Le Journal d'une Catherinette

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Pas tous les jours facile d'être une jeune femme célibataire quand on arrive à 25 ans. Laure et ses amies le savent bien. Entrez dans le quotidien d'une jeune femme d'aujourd'hui qui entend bien mener sa vie comme elle le veut, sans se laisser dicter sa conduite par le qu'en dira-t-on. Partagée entre sa vie parisienne trépidante et ses aspirations pour un quotidien plus au calme à la campagne, Laure est un peu la fille spirituelle de Bridget Jones, version french touch...


Publié le : lundi 5 octobre 2015
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EAN13 : 9782332998583
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ISBN numérique : 978-2-332-99856-9

 

© Edilivre, 2015

Dédicace

 

 

A mon fils, qui voudra peut-être un jour
comprendre les femmes

A mon père, qui a su faire de moi une femme libre

Avertissement

Ce livre est un récit de fiction. Cependant, certaines situations ou personnages sont inspirés de faits réels, qui ont concerné différentes personnes même sije les faistous vivre à mon héroïne. Si j’ai choisi la forme du journal intime, c’est en hommage à Helen Fielding, qui a bercé mes années de célibattante. Ma Laure est un peu la fille spirituelle de sa Bridget Jones.

C’est surtout un hommage à toutes lesCatherinettes, d’hier, d’aujourd’hui et de demain…

Le Journal d’une Catherinette

 

 

26 octobre 2004

Voilà, aujourd’hui j’ai 25 ans. Je commence officiellement ma vie de catherinette. Parce que quoi qu’on en dise, ça reste pas si génial que ça d’être seule quand on est une fille de 25 ans. Petit brief rapide pour savoir qui je suis : je m’appelle Laure, j’ai donc 25 ans et je mesure 1m59 ½ (je tiens beaucoup au ½), je pèse à peu près 54 kg, j’ai les yeux bleus et je fais tout ce que je veux avec mes cheveux. Je suis Ardéchoise d’origine et je vis à Paris pour l’instant, à cause de mon métier de journaliste. J’ai une multitude d’amis, de copains, de relations diverses et variées car j’adore rencontrer de nouvelles têtes et que je déteste rester seule.

Côté cœur, j’ai eu deux hommes vraiment importants dans ma vie : Simon, avec qui j’entretiens une relation très physique mais surtout très conflictuelle depuis plus de huit ans. Et David, avec qui j’ai vécu deux ans, avec une séparation de deux mois pour cause d’intervention simonesque dans ma vie.

En ce moment, j’ai un vrai coup de cœur pour Julien, un jeune homme de 26 ans, bien sous tous rapports (comprendre beau, intelligent, drôle, l’homme idéal quoi…) avec qui je m’entends génialement bien, qui me fait totalement craquer physiquement et pour qui c’est apparemment réciproque puisqu’à notre deuxième rencontre, il a dit m’avoir « reconnue ». Malheureusement, Julien est déjà pris.

Et même si lui n’arrête pas de dire que ça sera bientôt fini, je n’y crois pas trop et je lutte donc chaque jour pour ne pas céder à la tentation de concrétiser physiquement notre relation. J’ai déjà donné avec Simon, plus question d’être un deuxième choix.

27 octobre 2004

Ce matin, j’ai reçu mon premier cadeau d’anniversaire, si on excepte le manteau que je me suis offert à moi-même la semaine dernière. Il vient de Clara et des autres amies marseillaises que j’ai rencontrées pendant mes études. Nous conservons des relations, malheureusement de plus en plus espacées. Chacune a sa vie, son boulot, ses amours et nous sommes dispersées aux quatre coins de la France.

Simon ne m’a même pas souhaité un Joyeux Anniversaire. Celui-là, il m’aura vraiment tout fait depuis huit ans et demi.

Il reste ma première passion, je ne l’ai concrétisée qu’à 20 ans, alors que j’en avais envie depuis mes 16 ans. Une étrange chimie nous rend incapables de résister à l’attraction physique que nous éprouvons l’un pour l’autre. Un étrange manège se produit à chaque fois. Nous nous voyons, partons chacun d’un côté de la pièce. Et quelques minutes plus tard nous nous retrouvons à nouveau côte à côte.

Cette incapacité à résister m’a valu plus de larmes que de plaisir. J’ai tout quitté pour lui. Mais je l’ai fait quand même, parce que j’avais quelque chose à vivre avec Simon, au moins une fois, pour savoir. Et je ne regrette rien.

