La vie ne se refait pas, elle continue

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« Alors apparut à René la créature la plus divine qui existait. C’était Sirius, la plus brillante des étoiles. Il en fut ébloui. Rien de plus merveilleux ne pouvait surpasser tant de beauté. Dieu avait réuni dans ce visage tous les traits du charme et de la douceur. Cette divine apparition troubla René. »

Alors qu’il pose les yeux sur Lucette pour la première fois, René se demande s’il lui sera un jour donné d’aimer et de connaître le bonheur. Ses années de jeunesse ne furent pas les plus heureuses, ballotté par le destin dans l’étrange atmosphère de l’après-guerre, entre la beauté de la Provence et les horreurs de la guerre d’Algérie. Il ne parvient plus à croire que l’avenir pourra lui sourire un jour. Et pourtant, si la vie ne se refait pas, elle continue et peut parfois réserver bien des surprises.

Dans un style réaliste qui replonge le lecteur dans le climat des années 50 et 60, Marcel Andiné dépeint, souvent avec poésie, le parcours d’un jeune homme courageux face aux vicissitudes de la vie.


Publié le : jeudi 1 janvier 2009
Lecture(s) : 37
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9789999996583
Nombre de pages : non-communiqué
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La fin du mois Il était un peu plus de dix-neuf heures. René, épuisé par une pénible journée de travail, quitta le magasin d’articles ménagers où il était employé depuis un mois. L’embauche lui avait été facilitée par son ancien directeur de lycée, lequel était en parfaite amitié avec le dirigeant de cette entreprise. Il lui avait donc été facile d’obtenir un emploi en qualité de teneur de livres. D’ailleurs, depuis un certain temps déjà, le gérant de l’établissement cherchait un employé. Le jeune homme possédait toutes les qualités requises par cette fonction. Il était sorti diplômé d’une École de Commerce, muni d’une petite, mais solide expérience et nullement âpre au gain. En attendant mieux, il ne pouvait refuser. Dans cet emploi précaire, il imaginait avoir trouvé non pas un travail, mais une occupation passagère. Elle l’aiderait à oublier les noires meurtrissures d’un passé flétri. La médiocre rémunération qu’il percevait lui permettait tout juste de vivre. Il eût des charges familiales que les fins de mois à venir eussent été bien difficiles. Mais, à présent célibataire, la vie l’ayant profondément éprouvé, le maigre salaire lui paraissait suffi-sant. À partir du moment où il n’était pas une charge trop importante pour son oncle généreux, peu lui importait qu’il gagnât peu ou beaucoup. Il avait traversé ces dernières années comme dans un éboulement, grattant de ses ongles la terre, n’y arrivant pas, cherchant une issue, ne la trouvant pas ; le gain, à présent, était le cadet de ses soucis. Pourtant, on lui avait dit que, à la sortie de l’École de Commerce, le diplôme obtenu lui ouvrirait grand nombre de portes. Par contradiction, son oncle persistait à dire que seul le travail manuel et non l’instruction était le moyen sûr d’obtenir un emploi rémunérateur. Chaque fin de mois, leur salaire obtenu, son parent et ses amis, joyeux de se réunir, fêtaient au café une première dépense. C’était chez eux une habitude.
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