Le couvent de Bella

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« Ma brouille avec Bella continuait. Je ne travaillais plus. Chaque après-midi seul sur ma machine, je fonçais par les portes de Villejuif, ou de Pantin, ou de Saint-Cloud, dans des sorties désespérées, et comme s'il s'agissait de délivrer, non mon amour, mais Paris. »

Jean Giraudoux

Publié le : mercredi 20 février 2013
Lecture(s) : 17
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246806950
Nombre de pages : 28
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a brouille avec Bella continuait. Je ne travaillais plus. Chaque après-midi, seul sur ma machine, je fonçais par les portes de Villejuif, ou de Pantin, ou de Saint-Cloud, dans des sorties désespérées, et comme s’il s’agissait de délivrer, non mon amour, mais Paris. Tous les remèdes, toutes les solutions à mes crises sentimentales, ce n’est d’ailleurs jamais dans Paris que je les ai trouvés, mais, de même qu’il faut chercher parfois les foyers en dehors de l’ellipse elle-même, toujours à Chantilly à Orsay, dans ce champ magnétique bordé par les fortifications et la Grande Ceinture. Passé l’octroi, toute l’exaltation condensée sur moi par Paris soudain s’évaporait, flamboyait, et je me promenais en torche vivante d’Argenteuil à Levallois... J’appris avec joie que Bella venait de quitter Paris pour Charlieu-sur-Loire, où habitait une de ses tantes, et où elle avait passé ses sept ans de pension. Je partis pour Charlieu, j’essayerais de la joindre un soir à la nuit, j’aurais visité dans le jour son pensionnat, je la rejoindrais par sa jeunesse même.
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