compléments de ma conception : plusieurs mini caméras, parfaitement dissimulées et reliées à des enregistreurs, peuvent filmer les visiteurs en cas d’intrusion. Le square où je me trouve est un triangle de terrain non goudronné coincé entre une importante avenue très passante, une rue secondaire et une petite contre-allée servant
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Paul May
surtout à garer les voitures. Sur cet espace restreint cohabitent plusieurs arbres assez majestueux qui ne tarderont pas à disparaître grâce à la pollution, une herbe rare qui essaye dèsespérément de croître, quelques bancs peu utilisés, une cabine téléphonique d’aluminium et de verre implantée dans la partie la plus large du terrain et surtout une quantité impressionnante de crottes de chiens. Sur l’un des bancs, proche de la cabine téléphonique, est assis un homme qui lit un journal.Vêtu d’un pantalon de ville brun sombre, d’une chemisette beige à col ouvert et d’un ample blouson, il a des cheveux bruns taillés en une brosse courte et un visage anguleux.en lui fait penser à un ancien Tout militaire. Je remarque alors un magnifique Golden Retriever, crème pâle,qui urine sur un arbre tout proche de la cabine téléphonique. Une longue laisse le relie à son maître, un homme d’une quarantaine d’années, mince, les cheveux blonds soigneusement coiffés et vêtu d’un complet deux pièces gris de bonne coupe,qui, dans la cabine, semble très concentré sur sa conversation. Bientôt il raccroche et sort. Sur le banc l’homme replie son journal, se lève et, en se dirigeant vers la cabine, croise le propriétaire du chien, le heurte légèrement et s’excuse en s’éloignant.
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La stratégie de l’appât
Le chien et son maître arrivent bientôt à ma hauteur. Soudain celui-ci porte ses mains à sa poitrine, se plie en deux et tombe à terre. Je me précipite et me penche pour lui demander ce qu'il a. Un peu de bave sort de sa bouche, il halète. Je vois ses lèvres bouger, il murmure quelque chose que je ne comprends pas. Je me penche : «S’il vous plait… Protégez … l’en-cas, murmure-t-il péniblement à plusieurs reprises. S'il vous plaît. Protégez …l’en-cas.» Sa main gauche agrippe et serre fortement mon poignet droit tandis que je sens sa main droite s'appuyer sur mon côté gauche dans un geste implorant mon aide puis il est animé d'un dernier tremblement, ses muscles se tendent brutalement et se relâchent. Je touche sa carotide : il est mort. Les passants, toujours curieux, forment maintenant un attroupement autour du corps. Je m’écarte un peu pour téléphoner à police secours et aux pompiers. Quand je me retourne vers le mort je remarque un homme qui le palpe discrètement, il ne me voit pas mais je le reconnais : c'est celui qui lisait sur le banc et il me semble qu’il s'esquive rapidement lorsqu'il entend les premiers avertisseurs annonçant l'arrivée des secours. La police questionne soigneusement toutes les personnes présentes. Je décris en détail tout ce que j'ai vu mais par un réflexe involontaire je
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