Le chien de Don Quichotte

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LE LIVRE: Hugo est le porte-flingue heureux d’un patron véreux. Une vie bien réglée, qui bascule furieusement quand un prêtre imbibé jusqu’à l’os donne à Hugo un livre, dont le héros est un homme bon, prêt à tout pour protéger les faibles. Cette lecture bouleverse Hugo : lui aussi veut faire le bien. Il ne veut plus tuer.Oui mais voilà, il n’est pas simple de protéger les gens quand on a pour mission de dézinguer… Et cette bande de hackers, les « vendredi 13 », ne lui facilitent pas la tâche : en piratant les comptes de son patron, ils déclarent la guerre ouverte. Les hostilités doivent commencer. Quelle galère.NOTE DE L'ÉDITEUR : En lieu et place des moulins à vent de Don Quichotte, imaginez d’authentique malfrats. Substituez ensuite à la troupe de Robin des Bois une bande de geeks surdoués, qui jouent du clavier pour corriger les injustices. Coincez ensemble ces personnages fabuleux dans un bar miteux à la veille de Noël.Vous aurez alors une petite idée du récit de Pia Petersen, digne du Tarantino des grands jours : un huis-clos explosif et macabre, dont personne ne sort vainqueur...LA COLLECTION : « Pour VENDREDI 13, nous avons tenté la gageure de rassembler treize écrivains de renom et leur demander de nous broder 13 romans musclés autour de cette date fétiche. 13 récits d’action, contemporains, où le héros, l’héroïne, met sa vie en jeu pour : un paquet de fric, l’amour, sa liberté, la gloire, la révolution, une utopie… à chaque auteur de choisir. Notre premier succès a été de réussir à recruter une très belle bande de mercenaires : Brigitte Aubert, Pierre Bordage, Patrick Chamoiseau, Mercedes Deambrosis, Pierre Hanot, Jean-Marie Laclavetine, Alain Mabanckou, Olivier Maulin, Pierre Pelot, Pia Petersen, Scott Philipps, jean-Bernard Pouy et Michel Quint. Nos plus secrets espoirs sont comblés : nous avons lu un panaché explosif de récits mordants, vitriolés ou haletants — à tous les coups savoureux. Unis par la seule date qui donne son nom à la collection, nos treize auteurs offrent un chatoiement de sujets, d’écriture, bref, d’inspiration. (Patrick Raynal, directeur de la collection « Vendredi 13 ».) Un avant-goût : Écoutez la lecture d’un extrait du CHIEN DE DON QUICHOTTE, interprété par Robin Renucci, acteur, réalisateur et directeur des Tréteaux de France.
Publié le : mercredi 11 avril 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782353060689
Nombre de pages : 226
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PIA PETERSEN LE CHIEN DE DON QUICHOTTE
VENDREDI 13
Extrait de la publication
VENDREDI13
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Dans la même collection
Pierre Bordage,L’arcane sans nom Jean-Bernard Pouy,Samedi 14 Michel Quint,Close-up Brigitte Aubert, Freaky Fridays Olivier Maulin,Le dernier contrat Pierre Pelot,Givre noir
À paraître
Jean-Marie Laclavetine,Paris mutuels Scott Philipps,Nocturne le vendredi Patrick Chamoiseau,Miracles Alain Mabanckou,Tais-toi et meurs Pierre Hanot,Tout du tatou Mercedes Deambrosis,Le dernier des treize
www.editionslabranche.com/vendredi13
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Une collection dirigée parPatrick Raynal
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PIA PETERSEN LE CHIEN DE DON QUICHOTTE
ROMAN
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À Martin Israelsen
Le chien de Don Quichotte
Il songea qu’il devait rentrer, il était tard et il n’y avait plus personne dans le bar, personne à part lui et un prêtre qui tenait à peine sur ses jambes et un barman au teint blafard. Il regarda le miroir derrière le comptoir dans lequel se reflétait la salle. Le bistrot était sinistre. Hugo était accoudé au comptoir à côté de l’homme d’église qui se saoulait au whisky et qui observait son verre vide. Il marmonnait que depuis le temps qu’il fréquentait Dieu, celui-ci aurait pu le lui remplir, il en avait le pouvoir, enfin, s’il existait il en avait le pou-voir et c’était sûrement la raison pour laquelle les gens croyaient en lui. Les gens le prenaient pour un magi-cien. Tu te rends compte ? Il suffirait qu’il remplisse ce verre et ce serait la preuve de l’existence de Dieu. Il m’emmerde, enchaîna le prêtre. À côté du verre, un livre épais. Le prêtre posa sa main sur son verre et le poussa en direction du barman qui le remplit à ras bord. Le prêtre n’attendit pas, il le but d’un trait et en réclama un autre puis il regarda Hugo et lui demanda s’il voulait se confesser. Ça fait du bien la confession. Une vraie douche intérieure, un coup de propreté, rien que ça. Hugo le remercia mais non, il n’avait rien à dire.
