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Le Contre-Amour

De
169 pages
Elle a vécu… L'héroïne, femme originale, la cinquantaine pleine de verve, est aux prises avec le grand chamboulement que la rencontre d'un homme fait subir à sa vie. Affaire de désir qu'elle exprime. Servitudes qu'elle accepte, subjuguée. Il est pilote de chasse de son état. Plus elle existe, plus elle espère... Cet homme énigmatique la prend au double piège du désir et de la tendresse. Alors commence pour elle une autre vie et son contraire… Sa tentative de compréhension d'une situation délicate la confronte à une expérience trouble dans le bateau de son amant , la vérité sur cet homme chasse ses derniers espoirs.
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FRANCE DESFORGES

France Desforges
Le Contre-Amour





ROMAN










Le Manuscrit
www.manuscrit.com




© Éditions Le Manuscrit, 2005
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6237-4 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-6236-6 (livre imprimé)
FRANCE DESFORGES


FRANCE DESFORGES





A Krešo qui m’a encouragée à
écrire, et qui lit peut-être avec plaisir ce
texte, de là où il est parti…











FRANCE DESFORGES





Nous avons l’âge de notre tendresse.
L’usure n’est que de l’amour inemployé.
Stan Rougier




Une rose d’automne est plus qu’une autre
exquise.
Agrippa d’Aubigné



FRANCE DESFORGES







REMERCIEMENTS


« Les personnages d’un romancier sont les enfants de
ses rêves. » Ou de ses cauchemars. Mon imagination a
brodé ici et là, emmêlant réalité et chimères. Sans les
encouragements et les bons conseils de mes lecteurs
attentifs, je n’aurais pu mener au bout ce roman. Je tiens
à exprimer mon infinie reconnaissance à Rose Benghiat,
André Delpech, Caroline Gelperovic, Philippe
Jacquemin, Jean-Claude Le Berre, Edwige Lacour,
Edmée Touton ; à André Paulin et Gérard Faure pour
leurs précisions techniques ; à Jean-Michel Grillot qui
m’a déterminée à mettre le point final. Et un grand
merci à Aline Fera, par qui ce texte s’est envolé sur le
Net.


FRANCE DESFORGES







PROLOGUE



Sans le soutien de mes inlassables amis, l’HP Sainte-
Anne serait ma prochaine adresse, à forte probabilité.
Ce n’est pas ma faute si j’aime un homme qui ne m’était
peut-être pas destiné. Qui s’est précipité dans le vide
libertin – ma soupape de sécurité en quelque sorte –
concédé à l’emploi de mes jours. Ma mère prétendait
qu’il ne fallait pas décroiser les jambes. Bien vu.
Comme happée par un vortex, cramponnée à mon
amour tout neuf, garrottée par la promesse du bonheur,
j’abandonne toute volonté. Ma réflexion se désagrège,
des sensations perdues me submergent : la saveur
indéfinissable et merveilleuse, l’odeur enivrante du
temps de la jeunesse.
J’avais oublié la violence du désir ; dès que mon
tentateur, Grégor Kalganov, m’a touchée, j’en
frémissais. Mon désir rayonnant. Son corps, j’en goûtais
la prodigieuse métamorphose. Haut le sexe, arbre –
entre baobab et séquoia ! – promu en cinq sec arbre de
ma vie. Je m’engloutissais dans l’immensité océane, il
était la bitte (d’amarrage) autour de laquelle j’avais de
longtemps rêvé de m’enrouler !… Hélas ! pas d’arbre
ceint de caoutchouc, ou Christo serait passé par là ! Pas
à sa taille, pas la pratique ? Utilisé par Grégor, le
15 LE CONTRE-AMOUR
préservatif, sage recours, a fini en astreinte humiliante.
Bout d’essai de film hard. Maîtrise. Tendresse absente.
Me rassure sa patience.
Aberrant, mon rythme circadien. Je ne veux pas
m’endormir. Seule dans mon lit rond déserté par
Grégor pour cause de service de nuit, mon esprit se
meuble de lui ; m’endormir, c’est le quitter davantage.
Le sommeil me prend, et mon subconscient m'en libère
bientôt ; m’envahit la délectation du fantasme, Grégor
est auprès de moi, un plaisir me fend la tête et le corps.
Au matin, son absence m’oppresse ; vertige devant le
laps de temps qui distance le sésame du bonheur : « Je
suis rentré. »
Nul ne me condamne, inéluctablement comme il en
fut de Sisyphe qui roulait haut son rocher fugueur, à
hisser mes ivresses sentimentales vers l’amour qui
dégringole dans une passion éphémère dérisoire et à y
revenir toujours. Terminée mon errance. Avec le temps, on
n’aime plus… Ou différemment.

Ma nouvelle vie est lancée, cadencée suivant ces
communications incertaines et laconiques :
– Allô !… Axelle, ma chérie, je peux te voir
aujourd’hui, dit Grégor.
– À quelle heure ?
– Je te rappelle. Je dois téléphoner au Ministère…
À plus de dix-sept heures, il me laisse dans
l’incertitude en ce qui concerne le moment de son
arrivée pour dîner. Grégor ne prévoit pas, car prévoir
c’est s’engager. Opte-t-il pour une paella ou une
choucroute – de chez le traiteur ? Non, choisir c’est
demander, et il ne demande rien de façon à n’être
l’obligé de personne. Ça, je l’ai déjà compris.
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