Lady Roxana

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Née à Poitiers, de parents protestants, Roxane est venue en Angleterre en 1683 avec ses parents qui fuyaient devant la persécution. Très belle, elle épouse à quinze ans un riche brasseur. Après huit ans d'une vie assez brillante, son mari prend la fuite pour éviter la faillite. La jeune femme est réduite à la misère. Elle confie ses enfants à ses beaux-parents et devient la maîtresse de son propriétaire, sa servante, Amy, jouant le rôle décisif de l'entremetteuse. Le couple est parfaitement assorti et va s'établir à Paris, où Roxane devient rapidement célèbre pour sa beauté. Son amant est assassiné et elle tombe dans les bras d'un prince de sang avec qui elle voyage en Italie...Ce roman de forme autobiographique, dans la lignée de Mol Flanders, nous raconte la vie d'une femme à l'énergie indomptable, d'une extraordinaire vitalité, magnifique et passionnante aventurière.
Publié le : mardi 30 août 2011
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EAN13 : 9782820603821
Nombre de pages : 391
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LADY ROXANA
Daniel Defoe
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0382-1
Notice sur Daniel Defoe
Il n’est pas rare, en littérature, qu’un livre immortalise un homme et tue l’œuvre entier de l’écrivain. L’abbé Prévôt est l’auteur deManon Lescaut,Bernardin de Saint-Pierre l’auteur dePaul et Virginie,Goldsmith l’auteur duVicaire de Wakefield, et Daniel Defoe l’auteur deRobinson Crusoe.On ne s’inquiète pas de savoir si ces chefs-d’œuvre populaires sont, comme la fleur de l’aloès, une éclosion magnifique, mais solitaire, ou s’ils sont préparés, amenés, soutenus et comme expliqués par une série d’autres ouvrages de moindre mérite, sans doute, mais d’un intérêt encore bien vif, puisqu’ils marquent les phases de l’évolution d’un grand esprit. Nul plus que Defoe n’a souffert de ce dédain superbe de la postérité. Nul plus que lui n’a des titres à entrer dans cette galerie des auteurs de chefs-d’œuvre et de curiosités littéraires qu’on ignore ou dont on ne se souvient pas. Daniel Defoe naquit à Londres en 1663. Il eut pour père un boucher. Il reçut une solide instruction. Son père était un dissenterou dissident ; c’est-à-dire un ennemi de l’Église anglicane officielle. L’instruction est souvent tenue en plus haute estime dans les sectes que dans l’Église dominante. Les raisons en seraient faciles à donner ; mais elles sont aussi faciles à comprendre, et les exposer nous entraînerait trop loin. Il serait également trop long de raconter comment Daniel Defoe, destiné d’abord au commerce de la bonneterie, jeta, si l’on veut me permettre cette application particulière d’une phrase leste et banale, ses bonnets par dessus les moulins, et, dès l’âge de 21 ans, s’annonça comme publiciste par un pamphlet où il prend parti pour la civilisation contre la barbarie, et montre à ses contemporains que la haine du catholicisme ne doit pas leur faire souhaiter de voir l’Autriche engloutie sous l’inondation des Turcs. Il est dès lors lancé dans la politique militante, à ses risques et périls ; et il ne s’y ménage pas. Complice du duc de Monmouth, et agent actif de la révolution de 1688, auteur d’un poème où il
prouve que le devoir d’unvéritable anglaisest de reconnaître Guillaume d’Orange, conseiller du nouveau roi, agitateur parlementaire (Pétition de la Légion,1701), il acquiert, sous la reine Anne, une notoriété, qu’il paya cher, par la publication de son pamphlet,The shortest way with the Dissenters(« Le plus court chemin pour en finir avec les Dissidents »), ironie sanglante où il propose la pendaison comme unique remède, et dont les conformistes conçurent une rage d’autant plus grande qu’ils avaient pris d’abord Defoe pour un des leurs, et sa cruauté dérisoire pour un zèle de bon aloi. Leur déconvenue se traduisit par le pilori et la prison dont leur tolérance gratifia l’auteur. Dans sa cellule de Newgate, celui-ci parvint, non seulement à écrire, mais à faire publier un journal politique et satirique, que toute la presse militante du monde entier peut fièrement revendiquer pour aïeul ; car, s’il y avait déjà quelques feuilles de nouvelles ou d’adresses, rien de pareil n’existait encore. Ce journal,The Review(« La Revue »), dont le premier numéro parut le 19 février 1704, fut d’abord bi-hebdomadaire. À partir de l’année suivante, il se publia trois fois par semaine, et dura neuf ans. Il n’a jamais été réimprimé. Ce serait pourtant une grande curiosité, car on n’en connaît, paraît-il, qu’un exemplaire complet, jalousement gardé dans une bibliothèque particulière. Le reste de sa vie politique, quels qu’en soient les revirements et les péripéties, ne