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Le lac de l'épée restituée

De
121 pages
Quête identitaire Un roman à la croisée des cultures Au cours de sept rencontres surprenantes où l'on croise des fantômes, des espions ou des enfants abandonnés, la narratrice retrouve, en une série d'échos, son pays et son enfance perdus. Le septième personnage, lui permettra peut-être de rentrer dans la légende du « lac de l'épée restituée ».
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2 Titre
Le lac de l’épée restituée

3Titre
Madeleine Zonza
Le lac de l’épée restituée
Nouvelles intercontinentales
Nouvelles
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01706-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304017069 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01707-6 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304017076 (livre numérique)

6 8
TABLE DES MATIÈRES
L’autre rive........................................................... 11
Marie ..................................................................... 31
D M Z................................................................... 47
Le plaisir des yeux............................................... 67
L’enfant au placard ............................................. 79
Chats croisés........................................................ 97
Le lac de l’épée restituée .................................. 115

9 L’autre rive

L’AUTRE RIVE
L’administration française, vous le savez,
c’est compliqué ! Et bien en Algérie, c’est en-
core pire.
J’ai sursauté, ouvert les yeux aussitôt blessés
de lumière.
La vieille dame en face de moi continuait un
monologue qui m’avait portée doucement vers
le sommeil. Quelques secondes aux cours des-
quelles un rêve avait tenté en vain de s’amorcer.
Au delà de la vitre, le rose des montagnes
s’était obscurci et des traînées noires zébraient
le ciel de l’été corse. L’odeur de la terre qui
brûle remplaçait celle du maquis que j’avais cru
respirer ce matin après une pluie légère.
Tout a soudain évoqué le western, la miche-
line cahotant au-dessus des précipices, et ma
voisine qui paraissait surgie de nulle part, indif-
férente aux mouvements de panique déclenchés
par les incendies. Elle venait d’un ailleurs, de
temps très anciens mais l’évocation de Djemila,
en Algérie ouvrait droit mon émotion…
11 Le lac de l’épée restituée
J’avais écrit au maire depuis bien longtemps
pour lui annoncer mon arrivée et un jour, il m’a
répondu. Une lettre avec des majuscules
comme on n’en fait plus, des pleins et des dé-
liés, tracées, je suis sûre, à la plume sergent ma-
jor celle qu’exigeaient les institutrices de mon
enfance. Et il a conclu à ma grande surprise,
nous vous attendions, Madame Marchetti, nous
vous attendions depuis très longtemps.
La dame a hoché la tête, murmuré, nous
vous attendions… Son regard a filé très loin sur
la montagne, et j’ai saisi, juchée sur un replat,
une maison de maître aux murs écroulés enva-
his de lauriers roses.
Elle a repris son discours. Je suis arrivée en
taxi à la nuit tombante. Alger, Djemila, cela fait
bien 400 kilomètres et les routes sont tourmen-
tées. Mais, tout de suite, je l’ai reconnue.
Djemila se dressait, superbe, sur le plateau
découpé de ravins, ville romaine encore agran-
die par les ombres. Elle ne l’avait pas revue de-
puis près de 70 ans.
Nous sommes entrés dans un tunnel. Éper-
due de fraîcheur, les yeux grands ouverts dans
le noir intense, je revois le forum, le temple de
Septime Sévère et au delà des remparts, le théâ-
tre aux gradins offerts à la lune. Les caroubiers,
les figues de barbarie se penchent sur la ville et
dans la nuit me parviennent les youyous des
femmes qui fêtent la fin du ramadan. Et puis, sa
12