Le chat sur le mur

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Clare avait 13 ans quand elle est morte et qu’elle s’est réveillée dans le corps d’un chat errant, à Bethlehem, en Cisjordanie. Réfugiée dans une maison avec deux soldats israéliens et un petit garçon palestinien, elle va partager pendant quelques jours leur quotidien. Entre incompréhensions et émeutes qui divisent les deux peuples, elle va essayer de sauver sa vie, et peut être même celle de ses trois compagnons de hasard. Mais comment aider son prochain lorsqu’on est un chat ? Comment trouver sa place dans un univers chaotique, ravagé par la peur et la colère ? 
Publié le : mercredi 27 janvier 2016
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EAN13 : 9782013975858
Nombre de pages : 188
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À ceux qui apportent un peu
de gentillesse dans ce monde chaotique.

1

Encore maintenant, je m’appelle Claire.

Ce nom-là ou un autre, peu importe, plus personne ne m’appelle par mon prénom. Plus personne ne m’appelle plus du tout.

Je suis morte à treize ans et je me suis réincarnée en chat, en chat des rues vivant dans un endroit bizarre, à des milliers de kilomètres de chez moi.

Je sortais de mon collège, à Bethlehem, une ville de Pennsylvanie, aux États-Unis. Tout à coup une obscurité totale s’est abattue pendant un bon moment, comme si j’étais endormie. Je me suis réveillée à Bethléem – l’autre ville de Bethléem, en Cisjordanie, au Proche-Orient. Et je n’étais plus Claire, j’étais un chat.

Était-ce un accident, par exemple des planètes dont les trajectoires se seraient emmêlées, Dieu qui s’amuse avec moi ou un cauchemar et que je suis plongée dans le coma à l’hôpital St. Luke. Personne ne m’a rien dit. Tant que ma grand-mère était vivante, j’allais chaque semaine au catéchisme, et parmi toutes leurs histoires d’enfer et de paradis, jamais je n’en ai entendu une de ce genre.

 

Récemment, il s’est passé quelque chose. Depuis, je n’arrête pas d’y penser ; pourtant ressasser, ce n’est pas mon genre.

Ça a commencé alors que j’étais assise sur le Mur. C’est un mur qui ressemble aux murs antibruit construits le long des autoroutes pour atténuer le vacarme et empêcher les drogués et les fous de se jeter sous les voitures. Sauf qu’ici, il est plus haut et il traverse des quartiers d’habitation. Il y a des tours de guet à intervalles réguliers et par endroits le mur est moins élevé mais surmonté de barbelés.

Je passe beaucoup de temps assise en haut de ce mur. J’aime bien ça, regarder les gens d’en haut. Je peux les voir des deux côtés. Ils ne font pas grand-chose d’intéressant, mais cela m’aide à tuer le temps. Je n’ai pas la télévision, et du temps, j’en ai à revendre.

L’autre nuit, une de ces nuits noires sans lune – à peine la faible lueur des étoiles –, j’étais à la lisière d’un village, pas très loin de la ville de Bethléem. D’un des côtés du Mur, les fenêtres étaient largement éclairées. De l’autre, tout était sombre. Électricité en panne. Les seules lumières venaient des miradors qui braquaient leur projecteur en direction du Mur. Ils éclairaient les graffitis, mais autour, cela faisait encore plus noir.

J’étais assise sur le mur après avoir détalé pour échapper à une bagarre quelques heures plus tôt, en bas. Je commençais à avoir faim et j’ai sauté du côté sombre du Mur à la recherche de quelque chose à me mettre sous les crocs.

L’obscurité ne me dérangeait pas. Depuis ma réincarnation, mes yeux voient mieux dans le noir. Et mon flair aussi est plus aiguisé – ce qui n’est pas forcément appréciable : l’univers est rempli d’odeurs qui vous agressent les narines.