doit pas nous arrêter ici où nous avons à donner quelques notes bibliographiques et non pas à faire une biographie. Nous n’avons pas davantage à prendre parti dans la controverse qui vient de s’élever sur la question de savoir si Defoe fut un héros ou un coquin. Tout en croyant, cette fois encore, que la vérité se tient entre les opinions extrêmes, il nous suffira de rappeler qu’après avoir été de nouveau condamné à la prison et à l’amende (20,000 francs, il passa les quinze dernières années de sa vie occupé de travaux littéraires dont le nombre et la valeur ne l’empêchèrent pas de mourir dans la misère, à l’âge de soixante-dix ans (1731). Peu d’écrivains furent aussi féconds. L’œuvre de Dumas, à laquelle tant de collaborateurs mirent la main, est à peine comparable comme quantité à celle de Daniel Defoe, lequel n’eut jamais, que je sache, ni rédacteurs, ni préparateurs. On compte
qu’il écrivit deux cent cinquante volumes et brochures, parmi lesquels, sans parler deRobinson Crusoe,plusieurs romans de longue haleine, tels que :La vie, les aventures et les pirateries du capitaine Singleton ; la Vie du colonel Jack ; les Mémoires d’un cavalier ; la Vie de Moll Flanders ; la Vie et les aventures de Duncan Campbell,etc. Citons encore, dans des genres divers : l’Histoire du Diable,l’Histoire de la Grande Peste de Londres,morceau resté classique, leNouveau voyage autour du Monde,etc., etc. Les œuvres de Defoe n’ont jamais été réunies en une collection complète. L’édition en 4 vol. in-8°, de Londres, 1810, est bien insuffisante ; il en est de même de celle que l’on trouve à laBohn’s Standard Library,en 7 volumes, la seule que le public puisse aujourd’hui facilement se procurer. On en annonce heureusement une édition complète, moins les écrits périodiques, en vingt-deux volumes, chez MM. Bickers et fils. Le roman dont nous offrons pour la première fois une traduction, exacte et complète, au public français, est, avecMoll Flanders,l’œuvre la plus remarquable de Defoe, romancier. Encore une fois, je laisse à partRobinson Crusoe,livre unique, que tout le monde connaît, sans doute, mais qu’il me faudrait bien plus de pages que je n’en ai à ma disposition pour faire connaître ici. On trouvera dansLady Roxanatoutes les qualités et les défauts de l’auteur : une négligence voulue, des longueurs, des répétitions d’idées autant que d’expressions, une absence d’art, enfin, qui pourrait bien être, chez Defoe, le comble de l’art, car elle donne à ses récits une intensité de vie et une vraisemblance tout à fait extraordinaires. Il est inutile de dire que notre traduction n’esquive rien, qu’elle est un calque aussi fidèle et aussi pur qu’on a pu le faire, mais nullement un arrangement ni une interprétation. « Les romans de Defoe, dit M. Léon Boucher, professeur de la Faculté des lettres de Besançon, toujours sous la forme autobiographique, ont un accent de sincérité qui leur donne l’air de confessions, et la fiction chez lui n’est que le trompe-l’œil de la réalité. » Cette dernière métaphore, qu’il faut être professeur pour avoir le droit de se permettre, n’en donne pas moins l’impression assez exacte de la manière de l’auteur deLady
Roxana.En notre temps de réalisme et de naturalisme, le trait n’est pas fait pour déplaire. Et cependant peut-être sera-t-on choqué en France, plus qu’on ne l’est dans la patrie dushocking, de la liberté de langage, souvent grossière et touchant parfois à la brutalité, dont l’auteur use sans le moindre embarras. Mais la e langue a pris, depuis le XVII siècle, en Angleterre comme en France, des délicatesses outrées qui n’ont rien à voir avec la véritable morale. C’est le privilège de nos auteurs classiques de se faire lire de tous, et, qui plus est, de se faire étudier dans les classes, avec leurs nudités ou leurs rudesses d’expressions, sans qu’ils éveillent de pensées déshonnêtes dans les esprits les plus raffinés comme les plus innocents. Sans parler des autres où les exemples seraient trop faciles à prendre, qui reproche à Racine d’avoir, dans une pièce religieuse destinée à être jouée par des jeunes filles rigidement élevées, introduit ce vers où il est dit de l’altière Vasthi qu’Assuérus La chassa de son trône ainsi que de son lit ? Qu’on ne s’effarouche donc pas trop si le lit est souvent et naïvement mis en scène dans le livre de Defoe, dont je demande à donner ici le titre entier, avec sa prolixité amusante et caractéristique de l’époque à laquelle il fut écrit : « L’Heureuse Maîtresse ou Histoire de la vie et de la grande lle Diversité de Fortunes de M de Beleau, plus tard appelée comtesse de Wintselsheim, en Allemagne ; qui est la personne connue sous le nom de Lady Roxana, au temps du Roi Charles II. » (Londres, 1724.)
