Le désespoir de cause

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Stress et dépressions sont les nouveaux fléaux. Hugo Desroches désormais libre, se repose sans laisser la moindre contrainte lui gâcher la vie. Il s'offre ce luxe ! Sa vie passée ne va plus le rattraper. Il n'a plus d'autre ambition que le calme de son appartement. Une rencontre va tout accélérer. Camille Miller. Insouciante. Rien ne l'arrête. Viendra Mao. Il rêve de cinéma. Zolten, célèbre acteur. Trois inconnus. Un triple meurtre ! Hugo Desroches se révèle cynique et meurtrier. Il rêve le meurtre parfait. Il se trompe.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 52
EAN13 : 9782748146561
Nombre de pages : 350
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E n désespoir de cause
E mmanuel E rida
E n désespoir de cause
Le Manuscr it w w w . m anuscr it . com
© É ditions Le Manuscrit, 2004 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@ manuscrit.com ISBN : 2748146573 (fichier numérique) ISBN : 2748146565 (livre imprimé)
A Idalio Fialho
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EM M A N U E LER I D A
Première partie 1   Je ne t'ai jamais vu comme ça !  Oui, quelque chose d'indéfinissable, une lassitude, un ras le bol. Mais le pire et le plus insupportable est cette envie de ne rien faire, cette perte de désir. C'était quelque chose de nouveau pour moi, si actif depuis tant d'années. Je n'avais rien senti venir, tout juste une fatigue, pas physique mais une inertie larvaire qui me décourageait dans tout ce que j'entreprenais. E lle était survenue subitement. J'aurais peutêtre pu prendre les devants, avaler quelques cachets de temps à autre. Je n'ai jamais supporté ces aides médicamenteuses. Pourtant je prescris toutes sortes de molécules, je fais des ordonnances à tour de bras, les patients sont rassurés en partant avec une belle ordonnance. Ils partent confiants. Ils n'ont pas fait le voyage pour rien.  Je suis proctologue. Spécialiste des anus et des rectums. Je vois des trous du cul toute la journée. J'aurais mieux fait d'être gynécologue. J'ai eu peur de devenir pédé à force de voir des vagins toute la journée. Du coup je suis un brillant jeune proctologue promis à un éblouissant avenir. Un futur chef de service. Mes collègues m'appelleront "professeur". Une vie tranquille. Tout cela était certain. J'étais montré en exemple, l'avenir de la médecine devait passer par des hommes comme moi. Work addict ! Tout cela c'était
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avant, avant cette belle crise, ce bel effondrement.  E n sortant du cabinet de Rigaud, je ne pense qu'à rentrer et dormir. Je suis fatigué toute la journée. La solution était peutêtre de partir en voyage, de découvrir de nouveaux horizons, mais l'envie n'existe pas. Je suis soulagé, je n'irai pas travailler. J'en ai sans doute pour trois mois. D'arrêt en arrêt je vais bien finir par refaire surface. Pour l'heure, j'ai envie de me reposer et surtout de retrouver l'envie. "Qu'on me donne l'envie d'avoir envie" comme dit si bien la chanson ! Je n'ai aucune excuse physiologique, pas d'anémie, pas de baisse de tension, rien. J'ai la tête dans le sac. Ce qui m'étonne, je ne suis pas inquiet ! Ca va passer. Quand ? C'est un mystère. Je suis peutêtre dans un état désormais chronique. Une dépression permanente, c'est la légende des artistes, ils parviennent pourtant à trouver la force de travailler ou alors n'estce vraiment qu'une légende ! Ce qui me désole, je ne bois même pas. Si encore j'étais alcoolique mais non, rien auquel je puisse me rattraper. Aucune excuse !  E n arrivant chez Rigaud, je voulais prendre un café à la terrasse du Flore, maintenant je n'en ai plus envie. Je prends le premier taxi que je vois et je rentre. Je ne me suis pas rasé. La lumière du jour me fait cligner des yeux, c'est comme si je subissais un décalage horaire, le même état de fatigue. Tout cela va passer. J'ai un instant l'idée de m'arrêter à la Fnac et de regarder les dernières sorties musicales mais aussitôt cette idée me fait horreur. Je n'ai pas envie d'affronter la foule, les bousculades et la queue aux caisses. Non, je commanderai sur internet. Je fais tout par le web, surtout les courses. Je n'ai plus la force d'aller au
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