Depuis trois ans, après une très longue pause, Simon revient à nouveau me chercher régulièrement, alors qu’il a quelqu’un dans sa vie. Sans que je ne lui demande rien. Je menace souvent de tout révéler pour lui faire peur. Il refuse de m’entendre, jouant sur l’alcool et les caresses pour éviter la discussion. Il me répète sans cesse qu’il ne sert à rien d’essayer de ne rien faire, que c’est plus fort que nous.

Il ne m’a plus touchée depuis le mois d’août cette année, certainement parce que l’occasion ne s’est pas présentée. Et peut-être aussi parce que j’ai voulu lui faire mal cette fois-là. Je lui ai jeté à la figure que je n’attendais rien de lui et que je ne voulais pas finir mes jours avec lui. C’est la première fois que je le lui disais. Jusque-là, j’avais toujours joué les martyres de l’amour éternel que je lui portais. Mais ce temps-là est terminé pour de bon. Je sais que ma vie avec lui serait un enfer.

Je l’ai dans la peau. Nos relations sont purement épidermiques. Et elles le restent encore, même si les contacts se sont espacés avec le temps Mes amis ont tous déjà eu l’occasion de voir à quel point je semble loin quand Simon est présent. Comme une force magnétique nous rapproche. Nous nous déchirons ou nous nous embrassons, mais rien n’est jamais dans la demi-mesure. C’est de sa faute si j’ai foiré toutes mes histoires d’amour. Parce que je n’ai jamais vécu la nôtre. Une partie de moi lui en voudra toujours. Il restera toujours une petite voix au fond de moi pour me murmurer « Et si ? » dans mes plus grands moments de doute.

30 octobre 2004

J-1 avant ce qui est censé être ma grosse soirée d’anniversaire. Au programme, une quarantaine d’invités et environ vingt litres d’alcool en tout genre. En gros, je prépare une orgie ! Et il faut aussi savoir qui inviter. Les ex, les copains, les amis d’aujourd’hui, ceux d’autrefois. Si je m’écoutais, j’aurais dû inviter plus de 100 personnes. Après beaucoup d’efforts et de tergiversations, j’ai réussi à réduire à moins d’une cinquantaine.

Mais ce n’est pas simple à gérer. J’ai invité Julien, évidemment, même si Marie n’aurait sûrement pas aimé l’idée. Heureusement, ou malheureusement, il ne peut pas venir. Simon, je l’ai rayé d’entrée de jeu de la liste. Pas envie de donner des explications aux membres de mon ex-bande pour justifier du pourquoi lui est invité et pas les autres. N’oublions pas qu’officiellement, nous sommes tout juste des amis. J’avoue m’être interrogée au sujet de David. Apprendre il y a un mois qu’il s’était séparé de Barbara m’a plutôt troublée. Une invitation aurait pu être un moyen de renouer le contact. Mais je n’ai plus son numéro de portable et le carton papier, c’était too much. Finalement, j’ai décidé de ne pas avoir des idées noires à cause de mes bleus au cœur. Et de faire la fête à tout prix.

31 octobre 2004

Jour J !

Enfin, ce n’est que ce soir. Hier, avant le bal, je suis passée chez Seb qui fêtait lui aussi son anniversaire. J’ai pas mal bu et du coup, j’ai appréhendé ma soirée sous un jour différent. Arnaud était chez Seb, avec la dernière poupée Barbie qui lui sert de copine. Je n’arrive toujours pas, après plus de deux mois, à me faire à l’idée qu’il m’a envoyée balader moi pour sortir avec elle. Il avait fait un tel cirque avant avec moi, j’y croyais à mort. Nous nous sommes quand même cherchés une bonne partie de l’été dernier. Et je n’oublierai jamais sa réflexion adorable. Alors que Seb me demandait à quoi servait le pull noué autour de ma taille, je lui ai répondu en souriant « à cacher la misère », sous-entendant que j’avais un gros cul. Et Arnaud a surenchéri en ajoutant : « Si c’est ça la misère, je veux bien être misérable tout de suite ». N’importe qui y aurait vu une déclaration.

Mais dès le soir où nous sommes sortis ensemble, il n’a plus voulu de moi. Et je n’ai vraiment rien en commun avec Mélanie.