J’étais donc en quête de nourriture dans les herbes folles qui courent le long du Mur. Cela fait pas mal de temps, bientôt un an, que je suis un chat, mais je ne suis pas encore experte en chasse aux souris, et les rats, je m’en tiens à distance. Restent les déchets, détritus et tout ce que je parviens à dérober.

Le terrain vague était couvert d’ordures. Des sacs-poubelle par dizaines, la plupart déchiquetés. Je les ai inspectés et reniflés dans l’espoir de dénicher un morceau de kebab ou de poulet. La collecte n’était pas fameuse, je récoltais surtout les effluves du contenu des sacs. Les autres chats étaient passés avant moi et s’étaient servis. Espèce de goinfres. Ils ne me laissent jamais rien.

Il y avait des dizaines de chats errants, cette nuit-là, cachés dans les ordures, vautrés dans les herbes hautes. Mêlant leur odeur à la puanteur des déchets dans lesquels je devais faire le tri.

Je ne m’étais pas rendu compte que je me trouvais sur le territoire du roi des chats quand tout d’un coup j’ai aperçu son immense silhouette se dresser derrière un massif de trèfles. Le projecteur du mirador a dessiné un halo de lumière autour de ses oreilles.

Je me suis raidie. Il s’est raidi. Nous nous sommes regardés, immobiles comme des statues.

Un instant, j’ai imaginé qu’il me laisserait passer. Après tout, je n’ai que la peau sur les os, pas de quoi le mettre en danger. Rien d’héroïque de sa part à me sauter dessus. Je me suis même dit qu’il aurait peut-être pitié de moi. Mais j’ai entendu un sifflement, puis un miaulement, et j’ai pris mes pattes à mon cou. Il m’a poursuivie. J’ai couru plus vite que lui. Il était plus grand que moi, mais la peur me donnait des ailes. J’ai couru, couru sans m’arrêter.

Notre cavalcade a dérangé les autres chats. Certains, je leur grimpais sur le dos pour passer. D’autres recevaient sur le crâne les planches ou les canettes que je faisais voler. Ils se sont mis à me poursuivre eux aussi et bientôt une horde de chats était à mes trousses.

Je n’ose imaginer ce qu’ils m’auraient fait s’ils m’avaient attrapée. Sans doute qu’eux non plus n’en avaient pas la moindre idée. Les chats ne sont pas du genre à anticiper. Ils ne m’auraient probablement pas mise en pièces, mais ils auraient pu salement m’amocher, à coups de dents et de griffes bien acérées. Il n’était pas rare de rencontrer dans les environs des chats borgnes, la queue coupée ou une oreille en moins.

Si j’étais blessée, qui prendrait soin de moi ? Personne. Je souffrirais, seule au monde. Alors j’ai continué à courir.

Brusquement, j’ai quitté le terrain vague et je me suis engouffrée dans une ruelle étroite qui menait au village. Les chats étaient toujours sur mes talons. Dans les rues, le long des maisons, ou sur le toit des voitures. J’ai grimpé sur la terrasse d’une petite habitation et j’ai pu reprendre un peu mon souffle avant que la horde ne me retrouve. Courir, courir, courir. Au sommet d’une colline, au pied d’une autre. Et il y a des collines partout, ici. Je suppliais que la meute se lasse et cesse sa poursuite. Mais non.

Au sommet d’une des collines, un peu plus basse que les autres, j’ai aperçu une petite maison, plantée sur un terrain parsemé de rochers, d’herbes folles et d’ordures – encore plus que le long du Mur. Deux soldats en tenue militaire se tenaient devant la porte et essayaient d’entrer. Deux hommes tranquilles. Pas en train de crier ni de donner des coups comme le font parfois les militaires. Ils se contentaient de pousser la porte de la main et de l’épaule. Mais elle ne cédait pas d’un pouce.

