Le jardin d'Andréanne

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Un beau jour d'automne, Andréanne découvre un calepin sur un banc de parc. En le feuilletant pour en identifier le propriétaire, elle constate qu'il s'agit d'un recueil de pensées. Intriguée par son titre, Seul le corps parle, elle se met à parcourir l'ouvrage d'abord choquée par les assertions qui y sont faites. Malgré tout, elle entre en débat intérieur avec l'auteur. Au fil des jours, la jeune femme reviendra poursuivre sa lecture sur le banc dans l'espoir d'y voir revenir celui ou celle dont elle a peine à cerner le sexe mais dont elle sera de plus en plus fascinée par la personnalité et la philosophie. La personne en question sera-t-elle au rendez-vous? De qui s'agira-t-il et quel genre de relation pourra émerger de cette rencontre épistolaire? Le jardin d'Andréanne invite à une réflexion sur les enjeux fondamentaux de la vie sociale, culturelle et physique de l'être humain, le tout sous une vision matérialiste mais inspirée de sa nature et de l'univers qu'il habite.
Publié le : jeudi 24 septembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342042368
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342042368
Nombre de pages : 108
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La Chevauchée de hippocampes, roman, 2e édition, Paris/Montréal, Mon Petit Éditeur, 2014 Le Fil de Marie-Anne, entre deux eaux, roman, Montréal, Éditions de l’étoile de mer, 2012 Le Matin des magiciennes, roman, Montréal, Éditions de l’étoile de mer, 2011 Les Dessous du paradis, roman, Montréal, Éditions Point de fuite, coll. « Points de suspense », 2005 La Chevauchée des hippocampes, roman, Montréal, Éditions Point de fuite, coll. « Points de suspense », 2003 L’Éthique d’une société face aux pluies acides. Le cas du Québec, Préface d’André Beauchamp, thèse publiée avec l’aide de la Fédération canadienne des sciences sociales, Sainte-Foy, Presses de l’université Laval/CCSR, 1996 Déplacements du sacré dans la société moderne : culture, politique, économie, écologie, essais, Montréal, Bellarmin, 1994 Le Sacré, En collaboration avec José A. Prades, essai, Paris/Montréal, Cerf/Fides, coll. « Bref », no 34, 1991
Robert Tessier LE JARDIN D’ANDRÉANNE
Mon Petit Éditeur
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« Je est un autre. »
Arthur Rimbaud
Le semis
Il faisait un temps magnifique. Une de ces journées de ce moment de l’année que les Français, sous l’influence de Joe Dassin, nommentl’été indienet les Québécoisl’été des Indiens. Comme des milliers d’autres badauds en ce dimanche après-midi, Andréanne, qui habitait Montréal, avait décidé d’aller s’abreuver des couleurs vives de la frondaison des arbres du Parc Lafontaine avant qu’ils ne s’en dégarnissent pour un long hiver. En s’inspirant des dizaines d’écureuils qui gambadaient autour d’elle avec leurs glands pour parer à la saison morte, elle voulait pour sa part emmagasiner de la chaleur en son for inté-rieur, celle procurée par ce soleil encore ardent et par ce doux vent du sud qui, sous sa jupe paysanne, lui caressait les jambes pour, probablement, la dernière fois avant des mois. Elle eût tant aimé qu’il se soit agi du printemps au lieu de l’automne. Elle préférait le vert à la polychromie temporaire offerte par l’arrivée d’octobre. Elle savait qu’il lui fallait accepter le cycle de la nature mais, en son cœur, elle ne pouvait s’empêcher de souhaiter que dès que les feuilles multicolores se seraient détachées de leurs ramilles, on verrait immédiatement poindre au bout de celles-ci de petites pousses. D’ailleurs, quand la jeune femme était allée pour la première fois dans le Sud en hiver, elle se rappelait avoir été vraiment attendrie à la vue de brins d’herbe ou de fleurs sauvages ayant réussi à pren-dre racine dans les fissures du bitume.