Quoi qu’il en soit, je peux lui dire merci. Sans lui, et surtout sans Aurélien, un autre de mes nombreux ex, il est probable que j’aurais recraqué pour David. C’était la première fois que je le voyais sans Barbara, en tout cas en sachant qu’il était seul. Alors, en le voyant hier, j’ai dû faire beaucoup d’efforts pour ne pas aller lui parler, comme si ces quatre ans n’avaient jamais existé et qu’il était toujours le premier gars qui m’a fait chavirer. Il n’est pas venu non plus. Et si j’ai su résister, c’est grâce à Arnaud et Aurélien qui m’ont rappelé les bonheurs que j’ai connus après lui. J’ai même regretté de ne pas dire oui à Aurélien. J’ai beau me dire que c’est certainement mieux comme ça, parce que je sais bien qu’il n’y a qu’une seule chose qui l’intéresse et que je me serais encore fait mal pour rien, j’avoue que j’aurais adoré finir la soirée avec lui. Ça fait trop longtemps que je n’ai pas fait des folies de mon corps.

À part ça, Simon a encore été odieux hier soir, pour changer. Même si Géraldine était absente, il a refusé de m’accorder une petite danse pour mes 25 ans. Alors que nous avons bien souvent dansé tous les deux ce slow, y compris depuis qu’il est avec Géraldine.

Jusque-là, il n’y a jamais eu le moindre problème, ni commentaire de la part de notre entourage, qui n’y voit que la nostalgie des moments qu’on a pu passer ensemble. Mais hier, il a fait sa crise. Alors que c’est lui-même qui avait programmé notre chanson. C’est peut-être idiot de ma part, mais je croyais que c’était sa façon à lui de me faire un cadeau pour mes 25 ans. Il faut toujours que je m’imagine qu’il y a une part de gentillesse en lui.

C’est plus fort que moi, j’ai besoin de croire qu’il m’aime, un peu, quelque part tout au fond de lui. Mais il réussit toujours à me surprendre. Dans le bon sens parfois, dans le mauvais comme hier soir.

1er novembre 2004

Voilà, le jour J est passé. Tout s’est parfaitement bien déroulé même si je n’ai pu éviter quelques embûches et déceptions. Les pompiers sont intervenus, pour un malaise de Manon heureusement sans gravité, et le courant n’est pas vraiment passé entre mes différents groupes d’amis.

J’ai aussi malheureusement pu observer que certains étaient plus intéressés par l’open bar que par mon anniversaire. Une bouteille de champagne, cadeau de Matt, a fini dans le container avant même qu’on m’en propose un verre.

Mais à part ça, je me suis vraiment amusée sans m’occuper de ce que faisaient ou pensaient les autres personnes présentes. Seul bémol, avec ma cuite de la veille, je n’ai absolument pas réussi à me saouler, même avec les trois quarts de la bouteille de vodka que j’ai descendus. J’étais bien mieux ce matin.

J’ai également eu droit au désormais traditionnel speech sur la séparation de David et Barbara. Pourquoi est ce que tout le monde a l’air de penser que ça doit me réjouir ? Ça fait plus de quatre ans que tout est fini entre nous, on ne se parle même plus quand on se croise. Alors même s’il reste ma plus belle histoire d’amour à ce jour, je crois qu’il faut accepter qu’il appartient à mon passé.

Le train me ramène en ce moment vers la grisaille parisienne, le feuilleton de mes amours devra maintenant attendre dix jours pour connaître un nouvel épisode. Je m’interdis de rencontrer quelqu’un à Paris parce que je n’envisage pas une minute d’y rester. Un homme ne ferait que compliquer les choses. En plus, je ne fais pas confiance aux gars des villes, je leur préfère mes gars des champs.

2 novembre 2004

Quand ce ne sont pas les amours, c’est le boulot qui m’occupe l’esprit. J’adore le métier que j’ai choisi : journaliste. Je suis très fière d’avoir atteint l’objectif que je m’étais fixé toute petite. Peut-être parce que pendant mes années d’adolescence, j’y ai sacrifié ma soif de popularité. On est difficilement première de la classe et première dans les cœurs. Mais si j’aime le métier de journaliste tel que je le conçois – raconter les histoires extraordinaires de gens ordinaires – je déteste la façon dont je l’exerce actuellement.

Il y a deux ans, dès que j’ai été diplômée, je me suis jetée sur la première offre. Sur le papier c’était alléchant : des responsabilités, la promotion du milieu rural, des déplacements fréquents en province, des week-ends et des congés réguliers. En plus, ils acceptaient les débutants et je voulais à tout prix avoir une expérience.

Dans la réalité, c’est nettement moins amusant. Je travaille pour une association dont je ne partage que très peu les valeurs de base.

