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Laurent Bernard
LE MONDE AU PETIT JOUR
Mon Petit Éditeur
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http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0115381.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
Ce livre est pour Bilou, ma femme, la plus belle fleur sur la plus haute des branche.
Remerciements Je tiens à remercier tout particulièrement mes parents pour leur amour, pour la confiance quils me témoignent, et pour mavoir permis dêtre ce que je suis aujourdhui en maccueillant plus que de raison. Jai également une pensée émue pour ma grand-mère et les sou-venirs quelle ma offerts. Merci aussi à Olivier et Carine pour leurs encouragements, et à Charlotte pour sa confiance parfois aveugle en mes qualités. Par ailleurs, jadresse un clin dil à tous ceux et à toutes celles qui maccompagnent depuis longtemps et qui ont su, au détour dun moment partagé, me permettre de rire et davancer, avec par ordre dapparition : Charles, Aurélie, Caroline et François, Yann, Bénédicte, Magalie, Bertrand, Antonin, Édouard, Anne, Jean-Christophe, Laure, Hélène, Céline, Romain, Daniel et les trois petites puces Lucie, Margot, Faustine. Enfin, et sur un autre registre, je tiens à remercier ma femme à qui ce livre est dédié parce quelle rend la vie plus grande quelle ne lest, et tout simplement parce que je laime.
Dernières heures La buse, daprès les éthologues qui la fréquentent, quelle soit variable ou pattue, adopte essentiellement deux types de com-portement. Économique, elle monte le plus souvent dans le ciel en se laissant porter sur plusieurs centaines de mètres par des colonnes dair chaud. Statique, ce rapace passe une grande par-tie de son temps posé sur un perchoir de son choix, scrutant le terrain, prêt à fondre sur ses proies. Cest précisément une buse dans cette posture que je discerne et qui mobserve dans cette nuit étoilée, alors même que mon corps, soumis aux lois de la flottaison, dessine une planche imparfaite à la surface de leau. Le courant est calme, lair encore chaud et la surface de leau silencieuse et pourtant jai mal au crâne. Leau a beau être fraîche et réconfortante, jai un putain de mal au crâne qui ne cesse dempirer. Je me demande depuis combien de temps exac-tement je me trouve dans ce ruisseau. Pour tout dire jen sais rien. Jen sais rien et de toute façon je suis dans lincapacité de le savoir en raison dune banale mais grotesque histoire dallergie qui mempêche de porter une montre au poignet. Une chose est sûre, je suis dans la flotte depuis déjà un certain temps et je vais certainement y rester, my endormir et y pioncer un bon mo-ment. Tout ce que jespère finalement cest trouver de quoi poser ma tête car elle commence à peser son poids. Par chance la nuit est claire ce soir et jy vois donc encore un peu. Elle est également silencieuse et encore, pas tout à fait.
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LE MONDE AU PETIT JOUR
La flotte a un sale goût, un goût de sang. Une caractéristique dautant plus embêtante quil sagit vraisemblablement du mien. Dailleurs, voilà une chose étonnante ! Toute cette flotte qui mentoure et pourtant je trouve le moyen davoir soif. Soif et mal au crâne. À croire que lon ma tiré une balle en pleine tête et pourtant pourtant jen sais rien. En effet, jai peut-être pris une balle en pleine tête, dans le dos ou dans le ventre, jen sais foutre rien. Et si je narrive pas à me décider ce nest par mau-vaise volonté mais simplement parce que jai mal partout. Une sorte de footballeur italien, voilà à quoi je ressemble. Un de ces footballeurs italiens qui sécroulent par terre en se maintenant le visage alors quil vient de prendre un pète au genou. Jai mal au crâne mais jai très bien pu prendre une balle en pleine colonne vertébrale, allez savoir ! Toujours est-il que je pisse le sang et que, au risque de me répéter, jai mal au crâne. Tout cela suffit à ce que je sois heureux rien quà imaginer que tout ce merdier puisse sarrêter, au moins quelques minutes. Jen ai marre de cette flotte, de cette dérive au ralenti, de ce sang, de ce mal de crâne et marre des questions banales et ré-currentes qui résonnent dans ma tête. Tout ce dont jai envie, cest dun choc sourd et rassurant. Une berge plutôt quune branche égarée. Une belle petite berge bien accueillante et rien que pour moi. La tête enfin posée sur une berge et la dérive qui simmobilise. Être enfin recouvert par lombre inutile des arbres avec le sommeil qui savance rapidement et silencieusement pour effa-cer toutes ces questions, compagnes dérisoires, douloureuses et mortelles. Voilà finalement mon dernier souhait, rien de réelle-ment exigeant au fond. Un truc simple, calme. Cest dailleurs peut-être en raison même de sa modestie quil se réalise quasiment à linstant précis où je le formule. Et pour un incroyant comme moi, qui possède en plus une tendance
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