Le Chant de la folie

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Adrien, jeune homme taciturne et renfermé, ne s'est jamais remis du départ de sa mère alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon. Il a vécu ce départ comme une trahison, un abandon pur et simple. Malgré tout l'amour et le dévouement d'un père aimant, il vivra une adolescence chaotique et solitaire. Sa vie amoureuse ne sera émaillée que de quelques rencontres sans lendemain. Pourtant son horizon s'éclaire enfin lorsqu'il croise le chemin de Marie. Adrien va l'aimer à la folie, mais d'un amour exclusif, égoïste, dévastateur. Dans son esprit tourmenté tout s'embrouille. L'image de sa mère se superpose à celle de Marie et l'angoisse de l'abandon va le conduire à l'irréparable.
Publié le : jeudi 6 février 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342018912
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342018912
Nombre de pages : 90
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Félicia Di Franco
LE CHANT DE LA FOLIE
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0119347.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
Il reste toujours quelque chose de lenfance. Toujours.
Marguerite Duras
Chapitre 1  Nous sommes terriblement désolés, Monsieur, votre femme na pas survécu Elle a  Non ! Non ! Cest impossible ! Je veux la voir ! Laissez-moi la voir ! hurla Adrien en se tenant la nuque à deux mains. Le médecin de garde, complètement épuisé, faisait de son mieux pour réconforter cet homme accablé de douleur.  Monsieur, nous avons vraiment fait tout notre possible avec mon équipe soignante. Elle était trop faible et lhémorragie trop importante, elle na pas tenu le choc.  Laissez-moi la voir, je vous en prie, murmura Adrien, soudain beaucoup plus calme. Je vous en prie Mon Dieu, ce nest pas possible Marie Ma Marie Si le médecin avait été plus attentif, il aurait remarqué quau-cune larme ne coulait sur ce visage qui semblait pourtant ravagé de douleur. Il aurait même remarqué un horrible petit sourire, à peine esquissé, et comme un petit nuage de soulagement dans les yeux de cet homme.
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Chapitre 2 Avant de rencontrer Marie, Adrien a toujours été un loup solitaire, un homme timide et angoissé, peu sûr de lui. Il na pas jamais eu de véritables amis, ne fréquente pas beaucoup sa fa-mille, et na de contact quavec son père de temps en temps. Son travail de comptable accapare toutes ses journées et il lui arrive même de ramener un peu de travail le soir à la maison. Il a toujours été froid et distant avec ses collèges, qui lui trouvent un côté obscur peu sympathique. Il ne sourit jamais et même ses plus proches collaborateurs ont baissé les bras depuis long-temps devant cet homme taciturne. À bientôt quarante ans, il végète dans cette entreprise depuis une quinzaine dannées, mais ne sen plaint pas. Il aime les chiffres et leur discipline im-placable, les comptes, les balances, les bilans. Son salaire est confortable, et ses patrons lui fichent une paix royale puisque son travail donne entière satisfaction. Ses seuls loisirs consistent en une séance hebdomadaire de cinéma, le vendredi après-midi, mettant ainsi à profit son demi-jour de congé, et, le dimanche matin, une ballade en VTT dans la forêt avoisinante. Ses goûts en matière de films sont plutôt éclectiques et cest tant mieux, ainsi il déniche toujours un film qui peut lui conve-nir. Il sassied le plus souvent possible au dernier rang, au moins il na personne derrière lui, cest toujours ça de pris ! Ensuite, il aime flâner un peu le long des vitrines, boire un verre au comp-toir dun bar ou manger une pizza dans un petit restaurant sans prétention, mais où la cuisine est délicieuse. Puis il rentre chez
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lui, et après les chiffres, les lettres prennent la relève, son autre passion étant la lecture. Dans limmense hall du cinéma desservant les douze salles, il lui arrive de croiser certaines personnes, des habituées elles aus-si, mais certainement moins assidues que lui. Aujourdhui pour la première fois, il en est sûr, il aperçoit cette jeune femme au guichet. Il ny prête pas une attention particulière, mais elle reste gravée dans un petit coin de sa mémoire. Le vendredi suivant, elle est là. Avant de rentrer dans le hall, bizarrement il avait pensé à cette inconnue. Pourtant pendant toute la semaine au bureau, il ny avait pas songé une seule fois ! Et le vendredi sui-vant, elle est encore là ! Depuis il attend les vendredis avec impatience, plus vraiment pour le film, mais pour sassurer de la présence de la jeune femme. Il change ses habitudes. Il arrive une demi-heure à lavance, attend dans un renfoncement de limmense hall dentrée, la voit arriver, prendre son billet et aller sinstaller pour sa séance. Alors, seulement à cet instant il va prendre son ticket et sinstalle confortablement dans les profonds fauteuils pour toute la durée du film. Il fait rarement le même choix quelle, mais étrangement il se sent rassuré de la savoir là, dans une au-tre salle, nimporte laquelle, mais sous le même toit que lui. Ce vendredi, comme les trois précédents, il attend toujours au même endroit. Une heure, deux heures mais elle ne vient pas. Il a une crise dangoisse, et rentre chez lui plus bouleversé quil ne veuille bien ladmettre. Il lui en veut presque de ce faux pas, de ce rendez-vous manqué. Puis il se rend compte de lab-surdité de sa réaction : comment peut-il lui en vouloir, elle ne sait même pas quil existe. Pourvu quil ne lui soit rien arrivé ! Et dailleurs quen a-t-il à faire, après tout, il était bien plus tran-quille avant, pourquoi devrait-il se torturer lesprit pour une parfaite inconnue ?
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