En plus, je manque de travail puisque les journaux ne sont pas la priorité et que les dates des bouclages ne sont pas respectées. Je n’ai pas le droit d’aller faire du reportage sur le terrain parce que ça coûte trop cher. Et c’est à Paris donc très loin de mon Ardèche natale et la vie est excessivement chère sur place. Comme je suis sous payée – les joies du monde associatif – ce n’est vraiment plus ça.

Tout cela va heureusement changer, puisqu’aujourd’hui, je démissionne ! C’est une décision que j’ai mûrement réfléchie. Je me dis qu’à 25 ans, c’est le moment ou jamais de prendre des risques et de se lancer à l’aventure. Je n’ai pas d’autre bouche à nourrir que la mienne, pas d’attaches sentimentales, autant en profiter pour faire ce dont j’ai vraiment envie.

Il ne me reste plus qu’à attendre la fin de mon préavis, soit un peu moins de deux mois. La vie parisienne ne me manquera pas du tout, à part peut-être les grands magasins et l’accès facile à la culture. Je laisse aussi quelques bonnes copines ici. Mais rien ne m’oblige à les oublier complètement.

8 novembre 2004

Comme d’habitude, je m’ennuie au travail et aujourd’hui, pas moyen de se faire un peu de tchat en ligne avec des copains qui sont loin. En effet, on a des gros soucis de connexion Internet en ce moment, ce qui ne m’arrange pas du tout vu qu’habituellement, je passe mes journées à surfer.

Aujourd’hui, pour m’occuper, je bricole un truc d’ici de là et j’attends avec impatience le week-end qui arrive. Heureusement, la semaine va être courte, vive les ponts ! Je constate chaque jour avec amertume que personne ne pense à moi ni ne se donne la peine de m’appeler pour vérifier que je vais bien. C’est dur de se dire qu’on n’a pas d’amis.

Une question me tarabuste : dois-je ou non écrire à David pour son anniversaire ? Un petit mot sympa, juste pour renouer le contact que j’ai moi-même brisé il y a quatre ans. De l’eau a coulé sous les ponts, nous sommes devenus adultes. Reprendre le contact et retrouver des discussions amicales serait un signe de maturité.

Mais j’ai également peur de la façon dont il pourrait interpréter cette prise de contact, ou ne pas l’interpréter. Il ne faut pas se mentir, je n’ai pas aimé la façon dont notre histoire s’est terminée. Il est parti pour une autre, il m’a menti pendant des semaines en me faisant croire qu’il pourrait revenir. C’est moche. Mais je ne suis pas sûre d’avoir si envie que ça de renouer des relations qui ne seraient que strictement amicales.

David pourrait s’interroger, à raison, sur le fait que je le recontacte justement alors qu’il vient de rompre avec celle qui m’avait remplacée. Il me connaît trop pour y voir une simple coïncidence. Et moi aussi.

10 novembre 2004

Les dernières 24 h ont été fabuleuses pour la simple et bonne raison que j’ai eu l’impression de plaire et que je n’aurai que l’embarras du choix pour choisir le compagnon de mon week-end. Tout a commencé par un coup de fil de Flo, hier à midi, pour prendre de mes nouvelles, s’excuser de ne pas être venu à ma soirée d’anniversaire et surtout, surtout, savoir quand est ce que je redescendais dans la montagne ardéchoise. Ça m’a fait plaisir même si ce n’est pas vraiment nouveau que Flo s’intéresse à moi.

C’est un gentil garçon et je l’aime beaucoup mais il n’y a pas, pour moi en tout cas, cette petite étincelle qui mettrait le feu aux poudres. Alors, je me contente de lui répéter que rien n’est possible entre nous, tout en adorant le voir revenir à la charge parce que ça fait du bien à mon. Ce n’est pas très gentil et certains pourraient penser que je joue avec lui. Sauf que je ne lui ai jamais rien laissé espérer, il revient à la charge parce qu’il en a envie, je ne vais jamais le chercher.

Hier soir, c’était au tour de Julien de m’appeler. Je m’y attendais tellement peu que quand la sonnerie « Colorblind » a retenti, je suis restée quelques instants à observer mon mobile pour m’assurer que je ne rêvais pas. Après tout, je l’avais eu au téléphone seulement quelques jours avant. Et je suis une fervente adepte du « un mec qui appelle, c’est un mec qui a envie, s’il n’appelle pas c’est que ça ne l’intéresse pas ». Bref, lui aussi voulait savoir quand est ce que j’étais en Ardèche ce week-end parce qu’on pourrait peut-être se voir. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui jeter à la figure que notre relation était malsaine. Il y a beaucoup trop d’ambiguïté entre nous, je n’arrive pas à savoir s’il me veut juste comme amie, comme maîtresse ou comme copine. Et je le trouve bien trop charmant et trop idéal pour avoir envie de le laisser faire. Je ne veux pas tomber amoureuse d’une chimère encore une fois.

