Le Monde selon Madison

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Le Monde selon Madison révèle le parcours extraordinaire et bouleversant d'une jeune femme - Madison - et son combat pour retrouver Maxime son petit garçon, enlevé par une femme aux étranges et diaboliques pouvoirs. Ce livre raconte le dévouement de cette jeune femme aux plus défavorisés, sa destinée qui la confronte à un terrible accident la faisant voyager dans le monde de l'au-delà. Madison, dont l'avenir semblait sans histoire, est investie d'une grande mission, celle de protéger son enfant contre les forces du Mal afin que, devenu adulte, il puisse lui-même accomplir sa propre mission : préparer le retour du Fils de l'Homme. Cette belle jeune femme va devoir se battre contre une sorcière des temps modernes et voir sa vie se parsemer de péripéties qui la conduiront jusqu'au sein de l'Afrique. L'amour et l'amitié, ses combats et ses passions, donnent envie d'accompagner ce personnage tout au long du récit de sa vie.
Publié le : mardi 8 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332691293
Nombre de pages : 482
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ISBN numérique : 978-2-332-69127-9

 

© Edilivre, 2014

Dédicace

 

Ce livre est dédié à Jean-Philippe.

 

Libre, inconsciente, comme j’en tremble,

De même qu’alors tu me semblais vaine,

Espérant mon âme dans ta prison d’ébène,

À ce jour tout d’ors rouges purs et d’ambre

Les mystères de ta respiration, l’idée même de ma mort

Tout éclate et s’éparpille, la base seffondre sans effort

Le jardin tout au fond derrière la porte de l’esprit

Que vais-je y cueillir, quelles joies, quelles féeries

Ton onde est la mienne, douce ressemblance

Ecoute donc, l’accomplissemdent n’est pas loin

Ce suprême instant d’un moment irréel

Tout semble suspendu à la rencontre éternelle

Cent mille ans, quatorze secondes

Qu’importe, notre jeunesse est de ce monde.

Madison

Prologue

Emile regarda autour de lui : visiblement il avait peur.

– Et puis c’est vrai aussi qu’elle est capable de tuer, je l’ai vu tuer le petit noir. J’ai très peur d’elle parce qu’elle tue pas comme moi quand j’égorge un poulet. Moi j’ai un couteau pour ça. Elle, elle utilise la flamme orange qui rentre et sort de ses doigts quand elle éteint les bougies.

Il ferma les yeux au souvenir de cette terrible nuit.

– Même que la tête du monsieur est tombée et qu’il a continué à marcher alors qu’il était mort. Il a même ramassé sa tête ! Je sais bien que je suis pas très intelligent et les gens disent que je suis un simple d’esprit, mais je sais qui est bon et qui est mauvais. Et vous, Madame, vous êtes bonne.

Madison sourit, posa la main sur son bras et lui dit :

– Le petit noir, vous savez où il est, n’est-ce pas ? Il est bien sous l’eau, dans le lac ?

– Oui Madame, oui il y est, le pauvre, soupira Emile.

Michel s’approcha de Madison et lui fit signe de se taire ainsi qu’à Emile et Louis. Il avait entendu quelque chose, unbruit différent. Il se souleva pour apercevoir Jackie qui tirait le petit Maxime derrière elle.

L’enfant pleurait, il se traînait à moitié par terre mais elle n’en avait cure. Au contraire, elle n’arrêtait pas de le gronder.

– Arrête de pleurnicher sinon je te brûle les yeux, comme ça tu ne pourras plus jamais pleurer, cria-t-elle à Maxime.

Madison sentit la colère l’envahir de voir son fils ainsi maltraité. Elle se redressa, les poings serrés. Aussitôt, Michel lui mit sa main sur la bouche, la prit tout contre lui et la serra très fort. Tous les quatre s’appuyèrent contre le rocher pour assister à la cérémonie, sans que Jackie les voit, gravant dans leur mémoire chaque geste qu’elle accomplissait. Ils respiraient le plus doucement possible, ne faisaient aucun bruit, aucun mouvement. Madison, comme ses compagnons, aperçut le coffret que Jackie déposa aux pieds de Maxime, avant de lui retirer le bandeau. L’enfant cligna des yeux. Il n’arrivait pas à voir ce qui se passait autour de lui, mais il savait parfaitement tout ce qui allait arriver pour l’avoir déjà vécu plusieurs fois. Parviendrait-il ce soir à s’échapper ?

