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LE MANOIR DE MERVAL
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Un nouveau rendez-vous rocambolesque ! CHAQUE MARDI, chapitre après chapitre, Michel BELLIN écrira et mettra en ligne ICI son
... »
MICHEL BELLIN
LE
MANOIR
DE
MERVAL
Roman-feuilletonLes ailes ne peuvent aller
plus vite que la peur.
La Divine Comédie
(L’Enfer. Chant XXII vers 127-128).
Il n’est aucune sorte de sensation qui soit plus
vive que celle de la douleur : ses impressions
sont sûres, elles ne trompent point comme
celles du plaisir.
Sade, extrait de Justine.
2LE MANOIR DE MERVAL
Un roman-feuilleton inédit
de
Michel Bellin
En exclusivité sur YOUSCRIBE
chaque mardi
depuis le 10 janvier 2012
3ui est l’étrange et séduisant Monsieur QKarl ? Quels secrets cache-t-il dans son
mystérieux château vosgien où abondent portes
dérobées et instruments de supplice ? Pourquoi
s’intéresse-t-il tant à Alban, jeune chômeur un
peu naïf mais déterminé qui vient d’entrer à
son service ? José, le beau chauffeur
ténébreux, deviendra-t-il son ami ou son plus
implacable adversaire ? Et qui sont ces
mystérieux visiteurs du Nord venant
régulièrement dans d’énormes limousines ?
Quant à Manuel, le maître d’hôtel, pourquoi se
montre-t-il si sournois alors que Maria, la
cuisinière, maternelle et attentionnée, semble
condamnée à garder le silence…
Heureusement, il y a le brave Titus qui obéit au
doigt et à l’œil ! Peut-être le doberman
deviendra-t-il en ces lieux paisibles et
redoutables le seul allié d’Alban quand se
précisera la sourde menace…
4I
lban regarda le taxi s’éloigner dans la nuit. Le jeune homme attendit que la lumière des Aphares se fût évanouie dans les sombres frondaisons et estompé le vrombissement du
moteur. Il frissonna sous le brutal assaut d’un vent du nord aigrelet qui emporta une brassée
de feuilles dans l’ornière du chemin. Le chauffeur du taxi avait été catégorique.
- Avec les pluies de ces derniers jours, le chemin de terre est détrempé.
Désolé, je ne vais pas plus loin. Je ne tiens pas à me retrouver
embourbé à cette heure de la nuit ! D’ailleurs, à pieds, vous n’êtes qu’à
quelques minutes de votre destination. Une petite demi-heure tout au
plus. Il vous suffit de continuer tout droit, toujours tout droit, puis un
sentier assez aisé, vous ne pouvez pas vous tromper : le château de
Merval est la seule bâtisse que vous trouverez dans ce coin perdu.
Allez, courage et bonne route !
Malgré les protestations du voyageur, sitôt empoché le montant de la course, l’homme
avait claqué la portière. Sur un coup d’accélérateur nerveux, la voiture fit demi-tour en
arrachant au macadam un crissement strident.
Alban regarda autour de lui, guère rassuré. L’immensité de la nuit l’écrasait, surtout le
silence. Sous un ciel bas, le vent mugissait dans les épicéas qui le cernaient de partout. Il se
sentit oppressé, mal à l’aise, noyé dans cet univers hostile. Pour la première fois depuis le
départ du logis familial, il douta : avait-il vraiment fait le bon choix ? Il haussa les épaules.
- De toute manière… murmura-t-il sans achever sa phrase.
Il releva le col de son imperméable, arrima son sac à dos sur ses épaules, saisit son sac
de toile et se mit en route d’un pas rapide. Il avait laissé la départementale pour le chemin de
terre. Son hôte lui avait recommandé de se munir d’une lampe de poche au cas où il arriverait
plus tard que prévu, ce qui avait été le cas avec son ennui de correspondance à la gare de
l’Est. (Notre voyageur avait eu la malencontreuse idée de partir un jour de rentrée scolaire et
le métro était bondé de cartables et de poussettes.) Alban éclairait maintenant vaille que vaille
le chemin s’enfonçant dans l’ombre, penché en avant pour se protéger le visage des gifles du
vent glacial.