Et puis cet après-midi, il y a eu ces fous rires avec Aurélien. Nous avons commencé par une petite discussion par textos du genre « fais-moi des propositions », « précises tes envies », mais bon, au boulot, ce n’était pas très pratique. Surtout que, pour une fois, j’avais un peu de travail à faire et beaucoup de gens pour me regarder. Nous avons donc continué par mails interposés.

Il voulait me voir le soir même pour mettre en pratique. Pas de chance, j’arrivais un peu trop tard pour ça et quelque part, ça m’amusait beaucoup de le laisser sur sa faim. Dans mon dernier message, je lui ai dit peut-être…

Enfin, et on peut se demander si c’est le meilleur pour la fin, j’ai eu une très agréable surprise, ce soir en arrivant. Alors que j’entrais à mon bar favori, un sourire scotché aux lèvres et en lançant un grand bonjour à la cantonade, je me suis trouvée nez à nez avec Arnaud… sans Mélanie ! Il était tranquillement accoudé au comptoir, avec Seb et un autre gars. Visiblement, ils avaient pas mal bu et il m’a annoncé qu’il était arrivé nettement plus tard que les autres qui avaient commencé vers midi. Il était plus de 23h. Nous avons discuté gentiment pendant plus d’une heure, il m’a offert deux verres et surtout, il m’a regardée tout le temps. Je me sentais rougir à vue d’œil, je mourrais d’envie de lui faire des propositions et puis, je me suis retenue.

Pour moi d’abord, pour ne pas être victime de mon imagination. Il voulait peut-être simplement être amical et me montrer que les quelques baisers que nous avions échangés un soir ne nous empêchaient pas d’être des bons potes. Pour lui ensuite, parce que même s’il avait moins bu que les autres, il n’en était pas moins saoul et je ne voulais pas qu’il m’accuse après d’avoir profité de la situation.

Ils sont bêtes ces garçons ! Et moi, je suis encore plus bête d’essayer d’interpréter le moindre de leur geste ou de leur mot. Mais au moins, ils m’annoncent un week-end intéressant.

13 novembre 2004

Je suis assez fière de ma performance de la nuit dernière. Alors que j’étais descendue chez mon amie Solène pour fêter encore une fois mes 25 ans, nous avons pris une petite cuite ensemble autour d’un dîner arrosé de Sauternes. Évidemment, nous avons voulu sortir ensuite. Mais par prudence, nous ne voulions pas prendre la voiture. Heureusement, nous avions une petite boîte pas loin à pied, dont Solène est une habituée. Nous voilà donc parties à l’aventure.

Par acquit de conscience, j’ai envoyé un texto à Julien. Il m’avait demandé de le tenir au courant si je sortais. Il m’a rappelée vers minuit et demie et là, Monsieur m’a quasi ordonné de changer de boîte parce que lui et ses potes n’allaient pas au Malverne mais à l’Hacienda. Je lui ai répondu que ce n’était pas négociable et que s’il voulait vraiment me voir, c’était au Malverne, sinon rien. Puis j’ai éteint mon téléphone.

Ce matin, en le rallumant, je n’avais pas moins de cinq messages ! Un par heure ou à peu près me suppliant à chaque fois de changer mes plans et de venir à l’Hacienda. Dans le dernier, il m’exprimait avec des mots enivrés à quel point il était « déçu ». Il a passé plus d’une minute à me répéter que c’était un scandale que je ne sois pas venue alors qu’il m’avait dit de le faire.

Au tout début, j’étais ravie, me disant que si je lui avais dit oui, il n’aurait jamais autant appelé. En plus, ça lui montre que je ne suis pas à sa disposition. Mais mon pote Loulou m’a un peu cassé le délire. Et je crois qu’il n’a pas tout à fait tort quand il me dit que si Julien avait vraiment eu envie de me voir, c’est lui qui aurait débarqué au Malverne.

Enfin, ne pas avoir cédé à la tentation de le rejoindre, ni à celle d’aller le retrouver aujourd’hui, c’est déjà une demi-victoire. J’ai fait ma fille « pas facile ». La prochaine fois, il saura que je ne suis pas autant à sa disposition qu’il aimerait le croire.