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Vendredi 13
Hugo ne parlait jamais de lui ni de son travail, parce qu’il ne voulait pas effrayer les gens. Le jour où sa mère avait appris comment il gagnait sa vie, elle avait eu peur.Il n’oublierait jamais son visage affolé quand elle vit les pistolets et le couteau sur la commode de sa chambre. Le barman remplit à nouveau le verre du prêtre qui continuait à marmotter. Tout le monde a quelque chose à confesser. Des saloperies. Les gens sont mauvais.À l’image de Dieu. L’être humain est une espèce ratée. Le prêtre buta sur le mot raté et dut se répéter plu-sieurs fois. Hugo l’écoutait poliment. Le prêtre ne le dérangeait pas et de toute façon il n’avait rien d’autre à faire, il avait réglé un problème délicat et il buvait un verre parce qu’il ne voulait pas rentrer chez lui, c’était bientôt son anniversaire et ça lui faisait drôle. En des-cendant de sa chaise pour gagner la sortie, le prêtre s’agrippa à son épaule. Pour toi, dit-il en lui filant le livre sur le comptoir. Cadeau. Il empestait l’alcool.Lis ça. C’est pas mal. Il avala son dernier verre et chan-cela en se dirigeant vers la porte et quand il ouvrit le battant pour sortir, un courant d’air froid et sec péné-tra dans le bistrot. Hugo frissonna. Le barman qui avait suivi le prêtre des yeux expliqua qu’il venait de l’église un peu plus loin et aussi qu’il ne croyait plus en Dieu, qu’il ne croyait plus en rien. Comme tout le monde. Le barman avait la voix amère. Lui non plus ne croyait en rien. Tout ce qu’il savait c’est qu’il fallait travailler pour payer les taxes et bientôt ce serait tout ce qu’il pour-rait payer à force de filer du fric aux riches et en plus
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Le chien de Don Quichotte
il faisait mauvais, il neigeait par intermittence depuis deux jours. Le barman dit que c’était bien sa chance d’avoir un putain de curé athée parmi ses clients. Pour l’espoir d’une meilleure vie, c’était foutu. Il était temps d’aller dormir. Hugo mit le livre dans sa poche et sortit. Il aurait pu ne pas le lire, le ranger sur une étagère et ne plus y penser et sa vie serait intacte. Tout ça c’était la faute au livre, au prêtre, à Dieu. Avant, tout allait bien. Sa vie était tranquille, son boulot lui plaisait, son patron l’appréciait, comptait sur lui et il avait de l’argent pour faire tout ce qu’il voulait et c’est ce qu’il faisait, il ne se privait de rien. Il dînait dans de bons restaurants, il fréquentait des boîtes de nuit où il sablait le champagne sous les regards envieux des autres, il entretenait des liaisons avec de belles femmes, suscitant des jalousies et il voyageait quand il le désirait. Dans l’ensemble, il avait une vie confortable. Puis ce prêtre lui avait filé un livre. Il aurait pu ne pas l’ouvrir. Tout avait commencé par ce rendez-vous avec un homme que le patron d’Hugo suspectait de l’avoir volé. Il faut se faire respecter, avait dit Esteban en l’envoyant en mis-sion afin de redresser la situation. C’est ainsi qu’il avait commencé sa lecture, parce qu’il attendait quelqu’un et qu’il fallait bien passer le temps. Le rendez-vous avait lieu un lundi soir au dernier sous-sol d’un parking à Montparnasse, le parking était silencieux, désert. Pour faire venir le type, il l’avait contacté, prétextant que le patron voulait passer une commande personnelle
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