Le fils de la femme du pêcheur

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Dans un futur proche où les avocats ont pris une place proéminente, des hommes avides de spectacle font revenir à la vie les plus grands criminels impunis. Mais le procès le plus attendu de tous, celui d'Adolf Hitler, ne se passera pas de la façon initialement prévue.

Publié le : vendredi 10 juin 2011
Lecture(s) : 141
EAN13 : 9782748100709
Nombre de pages : 233
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Le fils de la femme du pêcheur
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748100719 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748100700 (pour le livre imprimé)
Benjamin Chaix
Le fils de la femme du pêcheur
ROMAN
I.
En cette année deux milles quarante cinq, un ordre nouveau était apparu dans le monde. Désormais les tribunaux dirigeaient. Ils décidaient des gouverne ments et de la vie de tous. Nul n’était plus audessus de la loi.
Devant les violences qui avaient augmenté sans cesse depuis le début de ce siècle, les états avaient choisi de se montrer fermes pour mettre fin à ces agissements qui gangrenaient la société. Ils rêvaient alors d’un monde où la civilité serait le maîtremot et le but de chacun. Pour arriver au résultat escompté, les sanctions pénales devaient être exemplaires. Les politiques s’or ganisèrent donc pour offrir un rôle plus important aux hommes de loi. Ces derniers s’étaient ensuite arran gés pour leur retirer tout ce qui pouvait leur rester en core comme parcelle de pouvoir. Chaque citoyen pou vait sentir la menace du jugement au moindre faux pas. Les politiques qui avaient voulu dénoncer ces déviances l’avaient pour la plupart payé de leur vie.
La mise à mort était redevenue le spectacle appré cié par la masse qui hurlait, installée confortablement dans les stades, sa haine à l’accusé qui se faisait dépecer par les tigres et les lions dans l’arène. Les jugements, de
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leur début jusqu’à leur dénouement, étaient devenus de véritables superproductions. Tout ceux qui avaient fautés, même plusieurs siècles auparavant, passaient devant les intransigeants tribunaux.
La population mondiale était désormais compo sée de deux catégories d’individus. D’un côté les ‘cita dins’et de l’autre les ‘sansemplois’.
Le citadin exerçait au sein de la ville le métier pour lequel il avait été formé et que les tribunaux lui avait af fecté pour le bien de la communauté. En effet, eux seuls étaient capables de déterminer ce qui était bon pour le peuple. Ainsi, tout le monde avait accès à l’enseigne ment dès son plus jeune âge. L’enfant était suivi tout au long de sa scolarité. Lorsqu’il passait à un grade supérieur, il était libre de choisir les options qu’il désirait dans la limite des quotas fixés par les tribunaux. Mieux valait être bien classé pour faire ce que l’on désirait. Ainsi un étudiant était dans l’incapacité de se voir enseigner le métier de son choix si les quotas avaient déjà été atteints avec des personnes plus brillantes que lui. Au terme de leurs études, chaque individu se voyait offrir un poste par les tribunaux qu’il devait accepter s’il voulait rester travailler en ville. Le refuser était en général synonyme de quitter la cité et le groupe des citadins. Il menait une vie tranquille et calme régie par son tribunal de quartier. Toute demande, que ce soit pour un mariage, pour faire un enfant, pour déménager, pour évoluer dans son métier, faisait l’objet d’une re quête auprès de la loi.
Le sansemploi n’était pas forcément sans travail mais c’était l’appellation qu’on leur donnait en ville. Par opposition au citadin, il vivait à la périphérie des
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cités. Sa présence en ces lieux était généralement due soit à la perte ou au refus du travail proposé par son tribunal, soit à un échec lors de sa scolarité s’il avait été déclaré inapte à l’enseignement et inutile pour la communauté. Une économie parallèle s’était donc développée dans ces banlieues. Il y régnait beaucoup plus de vio lence qu’en ville car la police des tribunaux s’y aventurait rarement à moins d’y être contrainte, lorsqu’un citadin ayant fauté s’y était réfugié. Malgré l’insécurité, il avait une odeur de liberté qu’on ne trouvait pas dans les mégalopoles. La vie y avait donc ses avantages et ses inconvénients mais le plus dur à supporter était sûrement le manque de matières premières. De ce fait, le sansemploi vivait dans un univers bien moins confortable que le citadin.
Sansemplois et citadins se fréquentaient rare ment.
Théo était l’un de ces sansemplois. Agé de vingt cinq ans, il était plutôt beau garçon et physiquement solide. La façon dont il s’était retrouvé exclu de la mé galopole portuaire de Marcity qu’il habitait auparavant était un peu particulière. C’était un garçon brillant mais il avait perdu son travail à la suite d’une faute que son tribunal qualifia de grave. Plusieurs mois de re cherche ne lui permirent pas retrouver un autre emploi dans la ville. Les tribunaux se chargeant d’affecter les postes, les places libres étaient rares à moins du décès imprévu du titulaire. Théo, quand il était plus jeune, avait choisi de se lancer dans le droit. En effet, les tribunaux dirigeant le monde, les places les plus enviables étaient certaine ment celles des hommes de loi car il faut reconnaître que ceuxci étaient largement avantagés. D’ailleurs jamais une société n’avait fonctionnée sans des privilégiés pour
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la gouverner. La loi qu’ils s’appliquaient à euxmême divergeait en certains points notablement de celle que suivait le commun des mortels. Malheureusement pour Théo, il n’avait pas été re tenu dans les quotas pour l’enseignement de droit et avait dû se rabattre sur le métier de vétérinaire pour le quel il fut accepté sans problème. Le tribunal de chaque cité fixait annuellement le prix des soins au delà duquel un animal n’a plus le droit de vivre. En l’an deux milles quarante quatre, la mort était provoquée audelà de quinze dollars. Le tort de Théo fut de soigner un chien pour une dépense totale de quinze dollars cinquante. Cette erreur, qui n’en au rait pas été une l’année suivante avec la réévaluation des tarifs, lui fit perdre son travail.
Théo pêchait désormais le calamar, la seiche et le poulpe dans l’océan sur le bateau de Guido. C’était un métier difficile mais cela rapportait bien. Il regrettait peu son ancienne vie si ce n’est qu’il ne pouvait plus voir les membres de sa familles restés à la ville aussi souvent qu’il le souhaitait.
Guido était de vingt cinq ans son aîné. Il avait une fille, Léa, vingt ans, avec laquelle Théo s’entendait par ticulièrement. Mais il était trop timide pour lui avouer son amour. Le parcours de Guido était différent de celui de Théo. En l’an deux milles quinze, il avait remarqué les dérives possibles de la nouvelle organisation mondiale et, ayant toujours eu le plus profond mépris pour ces avocats capables de défendre Satan luimême, comme il aimait à le dire, avait refusé les ordres des tribunaux tendant à diriger sa vie. Il était déjà pêcheur à l’époque et avait choisi de s’exiler loin des villes où la dictature de la loi s’exerçait. Ils furent nombreux dans son cas.
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