le jour des morts

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Au cœur du Mexique, un jeune garçon nommé Miguel est embarqué à son insu dans un passage étroit qui le lie à son grand-père, dans une sorte de « shinning » post mortem. Un passage creusé du néant, vers le monde des vivants. L'esprit du colonel Cruz lui fait alors découvrir un terrible secret de famille.
Publié le : vendredi 10 juin 2011
Lecture(s) : 158
EAN13 : 9782304018745
Nombre de pages : 171
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Titre
Le jour des morts
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Denis Faure Geors
Le jour des morts
Roman fantastique
Éditions Le Manuscrit
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© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01874-5 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304018745 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01875-2 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304018752 (livre numérique)
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Je me suis fait "manger" un soir de novem-bre, sous un ciel parsemé d'étoiles, avec pour seul témoin une grosse et lascive lune rouquine qui arrosait la scène d'une lueur diaphane, inac-tinique. Caractéristique de celle que l'on trouve dans laboratoires de photographie pour proté-ger les clichés de la lumière. Ce soir-là, cette lumière était pourtant le ré-vélateur d'une sombre histoire. Mielleuse et délatrice, fixée dans le ciel, l’astre moribond semblait cafarder à l'éternité le maca-bre festin. Rarement le narrateur est mangé au cours de son récit, mais dans ce cas l’affaire était un peu différente. Quelques circonstances atténuantes plaident en ma faveur, car je ne suis pas vrai-ment une personne au sens strict du terme, je serais plutôt un concentré de chair rayonnant d'une âme, d'une voix qui a survécue à la mort ! Ma disparition physique du monde réel eut lieu un dimanche, à vingt trois heures exacte-ment, au moment de la mort de mon compa-
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gnon, "le Colonel". De toute manière, je n’étais plus lié à lui depuis quelques années. Il est vrai que j'avais partagé une profonde intimité avec ce personnage, tout au long de sa vie, de notre vie ! Il me faisait connaître des tas de choses ex-travagantes. J'étais toujours à la pointe de ses idées et il me portait à bout de bras, depuis toujours ! J'étais une partie indissociable, cohésive de son être tout entier. Nous étions tellement proches, que lorsqu'il arrivait que je sois blessé, c'est lui qui en ressen-tait la douleur ! Le colonel eut la mauvaise idée de se couper de moi, pour des raisons qui malheureusement ne dépendaient pas de lui. Cette séparation m'avait rendu inerte, mou, comme paralysé ! La prise de conscience de cette sorte de re-traite anticipée ne me convenait guère et je trouvais que cette mise à l'écart de sa vie durait depuis un peu trop longtemps ! Je restais confit, seul, là, prostré, incapable de faire un mouvement, figé dans le noir absolu ! Aujourd'hui que le colonel était parti retrou-ver ses ancêtres, "outre tombe", j'étais devenu la seule trace organique de son passage, sur terre. Nos liens étaient si forts, qu'il existait encore quelque chose après sa mort et sa disparition physique n'enlevait pas notre connivence.
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