Le jardin du mandarin Yu

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Le Jardin du Mandarin Yu fait suite à une Route de la Soie, récit
poétique édité en 2008.



C’est un voyage que j’ai commencé à entreprendre. Un voyage vers un extrême-orient improbable que seul le rêve permet
d’atteindre. Il est le témoignage de l’absence et de l’accompagnement. Il est une soudure sentimentale et dense. Il est une
esquisse, un commencement – une métaphore –, il est aussi la sincère expression d’une volonté d’écrire autrement et de faire
vivre la beauté musicale de la langue écrite puis lue et entendue.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
Lecture(s) : 46
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953712506
Nombre de pages : non-communiqué
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1Ton baiser pour partir si doux malgré le « plus jamais ça… » Est-ce un ultimatum ? Est-ce une promesse ? Est-ce une menace ? Est-ce un code ? Est-ce un jeu érotique ? Est-ce une querelle ? Est-ce un je t’aime déguisé ? Est-ce toi ou moi ? Est-ce pour toi ? Ou est-ce pour moi ? Qui a peur de quoi ? Toi… Moi… De se quitter ? De se perdre ? De se quitter des yeux ? De se perdre de vue ? De jouer à quitte ou
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double une vie sans plus d’autre enjeu que de ré-sister le plus longtemps entre deux plaisirs deux avions deux succès deux vies l’une contre l’autre ? Non, la peau l’une contre l’autre. Peau. Élément utile. Terriblement. La première à dire « j’ai mal ! ». La première aussi à dire « encore ». Innervée par l’amour. Alimentée, irriguée. Irritée parfois. Trois jours sans nuit. Et sans jour. À regarder le sable couler dans le sablier de bois sorte d’antiquité familiale. Je l’utilise pour faire cuire des œufs comme une vieille femme un peu maniaque. J’aime ce sou-rire indulgent que tu m’adresses quand je fais cuire des œufs. C’est toujours mieux que ce sourire doux mélancolique nostalgique et soyeux j’allais dire joyeux de tes départs. La table est vaste en bois plein un beau chêne patiné par le temps. Dessus des objets disparates le fouillis un peu snob de l’écrivain parvenu. Dessous la corbeille à papier objet obligé emprisonnée dans l’entrelacs de fils électriques. Je pense à ta peau je pense à ta gorge. Non aujourd’hui on écrit à tes seins plus crûment plus directement. Je pense à mes mains sur des trésors vagabonds. Je pense à mon plaisir spasme absent incolore strident. Mille fois ce départ et seule fois cette fois qui me cloue sur place et d’amertume et
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d’angoisse et de peur et d’impossible et d’idiotie ré-pétée depuis trois jours. Il me traverse me déchire et m’abrutit. À cause du « plus jamais ça… ». « Plus jamais ça… » quoi ? Démenti par ton regard ton sourire la caressante empreinte de tes dents carnassières cerises sur mes lèvres. Faire un poème sur tes dents.
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