La stratégie du mort

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C'est souvent quand on se sent un peu perdu qu'on est sur le point de retrouver son chemin. Pour Pierre Rogue, il faudra bien plus que ça. Pris dans les rets d'une jalousie destructrice, manipulé, démuni, il erre de New York à Boston sur les traces d'un passé fictionnel qu'il tarde à reconnaître comme le sien. De mauvaises surprises en déconvenues cuisantes, il cherche à surnager dans les flots troubles de ce monde américain qu'il connaît mal. Dans ce récit initiatique aux accents de roman policier, Alain Geoffroy explore la nature paradoxale de ce qui façonne l'existence humaine, lorsque le désir surgit de la nécessité de survivre et que résister constitue la pire des attitudes.
Publié le : mardi 9 octobre 2007
Lecture(s) : 130
EAN13 : 9782304000849
Nombre de pages : 341
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Titre
La stratégie du mort
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Titre Alain-Michel Geoffroy
La stratégie du mort
Roman
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00084-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304000849 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00085-6 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304000856 (livre numérique)
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IV
I
Je n’ai jamais aimé les voyages. Je suis plutôt un homme tranquille ; j’apprécie les habitudes et la routine, savoir de quoi l’avenir proche sera fait pour m’endormir en paix, dans la certitude du lendemain. L’improvisation me déprime, je ne suis pas un homme d’action. Loin de chez moi, je crains toujours de ne pas être à la hauteur, d’avoir l’air ridicule. Le goût de l’aventure m’est inconnu. Il me faut du calme, de la stabilité, des repères, un programme. À l’étranger, je crains toujours de me perdre, de ne pas arriver à me faire comprendre. Fort heureusement, mon travail ne m’a que rarement – et brièvement – amené à m’expatrier car je n’ai aucun don pour les langues, et si j’en baragouine plusieurs, il m’a fallu beaucoup d’efforts pour parvenir à de piètres résultats. Je n’avais pas choisi d’aller en Amérique, mais mes fonctions – j’occupe aujourd’hui un poste à responsabilités – m’y appelaient. À New York. J’avais imaginé à l’avance tous les clichés du Nouveau Monde, les gratte-ciel, les grosses
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voitures, la vie trépidante des grandes cités américaines. Tout un univers où je n’avais pas ma place. Où tout est trop grand, trop ambitieux, trop rapide. J’avais tout d’abord songé n’y rester que le temps nécessaire pour régler mes affaires, trois jours tout au plus, mais surmontant mes appréhensions, je m’étais résolu à prolonger mon séjour outre-Atlantique pour faire un peu de tourisme. Une semaine, dix jours, pour ne pas mourir idiot, sans avoir vu l’Amérique… Avant même de partir, j’anticipais déjà le moment de mon retour, la satisfaction du devoir accompli, le soulagement de m’en être plus ou moins bien tiré. Il y a quelques années (pas mal, en fait), j’avais décidé de visiter l’Angleterre, parce que des amis m’avaient vanté le pays, pour connaître autre chose, au moins une fois dans ma vie. J’avais prévu d’y séjourner cinq jours, le temps d’un forfait proposé par la compagnie de ferry-boats. Finalement, j’étais resté deux semaines outre-manche, mais j’avais pris mon temps. C’est comme ça que je concevais les voyages, à la rigueur… J’y étais retourné, plus tard, en d’autres circonstances, mais cette fois-là, je n’avais, pour ainsi dire, fait que l’aller et retour, trop content de rentrer chez moi et de retrouver mon train-train. Et puis deux jours à Bruges, et un mois en Allemagne quand même… Toujours à cause du
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