16 novembre 2004

Je ne comprendrais décidément jamais les hommes. Apparemment, Julien ne peut plus se passer de moi. Hier soir, il m’a appelée alors que j’étais dans le bus pour rentrer du boulot. Je n’ai pas entendu sonner mon portable mais j’ai eu le message en descendant : « Option 1, tu as vu que c’était moi et tu ne veux pas répondre, option 2, tu es sous la douche et tu n’as pas couru assez vite. Je saurais quelle est la bonne réponse suivant si tu me rappelles ou pas ».

Comme quoi, ça sert de les faire mariner. Il ne me téléphonait jamais et voilà qu’en moins d’une semaine, il se met à m’appeler tous les deux jours, alors que je l’envoie paître assez régulièrement en lui disant que je ne veux plus le voir tant qu’il sera avec Marie.

Je l’ai quand même rappelé en sortant du bus. Et je n’ai pas pu résister à la tentation de le mettre en boîte en démarrant la conversation par un « Tu as oublié l’option 3, j’étais en train de faire des folies de mon corps avec un beau jeune homme et le téléphone a sonné au moment crucial ». Il ne m’a pas crue évidemment puisqu’il m’a répondu que si tel avait été le cas, je ne m’empresserais pas de le rappeler. Un point pour lui, mais j’en ai aussi marqués pas mal.

J’ai appris qu’il était quand même allé au Malverne vendredi soir. Un point pour moi. Mais comme il est arrivé très tard, nous avons dû nous croiser. Dommage ! En même temps, ça relance le débat du pourquoi il voulait absolument me voir. Parce que pour débarquer à 3h du matin dans une boîte qu’on déteste simplement pour retrouver une copine, c’est un peu louche.

Il paraît que je ne sais pas tout concernant sa vie amoureuse. Un deuxième point pour moi. Je lui ai répondu que j’en savais bien assez pour être sûre de ne pas vouloir être en couple avec lui, parce que je ne pourrai jamais lui faire confiance. Un troisième point pour moi dans le rôle de la fille « pas facile ».

Mais du coup, je m’interroge sur le sens de ses propos. Est-ce que par hasard, il se serait enfin décidé à rompre avec Marie ? Audrey n’en sait pas plus que moi et elle m’a confirmé que c’était bizarre qu’il m’appelle aussi souvent et qu’il me balance ça comme ça, sans précision.

Il vient en déplacement à Paris dans deux semaines, il m’a proposé un dîner avec des amis communs. J’ai accepté, j’en saurai peut-être davantage à ce moment-là. Il va peut-être aussi venir me voir le week-end prochain en Ardèche.

S’il vient, ce sera quand même un vrai signe qu’il a envie de me voir. Et pour l’invitation à dîner, ce n’est qu’un rendez-vous amical. Rien ne dit d’ailleurs qu’il proposera quoi que ce soit. Rien ne m’oblige non plus à être toujours seule à ce moment-là. La porte est ouverte à l’aventure. Après tout, il y a quelques week-ends ardéchois à programmer d’ici là.

18 novembre 2004

J’adore me faire des soirées téléphone ! Je me sens tellement moins seule quand je parle avec des gens qui sont à des kilomètres de moi. Globalement, aujourd’hui, j’ai largement eu mon quota de paroles. Entre mes trois coups de fil de mon frère, de Mick et de Vanessa, j’ai pu raconter ma vie en long, en large et en travers. Notamment pour essayer d’analyser le comportement de Julien. Comme en plus, Laurianne est passée me voir pour écluser mes armoires, j’ai papoté toute la soirée.

J’ai épuisé le sujet Julien avec elle aussi. Ce qui me rassure, c’est que personne ne comprend ses réactions en ce moment, ni son attitude envers moi. Et que tout le monde a l’air de penser que s’il veut me voir, c’est pour m’annoncer sa rupture avec Marie. J’espère qu’ils ont raison même si ce n’est pas trop raisonnable…

J’ai déjà beaucoup trop donné dans les hommes à femme. Ça a eu l’air de rassurer Vanessa que je parle comme ça. Elle m’a bien recommandé d’être prudente et je pense qu’elle a raison. Il est hors de question que Julien devienne un nouveau Simon. J’ai déjà du mal à gérer le premier, je ne vais pas m’amuser à multiplier les aventures de ce type.