J’ai couru dans leur direction, peut-être pourraient-ils me protéger d’une manière ou d’une autre, me disais-je. La horde des chats approchait. Je sentais mes forces s’amenuiser. Les soldats poussaient, poussaient. La porte résistait, résistait.

J’ai entendu les miaulements de la meute à mes trousses. Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres et les soldats semblaient encore bien loin. J’étais sur le point de renoncer et de laisser les chats m’attraper. Après tout, cela n’aurait pas été ma première mort. La première fois, cela m’avait valu d’être transformée en chat. Peut-être que cette fois-ci je redeviendrais une fille.

Mais j’ai eu un dernier sursaut d’énergie. Au même moment, les soldats ont donné un grand coup dans la porte. Elle s’est ouverte. En une seconde je me suis faufilée entre les jambes des deux hommes et je me suis glissée sous un canapé. L’espace n’était pas large, il y faisait noir comme dans un four. J’ai entendu les militaires pénétrer dans la maison et refermer la porte derrière eux.

J’étais saine et sauve.

2

J’ai inspecté les lieux rapidement pour voir ce que contenait la pièce. Pas d’autre chat, ni de chien. Juste des hommes. Et qui dit hommes, dit nourriture. Je me suis avancée vers le devant du canapé pour mieux observer la scène.

Les deux soldats faisaient tranquillement le tour du propriétaire, posant leur chargement par terre et arpentant les lieux d’un pas silencieux – la maison ne comprenait qu’une seule pièce. Combien de fois je m’étais postée à la fenêtre de ce genre d’habitation, lorgnant au-dedans en quête d’un relief de repas ?

L’endroit était en ordre. Tellement bien rangé que j’ai pu vérifier d’un seul coup d’œil que je n’y ferais pas bombance. Il y avait une étagère remplie de livres en arabe, un lit poussé dans un coin, une petite table, trois chaises et le sofa qui me servait de cachette. Une fenêtre basse avec un rebord assez large pour que je m’y prélasse si l’envie m’en prenait. En haut d’une autre étagère, un violon et un archet, sans boîte et couverts de poussière. Mon professeur de musique en aurait eu une attaque. Il était sans cesse sur notre dos dès qu’il s’agissait de prendre soin de nos instruments. Enfin quand je dis nos instruments, en réalité l’école nous les prêtait à l’année, mais sur ce sujet il ne nous lâchait pas d’une semelle.

Pas grand-chose de plus, dans cette bicoque. Deux armoires, deux tables basses, trois ou quatre coussins. Tout était dépareillé et les murs n’avaient sans doute pas été repeints depuis le début de l’ère chrétienne. La cuisine était constituée d’un poêle à pétrole, d’un minuscule évier et d’une étagère avec trois assiettes qui se battaient en duel. J’ai repéré une vieille cafetière remplie de pois chiches. Quelques bocaux contenant des épices, une boîte de thé et deux oignons qui avaient germé. Pas grand-chose d’intéressant pour un jeune chat.

Le faisceau lumineux des lampes des deux hommes balayait le sol, le bas des murs et les coins de la pièce. Ils inspectaient aussi derrière les rideaux et l’intérieur de la minuscule salle d’eau.

— Il n’y a personne, a chuchoté l’un d’eux.

— Parfait. Aucune envie d’avoir à négocier avec eux.

— Eux non plus, lieutenant.

En guise de réponse, l’homme a fait chut d’un doigt posé sur ses lèvres et s’est dirigé silencieusement vers une pile de cartons posés contre un mur. Arrivé devant, il a donné un grand coup de pied dans le tas tout en pointant son fusil-mitrailleur sur les cartons défoncés.

— Dehors ! les mains en l’air ! a-t-il hurlé en arabe.

Personne.

— Bingo, soldat Simcha, tu as détruit une œuvre d’art réalisée par des enfants, c’est réussi.

De sa torche il éclairait une affiche accrochée au mur.

