La vie privée

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Huis clos dans une maison du bord de mer. Tandis que la dépouille d’Émile repose dans une chambre à l’étage, le narrateur attend le dominateur. Une voiture se gare, c’est lui, le voilà dans l’embrasure de la porte, pile à l’heure, et sa ponctualité est déjà une forme de sévérité. Se joue alors la scène primitive, danse d’Éros et Thanatos, entre ombres et lumières, sexe et effroi. Poussés aux derniers retranchements de la chair et de l’esprit, les corps exultent, souffrent et jouissent, livrent leur essence même. Avec La vie privée, Olivier Steiner signe un voyage sans retour, magnifique oraison funèbre, expérience de lecture rare où se dévoile notre humanité dans ce qu’elle a de plus noir et de plus cru.
Publié le : jeudi 6 mars 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072540905
Nombre de pages : 145
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D U M Ê M E AU T E U R
Aux Éditions Gallimard
BOHÈME, 2012. Prîx Rîve Gauche à Parîs, 2012.
L’Ar penteur
Coectîon créée par Gérard Bourgadîer
dîrîgée par Ludovîc Escande
Oîvîer Steîner
L A V I E P R I V É E
r o m a n
© Éditions Gallimard, 2014.
Ce sont les organismes qui meurent,pas la vie. GILLES DELEUZE
Le jour se pose, e soîr arrîve. Nous ne savons presque rîen, sî peu de choses. Chaque certîtude est ébranée par une nouvee ques-tîon. Du temps passe, des étoîes s’aument et s’éteîgnent, chaque nuît est a dernîère des nuîts et pourtant chaque nuît aîsse a pace à un nouveau jour. Le soîr arrîve, e jour se pose. I ève a tête. La couche des nuages est étonnamment basse, ee surpombe a vîe, a mort, es petîtes boïtes aîgnées des maîsons coîncées entre es maraîs et a page. Vu d’en bas on pourraît croîre que e cîe veut dîre queque chose, qu’î s’approche ou se penche, menace, veut recouvrîr, à moîns que ce ne soît a mer quî ne cherche à s’éever. Au arge, des vagues se dressent et tentent de échera brume céeste, tout se passe en sîence, dans un sîence grîs, étoufant, quî s’évapore,
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încompréhensîbe. Le cîe ne dît pus rîen. Le cîe n’a jamaîs rîen dît et, sous e cîe, tout se taît. Lentement î erme es voets. I s’arrête, erme es yeux, respîre. I revîent à uî, reprend, essaîe pusîeurs combînaîsons. Te voet entrouvert, te autre rabattu, tous es voets ermés en même temps. I aumedes ampes, es éteînt, compare, mesure es contrastes, vérîfie es ombres portées. I aît moduer e varîateur du ampadaîre haogène. C’est une questîon d’adresse car tout se joue à queques mîîmètres près. Un éger roue-ment des doîgts, un sîmpe trembement et e varîateur s’embae, a umîère saute. On dîraît qu’î ajuste e crépuscue. I voudraît que a umîère uî obéîsse, qu’ee passe de a carté aux ténèbres doucement, docîement, en respectant es dégradés înînîs de sa voonté. I cherche e bon écaîrage, ’écaî-rage juste. Pas d’haogène, noîr. I pose a petîte ampe sur e tapîs près du canapé et a recouvre d’un tîssu banc. I s’éoîgne, prend du recu pour mîeux se rendre compte, maîn-tenant î aît trop sombre. Le but est quand même d’apercevoîr es yeux, c’est împortant es yeux, e regard, c’est très împortant.I change de pîèce, ouvre grand a enêtre,
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