« Maman, Maman, je pense à toi très fort, je veux pas qu’elle vole mon esprit, alors je pense à toi Maman, ma petite Maman que j’aime » se répétait Maxime tout tremblant. C’est alors qu’il entendit Madison lui répondre dans son cœur, aussi distinctement que si elle avait été à ses côtés.

« Maxime, mon bébé, je suis là. Ecoute-moi bien mais surtout ne fais rien qui puisse alerter la méchante dame. Je suis là, tout près de toi, je te vois, tu es au milieu d’un cercle et tu es attaché à un pieu. Je suis cachée derrière un rocher, tout près de toi. Je t’aime mon bébé, je t’avais promis que je viendrais te sauver, je suis là. Mais il va falloir que tupatientes encore jusqu’à demain soir. Michel et Louis sont là aussi, pour te secourir. Demain soir, nous allons tendre un piège à cette sorcière mais il faudra que tu fasses tout ce que je te dirai. Est-ce que tu me comprends ? ».

« Oui, Maman, oui je te comprends. Oh Maman, je t’aime et je savais que tu allais venir. Alexandre me l’avait dit ».

« Ecoute moi bien mon bébé, demain soir quand je te préviendrai que la dame se trouve dans l’eau du lac, il faudra que tu prennes la boite qui se trouve devant toi ».

« La boite ? Quelle boite Maman ? Je vois pratiquement rien ! ».

« Elle est juste devant tes pieds. Avec ta main libre, celle qui te sert à garder le livre qu’elle te force à tenir, de cette main il faudra que tu trouves le coffret et que tu le jettes de toutes tes forces sur ta gauche, en dehors du cercle. Tu m’entends Maxime, si tu veux que je puisse te sauver, il faudra que tu jettes cette boite le plus loin possible sur ta gauche, en dehors du cercle où tu te trouves. Est-ce que tu as bien compris ce que je t’ai dit ? ».

« Oui, Maman, je jetterai la boite à ma gauche le plus loin possible. Oh Maman, j’ai si mal, je voudrais être dans tes bras ».

– À quoi penses-tu, infâme vermine, l’invectiva Jackie, je t’ai demandé de me tenir ce livre ouvert, tu m’entends ?

– Oui, Madame, je m’excuse mais je suis si fatigué, mentit l’enfant à moitié.

Et la cérémonie macabre commença. L’enfant gémissait à chaque fois que Jackie lui envoyait son souffle sur le visage. Une fois la cérémonie achevée, elle alla se tremper, nue, dansle lac. Il s’était écoulé quatre minutes exactement entre l’instant où elle était sortie des cercles, où elle s’était déshabillée pour entrer dans l’eau jusqu’à s’immerger complètement et celui où elle était revenue pour détacher Maxime.

Quatre minutes ! C’est tellement court quand il faut sauver son fils. Sans se faire voler son âme.

Chapitre 1

Madison avait lu un jour, dans un roman d’Agatha Christie, une phrase qui l’avait à jamais marquée :

« Quand on possède quelque chose que les autres n’ont pas, on n’est pas à envier. Il y a inévitablement quelqu’un qui cherche à vous l’enlever. Et le pire, c’est qu’il y parvient toujours ».

