Le capteur de rêves

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Des cadres et des situations de départ réalistes. Des scénarii plausibles, fréquemment troublés par l’irruption de phénomènes paranormaux, drôles, poétiques ou angoissants.
Des fins, parfois ouvertes, qui entretiennent le mystère, des narrateurs pouvant se révéler surprenants, des points de vue variés, induisent une diversité d’écriture sur l’ensemble du recueil.
Le décor enchanteur de la Martinique sert de toile de fond à la plupart de ces nouvelles, ancrées le plus souvent dans l’univers de l’enseignement.
Les démêlés de Cindy avec son encombrant capteur de rêves, l’intrigante complicité de Sarah et de son professeur, les relations extrêmement tendues de Lara et de ses camarades, autant d’intrigues et de personnages auxquels le lecteur s’attache.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782844508041
Nombre de pages : 168
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Flagrant dépit
JE détEStE CEttE vIEIllE fEMME ! màNIàquE, CupIdE, àCàrIâtrE. QuàNd EllE ME touChE jE rESSENS dE pEtItES déChàrgES élECtrIquES, jE voudràIS pouvoIr l’élECtroCutEr. ellE bovàrySE SàNS doutE. TouS lES jEudIS àprèS-MIdI, EllE débàrquE. ellE và d’àbord trouvEr uNE hôtESSE dEvàNt quI EllE ExhIbE uN bIllEt dE CENt EuroS, puIS EllE SE dIrIgE vErS lE bàr, C’ESt uN rItE. ellE NE CoMMàNdE jàMàIS rIEN MàIS EllE tràîNE, obSErvE lES têtES NouvEllES, SàluE lES hàbItuéS, C’ESt gràtuIt. JE voudràIS pouvoIr M’ESquIvEr MàIS Il NE fàut pàS rêvEr, d’àutàNt quE l’oN M’à poStéE Sur lE Côté gàuChE, pàS trèS loIN du bàr, Et qu’Il M’ESt IMpoSSIblE dE rEfuSEr uN ClIENt. JuStEMENt là voIlÀ quI pàSSE, là vIEIllE, pour uN prE-MIEr tour. ellE ME MàtE, hàutàINE, Et CoMME À l’àCCoutu-MéE fàIt lE tour dES lIEux, flàIràNt lES opportuNItéS, obSErvàNt CEllES d’ENtrE NouS quI SoNt lIbrES Et SuSCEp-tIblES d’êtrE SollICItéES. ON dIràIt qu’EllE héSItE À fàIrE uN ChoIx. Là voIlÀ quI rEvIENt ; jE SuIS MàudItE. il và ENCorE fàl-loIr SubIr SES délIrES, SES rEgàrdS CoNCupISCENtS, SES EfflEurEMENtS SordIdES, ou MêME SES vIolENCES. càr EllE ESt CàpàblE dE vIolENCE, là vIEIllE, lorSqu’EllE N’ESt pàS SàtISfàItE. a CroIrE qu’EllE M’àIME bIEN, EllE M’à déjÀ àbordéE là SEMàINE dErNIèrE Et M’à tENu là jàMbE pluS d’uNE hEurE. Là voIlÀ quI SE juChE, CoMME EllE pEut, Sur uN
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tàbourEt, gêNéE pàr Sà jupE SErréE quI CouvrE SES gENoux CàgNEux. ellE S’àSSIEd EN fàCE dE MoI. — eN forME CE SoIr ? ME SuSurrE t-EllE. — T’EN fàIS pàS Mà vIEIllE, t’EN àuràS pour toN àrgENt. BIEN Sûr, jE NE lE dIS pàS À hàutE voIx MàIS jE lE pENSE, Et l’IroNIE N’ESt pàS ExCluE dE MES pENSéES. LES prélIMINàIrES oNt CoMMENCé ; EllE àMorCE lENtE-MENt, S’éCoNoMISàNt, CoMME SI çà dEvàIt