23 novembre 2004

C’est fou ce qu’une personne peut devenir intéressante à partir du moment où elle prend des risques. Oui, j’ai décidé de tout quitter pour me sentir mieux dans ma tête ! Je ne fais jamais que lâcher un boulot qui m’ennuie à mourir. J’ai 25 ans ! Il n’y a rien d’exceptionnel à vouloir prendre des risques à cet âge. En plus, je ne suis pas à la rue. Si je n’avais pas mes parents pour m’accueillir, j’aurais certainement réfléchi à deux fois avant de tout lâcher. Il faut bien manger.

Mais je crois que ce qui surprend le plus mon entourage, c’est que ce soit moi qui ai pris cette décision. Moi la cartésienne par nature, la raisonnable, la psychorigide qui panique si elle ne sait pas ce qu’elle va faire l’année prochaine et qui râle tout le temps après tout le monde parce que personne ne décide jamais rien. C’est certainement le choix le plus fou que j’ai fait depuis que je suis en âge de prendre seule mes décisions. Mais pour moi, ce n’était pas vraiment un choix, plutôt une nécessité. J’allais péter les plombs si je restais davantage. Et à choisir entre ma santé mentale et un job, la décision s’imposait toute seule.

Ça ne m’empêche pas d’avoir peur quand je pense à mon avenir. Parce que je n’ai toujours pas trouvé de travail, parce que ça ne me réjouit pas plus que ça de retourner vivre chez mes parents alors que j’habite seule depuis plus de sept ans.

Alors j’essaie d’être confiante dans l’avenir, je multiplie les contacts et les projets : ce journal pour l’instant, un projet de livre avec beaucoup de recherches et de documentation historique, un voyage à Montréal chez Annie, des vacations de prof, du sport, participer à une association d’entraide. Bref, je l’avoue, je cherche tous les moyens possibles et imaginables pour occuper mes journées quand je serai au chômage.

Ce serait plus facile si j’avais un homme dans ma vie. Quelqu’un de vraiment sérieux, avec qui je pourrais envisager la vie commune et qui accepterait éventuellement de m’entretenir quelques temps.

Je voudrais que Julien soit cet homme. Et j’ai de plus en plus envie d’y croire, même si je n’ai plus de nouvelles. Je lui ai proposé qu’on se voit samedi, dans mon bar préféré. L’invitation est lancée, je verrai bien s’il vient ou pas. S’il vient, je saurai peut-être enfin ce qu’il entendait par « tu ne sais pas tout » et s’il ne vient pas, j’en tirerai les leçons qui s’imposent.

24 novembre 2004

J’ai eu des nouvelles de Julien et apparemment, il a l’air vraiment décidé à venir me voir vendredi. Je vais peut-être même aller à l’Hacienda ce soir-là et je pense que je le biperai pour voir s’il est dans le coin. Ça m’a fait plaisir de l’entendre et de pouvoir penser qu’il avait vraiment envie qu’on se parle. Maintenant, reste à savoir ce qu’il a à me dire et surtout, à ne pas trop se faire des films en attendant.

L’avantage, c’est que j’ai un bon dérivatif, c’est l’anniversaire de plusieurs de mes hommes en ce moment : Mick a 25 ans aujourd’hui, Arnaud aura 24 ans demain, David fêtera le même jour ses 26 ans et enfin Yoan aura 23 ans après-demain. Ça veut dire quelques cartes et coups de fil en perspective même s’il reste toujours un gros point d’interrogation pour David. Faut-il ou non que je l’appelle, un peu en clin d’œil à mon statut de catherinette ? Comment me procurer son numéro puisque je sais qu’il a changé depuis.

Et il y a aussi Guillaume qui fait des siennes. J’ai eu un peu de mal à me rappeler de lui. En fait, ça fait à peu près deux mois qu’un pote me tanne pour avoir mon numéro pour le lui donner en me répétant qu’il avait très envie de me revoir et qu’il tenait beaucoup à moi. Je lui ai un peu ri au nez car Guillaume, je ne l’ai pas vu depuis plus d’un an.

Je pense que s’il avait vraiment eu envie de m’appeler, ça ne le prendrait pas seulement maintenant. C’est un gentil garçon, un peu jeune, mais tellement craquant qu’on lui pardonne. Nous avions d’ailleurs passé une soirée très sympathique la dernière fois que nous nous sommes croisés. J’ai reçu un texto hier soir et nous avons échangé quelques messages ambigus.

