La trilogie romanesque. Les cancrelats, Les méduses, Les phalènes

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Les cancrelats, le roman qui bondit. Les méduses, le roman de la rumeur. Les phalènes, le roman des murmures.
L'univers romanesque passionné et magique d'un immense écrivain qui boitait comme un diable et écrivait comme un dieu.
Publié le : jeudi 26 mars 2015
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EAN13 : 9782072585838
Nombre de pages : 976
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Aux Éditions Gallimard
D u m ê m e A u t e u r
ŒUVRES COMPLÈTES, I« J’étais nu pour le premier baiser de ma mère »,collectionContinents Noirs, 2013
C O N t I N e N t S N O I r S Collection dirigée par JeanNoël Schifano
Les littératures dérivent de noirs continents.
Manfred Müller
t C h I C A y A u t A m ’ S I
L AT R I L O G I ER O M A N E S Q U E Les cancrelats Les méduses Les phalènes
Œ U V R E SC O M P L È T E S,I I
Avant-propos d’Henri Lopes Édition postfacée et préparéepar Boniface Mongo-Mboussa
c o n t i n e n t s n o i r s g a l l i m a r d
Volume publié avec l’aide des Services culturels de l’Ambassade du Congo
© Éditions Gallimard, 2015.
Avant-propos
Un enfant terrible
C’était au milieu des années quatre-vingt. Dans les jar-dins de sa propriété de Normandie, la nuit descendait, il fallait regagner Paris. Il avait passé l’après-midi à échan-ger son nom avec celui de mon fils. Un jeu de fou auquel l’un et l’autre prenaient un plaisir enfantin. Il y a quelques années, mon fils, Thomas, m’avait invité à l’accompagner visiter un appartement qu’il souhaitait e acquérir, dans le XV arrondissement. En pénétrant dans l’ascenseur, j’eus l’impression de me retrouver dans un décor où j’avais vécu. Dans l’appartement, cette sensa-tion se confirma. Comme si me remontaient des souvenirs d’une vie antérieure. C’était absurde. C’est à la fin de la visite, dans le jardin de la vaste cour intérieure, puis en lisant le nom de la rue, Lakanal, que tout s’éclaircit. Madeleine de Proust ou chemin de Damas, je vous laisse le choix. L’adresse de Thomas est aujourd’hui celle de Gérald, avec lequel il changeait de prénom. J’étais venu en ce lieu un demi-siècle plus tôt. Je ne crois pas au hasard et encore moins à toutes les interpréta-tions auxquelles certaines coïncidences donnent lieu. Mais il y a des hasards étranges, non ? Une amie d’enfance nous avait emmenés, Nirva, ma jeune femme, et moi, rue Lakanal, où demeurait son cousin,
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La trilogie romanesque
l’écrivain Tchicaya U Tam’si. Il vivait dans un ensemble de bâtiments, récemment construits, en carré, autour d’une cour égayée par une vaste pelouse et des massifs de fleurs. Le décor est resté le même. Démangé par une envie d’écrire que la pudeur me retenait d’avouer, je frétillais à l’idée de rencontrer ce compatriote dont un éditeur prestigieux avait déjà publié quelques plaquettes. L’accueil fut tiède. L’homme me toisa. Étais-je vraiment un Congolais, avec cette peau café au lait ? Mais surtout, Tchicaya U Tam’si n’aimait pas qu’on surgisse chez lui sans s’être annoncé. Je voulus le caresser dans le sens du poil en lui parlant de sa poésie. En termes élogieux. En fait, je n’avais lu que deux de ces poèmes ; la beauté des vers m’avait enchanté, mais le sens m’avait paru éso-térique. Il sembla ne pas entendre mes compliments. Mes études d’histoire l’intéressaient plus. Au moment de prendre congé, il me demanda de pas-ser le voir à l’Unesco. Il y travaillait. Le lendemain, je m’y présentais. La réceptionniste avait beau feuilleter et refeuilleter son annuaire, elle ne trou-vait aucun monsieur Tchicaya. J’insistais. Elle me tendit le document où figuraient par ordre alphabétique tous les fonctionnaires de la maison. Effectivement, aucun Tchicaya. Soudain surgit notre homme. Il me reprocha mon retard, en ajoutant que j’étais vraiment un Congolais pour man-quer ainsi de ponctualité. L’incident clos, il m’expliqua que Tchicaya U Tam’si était son pseudonyme ; que son nom n’était pas Tchicaya,
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