Le destin de Madison ne ressemblait à aucun autre. De sa naissance à son adolescence, rien ne la prédisposait à ce que sa vie de femme allait lui réserver. Arriver à pardonner, accepter sans céder à la colère et, plus encore, aider celui ou celle par qui nous souffrons, ne sont pas des choix faciles. Croire en l’espoir que seul l’amour peut faire changer la face du destin est d’une telle simplicité que, malheureusement, la quasi totalité des peuples n’y pense même pas. Madison allait-elle y parvenir ? À quel prix, quelles douleurs, quelle abnégation de soi, quand rien ne prépare au pardon mais attise plutôt la tentation de vengeance. Madison allait-elle l’apprendre à ses dépens ? Ce fut à l’époque où tout n’était que bonheur qu’elle découvrit l’existence d’une forcemaléfique, pratiquement inexorable. Pourtant, elle fut investie d’un pouvoir pour lutter contre le Mal, un pouvoir offert par une Force d’amour universel, mystérieuse, ayant conduit son chemin jusqu’à ce jour fatidique…

Sa part de rêve dépassait toute mesure tant était vaste son imagination. Ses rêves d’enfant étaient plutôt grandioses, peu compatibles avec la vie que sa famille pouvait lui offrir. Mais elle était née avec cette envie de vivre extraordinaire qui allait l’aider à surmonter les terribles épreuves de son existence. Bien que la Connaissance fasse partie de notre héritage ancestral, ce fut Alexandre qui lui permit d’en comprendre les raisons et d’accepter de combattre avec courage.

– Tu vois, Madison, lui expliqua-t-il lorsqu’ils se reposèrent au pied d’un arbre dont l’ombre semblait les envelopper afin que nul ne les entende, celui qui part dans l’Ailleurs arrive à reprendre contact avec ceux laissés sur cette terre de misère ou de bonheur. Il faut que tu saches que parmi toutes ces jeunes âmes ravies trop tôt à l’affection de leurs proches, certaines se révèlent à leur famille terrestre grâce à la rencontre de gens bénis par une Puissance d’amour qui nous dépasse, tant elle est extraordinaire.

Alexandre lui souriait à travers ce regard de tendresse et de bonté qui n’appartenait qu’à lui, ces yeux dont elle adorait toujours l’indéfinissable couleur : vert pailleté de noisette avec des petites touches d’or. Elle l’écoutait, la tête légèrement penchée comme pour mieux savourer ce moment.

– Je sais qu’il y a plusieurs manières pour arriver à se dévoiler à ceux qui sont dans la douleur, par voyance, télépathie où par toutes ces nouvelles techniques decommunication comme un magnétophone, un écran de télévision et plus le temps passera, plus nous progresserons et plus le monde croira en l’autre vie…

Les rayons du soleil s’attardaient en laissant traîner leurs ombres où s’associaient le rouge, l’orange et le mauve. C’était féerique et Madison, tout en étant très attentive à l’apostolat de son frère, ne pouvait s’empêcher d’admirer leur suprême beauté.

– Vois-tu, ces personnes qui perçoivent ce que les autres ne peuvent même pas imaginer, ce sont souvent des êtres très simples mais qui possèdent le don d’aimer les autres parfois encore plus qu’eux-mêmes. Souvent, il leur faut presque une vie entière où joies et malheurs se mèlent pour extraire ce don de leur Moi le plus profond. Surtout, ne crois pas qu’ils soient systématiquement simples et charitables. Ils le deviennent à force d’épreuves, proches de ceux trop tôt partis pour une des Maisons du Père.

– Mais qui est le Père ? l’interrompit Madison.

– Qu’importe son nom : Dieu, Jéhowa, Mahomet, Boudha ou ce que tu voudras, tu as le choix. L’essentiel est que le Père est Celui qui aime tous ses enfants, bons ou mauvais.

– Dis-moi, Alexandre, que doit-on faire lorsque l’on est sur cette terre, quel est notre but, quelle est notre destinée, à quoi servons-nous réellement, quelle est ma fonction, que dois-je accomplir ?

Alexandre se mit à rire à cette avalanche de questions car, aujourd’hui, c’était son tour d’instruire sa sœur et il en était fier. Tout en choisissant ses mots, pour rester le plus clair dans ses propos, il lui révéla l’évidence.