— Je ne lis pas l’arabique, a dit Simcha. Je ne le parle pas non plus, à part « sortez ! » et « haut les mains ! »

— L’arabe, pas l’arabique. Il est écrit : « La Cité des Rêves ».

J’ai tendu le cou depuis l’arrière du canapé pour essayer de comprendre ce dont ils parlaient. Le long d’un des murs de la pièce, bien en ordre, là où la botte du soldat n’avait pas tout détruit, s’étendait une ville miniature fabriquée à partir de débris récupérés dans des décharges ou dans la rue. Des boîtes de biscuits ou des boîtes de sel avaient été transformées en habitations ou en commerces, avec des fenêtres percées dans les parois de carton. Des canettes avaient été disposées en haut des boîtes pour simuler les réservoirs d’eau sur les toits.

— La Ville Dépotoir, tu veux dire, Aaron, a fait remarquer Simcha en donnant un nouveau coup de pied dans les constructions.

— Ordre du commandant ! a répondu Aaron. Ne pas salir les lieux ! Il se peut qu’on doive rester coincés ici plusieurs jours.

— On était censé faire les choses à fond.

— On était censé se servir de nos neurones, a dit Aaron.

Soudain il s’est agenouillé et a braqué sa lampe sous mon canapé. J’avais la lumière en plein dans les yeux. J’ai craché et donné des coups de griffe, puis je me suis réfugiée derrière le meuble, hors de portée, collée contre le mur. Aaron a sauté sur ses pieds. Il a crié et a laissé tomber sa torche. J’ai senti l’odeur du sang. Je l’ai eu ! me suis-je dit en souriant. Avant, jamais je n’aurais cru que les chats puissent sourire. Eh bien, si.

Simcha a saisi son fusil. Il répétait les seules phrases en arabe qu’il savait : « Sors de là ! Haut les mains ! »

— Du calme, a dit Aaron. C’est rien qu’un chat.

— Un chat ? À voir comme tu as bondi, j’ai cru que c’était un terroriste.

— Je n’ai pas bondi, a protesté Aaron – gros mensonge : il avait bel et bien bondi comme un diable de sa boîte.

— Ce sera plus simple, sans la famille, a fait remarquer Simcha. Ça doit être assez gênant de prendre possession d’une maison quand les gens y sont.

— Arrête de bavasser, a ordonné Aaron.

Il s’est penché vers le canapé, mais s’est redressé aussitôt, comme s’il s’était soudain souvenu que moi, le Chat Tueur du Moyen-Orient, j’étais tapie derrière, prête à lui sauter à la figure. Du reste, c’est ce que je me suis dit. Je suis un chat et je n’ai pas la télévision. Je me distrais comme je peux.

Aaron a ensuite sorti une carte de sa poche et l’a dépliée sur le sol. Il a braqué sa lampe dessus. Je me suis tortillée jusque devant le canapé pour voir.

— Nous étions là, a-t-il montré en pointant un endroit sur la carte. Puis nous sommes montés par là, nous avons tourné à droite, puis nous sommes redescendus vers le Champ des Bergers, a-t-il continué en traçant le trajet de son doigt.

— Quel est le problème ? a demandé Simcha. On s’est perdus ?

— J’ai dit du calme, a répondu Aaron tout en continuant d’examiner la carte.

Je le trouvais sympathique, cet homme. Rien de plus facile que de se perdre dans le coin. Des rues étroites, des ruelles jamais rectilignes, sans indication de nom, des collines toutes semblables les unes aux autres.

Aaron a levé les yeux vers la fenêtre, essayant de s’orienter.

— Nous sommes ici, d’après moi, a-t-il conclu, plus pour lui-même que pour son compagnon. Une maison en haut d’une colline jouxtant un terrain vague, à l’est d’un camp de réfugiés, au sud de Bethléem. Ce doit être celle-ci. Cela devrait être un bon poste d’observation.