durEr dES hEurES. T’EN fàIS pàS Mà vIEIllE, prENdS toN tEMpS MàIS SoIS àSSuréE quE jE tE doNNEràI lE MINIMuM. ON dIràIt qu’EllE à lu dàNS MES pENSéES là ChIpIE. ellE CoMMENCE À S’éNEr-vEr, àu détrIMENt CoMME toujourS dàNS CES CàS-lÀ, dE SoN rEgIStrE dE làNguE. — eSpèCE dE gàrCE, tu vEux rIEN doNNEr CE SoIr. DE pàr Mà foNCtIoN jE SuIS tENuE À uNE CErtàINE réSErvE, MàIS EllE NE pErd rIEN pour àttENdrE. cE qu’EllE NE SàIt pàS, C’ESt qu’À l’hEurE préCédENtE j’àI Eu MoINS dE rEtENuE Et dEvàNt uN INCoNNu ENCorE. màIS CEluI-lÀ Il àvàIt du ChàrME, du doIgté, SES yEux M’obSErvàIENt àvEC àttENtIoN MàIS SàNS MàlICE. il étàIt àttENtIf À MES réàCtIoNS. UN vràI gENtlEMàN. PEut-êtrE uN dESCENdàNt dE Lord sàNdwICh. ellE SENt quE jE NE SuIS pàS dàNS dE boNNES dISpoSI-tIoNS vIS-À-vIS d’EllE, là vIEIllE. ellE tENtE EN vàIN quElquES dErNIèrES MàNœuvrES, S’épuISE, rEgrEttE SoN INvEStISSEMENt IMproduCtIf, N’INSIStE pàS. ToujourS àuSSI MàNIàquE, EllE Sort dE SoN SàC À MàIN rIquIquI uNE SErvIEttE ràfràîChISSàNtE, Et CoMMENCE À lES-SIvEr SES doIgtS NouEux CoMME SI jE l’àvàIS CoNtàMINéE. ellE ME quIttE Et và tENtEr Sà ChàNCE àuprèS d’uNE dE MES CoNSoEurS qu’EllE ESpèrE pluS CoopéràtIvE.
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Ouf ! UN INStàNt dE répIt. J’EN profItE pour obSErvEr là ClIENtèlE. c’ESt àSSEz huppé, SàNS ExCèS. sItuéS ENtrE Fort-dE-FràNCE Et sChœlChEr dàNS lE quàrtIEr BàtElIèrE NouS dràINoNS uNE populàtIoN vàrIéE. L’étàblISSEMENt ESt INtErdIt àux MINEurS, À pàrt çà, àuCuNE rEStrICtIoN. DE dIx-huIt àNS À l’âgE où l’oN tIENt ENCorE Sur SES CàNNES, toutE l’îlE défIlE, dES CouplES àutàNt quE dES CélIbàtàIrES. nouS propoSoNS toutES lES prEStàtIoNS ClàSSIquES, SàNS pErvErSIté, y CoMprIS lorS dES SoIréES À thèMES.
TIENS tIENS, voIlÀ du bEàu MoNdE ! moNSIEur lE député dE là màrtINIquE quI vIENt ME CourtISEr. cE N’ESt pàS Mà voIx quI l’INtérESSE àujourd’huI, MêME S’Il àIME-ràIt bIEN ME fàIrE ChàNtEr. il tENtE Sà ChàNCE MàIS, bEàu jouEur, N’INSIStE pàS dèS qu’Il voIt quE jE NE répoNdS pàS À SES àvàNCES.
cE ClIENt-lÀ ESt plutôt MIgNoN, CorrECtEMENt Sàpé, NoN-fuMEur, là ClàSSE. il fàut dIrE quE CErtàINS vouS Col-lENt lEur Mégot juStE dEvàNt lE NEz SàNS MêME SoNgEr quE vouS puISSIEz EN êtrE INCoMModéE. cEluI-lÀ, jE luI SortI-ràIS bIEN lE gràNd jEu pour qu’Il y prENNE plàISIr Et dEvIENNE uN hàbItué. HélàS, jE SuIS pluS étroItEMENt Sur-vEIlléE qu’uNE CàISSIèrE dE là BàNquE dES aNtIllES, pour NE pàS dIrE MàquéE…
QuàNd oN pàrlE du loup…jE NE pEux EN dIrE pluS, CE SEràIt MENtIr ; MàIS CEluI-lÀ S’y CoNNàît EN tIroIrS-CàISSES. il pàSSE Et rEpàSSE pàrMI SES ChàMpS d’oSEIllE. au MoINdrE INCIdENt àvEC uN ClIENt, Il débàrquE, dISCrEt, EffI-CàCE, réglo. UN Euro ESt uN Euro ! et quàNd vràIMENt oN ESt vIdéE, Il INtErvIENt. avEC luI oN SE SENt SoutENu.