PRÉFACE
L’histoire de cette belle dame porte avec elle son propre témoignage. Si elle n’est pas aussi belle que la dame même est représentée l’être, si elle n’est pas aussi divertissante que le lecteur le peut désirer, ni beaucoup plus qu’il ne peut raisonnablement s’y attendre, et si toutes les parties les plus divertissantes n’en sont pas appropriées à l’instruction et au perfectionnement du lecteur, le narrateur déclare que ce doit être la faute de son récit ; il aura habillé l’histoire de vêtements inférieurs à ceux que la dame dont il rapporte les paroles, préparait pour l’offrir au monde. Il prend la liberté de dire que ce récit diffère de la plupart des pièces contemporaines de ce genre, bien que quelques-unes d’entre elles aient rencontré dans le monde un très bon accueil. Je dis qu’il en diffère en un point considérable et essentiel, à savoir qu’il est fondé sur la vérité des faits ; de sorte que l’œuvre n’est pas un conte, mais une histoire. La scène est placée si près du lieu où la partie principale de l’action s’est passée, qu’il a été nécessaire de déguiser les noms et les personnages, de peur que le souvenir d’événements, qui ne sauraient être encore complètement oubliés dans ce quartier de la ville, ne soit ravivé, et que les faits ne puissent être restitués trop clairement par bon nombre de gens vivant encore aujourd’hui, qui, par les détails, reconnaîtraient les personnages. Il n’est pas toujours nécessaire que les noms des personnages se découvrent, et l’histoire peut n’en être pas moins utile de mainte façon. Si nous étions toujours obligé ou de nommer les personnages, ou de ne pas faire le récit, il en résulterait cette seule conséquence : c’est que beaucoup d’histoires agréables et charmantes seraient ensevelies dans l’ombre, et que le monde serait à la fois privé du plaisir et du profit qu’il y trouve. L’auteur déclare qu’il connaissait particulièrement le premier
mari de cette dame, le brasseur, et son père, et aussi ses difficultés d’argent ; et il sait que toute cette première partie du récit est vraie. Ceci peut, il l’espère, être une garantie de la bonne foi du reste, bien que la fin de l’histoire se passe à l’étranger et ne puisse pas être si facilement attestée que le commencement. Cependant, comme c’est la dame elle-même qui l’a racontée, nous avons d’autant moins de motifs de mettre en doute la vérité de cette dernière partie. À la manière dont elle raconte son histoire, il est évident qu’elle n’insiste nulle part pour se justifier. Encore moins offre-t-elle sa conduite, ou même aucun trait de sa conduite, si ce n’est son repentir, comme modèle à imiter. Au contraire, elle fait de fréquentes digressions pour censurer et condamner justement ses propres actes. Combien de fois ne s’adresse-t-elle pas les reproches les plus passionnés, nous fournissant des réflexions pleines de justesse pour les cas semblables ! Il est vrai qu’elle a trouvé un succès inespéré dans toutes ses fautes. Mais même dans la plus grande élévation de sa prospérité, elle reconnaît fréquemment que les plaisirs dus à sa mauvaise conduite ne valaient pas le repentir, et que toute les satisfactions qu’elle avait, toute sa joie en présence de sa fortune, non, pas même toute l’opulence où elle nageait, ni son éclat extérieur, ni l’appareil et les honneurs qui l’accompagnaient, ne pouvaient calmer son esprit, ni faire taire les reproches de sa conscience, ou lui procurer une heure de sommeil, lorsque de justes réflexions la tenaient éveillée. Les généreuses déductions qui se tirent de cette partie de l’histoire valent autant que tout le reste, et, étant le but avoué de la publication, la justifient pleinement. S’il y a des passages dans ce récit où, étant obligé de rapporter une action mauvaise, on semble la décrire trop clairement, l’auteur déclare qu’on a pris tout le soin imaginable de se garder des indécences et des expressions immodestes ; et l’on espère que vous n’y trouverez rien qui puisse exciter un esprit vicieux, mais que vous y trouverez, au contraire, à chaque page, beaucoup pour le décourager et le confondre.
Les scènes de crime ne peuvent guère être représentées de manière que quelques-uns n’en fassent un criminel usage. Mais lorsque le vice est peint sous ses viles couleurs, ce n’est pas pour le faire aimer, mais pour l’exposer au mépris ; et si le lecteur fait un mauvais usage d’un tel tableau, la méchanceté lui en appartient tout entière. D’un autre côté, les avantages du présent ouvrage sont si grands, et le lecteur vertueux y trouvera l’occasion de tant de perfectionnements, que nous ne faisons pas de doute que ce récit, quelque médiocrement raconté qu’il soit, ne pénètre jusqu’à lui dans ses meilleures heures de loisir, et ne soit lu avec délices et profit à la fois.
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