Mais j’avoue être assez méfiante et craindre la blague vaseuse même si ce n’est pas vraiment le genre d’Olivier. Alors je suis restée très prudente dans mes formulations, invitant simplement Guillaume à passer me voir à l’occasion. Et entre-temps, j’avais quand même passé un coup de fil à Manon pour vérifier le numéro d’Olivier, juste histoire d’être sûre que ce n’était pas lui qui s’amusait à m’envoyer des textos. Finalement, il se pourrait que j’ai plus de visites que prévu samedi. Voilà qui annonce un week-end réjouissant…

25 novembre 2004

Aujourd’hui, c’est ma fête ! La Sainte Catherine est là, c’est donc désormais vraiment officiel, je suis catherinette ! Et je peux me réjouir puisque plusieurs personnes ont effectivement pensé à me le dire.

Deux cartes de vœux virtuelles, un texto, une soirée de fête et même un chapeau artisanal et artistique réalisé par les filles avec qui je travaille. Même si ça fait plaisir parce que malgré tout, c’est une gentille attention portée sur ma petite personne, ça me rappelle une fois de plus que je suis célibataire. Et surtout que je suis la seule de mon entourage. Comme un fait exprès, la plupart de mes amies traditionnellement célibataires aussi : Mélina, Audrey et Camille, ont toutes trouvé un copain ces derniers temps.

Mais je ne désespère pas pour autant. Si elles ont réussi, il n’y a pas de raison pour que ça ne soit pas mon tour bientôt. Je préfère être seule que mal accompagnée. Qui sait si Julien ne va pas se déclarer incessamment sous peu ou si je ne vais pas croiser l’homme de mes rêves dans un avenir proche ?

Je n’ai pas oublié de souhaiter les 24 ans d’Arnaud mais j’ai renoncé à faire signe à David, il fait partie de mon passé, la page doit être définitivement tournée.

Super soirée ! On s’est joyeusement bourré la gueule entre filles pour dire du mal des mecs. Mais j’avoue que j’ai été gâtée puisque j’ai pu faire la fille célibataire libérée mais pas du tout solitaire. En effet, alors que Sandy et Laurianne étaient avec moi hier soir, j’ai reçu deux appels de Guillaume et Julien. J’ai donc pu frimer un peu et faire la fille super-demandée qui ne savait plus où donner de la tête et qui n’avait que l’embarras du choix dans ses prétendants.

27 novembre 2004

Finalement, mon week-end ne sera probablement pas aussi génial que je le pensais. Hier soir, Julien m’a envoyé un texto pour me dire qu’il ne viendrait pas cet après-midi, boulot oblige. Je l’ai plus ou moins mal pris et je lui ai fait une réponse incendiaire : « Si tu ne pouvais/voulais ? pas venir, tu pouvais le dire hier. Pas fâchée, juste triste. J’avais vraiment envie de te voir et tu ne comprends pas pourquoi ! » La réponse n’a pas tardé. Il s’est répandu en excuses et a insisté sur le fait que lui aussi a très envie qu’on se voit et que ce n’est que partie remise à dans pas si longtemps que ça. Je lui ai fait une dernière réponse pour lui dire que ce n’était pas bien de m’encourager dans mes délires.

En plus, il n’a pas eu de chance le pauvre. La journée avait déjà mal commencé. Entre la fatigue de la soirée de la veille, les problèmes conjugaux de Mélina, qui n’arrive pas à savoir ce qu’elle veut vraiment et qui n’a toujours pas réglé son histoire avec Seb, le train qui avait une heure de retard, Julien tombait vraiment au mauvais moment.

J’ai même failli appeler Guillaume pour qu’on se voit, histoire de faire payer à Julien de ne pas venir. Je me suis ravisée à temps, en me repassant notre conversation écrite. Nous avons tout du couple, même les disputes de deux amoureux. Du coup, c’est lui que j’ai appelé, pour m’excuser d’avoir été si sèche dans mes messages, mais c’est parce que je m’étais vraiment fait une fête de ce rendez-vous. Il m’a promis qu’il y en aurait beaucoup d’autres et que j’aurais plus d’une occasion de frimer devant mes copines avec lui. C’est idiot, mais j’y ai vu une déclaration.

Et je vais avoir besoin de pensées positives pour tenir le coup ce soir. Il y a un banquet de prévu pour la classe des 25 ans. Au départ, je m’étais investie dans la préparation, mais la date que j’avais prévue a été contestée. Cette fois, je n’ai rien fait, mais j’avoue que je n’ai pas forcément très envie de passer ma soirée avec ceux-là même qui m’ont mise en défaut. Et pour combler le tout, je serai la seule du groupe à être non accompagnée. J’ai autant envie d’y aller que d’aller me pendre.

Normalement, on doit enchaîner la soirée avec Mélina au Tourbillon...

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