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Débarrassez-v ous don c de v os m an teaux, De v os préjugés, de v os tabous, De v os pelisses, de v os im pers, De v os m esquin eries, de v os apriorism es, De v os can adien n es, de v os an orak s, De v os phrases toutes faites, Le spectacle v a com m en cer. À l’affich eav al Le Carn d’Éros. Pour la prem ièr e, on joue à bureau ferm é. Si vous n ’avez pas réservé, ren tr ez ch ez vous, il n ’y a plus un strapon tin de libr e. Votr e dépit sera d’autan t plus gran d que la distribu-tion est fabuleuse. « On a m is les petits plats dan s les grands »,selon un e expression ch ère à n os présen tatrices de télé-vision en m an que d’im agin ation . Le titre a-t-il joué un rôle capital dan s l’en gouem en t des foules ? Cer tes. Il évoque déguisem en t, m asque, débride-m en t, serpen tin s, élixir et n ect ar, tous in grédien ts qui auto-risen t tous les ph an tasm es, voir e de violer l’in tim ité d’un ch acun . Un public tr ès éclectique. Au vestiaire, la casquette voi-sin e avec le borsalin o. Ce n e son t pas tous des in tellectuels au sen s strict du m ot. Aucun e im portan ce, ce qualificatif a été trop galvaudé. Il suffit de savoir que ce son t des êtr es
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doués de con scien ce, de sen sibilité et d’in telligen ce. L’au-teur n ’en atten dait pas m oin s. Les autorités et les jour n alistes on t boudé l’in vit ation qui leur a été adressée. Les journ alistes, on peut com p ren dre ; ils son t sollicités de toutes parts. Les petites salles de spec-tacle foison n en t et les dram aturges, ch evron n és ou n on , en vah issen t les plateaux. Quan t aux autorités, y com pris le m in istre de la Cultur e, ils ch erch en t en cor e et tou jours un e porte de sortie apr ès un récen t (?) scrutin con fisqué par quelques dom in an ts. Les acteurs ? Des pros, m ais sur tout m on sieur tout le m on de. Et don c le qualificat if « fabuleux » con ven ait par -faitem en t en parlan t de la distribution . Ils bouscu len t les plan ch es avec leur tête, leur cœ ur et leurs tripes. Parfois le texte leur éch appe. Peut-on en vouloir à ceux qui m an -queron t d’im agin ation pour faire la soudur e ? Que ceux qui n ’on t jam ais bégayé leur jetten t la pr em ière tom ate. * * * Si l’on s’arr ête à ces con sidér ation s, on oublier a la per -son n e in con tourn able, celle qui vous accueille en p rem ier, qui vous libère de tout ce qui en trave votre en vie de vivre, bref qui veille à votre con fort. Que ce soit à l’en tr ée d’un th éâtr e, d’un m usée, d’un e salle de con cert, d’un r estauran t de classe, d’un club pr ivé, d’un casin o, d’un th é d an san t, d’un e boîte, m adam e H orten se, vêtue de n oir pour n e pas faire de l’om br e aux vedettes, m adam e H orten se est là, derrière son com ptoir, avec ce titre glorieux de m odestie,la dam e du v estiaire.
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Le plus beau cadeau que vous puissiez lui faire, ce n ’est pas d’abord la petite pièce que vous glissez, m ais c’est de l’appeler « m adam e H orten se ». Voilà le sign e tan gible qu’elle existe bien et qu’elle n ’est pas la potich e de service. Alors m adam e H orten se aura à cœ ur de vous ren voyer l’ascen seur et si à votre apparition , elle clam e bien h aut : « Bon soir, m on sieur J o, vous allez bien ? » , voilà u n pr êté pour un ren du. Si de surcroît la piécette son n e cla ir dan s la sébile, tan t m ieux. On aura com pris que le but est ailleurs. Cepen dan t n ’en faites pas trop. In utile d’applaudir la dextérité avec laquelle m adam e H orten se s’em pare de tous vos accessoires – m an teau, ch ap eau, parapluie, attach é-case – pour vous les restituer avec la m êm e dextérité. Elle n ’apprécierait pas ; elle ren d service, elle n e fait pas partie du spectacle. « Presson s, m essieur s, dam es, la son n erie vien t de r e-ten tir pour la secon de fois. Bon n e soirée. »