Tout en marchant, sans doute pour s’alléger de la sourde angoisse que l’obscurité et le
lieu faisaient peser peu à peu sur lui, le jeune homme fit retour sur ce passé qui le conduisait
5ce soir à marcher, tel un réfugié ou un clandestin, sur ce chemin désert, dans cette région
vosgienne où il n’avait jamais mis les pieds, en direction d’une maison dont il ne savait rien,
vers un destin tout entier condensé dans une petite annonce. Oui, ça avait été le déclic, peut-
être le sésame, il le pressentait. Alban avait trouvé ce message par hasard dans une de ces
revues banales qu’il achetait parfois pour distraire sa solitude. « Monsieur, quarantaine svelte
et distinguée, cherche jeune homme à tout faire pour travail de secrétariat et compagnie
attentionnée dans vaste manoir trop solitaire. Si accord, salaire très motivant. » Suivait un
numéro de code, ni adresse, ni téléphone. La revue se chargeait de transmettre toute réponse à
son destinataire. Alban avait hésité… Il avait relu l’annonce plusieurs fois. Le texte était
simple, presque trop simple. Un parfum de mystère suintait du texte et le mot « manoir »
ajoutait une sorte de charme désuet, un ailleurs qui enfin allait distraire Alban de son
quotidien si ennuyeux. Sans travail depuis plusieurs mois, motivé par rien ni personne, à la
charge de ses parents de plus en plus soucieux et attentionnés, surtout sa mère toujours trop
fondante à son goût, humilié par ce sentiment de dépendance et d’inutilité, le jeune homme
avait l’impression de rétrécir de jour en jour, de ratatiner, de se faner sans influx nerveux ni
ressources financières suffisantes pour vivre sa vie de jeune. À 22 ans, vivre enfin, VIVRE ce
qui s’appelle vivre ! Et non pas végéter, sans but ni passion, avec ce sentiment d’être à côté de
la plaque, complètement décalé et incompris.
Bref, Alban avait fini par se décider, mais sans se faire trop d’illusions. Il avait envoyé
sa réponse au périodique en prenant bien soin de noter au sommet et à gauche de l’enveloppe
le numéro de code. Le style choisi était volontairement elliptique : « Jeune homme, 22 ans,
deux ans d’études de Lettres, au chômage depuis plusieurs mois, sans attaches sentimentales,
goût pour le secrétariat, qualités d’ordre et d’organisation, serait prêt à répondre à votre
aimable proposition. Demande seulement plus de précisions sur le travail attendu et les
compétences exigées. Suis prêt à me déplacer dans toute la France. » Alban avait bien sûr
précisé son adresse et son numéro de téléphone (le fixe de ses parents car il était en panne de
portable suite à un problème de facture impayée). Son écriture était soignée, quasiment
calligraphiée car il se disait que ce châtelain solitaire devait être un homme de goût. C’est
aussi pour cela qu’il avait mentionné ses études universitaires, du moins les quelques mois
qu’il avait gonflés en années, histoire d’être crédible. Après avoir longtemps hésité,
tergiversé, pesé le pour et le contre, il s’était enfin décidé à joindre un portrait de lui, une
photo en couleurs plutôt réussie, où on le voyait de face, assis sur la margelle d’un puits,
souriant d’une manière un peu figée mais avenante, cheveux blonds au vent, teint hâlé (c’était
au retour des vacances en Ardèche l’été dernier) faisant ressortir sous sa chemisette blanche
une musculature fine et nerveuse. En son for intérieur, Alban espérait que cette image
appuierait sa candidature.
Une racine le ramena à la réalité : il avait failli trébucher et s’étaler de tout son long.
Heureusement, l’intrépide voyageur n’avait pas lâché sa torche.
- Bordel ! lâcha-t-il entre ses dents, tout en s’efforçant de retrouver son
équilibre.
Il prit le temps de souffler puis reprit sa marche, délaissant ses pensées pour être plus
attentif aux irrégularités du chemin et aux endroits où il posait les pieds. Le vent s’était un peu
calmé et, de temps en temps, un rayon de lune déchirait le rideau de nuages bas qui filaient à
toute allure vers le sud, jetant sur le paysage mouvant une lueur blafarde et néanmoins
bienvenue. Car le paysage en était vaguement éclairé ; il était à présent dégagé, plus large et la
marche devenait plus aisée, malgré le poids du bagage qui endolorissait sa main gauche. Le
chemin montait à présent en large courbes serpentant sur une pente assez douce. En fait,
6c’était devenu imperceptiblement un sentier régulier. Du fond du ravin montaient les
rugissements étouffés d’un torrent ; parfois le chant funèbre d’un oiseau de nuit déchirait le
silence en se perdant dans les branches.
Alban avait reçu une réponse à son courrier une dizaine de jours plus tard. La lettre
était succincte mais précise, et l’écriture manuscrite élégante : « J’ai pris connaissance avec
intérêt de votre candidature. Je vous propose de venir me rencontrer dans les meilleurs délais
afin de convenir ensemble de tous les détails, et éventuellement, de conclure un accord. Je le
souhaite sincèrement et je suis persuadé que vous ferez l’affaire. Veuillez trouver ci-joint un
chèque au porteur pour couvrir vos déplacements et frais divers. Téléphonez-moi le jour et
l’heure de votre arrivée. À la gare, prenez un taxi car je n’ai pas la possibilité de venir vous
chercher. » Suivait le post-scriptum indiquant l’opportunité de la lampe de poche. Aucune
allusion à la photographie. Signé : Monsieur Karl. Suivaient le numéro de téléphone/fax ainsi
que l’adresse complète.