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Andréanne aimait observer les plantes et aurait préféré vivre dans un perpétuel jardin, non seulement pour en contempler les essences, mais aussi pour y folâtrer librement en laissant ses sens se gaver d’odeurs et de bruissements, voire de caresses apportés par la brise. Il lui fallait donc impérativement profiter de ce dernier jour d’été. Sandales aux pieds, la jeune femme prenait plaisir à faire des entrechats dans les amas de feuilles qui jonchaient déjà le sol lorsque, tout à coup, elle remarqua sur un banc un objet qui se trouvait là. Curieuse, elle s’en approcha. Il s’agissait d’un carnet. La couverture argentée du petit cahier avait lui sous la lumière du jour à son passage et ses reflets lui avaient accroché l’œil. Sans savoir depuis combien de temps le calepin se trouvait là, Andréanne jeta tout de même un regard aux alentours dans l’espoir d’apercevoir un passant qui, s’éloignant, l’aurait malen-contreusement laissé à cet endroit. Peine perdue ! Trop de gens allaient et venaient dans tous les sens pour identifier qui parmi eux aurait pu occuper ce banc un instant auparavant. Comme d’autres promeneurs qui avaient possiblement igno-ré le cahier, la jeune femme aurait pu poursuivre son chemin sans s’y intéresser. Cependant, elle avait bon cœur et elle se dit qu’il pouvait avoir de l’importance pour quelqu’un. Elle s’assit donc sur le banc, prit le carnet entre ses mains, le retourna et l’examina des deux côtés dans l’espoir d’y découvrir un nom, une adresse ou tout autre indice concernant son propriétaire. Elle se résolut finalement à ouvrir le calepin, avec circonspec-tion cependant, car elle avait l’impression d’entrer sans permission dans l’intimité de quelqu’un. Sa générosité la portait en effet non seulement à faire preuve de sollicitude mais aussi à manifester de la délicatesse. Rien n’y fit. Elle ne trouva malheu-reusement pas plus de renseignements à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’objet, que ce soit dans les premières ou les der-
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nières pages. Pas de signature à la fin, mais un titre au tout dé-but, sans qu’il soit accompagné pour autant du nom de l’auteur. «Seul le corps parle», pouvait-on y lire. L’intitulé, plutôt inusité, piquait la curiosité de la jeune fem-me. Son intérêt pour la thématique annoncée provenait de son amour de la danse. Elle savait que la sensualité des membres en mouvement porte de subtils messages. Elle comprenait donc bien en quoi le corps pouvait exprimer des choses autrement indicibles et ainsi « parler » en quelque sorte. Mais que ce der-nier, comme l’affirmait le titre, puisse constituer la seule réalité humaine capable d’expression la laissait perplexe. Non pas qu’elle voulait ouvrir un débat sur le sujet, mais tout simplement parce que les assertions catégoriques, comme toute forme de dogme d’ailleurs, ne trouvaient pas grâce à ses yeux. Il lui avait toujours semblé en effet que la vie était chose bien trop com-plexe et mouvante pour pouvoir entrer dans le cadre étroit et en cela réducteur de quelque théorie figée que ce soit. Cependant, ce furent finalement ses sentiments altruistes qui pesèrent dans la balance et firent la différence entre, d’une part, sa soif d’en apprendre davantage sur la signification du libellé en question et, d’autre part, son aversion pour les affirmations doctrinaires, et ce, en la poussant à feuilleter l’ensemble du do-cument à la recherche d’indications sur son propriétaire. Si l’objet lui avait appartenu en effet, elle aurait apprécié qu’on en fasse autant pour elle. Il apparut vite qu’il s’agissait d’un recueil de courtes pensées, des aphorismes jetés au fil des jours sur le papier, datés et oc-cupant chacun une page du carnet sans égard à la longueur de la maxime. La forme, épurée, plut à Andréanne et fit que son inté-rêt l’emporta en définitive sur son hésitation concernant la valeur du contenu annoncé. Elle mit donc ses appréhensions en
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veilleuse et décida d’entreprendre la lecture du calepin. Elle qui appréciait les heureux hasards espérait aussi que la découverte du carnet s’avère en être un et qu’en conséquence celui-ci puisse meubler agréablement ce bel après-midi.
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