Le Minaret

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En 1970, Julien Michaux-Lambert, jeune médecin coopérant est affecté au Mzab, une des régions les plus inhospitalières du Sahara algérien. Là, au milieu du désert de pierres, sur des pitons rocheux, se dressent cinq villes mystérieuses, refuges d’un peuple attaché à ses coutumes ancestrales et professant un islam rigoriste. Dans ce cadre hors du temps, Julien côtoiera, entre autres personnages, un médecin yougoslave aussi odieux qu’incompétent, une infirmière croate peu farouche, un architecte français passionné d’art mozabite, un père blanc blasé, un diplomate pusillanime et enfin une belle institutrice dont il tombera éperdument amoureux. Il rencontrera surtout le désert, véritable héros de ce roman. Et puis, un soir d’automne, il commettra un geste fatal qui changera le cours de sa vie.
Publié le : mardi 14 juin 2011
Lecture(s) : 67
EAN13 : 9782748128062
Nombre de pages : 189
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LE MINARET
Didier Jung
LE MINARET
ROMAN
© manuscrit.com, 2003 ISBN: 2-7481-2733-1 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-2732-3 (pour le livre imprimé)
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C’était ainsi, le caillou seul recouvrait les trois quarts de ce pays. Les villes y naissaient, brillaient puis disparaissaient, les hommes y passaient, s’aimaient ou se mordaient à la gorge puis mouraient. Dans ce désert, ni lui, ni son hôte n’étaient rien. Et pourtant, hors de ce désert, ni lui, ni l’autre n’auraient pu vivre vraiment. Albert CAMUS (L’exil et le royaume)
Pourquoi diable cet abruti de Courtabert avait-il endossé un uniforme de para, s’interrogeait Antoine, alors qu’il martelait le sol de ses pieds chaussés de gros godillots, obtempérant aux ordres de ce prof de gymnastique vieillissant dont le sadisme égalait presque la bêtise. - Encore en retard Chartier ! Une demi-heure de pas cadencé, ça t’apprendra à être à l’heure ! Gauche ! Droite ! Gauche ! Droite ! vociférait-il de plus en plus fort. Quand il hurlait ainsi, son faciès exhalait tout le mépris que lui inspirait ses élèves et le plaisir cruel qu’il prenait à les humilier. En se retournant, Antoine constata que ce n’était plus la façade aux larges baies de son lycée flambant neuf qu’il avait devant les yeux mais un mur décrépi et lézardé, percé d’étroites fenêtres à barreaux, bor-dées de briquettes rouges. Un gigantesque drapeau tricolore flottait en haut d’un mât dressé au milieu de la cour. Ses camarades de cinquième qui parais-saient bien dix ans de plus que leur âge, saluaient les couleurs, figés au garde à vous. Il en était au moins à son dixième tour lorsqu’un brusque coup de frein l’extirpa de son rêve. Un pâle soleil éclairait les collines de calcaire blanc chiche-ment parsemées de garrigue et de chênes verts tordus
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par les vents, qui défilaient de chaque côté de la voie ferrée. - J’ai dû faire un cauchemar, bredouilla-t-il ner-veusement. Il y avait ce salaud de prof de gym et ses cours débiles et puis cette caserne hideuseAu fait, où sommes nous ? Quelle heure est-il ? - Il est presque huit heures. On traverse la Sainte-Baume. Marseille n’est plus très loin, on devrait y être dans moins d’une demi-heure, lui répondit le jeune homme qui lui faisait face. Bien qu’Antoine eût complètement recouvré ses esprits, ces paysages provençaux n’évoquaient rien pour lui. A presque vingt-quatre ans, il n’était jamais descendu au sud de Lyon, à l’exception d’une fois. Avec ses parents, il avait passé Noël chez un vieil oncle à Cannes. Il devait avoir cinq ans. Il n’en avait plus aucun souvenir. - On n’attrapera jamais ce maudit avion ! On va être bons pour la caserne, maugréa-t-il. Le train avait quitté la gare de Lyon à trois heures du matin avec près de deux heures de retard. Au mi-lieu de la nuit, le contrôleur avait tenté de tranquilli-ser Antoine. Il l’avait assuré qu’une bonne partie du retard serait rattrapée avant l’arrivée, mais cela n’avait pas suffi à dissiper son inquiétude. - Ecoute, ce n’est tout de même pas notre faute si l’Armée, pour économiser quelques sous, nous oblige à ce périple, au lieu de nous faire partir di-rectement de Paris en avion. On n’a vraiment rien à se reprocher ! lui avait rétorqué son compagnon de voyage. Difficile de trouver plus différents que ces deux jeunes gens. Julien Michaux-Lambert, vingt-six ans, médecin, fils d’un célèbre neurologue, grand, cos-taud, une belle petite gueule encore marquée du hâle des vacances de Noël passées à Courchevel. An-toine Chartier, vingt-quatre ans, prof de physique, pâle et malingre, un visage d’intellectuel tourmenté.
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