Le Monde est tranquille

De
Publié par

Il traîne ses pieds dans le sable humide, ne serait-ce que pour ressentir une dernière sensation physique tant son corps l’abandonne progressivement, le reflux des vagues berce l’atmosphère d’une journée qui s’éveille, d’un soleil qui retrace indéfiniment son chemin comme s’il n’en avait qu’un seul. Finalement tout doit tourner en boucle, les nuages, les courants sous-marins, les révolutions politiques, les destinées historiques, les fluides humains, les génocides ethniques… On ne peut rien changer et tout ça n’est que le début… Chacun donne la fin à sa propre fin et chacun vit sa vie, c’est ainsi, partout et ailleurs. "N'y a-t-il pas assez de faits divers pour avoir à en imaginer d'autres? Ou bien l'inverse... Tout va vite et tout s'oublie vite..." Avec ce deuxième roman, Daniel Sourmey nous embarque un peu plus dans sa recherche de la place des évènements au fil du temps et de l'impact dégagé. Qu'auriez-vous fait à la place de Louis "le Fucking-French"? Ou de Maia "la Mineuse" ou encore d'Alice "La Princesse au Kebab"? Et le faire pourquoi? Le monde n'est pas Notre Monde...
Publié le : jeudi 10 mai 2012
Lecture(s) : 55
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748384666
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748384666
Nombre de pages : 88
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Daniel Sourmey
LE MONDE EST TRANQUILLE
 
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur :
http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0117542.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
À toutes les Lætitia du monde
1. Il est 18 h 47 GMT et 12h47p.m. Houston, Texas. 778 300 000 kilomètres, 0.00082 Années Lumières. La sonde made in USA suit son orbite telle que Mike Stewart Engleton la écrit 15 ans auparavant. Ils lont appelée Galileo, en hommage à lastronome italien et fut lancée le 18 octobre 1989 depuis la navette spatiale Atlantis sur le plan de tir 39B du Kennedy Space Center de Floride. Six heures plus tard elle est expulsée pour prendre la trajec-toire de Jupiter. Elle pèse 2 380 kg, mesure plus de 7 mètres et son voyage stellaire durera 6 ans. Depuis 1995, elle squatte en orbite autour de Jupiter et de ses seize lunes. Arthur Jimsson III, sans sommeil depuis 47 heures appuie sur la touche « return » du clavier du module #43 de la station réservée au projet Galileo. Il est très exactement 12h49p.m. et, dans les secondes qui suivent, Galileo, parfaite réceptrice, perd son orbite et com-mence son plongeon sur Jupiter à 173 000 km/h. La chute durera 59 minutes au bout desquelles lécran de na-vigation dArthur annoncera :
7
LE MONDE EST TRANQUILLE
No Found result Signal Lost End of Transmission Mission Aborted Tout était décrit depuis 1989, le voyage, les trajectoires, les angles de prises de vue, les focales, les pressions atmosphéri-ques et la chute finale. Galileo a connu 6 responsables de projets, parcouru 22 milliards de kilomètres pour 2 227 en or-bite autour de Jupiter. Elle coûta 1 milliard 39 millions de dollars. Sa mission : Prendre 14 000 photos. Il est 19 h 49 GMT, le 21 septembre 2003, Galileo nexiste plus. Raison de la destruction : Éviter que Galileo ne sécrase sur Europe, sixième lune naturelle de Jupiter, recouverte de glace à 150 °C. Sous cette glace un océan profond de 900 -mètres capable dabriter une vie extraterrestre. Du moment où lindex dArthur sappuya surreturnjusquà la désintégration de la sonde, il sécoula 59 minutes. 59 minutes nécessaires aux êtres humains pour fabriquer 15 000 nouveaux arrivants et en perdre 6 000. Et ainsi de suite Jean Giraudoux écrivit un jour :« Jupiter a créé la terre. Maisla beauté de la terre se crée elle-même, à chaque minute. Ce quil y a de prodigieux en elle, cest quelle est éphémère. »
8
2. Lhorloge indique 7 h 30. Le mur est blanc, presque jaune, comme le silence, total ; si ce nest le bruit de cette aiguille qui na de cesse dapporter au temps lirrémédiable attente, quasi-muette, de linstant où le bruit sera. Et Louis entre dans la cui-sine de cet appartement sale. Il se sert un café dune cafetière allumée. Il est habillé dun jean et dune veste, pieds nus. Alice qui débarque dune chambre voisine le rejoint le visage ébourif-fé de sommeil, probablement réveillée par le frottement dun pas atypique. Louis prépare son petit-déjeuner et Alice part fumer sur la terrasse. Les deux se croisent comme si le mouve-ment était habituel. Lindifférence portée au passage dAlice laisse lempreinte humide de son pied sur le carrelage noir. Alice tire deux bouffées de clope, lécrase, rejoint Louis et sassied.  Eh bien ! Pour une surprise Tas bien dormi ? deman-da Alice  J ai pas dormi, dit Louis en touillant son café Tu bosses ?  Puis ya du vent, ça gueule.  Moi, je dormais bien, tu mas réveillée.  Ah ouais ?  Quand tu as ouvert la porte le bruit, jai pas lhabitude, je ne dis pas que jai le sommeil léger mais tas pas été tendre avec la porte ; puis en général je me lève un peu plus tôt, si je rate mon heure, cest foutu, enfin tu vois quoi ! Je suis naze. Le boulot cest chaud, cest pas vraiment la vie que jimaginais ;
9
LE MONDE EST TRANQUILLE
puis mes parents enfin bref, tu vois quoi, rien na changé, presque rien si ce nest que ben rien finalement comme tu le penses, comme tu le sais, comme tu ten doutes Ouais OK cest bon le reste ? coupa Louis  Le reste ? Je ne savais pas que tu étais là dit sèchement Alice  Je ne savais pas que tu étais là, répéta Louis droit dans les yeux.  Tétais où ? Je ne te le dirai pas.  Tu étais où bordel ?  Loin  Ça te va bien les cheveux longs, ça fait un peu plus longs, enfin surtout devant. Ça fait plus enfin, jaimais bien quand tu étais court mais là ça fait en même temps ça donne lair plus dur, tu vois, si tu fais ça(Elle tente un relooking, il bouge)Tétais où ?  Loin de toi, de vous.  Tu veux du sucre ? Du lait ? Tu as faim ? Putain mais dis quelque chose, tu fais chier. Ça fait 2 minutes que je suis là, en face de toi, et tu mignores, ça fait genre « pourquoi elle me lâche pas ? Elle me saoule ! »  Depuis quand tu te fais baiser par ce connard ? Putain tes lourd.  Tu jouis ? Tas faim ? Tu veux du lait ?  Je temmerde. Alice quitte la pièce. Louis continue son petit-déjeuner en regardant la cuisine puis se lève et va chercher, dans un sac de sport posé à lentrée, un téléphone portable et un carnet, il le feuillette et allume le portable, il vibre écoute ses messages. Il finit son petit-déj, débarrasse la table et met le tout dans lévier en prenant le soin de laisser les 2 tasses. Alice revient, Louis veut partir.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Un sombre passé

de Societe-Des-Ecrivains

suivant