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Le dévorateur

De
236 pages
Ken Ito a toujours rêvé de flâner dans les rues de Paris. Abandonnant la belle Kyoko et une mère trop possessive, le jeune japonais s’installe en France pour préparer une thèse sur Yasunari Kawabata. Après les premières semaines d’euphorie, l’étudiant est vite gagné par un sentiment d’isolement dans ce pays dont il ne comprend pas les codes. Il tombe amoureux d’une jeune hollandaise, Daphné, la première femme qui lui résiste. Devant son refus, Ken Ito s’abîme dans une solitude qui le conduit à la folie. Le dévorateur télescope la violence des traditions et la modernité d’une société japonaise en pleine mutation dans un portrait humain acéré.
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Roman
Éditions Le Manuscrit Paris
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Les maquettes de l’ouvrage et de la couverture sont la propriété exclusive des éditions Le Manuscrit. Toute reproduction est strictement interdite. © Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2010 ISBN : 978-2-304-03402-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304034028 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03403-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304034035 (livre numérique)
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« L’extraordinaire du roman, c’est que pour comprendre le réel objectif, il invente d’inventer. »Louis AragonLes cloches de Bâle
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Il ne voulait s’encombrer de rien : juste un sac de week-end en cuir beige. De chaque côté des vitres, les immeubles de bureaux, les hôtels de 30 étages se tordaient, simples cartes qui retombaient, préfigurant le chaos d’un tremblement de terre.Le taxi filait, rectiligne, doublait les traînards avec une détermination implacable, avant de stopper en bordure de l’immense bâtiment. 1 L’homme sortit un billet de dix mille yens et, sans attendre de monnaie, ouvrit la portière et se précipita dehors.Pas qui se croisent sur le sol luisant, mocassins noisette, fauves, ocre, noirs, cuirs coûteux, découpes hardies, démarches pressées, insolentes, hésitantes, indifférentes, pantalons anthracite, apprêtés, impeccables, sortis des meilleurs tailleurs, valises-coffres-forts munies de roulettes, attachés-cases posés devant les guichets des compagnies, silhouettes affairées
1 80 euros environ en 2010.
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dans l’attente de la carte d’embarquement, même air absent, cheveux d’encre touffus, yeux rétrécis derrière des verres cerclés d’or. Rien ne le distingue des autres, sinon qu’il se tient à l’écart, très élégant, dans son costume beige, 25 à 30 ans peut-être, mince, peau lisse, gestes comptés, regard vague qu’aucunes lunettes ne filtrent. II scrute la foule à la recherche de traits différents, d’yeux grand ouverts, teint blanc, boucles dorées, l’envers de l’Asie. Il fouille parmi les visages qui l’entourent, mais peu d’Européens circulent, la vision de rêve ne s’incarne pas devant lui. Qu’importe, il s’avance à sa rencontre. L’Europe l’attend, il entrera dans ce gros gâteau tentateur en insecte prêt à tout. Là-bas, des filles superbes envahissent les trottoirs jour et nuit, il n’aura qu’à tendre la main pour cueillir les fruits de la passion, croquer la pomme, enfin.Simple prétexte : les femmes défilent sous toutes les latitudes, pourquoi aller les chercher si loin ? Les Européens rêvent du corps frêle des Asiatiques, de leur servilité -ce qu’ils prennent pour telle– tandis qu’il évoque derrière chaque visage un visage aux larges yeux. Il aurait voulu connaître des milliers de filles, toutes celles qu’il croisait sans oser les aborder, et qu’il dévêtirait pour goûter leur chair.
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