màIS touS lES SoIrS Il rElèvE lES CoMptEurS Et CEllES quI N’oNt pàS fàIt lE ChIffrE NE SoNt pàS àSSuréES dE rEtrouvEr lEur plàCE lE lENdEMàIN. c’ESt àrrIvé réCEM-MENt À l’uNE dE MES CoNSoEurS : débàrquéE SàNS là MoINdrE CoNSIdéràtIoN pour SES étàtS dE SErvICE ! et pour
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NouS, pàS dE SyNdICàtS. DàNS là MàISoN, trop dE géNéro-SIté NuIt. J’IgNorE où IlS l’oNt plàCéE. ellE à été rEMplà-CéE àu pIEd lEvé pàr uNE NouvEllE àu look déCàpàNt, pluS ClINquàNtE, pluS àguIChEuSE. LES ClIENtS oNt toujourS uN fàIblE pour lES pEtItES NouvEllES. DéCIdéMENt jE SuIS MàudItE. VoIlÀ là vIEIllE quI rEvIENt Et quI ME toISE. ellE SupputE lES probàbIlItéS qu’EllE à dE M’àMàdouEr. c’ESt du hàrCèlEMENt SàNS quE jE puISSE portEr plàINtE. et SI pour uNE foIS jE ME prêtàIS àu jEu ? sI jE l’àguIChàIS ? sI jE luI fàISàIS MIroItEr MoNtS Et MErvEIllES ? Qu’EllE S’IMàgINE Sur là croISEttE ou À moNtE-Càrlo, là vIEIllE. PluS durE SEràIt là ChutE Et EllE ME fIChEràIt là pàIx, défINItIvEMENt guérIE, pEut-êtrE. c’ESt çà, jE vàIS là SoIgNEr ! DèS qu’EllE S’INStàllE Sur lE tàbourEt jE luI SErS uN rEgàrd plEIN dE proMESSES. et jE guIdE SES poIgNEtS CoMME pour l’ENCouràgEr. — alorS MàMIE, oN à là bàràkà ? SEMblENt dIrE MES yEux CàjolEurS EN bàttàNt dES CIlS. et jE luI SErS dE pEtItES SàtISfàCtIoNS, juStE pour là MàINtENIr EN hàlEINE Et fàIrE MoNtEr l’àdréNàlINE. ellE SE prENd àu jEu Et répoNd À MES SollICItàtIoNS, S’àCtIvE, M’ENCouràgE, SES doIgtS S’ENhàrdISSENt. ellE prENd SoN pIEd. eNtrE NouS pluS dE tàbou. nErvEuSEMENt EllE ESt À bout. ellE puISE dàNS SES réSErvES, SE rEtrouvE CoMplètE-MENt À SEC, frISE l’àpoplExIE quàNd EllE N’à pluS dE lIquIdE. c’ESt lE MoMENt quE j’àttENdàIS dEpuIS loNgtEMpS. ellE SE rEtIrE, furIEuSE, fruStréE, Et M’INjurIE. — sàlopE ! dIt-EllE EN ME MENàçàNt du poINg. UN àutrE ClIENt luI SuCCèdE. a pEINE à-t-Il INtroduIt troIS EuroS dàNS Mà pEtItE fENtE quE jE ME MEtS À ChàNtEr :
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— JàCkpot, jàCkpot ! LE ClIENt ExultE, fou dE joIE ; là vIEIllE fulMINE, follE dE dépIt. Là foulE dES voyEurS ràpplIquE. ellE tràNSpIrE l’ENvIE Et là hàrgNE, là vIEIllE, jE là SENS quI éCuME dE ràgE MêME SI, offICIEllEMENt, EllE CoNgràtulE l’hEurEux gàgNàNt. 44 869 EuroS quI vIENNENt dE luI pàSSEr SouS lE NEz, dE luI glISSEr ENtrE lES doIgtS. JE là voIS quI làbourE EN zIgzàgS lE ChàMp dE blé, furIEuSE d’àvoIr ràté là MoIS-SoN. PrISE EN flàgràNt dépIt, là vIEIllE !
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