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Prologue Îles Canaries, janvier 2011 Au loin, on pouvait voir apparaître deux points. Plus ils se rapprochaient, plus on voyait se dessiner deux silhouettes : une grande et une plus petite. Ces deux-là marchaient côte à côte sur une magnifique plage. La jeune femme portait un pantalon en lin blanc et une blouse bleu marine, et resserrait sans cesse son foulard à cause du vent qui s’engouffrait dans ses cheveux ; le sable chaud s’insinuait entre ses orteils à chaque pas, son esprit et son corps se relaxaient. À ses côtés marchait un jeune garçon qui tenait dans une main un énorme cornet de glace et dans l’autre un cerf-volant. Ils ne parlaient pas. Ils profitaient encore pour quelques heures de la beauté du paysage : cette plage exerçait sur eux une fasci-nation renversante. Enfin, ils rentrèrent à l’hôtel séparé de la mer seulement par la promenade qui menait au phare et à la superbe plage de dunes. Le jeune garçon était d’humeur grincheuse en entrant dans la suite. — Aymeric, tu veux bien me dire ce qui te rend aussi grognon ? interrogea Sarah. — Maman, je n’ai pas envie de rentrer à Paris !
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— Je sais, mon chéri, mais j’ai pris des engagements et je ne veux pas décevoir monsieur Grégoire. — Pfff… Je ne comprends pas. Tu as refusé toutes ses invitations et là, tout d’un coup, tu dois absolument assister à sa soirée ! — Tu as raison. Et c’est aussi parce que j’ai décliné toutes ses invitations que cette fois, je tiens à assister à cet évène-ment. — C’est si important pour toi ? — Oui. J’y tiens beaucoup. — Et moi, je fais quoi pendant ce temps-là ? — Tu vas dormir chez ton parrain. Il est fou de joie, tu sais. — On pourra faire des pizzas ? — Et comment ! Tu vas voir, tu vas bien t’amuser. Il compte les jours depuis que je l’ai appelé la semaine dernière. Parfois, je me demande s’il ne retombe pas en enfance ! — Alors, c’est d’accord. On décolle quand ? — En début d’après-midi. Mais puisque tu risques encore de te réveiller aux aurores, il est grand temps pour vous, jeune homme, d’aller dormir. Allez, zou ! Aymeric embrassa tendrement sa mère avant d’aller dans sa chambre. La jeune femme, après s’être assuré que son fils s’était en-dormi, se versa un verre de vin et s’installa dans le canapé. Elle relut encore une fois le courrier que lui avait envoyé monsieur Grégoire : Chère Sarah, Monsieur Archambeau et moi organisons une soirée le samedi 8 janvier 2011 afin de rassembler tous les membres de notre club de lecture depuis ces dix dernières années. Votre présence nous honorerait. La publication de votre roman n’a
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fait qu’accroître la notoriété de notre club et nos nombreux membres se réjouissent également de faire « enfin » votre connais-sance. La soirée se déroulera au café La Plume que vous ne connaissez que trop bien, et nous vous y attendons avec im-patience à partir de vingt heures. Amitiés, Professeur Grégoire Sarah était pensive. Il va peut-être réapparaître ? se demanda-t-elle en buvant une gorgée de vin. Samedi 8 janvier 2011 Le réveil n’eut pas besoin de sonner : Aymeric était comme un lion en cage depuis qu’il savait qu’il allait passer la soirée chez son parrain. Il allait et venait sans cesse, et regardait sa montre à tout bout de champ. Sarah, quant à elle, n’avait guère fermé l’œil de la nuit. Elle avait veillé tard après avoir discuté au téléphone avec son ami de toujours, Rémi. Ce dernier avait tenté en vain de la persuader de ne pas se faire d’illusions quant à la présence d’une personne à qui Sarah tenait beaucoup lors de la soirée à laquelle elle était conviée. Mais après autant d’années, elle était maintenant prête à remuer ciel et terre pour retrouver l’homme qu’elle avait aimé, et qu’elle aimait toujours. Quand Aymeric s’élança et sauta sur son lit, elle sut qu’il ne lui laisserait plus aucun répit. Elle se leva donc, s’étira devant la porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse et se dit que ces quelques jours de vacances en compagnie de son fils l’avaient revigorée. Pendant que son fils jouait une dernière partie sur sa console de jeu, Sarah passa à la salle de bain. Alors qu’elle se déshabillait pour aller prendre une douche, elle ne put s’em-pêcher de s’observer nue dans le miroir. Avec le temps, elle
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arrivait à regarder une des deux cicatrices qu’elle portait sur son corps sans céder à l’horreur qui en était à l’origine ; l’autre, par contre, lui arrachait encore parfois quelques larmes, mais des larmes de joie. Une fois séchée et habillée, elle invita son fils à inspecter sa chambre. Quand les valises furent bouclées, Sarah referma la porte derrière elle. Ils s’engagèrent alors tous deux dans le couloir, prirent l’ascenseur et allèrent rejoindre les autres va-canciers dans la salle de petit déjeuner. — Eh bien, fiston, tu ne manges rien ? — Pas faim, grogna Aymeric. — Force-toi un peu, la journée va être longue. — Et toi, tâche de ne pas exagérer avec la pâte à tartiner, tu as déjà une moustache ! la sermonna l’enfant. Sarah ne put s’empêcher de sourire à la remarque de son fils. Elle avait toujours eu un faible pour le chocolat et les années n’avaient fait qu’aggraver la chose. En fin de matinée, la jeune femme et son fils récupérèrent leurs bagages. Devant l’hôtel, un chauffeur les attendait. Assis confortablement à l’arrière du véhicule, ils prirent enfin la direction de l’aéroport. Aéroport Reina Sofia Au comptoir d’enregistrement des bagages, la file était rela-tivement longue et Sarah n’avait de cesse de dire à son fils de se tenir tranquille : ce dernier ne tenait plus en place. Quand ce fut enfin son tour, elle présenta ses billets à l’hôtesse et ils se dirigèrent ensuite vers la zone de transit. Installée sur son siège, Sarah soupira. Ils étaient dans l’avion et elle comptait bien fermer un peu les yeux pendant le vol. Aymeric s’était enfin calmé : il regardait à travers le hublot et se réjouissait d’atterrir à Paris où les attendait son parrain. L’avion décolla enfin.