Le cracheur d'aiguilles

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Elle ne pense pas spécialement à quelque chose, ou alors oui, elle pense qu'elle n'a que onze ans et qu'elle voudrait bien en compter seize ou dix-sept. Et puis elle voudrait voir sa mère. Rien qu'une fois... (Quelquefois les cauchemars de sa disparition la réveillent, alors Eric la console et il dort au pied de son lit en ronchonnant). Elle observe les arbres qui l'entourent, le ruisseau, elle se laisse couler dans la douce ambiance de ce lundi après-midi. Le murmure de l'eau et les clapotis la bercent. Demain, elle portera sa robe bleue, celle avec les fleurs dessus, ça fera printemps. Elle hume l'air frais amené par la proximité du ruisseau, debout, mains sur les hanches, encore un oeil aux eaux tumultueuses, aux galets, aux nuages qui arrivent du sud-ouest.
Publié le : mardi 11 juin 2002
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EAN13 : 9782748110142
Nombre de pages : 165
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Le cracheur daiguilles
Gilbert Mérague
Le cracheur daiguilles
ROMAN
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2-7481-1015-3 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-1014-5 (pour le livre imprimé)
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Introduction
Les personnages
Bruno, quarante-cinq ans, long, mince, genre Lu-cky Luke à moto. Rêveur qui aime le Modern Style, le vin et les bêtisiers à la télé. Lara, quarante ans. Grande brunette aux yeux de félin. Ex-compagne de Bruno (elle la quitté après cinq années de vie commune). Eric, le fils de Bruno. Douze ans, cheveux bruns, yeux marrons. Ce quil préfère : le cours de biologie, les poissons, Manau et le Coca tiède. Sa grande passion : la magie. Manon, la fille de Bruno. Onze ans. Blonde, espiègle. Fait les quatre cents coups, garçon manqué. Adore les puzzles, les jeux vidéos et son petit Dinoo, un dinosaure sur écran qui la suit partout. Déteste devoir se dépêcher et les stylos qui coulent. Apprécie Thomas ou Nicolas, cela dépend des joursThomas, un ami dEric. Douze ans. Blond aux yeux bleus. Dans la même classe quEric. Aime la nature, les ruisseaux, et se promener à vélo. Cest un doux rêveur. Nicolas, le frère de Thomas, onze ans. Gentil rouquin à qui il manque une incisive. Ne se prend pas trop au sérieux et se méfie des filles. Fred, vingt-cinq ans. Un ami peu recommandable de Bruno.
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Le cracheur daiguilles
Fabrice, quarante ans. Un ancien ami de Bruno. Un grognon au grand coeur qui travaille dans un restaurant, la nuit, où il est cuisinier. David, neuf ans. Farfadet aux cheveux hirsutes. Timide, rêveur. Curieux. Aimerait bien quEric lui apprenne à réaliser des tours de magie
Le lieu de laction : lAuvergne qui se trouve dans le Massif Central. Cest lété, cest les vacances, le temps des serments et de la pêche à la truite tout près des torrents qui dévalent des puys.
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CHAPITRE1
Elle ne pense pas spécialement à quelque chose, ou alors oui, elle pense quelle na que onze ans et quelle voudrait bien en compter seize ou dix-sept. Et puis elle voudrait voir sa mère. Rien quune fois(Quelquefois les cauchemars de sa disparition la réveillent, alors Eric la console et il dort au pied de son lit en ronchonnant). Elle observe les arbres qui lentourent, le ruis-seau ; elle se laisse couler dans la douce ambiance de ce lundi après-midi. Le murmure de leau et les cla-potis la bercent. Demain, elle portera sa robe bleue, celle avec les fleurs dessus, ça fera printemps. Elle hume lair frais amené par la proximité du ruisseau, debout, mains sur les hanches ; encore un oeil aux eaux tumultueuses, aux galets, aux nuages qui arrivent du sud-ouest. Un regard à lendroit pré-cis où devrait sélever la cabane ne lui apprend rien : un trou, de lherbe, rien dautre. Le vide absolu, lunivers fait de bouts de ficelle et de chimères. Il ny a rienEric est muet. Il râle car aujourdhui, la pêche nest pas miraculeuse : ils nont rien pris, pas même un goujon, pas même un bout de plastique. Rien de rien, blanc de blanc. Il a perdu son temps : horreur de louper son coup, dêtre bredouille, de revenir les mains videsIl en frissonne.
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Le cracheur daiguilles
"Oui, tes impatient" dit Manon (elle pense à Ni-colas, cest lui le plus décidé. Cest un battant. Avec lui, elle naurait peur de rien ni de personne). A cause de Bruno, tout çaBruno, leur père, on ne sait pas où il en est. Cest une longue histoire, une histoire qui dure depuis deux ans, une longue histoire avec des rallonges par-tout. A croire quil sest fait renverser par une loco-motive : il est aplati comme une galette.
Ils font un tour dans le coin ; ils sadossent au tronc dun saule qui penche dangereusement vers leau. Le chalet, Manon sen fiche bien au-jourdhuiMais non, elle pourrait y inviter les garçons ! Cest vrai quils ont chacun leurs qualités et leurs défauts, et de toute façon, ils sont gentils. Alors, Nicolas ou Thomas ? Demain, elle portera plutôt la robe rouge avec les poches plaquées. Tho-mas est un gentil rêveur tandis que Nicolas se méfie des filles. Eric scrute les arbres, le profil des berges, le sen-tier. Bruno nest pas venu. Pourtant il a déjà des-siné les plans de la cabane. Il a dit quils pêcheraient ensemble des truites à la mouche. Et quils trempe-raient leurs pieds dans leau. Et que ce ne serait pas une simple cabane, mais un palais. Tu parles- Il nous gâche la vie, oui ! Eric a serré les mâchoires. Son regard est sombre ; si ses yeux étaient des mitraillettes, Bruno porterait une main au cur, peut-être quil sévanouiraitComme ils ne sont pas partis en vacances depuis trois ans, ça lui ferait plaisir davoir une maisonnette au bord de leau, dy ranger le matériel, davoir un coin à soi. Et puis il a expliqué à Thomas et Nicolas quil avait assez dascendant sur son père pour que celui-ci lui fasse plaisir. Il a lair idiot ! Il hausse les épaules, son regard se perd dans les méandres du ruisseau.
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