La vie n'est pas un roman

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Quand elle y réfléchit, son existence n'a rien d'extraordinaire : Odile est une bourgeoise d'un modèle courant. Petite provinciale longtemps solitaire, elle a fini par épouser un médecin qui aurait pu être son père. Il avait déjà deux fillettes, une jolie demeure de campagne assez délabrée, un bel appartement... L'avenir est tout tracé. Qu'elle ait rencontré le fascinant Vieux Monsieur au fin fond des Indes, quand elle y était infirmière, n'est pas si banal, mais ensuite le rôle d'Odile ressemble à celui de beaucoup d'autres : les enfants à élever, puis à caser, plus ou moins bien, les amis à recevoir, la Faisanderie ruineuse qu'il faut entretenir comme on peut, et maintenant ce vieillard à soigner, que la mort guette.

Du fond de son lit, il n'a sans doute pas tort de répéter en bougonnant que " la vie n'est pas un roman ". Mais celle d'Odile est pourtant singulière par sa plénitude ordonnée, ce courage à poursuivre la tâche, à lutter vaille que vaille contre les rides, le poids, le temps.

La puissance, la vérité du personnage imaginé par Claire Gallois tient à la densité d'un roman nourri d'expérience, d'observations, de détails saisis sur le vif. Toute femme s'y reconnaît un peu, surprise en ses secrets, tandis que l'humour acide, le ton parfois gavroche de l'auteur - c'est sa façon d'être pudique - colorent de désinvolture sa vision très originale des êtres, des enfants, de l'amour. Claire Gallois trouve ici la plénitude d'un talent qui ne doit rien à personne. Son style est une voix. Sa voix. Nette, mais qui garde toujours un souvenir de tendresse derrière le sourire des dents serrées.
Publié le : mercredi 20 septembre 1978
Lecture(s) : 32
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246064893
Nombre de pages : 256
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Quand elle y réfléchit, son existence n'a rien d'extraordinaire : Odile est une bourgeoise d'un modèle courant. Petite provinciale longtemps solitaire, elle a fini par épouser un médecin qui aurait pu être son père. Il avait déjà deux fillettes, une jolie demeure de campagne assez délabrée, un bel appartement... L'avenir est tout tracé. Qu'elle ait rencontré le fascinant Vieux Monsieur au fin fond des Indes, quand elle y était infirmière, n'est pas si banal, mais ensuite le rôle d'Odile ressemble à celui de beaucoup d'autres : les enfants à élever, puis à caser, plus ou moins bien, les amis à recevoir, la Faisanderie ruineuse qu'il faut entretenir comme on peut, et maintenant ce vieillard à soigner, que la mort guette.

Du fond de son lit, il n'a sans doute pas tort de répéter en bougonnant que " la vie n'est pas un roman ". Mais celle d'Odile est pourtant singulière par sa plénitude ordonnée, ce courage à poursuivre la tâche, à lutter vaille que vaille contre les rides, le poids, le temps.

La puissance, la vérité du personnage imaginé par Claire Gallois tient à la densité d'un roman nourri d'expérience, d'observations, de détails saisis sur le vif. Toute femme s'y reconnaît un peu, surprise en ses secrets, tandis que l'humour acide, le ton parfois gavroche de l'auteur - c'est sa façon d'être pudique - colorent de désinvolture sa vision très originale des êtres, des enfants, de l'amour. Claire Gallois trouve ici la plénitude d'un talent qui ne doit rien à personne. Son style est une voix. Sa voix. Nette, mais qui garde toujours un souvenir de tendresse derrière le sourire des dents serrées.
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