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Le destin de Max

De
111 pages
Comment t'appelles-tu? Max ou Carlos? Une faille dans l'histoire... Enfant d'Argentine, Max est accueilli pas les assassins de ses parents. Profitant de son jeune âge, ceux-ci l'entourent d'un vaste mensonge visant à lui cacher ses origines. Mais c'est compter sans le destin, qui fait se rencontrer le jeune homme et sa tante... Partagée entre l'amour pour deux cultures, Anne Catherine Shille nous en fait aujourd'hui profiter à travers ce roman. A savourer!
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2 Titre
Le destin de Max

3 Titre
Anne Catherine Schille
Le destin de Max
Une vie double
Roman
5 Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2009
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01870-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304018707 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01871-4 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304018714 (livre numérique)

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Le destin mêle les cartes et nous jouons.
Arthur Schopenhauer

La connaissance de deux cultures et de deux mondes
est à la vie ce que la stéréophonie est à la musique.

A mon compagnon qui m’a offert une vie en stéréo.
A mes enfants de sang et de cœur qui sont ma fierté.
A mes deux familles et mes deux pays.
Merci Chrickrie, pour ton aide précieuse.. 8
CHAPITRE 1
Norma dépose le livre sur la table de chevet,
éteint la lumière et essaye de trouver le som-
meil, demain le réveil sonnera de bonne heure.
Elle se tourne et se retourne pour trouver la
bonne position, rien à faire. Sa tête continue à
laisser entrer toutes sortes de pensées. Son fils
aîné Max qui prépare son mariage, le cadet,
Laurent, qui semble faire son trou dans son tra-
vail. Son mari qui, bien que conservant une
forme exceptionnelle pour son âge, présente ces
derniers temps des petits bobos. Elle se re-
tourne encore et les bribes du commentaire du
match de football que regardent les hommes en
bas lui parviennent comme au travers d’un fil-
tre.
Norma est une petite femme aux cheveux
noirs, aux grands yeux noirs, avec de bonnes
joues rebondies, qui sont une invite aux bisous
claquants. Sa peau mate et son accent un peu
rocailleux trahissent ses origines d’outre atlanti-
que. Elle vient d’une modeste famille nom-
breuse, de la région Nord Ouest d’Argentine.
9 Le destin de Max
Cela fait de nombreuses années qu’elle a quitté
sa province, d’abord, puis son pays, pour fuir
les exactions de la dictature. Elle vit ici, dans un
petit village alsacien, avec bonheur, entourée de
son mari et de ses deux enfants, retrouvant ré-
gulièrement sa province d’origine et la famille
restée au pays.
Ce soir-là, quelque chose l’empêchait de fer-
mer l’œil.
Elle se mit à penser à Pierre, son mari. Que
de chemin parcouru ensemble ! C’était un
homme d’exception. Ils avaient tous deux une
générosité naturelle, et un respect pour les cho-
ses humaines qui leur avaient permis de traver-
ser toutes ces années comme dans un rêve.
Malgré les aléas et les difficultés de la vie, la dé-
sapprobation de la famille de Pierre, et
l’intolérance sans cesse plus présente, ils étaient
heureux et riches. La vraie richesse, c’est celle à
laquelle pensait Norma en ce moment : la joie
de voir leurs enfants prendre leur départ dans la
vie, le plaisir d’être présents pour ses frères et
sœurs quand ils avaient des problèmes, le bon-
heur de rentrer chez soi, le soir, avec impa-
tience, pour pouvoir échanger avec les siens ces
petits moments de la journée qui embellissent la
vie de tous les jours.
Elle se savait privilégiée, sa chance était im-
mense. Enfin, après avoir donné une caresse au
10 Le destin de Max
chien Zonda, elle s’endormit, un sourire aux lè-
vres…

Tout n’avait pas toujours été si rose pour
Norma, quand elle avait quitté sa province,
toute jeune, pour chercher à la fois un travail et
d’autres horizons. Elle avait dû se battre contre
l’adversité.
De son enfance elle gardait un souvenir plein
de gaieté.
Sa maman avait eu onze enfants. Deux
avaient été emportés par la maladie, dans les
premières années de leur vie. Ils habitaient un
quartier pauvre où tout le monde se connaissait.
Les enfants sortaient et jouaient en bande à des
jeux différents selon leur âge. Les petites filles
avec des poupées de chiffons ou à la marelle,
les plus grandes à se mettre en valeur en glissant
vers les jeunes hommes un regard en coin. Elles
guettaient leurs réactions, quand elles portaient
une nouvelle robe, les lendemains des jours de
paye de leur père. Norma jouait toujours avec
ses voisines Claudia, et Rosa.
Elles passaient des heures à se promener en
parlant de l’école, de la famille et des garçons
bien sûr. Ema, sa maman, appelait les enfants
aux heures de repas, elle était aidée dans ses tâ-
ches par les plus grands des enfants. A treize
heures, quand Juan son mari rentrait, il fallait
que tout le monde soit à table. Juan était chauf-
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