Alban avait consulté l’atlas de son père pour localiser le village au lieu-dit « Pont de
l’Abîme ». Il le repéra dans l’arrière-pays vosgien, à une soixantaine de kilomètres de
Strasbourg, en direction du col de Saverne. Il s’était rendu à la gare d’Orléans et s’était
renseigné sur le meilleur itinéraire. Quelles que soient les combinaisons d’horaires et
d’itinéraires, pas moyen d’arriver avant 22 heures à Saverne. Cette heure tardive ne le
séduisait guère. Il avait hésité quelques jours avant de prendre sa décision. Puis, talonné par le
besoin de gagner sa vie, d’en changer surtout, avec ce petit goût d’aventure qui finissait par
l’émoustiller plus que l’inquiéter, le jeune homme avait franchi le pas et s’était décidé à
composer le numéro de téléphone de Monsieur Karl. L’attente avait été assez longue puis une
voix lui répondit enfin :
- Allo ?
- Bonjour… plutôt bonsoir… puis-je parler à Monsieur Karl ?
- C’est lui-même. À qui ai-je l’honneur ?
- C’est Alban… euh… à propos de la petite annonce… j’ai bien
reçu…
- Alban, mais bien sûr ! coupa une voix chaude et empathique. Je
suis si heureux de vous entendre ! Oui, j’ai reçu votre lettre. Je l’attendais
avec impatience. Alors, que décidez-vous ?
- Je me proposais de venir vous rencontrer en fin de semaine…
mais j’arriverai un peu tard. Je n’ai pas trouvé d’autre train. Venant
d’Orléans, vous comprenez…
- À quelle heure votre transsibérien ?
La voix était enjouée, légèrement moqueuse.
- À 22 heures 15 en gare de Salerne. Peut-être vaudrait-il mieux
que je couche en ville avant de gagner votre…
- Nenni ! Aucune importance. Je suis un couche-tard, vous aussi,
j’espère. La nuit n’est-elle pas le rendez-vous des fées et des elfes ? Je
plaisante, excusez-moi. 22 heures, disons 22h 30 avec la fin du parcours, ce
sera parfait. Vous n’aurez qu’à prendre un taxi. Je vous attendrai et nous
dînerons ensemble. J’espère que le chèque que je vous ai envoyé a été
suffisant ?
- Bien sûr ! C’était même trop, je vous rembourserai…
7- Chut ! On ne parle jamais d’argent ici. N’est-ce pas le crottin du
diable, disait je ne sais plus quel auteur, Bernanos je crois bien. Vous avez dû
décrypter cet auteur à la Faculté, non ? Mais cette fiente-la – si je peux me
permettre – offre néanmoins des merveilles et bien des plaisirs ! N’est-ce pas
sur le fumier que poussent les plus belles fleurs, les plus pures ? (L’homme
avait ri d’un petit rire sec et enjoué.) J’ai hâte que vous le constatiez de visu.
Eh bien, trêve de digression littéraire, c’est entendu, à vendredi cher ami et
merci de la grande confiance que vous paraissez me témoigner.
- Merci à vous, monsieur…
Alban avait marqué une courte hésitation.
- Karl, appelez-moi Karl. Vous, c’est Alban, n’est-ce pas ? À
bientôt, cher Alban !
Il raccrocha. Alban fut d’emblée rassuré par ce premier contact. L’homme était
charmant, il avait de la classe. Très cordial au demeurant, fort sympathique. Et cette voix si
bien timbrée, avec des sortes d’ondulations… sans doute la voix d’un homme mûr, mais pas
celle d’un vieillard, dieu merci ! En fait, c’est ce qu’il redoutait : tomber sur un vieux à la
voix aigre et chevrotante. Evidemment, l’annonce annonçait la quarantaine, mais chacun sait
que les petites annonces de sont pas des championnes d’exactitude, surtout concernant l’âge
ou l’apparence !
Le jeune homme avait alors mis ses parents au courant de ses démarches. D’abord un
peu réticents, ceux-ci avaient fini par accepter que leur rejeton aille voir sur place de quoi son
futur employeur retournait. Son père s’était même offert à le conduire en voiture puisqu’il lui
restait quelques jours de RTT à récupérer. Le fiston avait fermement décliné cette proposition.
Il voulait se faire sa propre opinion, craignant par-dessus tout l’influence moralisatrice de ses
géniteurs qui le couvaient d’une tendresse étouffante et pourtant bien compréhensible :
n’était-il pas leur petit Alban adoré, leur fils unique, né sur le tard de surcroît ? Un peu trop
artiste, trop dilettante – pensait son père – trop centré sur lui-même, mais sa mère n’avait
d’yeux et de prévenances que pour son bel ange désœuvré.