— Nous n’avons rien vu d’autre que des maisons, sur les collines, a observé Simcha. Mais qu’est-ce que j’en sais, au fond ? Je débarque tout juste des États-Unis, toi tu es né ici.

— Je suis né à Tel-Aviv, a précisé Aaron. Tu crois que j’ai pris mes quartiers dans les territoires ? Mon dernier poste, c’était à Jenine. J’aurais pu aussi bien aller sur la lune.

Il a sorti de sa poche un dictaphone, a appuyé sur un bouton et s’est mis à parler à voix basse dans le micro.

— Unité 37 entrée sur les lieux à 4 heures 15. Sauf erreur, les voisins ne nous ont pas repérés. Les habitants sont absents et nous entamons la surveillance de la zone. RAS.

Il a éteint l’appareil et l’a remis dans sa poche. Simcha s’est penché sur son sac et l’a ouvert. J’ai tendu le cou. Un repas en vue ?

— Je ne vois pas ce qui t’inquiète tant, a dit Simcha. Il n’y a pas de maison louche, ici. Ces gens sont toujours à vaquer à leurs occupations.

Il a sorti un trépied de son sac et l’a installé devant la fenêtre.

— C’est ça, genre on élève ses enfants, on va à l’école et on s’occupe de ses petites affaires. Vous, les Américains, vous venez ici pour vous engager dans l’armée et vous vous croyez au Far West. Ça n’est pas aussi simple que ça.

— Tu ne me connais pas, a rétorqué Simcha.

Aaron est allé se poster devant la fenêtre, malgré la nuit noire qui empêchait de voir à plus d’un mètre.

— Dès qu’il y aura de la lumière, on saura si cette maison convient ou non. D’ici, on devrait avoir une bonne vue sur les environs. Sinon, on lance un appel radio et on attend les ordres.

Simcha a fixé un télescope sur le trépied.

— Tout ce que je peux dire, c’est que si on met la main sur un terroriste, les huiles militaires s’en ficheront bien de savoir si c’est celui qu’on était censé attraper ou un autre. Dans les deux cas, on sera des héros.

— C’est ça, ce dont le monde a besoin, a fait remarquer Aaron. Des crétins de héros, en veux-tu en voilà.

Il a installé deux chaises devant la fenêtre près du télescope.

— La question n’est pas de mettre la main sur des terroristes, mais de protéger les gens.

— Qui ça les gens ? Eux ou nous ?

— Les deux, si possible.

— Je croirais entendre mes parents. L’amour, l’amour, toujours l’amour… All you need is love

Simcha a pris place sur une chaise et a pointé le télescope de manière à pouvoir espionner les voisins sans avoir à se mettre debout. Les fenêtres étaient calfeutrées par des voilages qu’Aaron a arrangés par-dessus l’instrument, le masquant ainsi à la vue des passants.

Mes oreilles se sont mises à me démanger. Des puces. Je hais les puces. À l’école j’avais réussi à échapper aux poux, même en sixième quand presque tous les autres élèves de la classe avaient été renvoyés chez eux le temps qu’il n’y ait plus de lentes. Crapoteux, je les appelais. Les élèves, pas les poux. « Tiens, voilà encore un Crapoteux craignos », ricanais-je quand j’en voyais un se gratter le crâne. Ce n’est quand même pas juste d’échapper aux poux quand on est une fille et d’attraper des puces quand on est un chat. Les gens qui ont des poux de leur vivant devraient être ceux qui attrapent des puces une fois dans l’au-delà, ils savent comment s’y prendre. Ce ne devrait pas être trop compliqué pour eux. Enfin, moi, c’est mon avis.

J’ai essayé de me contorsionner pour rapprocher ma patte arrière de l’oreille et me gratter un bon coup, mais le canapé était trop bas. Il n’y avait pas assez de place. Je me suis frotté les oreilles sur le tapis. Cela a un peu calmé la démangeaison, un peu seulement.

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