Le grand livre

De
Le grand livre, il y a 40 ans, c’était l’amitié partagée entre Gaston Tremblay et le regretté André Paiement, une amitié consignée dans un cahier personnel nourri par les deux. «Le grand livre», en 2012, c’est une autofiction qui raconte un moment déterminant dans la vie de deux jeunes adolescents, à une époque charnière - la fin des années soixante - dans l’histoire du Nouvel-Ontario. Albert et Paul-André ont grandi à un coin de rue l’un de l’autre, dans le petit village de Sturgeon Falls. Si leur première rencontre remonte à la tendre enfance, alors qu’ils jouaient dans le carré
de sable, leur amitié s’est véritablement déployée à l’hiver 1967, alors qu’ils se sont accompagnés au moment du délicat passage à l’âge adulte.
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Gaston Tremblay
Le grand livre
Extrait de la publication
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Extrait de la publication
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E Le recueil de Dorais, vol. 1, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2011. L’écho de nos voix, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2003. Prendre la parole. Le journal de bord du grand CANO, Hearst, Le Nordir, 1996.
N Souvenir de Daniel, Hearst, Le Nordir, 199. « L’hurluberlu d’Earlton », dansLe salut de l’arrière-pays, conte urbain, Sudbury, Éditions Prise de Parole, 2010.
P Sur le lac Clair, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2001. L’autobus de la pluie, rétrospective de poésie publiée, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2001. La veuve rouge, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1986. Souvenances, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1979. En attendant, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1976. « Apprentissage »dansLignes-Signes, collectif de poésie, Sudbury, Éditions Prise de parole, 1973.
R Le Nickel Strange, Montréal, Trait d’union, 2000. Le langage des chiens, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2002.
Cinquante exemplaires de cet ouvrage ont été numérotés et signés par l’auteur.
Extrait de la publication
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Roman
Éditions Prise de parole Sudbury 2012
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Tremblay, Gaston, 1949 30 août- Le grand livre/ Gaston Tremblay. Publ. aussi en formats électroniques. ISBN 978-2-89423-269-9  I. Titre. PS889.R39G73 2012 C843’.4 C2012-900114-7
Tremblay, Gaston, 1949 30 août- Le grand livre [ressource électronique] / Gaston Tremblay. Monographie électronique. Publ. aussi en format imprimé. ISBN 978-2-89423-468-6 (PDF). – ISBN 978-2-89423-28-7 (EPUB)  I. Titre. PS889.R39G73 2012 C843’.4 C2012-90011-
Diffusion au Canada : Dimédia
Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine. La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Arts du Canada, le Patrimoine canadien (programme Développement des communautés de langue officielle et Fonds du livre du Canada) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
Œuvre en page de couverture : Marie Surprenant,L’homme approximatif, huile sur papier, 199. Conception de la couverture : Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Imprimé au Canada. Copyright © Ottawa, 2012 Éditions Prise de parole C.P. 0, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2 www.prisedeparole.ca
ISBN 978-2-89423-269-9 (papier) ISBN 978-2-89423-468-6 (PDF) ISBN 978-2-89423-28-7 (ePub)
Extrait de la publication
Car s’il y a un péché contre la vie ce n’est peut-être pas tant d’en désespérer que d’espérer une autre vie et se dérober à l’implacable grandeur de celle-ci.
Noces,Albert Camus
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Avant tout, un merci chaleureux à Josée et Diane de m’avoir aidé à raconter notre histoire et à la succession de Paul-André de m’avoir permis de citer ses écrits. De plus, l’auteur désire remercier le Conseil des Arts du Canada pour la bourse de création (2007-2008) dans le cadre de son programme de Bourses de création aux écrivains professionnels qui lui a permis de rédiger la première version de ce roman. Finally, the author wishes to thank the Fund for Scholarly and Professional Development of Adjuncts at Queen’s University for its continuing support during the summers of 2009, 2010 and 2011. Enfin, je remercie Sheila, ibault, Marie et denise…
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Il pleut, il vente, il grêle, il tempête dans ma rue. Dans le brouillard de mon image, je m’estompe tandis qu’à l’écran de mon ordinateur j’apparais, disparais, rajeu-nis et vieillis au rythme de l’algorithme que j’ai pro-grammé dans mon économiseur de pixels. Si je me suis programmé ainsi, c’est que je suis d’une génération qui n’a jamais vieilli ou, tout au moins, qui n’a jamais voulu vieillir. De toute évidence, l’inéluc-table passage du temps m’a rattrapé. Désormais, je suis ce que je suis, un homme aux prises avec un corps qu’il ne reconnaît pas… et, de surcroît, je suis celui qui jongle dans l’interligne de ce texte avec les images de cette conscience de lui-même qui se conjugue au passé simple. Parfois, à la fine pointe de ma plume, je trace et retrace le fil vivant de mon parcours. Les doigts tachés d’encre aigue-marine, du sang de mes passions, j’en-treprends ce petit voyage à rebours pour mieux com-prendre, pour me rappeler ton image que j’ai laissée en suspens. Et d’autres fois, j’écris à l’imparfait pour
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te faire revivre un tout petit moment, ou encore au passé composé… pour tisser un fil conducteur entre notre passé lointain et le temps présent, qui s’inscrit douloureusement dans ma chair. Je suis seul… Alors, j’écris comme un moine, un de ces hommes solitaires qui chantent matines dans la nuit. À peine éveillé, j’ouvre mon Grand Livre comme ils lisent leur bréviaire. Je relis mon texte comme ils chantent la parole de Dieu, pour mettre en contrepoint le mouvement monotone du mécanisme intérieur de leur vie, pour oublier leur cœur qui ne bat plus aussi allègrement que jadis, pour ne pas entendre le tic-tac électronique de l’horloge. Tic-tac, zezic-zezac, toujours jamais… tous les jours que j’aimais, toutes ces nuits sans amour à compter les battements de mon cœur dans l’éternité de mon ennui. Le silence comme le noir de l’absence m’en-tourent, la sueur de mon corps se refroidit dans mes draps, je veux partir, je veux m’en aller, je m’écris, je m’écrie, je crie. J’ai peur ! Le temps se télescope, je vois de nouveau le corps livide de mon ami d’enfance pendu au cadre de la porte de ma chambre, tandis qu’au loin le gyrophare de la Place Ville-Marie, tel un éclair stroboscopique, illumine sa dépouille toutes les cinq secondes. J’ai toujours voulu me glisser dans son corps, dans sa gorge pour faire vibrer ses cordes vocales, dans ses bras pour bien tendre ses muscles, dans ses yeux pour
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