Alban sourit. Tous ces souvenirs l’avaient agréablement distrait d’une situation qui
devenait à la longue désagréable : malgré la fraîcheur de la nuit, notre voyageur ahanait et
transpirait sous le poids de ses bagages. C’est alors qu’il s’arrêta et leva les yeux fort à
propos : le sentier – qui s’était peu à peu élargi en s’ouvrant sur une sorte de plateau herbeux
– faisait une dernière courbe avant de buter contre ce qu’Alban identifia comme une haute
grille qu’éclairait chichement une lampe-tempête grinçante.
- Enfin ! Me voilà rendu.
D’un coup d’épaule, Alban rajusta son sac à dos dont les sangles lui labouraient la
chair, empoigna son autre bagage qu’il avait un instant déposé sur le sol et pressa le pas. Une
pluie fine commençait à tomber. Il n’eut aucun mal à pousser la grille qui ouvrit sur une allée
bordée d’arbres, des tilleuls pensa-t-il. Après une distance qu’il évalua à 200 mètres, il parvint
au pied d’un escalier qui montait vers une vaste terrasse. Celle-ci était adossée à une bâtisse
étrange, aux contours tarabiscotés, une succession de tourelles et de toits pentus se découpant
en ombres chinoises sur le ciel. Au rez-de-chaussée, deux vastes fenêtres filtraient une
lumière orangée. Pas un bruit. Le tableau avait des allures de miniature médiévale. Alban
chercha une sonnette, hésita, monta quelques marches… et c’est alors qu’une violente
8lumière, sans doute actionnée par un faisceau infrarouge, illumina la terrasse ; une porte
s’ouvrit tandis qu’un molosse bondit au sommet des marches. Aussitôt stoppé dans sa course
par la voix autoritaire d’un homme dont la silhouette apparut dans l’encadrement de la porte
d’entrée.
- C’est vous, Alban ?
- Oui, c’est moi, Monsieur. S’il vous plaît, retenez votre chien…
- Venez, montez, n’ayez pas peur. Vous ne risquez absolument
rien.
L’homme donna un ordre à l’animal qui se figea à ses pieds en gémissant. Monsieur
Karl n’avança pas à la rencontre de son hôte qui gravissait à présent les marches conduisant à
la terrasse. Dans la lumière tamisée s’échappant de la porte entrouverte, Alban voyait se
découper en ombre chinoise la silhouette du châtelain : un homme grand et solide, vêtu d’une
élégante robe de chambre. Dans ses doigts brillait la braise d’une cigarette qu’il porta à ses
lèvres. Quand le jeune homme essoufflé parvint à quelques mètres de lui, le personnage altier
s’avança enfin d’un pas et tendit une main énergique.
- Bonsoir, Alban. Vous avez l’air exténué. Comment se fait-il que
vous ayez marché si longtemps ?
- Le taxi m’a abandonné à l’embranchement du chemin. Il a
prétendu qu’il risquait de s’embourber s’il montait jusqu’au manoir. Du
moins jusqu’au sentier…
- Tous les mêmes ! maugréa Monsieur Karl d’une voix sourde et
sans autre commentaire.
À son invitation, Alban entra. L’hôte s’était effacé et le voyageur pénétra dans un
vaste salon. Le monstre, après avoir grogné, était allé se réfugier près d’une antique cheminée
où brûlait un feu de bois. Alban resta bouche bée devant le spectacle qui s’offrait à lui. Il
découvrait une vaste pièce au plafond relativement bas que traversaient dans toute sa largeur
des poutres mal équarries. Un lampadaire rustique, dressé près d’un divan recouvert de peaux
de chamois, diffusait une douce lumière tandis que les reflets des flammes faisaient danser sur
les murs et au plafond des lueurs mouvantes. La pièce était meublée de deux buffets de style
Renaissance ; au centre, une vaste table ronde en bois d’acajou. Plusieurs fauteuils et chaises
recouverts de velours cramoisi occupaient les angles de la pièce.
La voix de Monsieur Karl tira Alban de son étonnement.
- Débarrassez-vous de vos bagages et venez donc vous asseoir,
dit-il d’une voix avenante.
Il guida Alban vers l’un des fauteuils où le voyageur s’affaissa, regrettant aussitôt ce
geste trop décontracté. Mais il était tellement las ! Et ce sentiment diffus de se sentir un peu
perdu. Le jeune provincial ne s’attendait pas à cette arrivée, ce décor, cette ambiance, le
molosse rugissant… Il découvrait soudain un autre univers à la fois raffiné et quelque peu
oppressant.
er (1 épisode écrit et mis en ligne le 10 janvier 2012)
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