– La réponse est très simple, Madison, certains d’entre nous sont désignés pour une mission qu’à notre naissance nous ignorons. Parmi ces missions, il en est une de grande importance. Elle est multiple et d’un même but : trouver, rassembler et faire revenir les brebis égarées dans le bon troupeau.

Alexandre étendit ses mains vers Madison et, d’une voix grave où perçait une grande émotion, il lui annonça :

– Tu es investie de cette mission. Mais uniquement pour la protection de celui qui doit préparer le retour du Fils de l’Homme.

Madison se demanda si elle aurait la force de mener cette mission à son terme ? Seule la présence d’Alexandre à ses côtés fut sa réponse.

Chapitre 2

Marie, que l’on n’appelait pas encore Madison, vint au monde avec trois semaines d’avance et beaucoup de bruits. Sa maman croyait que l’enfant qu’elle portait et qui ne se manifestait plus depuis le sixième mois de grossesse n’était plus en vie aux dires de son médecin. Elle le croyait donc parti avant même d’arriver sur cette terre, à cause d’un mauvais sort jeté par une vieille femme que tout le quartier où elle résidait appelait la Sorcière. Cette dame âgée de plus de quatre-vingts ans, inoffensive en réalité, habitait avec tout sa petite famille et surtout son petit-fils, Christian, guère plus âgé que Marie, au premier étage de leur villa commune. Elle était l’ancienne propriétaire du rez de chaussée et du jardin que Philippe et Monique Merryl, les parents de Marie, avaient achetés au retour de la campagne d’Indochine de Philippe. La vieille dame fut pour Marie un souvenir bien confus, car un mois après son fameux atterrissage et le « méfait » à l’égard du nouveau-né à son retour de la clinique – gestes maléfiques et incantations adéquates provoqués certainement par sa jalousie envers la radieuse jeunesse deMonique – elle fut emportée par une crise cardiaque, peut-être consécutive au retour de sort qu’elle leur avait jeté.

Il faut dire à la défense de Monique que leur vénérable médecin de famille n’entendait plus le bébé battre ni du pied, ni du cœur depuis ce sixième mois de gestation. Cela commençait bien ! Aussi, trois mois avant la date du débarquement de Marie sur la planète Terre, voilà que le vieux sage du quartier réunit Philippe et sa chère épouse et leur annonça, après avoir posé son stéthoscope sur le ventre arrondi de la future mère :

– Ma pauvre Monique, mon cher Merryl, j’ai une mauvaise nouvelle que je ne puis continuer à vous dissimuler plus longtemps.

Philippe tenait la main de Monique qui pleurait déjà avant de savoir la suite. Le vieux médecin prit un air de circonstance, digne et solennel, et leur prédit :

– L’enfant que vous attendez n’arrivera parmi notre chère communauté que les pieds devant et la tête dans les bras du Bon Dieu.

Comme diplomate, il mérita ce jour-là la palme d’or. Bien entendu, Monique s’évanouit à cet aveu, ce qui évita toute question sur le diagnostic sans appel et sur les réelles raisons du silence du bébé, inconnues et totalement inexplicables par le vieux médecin. Ce dernier ne voulait pas prendre sa retraite depuis dix ans au moins, alors qu’il exerçait depuis près de cinquante ans. Comment émettre l’idée qu’il pouvait bien se tromper sur l’absence de réaction du bébé ? Comment oser mettre sa parole en doute ?

La pauvre Monique porta donc en elle une chose sans vie jusqu’à presque son terme, les techniques d’antan ne pouvantmettre fin à son calvaire. Elle resta couchée pratiquement toute sa grossesse, priant malgré tout pour que l’enfant reprenne vie, car elle avait déjà malheureusement perdu un premier bébé, une fille d’après les gynécologues, avant la naissance d’Elisabeth sa fille aînée, adressant ses suppliques surtout à la Sainte Vierge, au cas où un miracle se produirait. Sait-on jamais ! Jésus avait bien ressucité Lazare, alors pourquoi pas cette petite chose dans son ventre qui ne bougeait plus depuis plusieurs mois ! Lorsque le travail naturel commença avant la date prévue et se concrétisa par l’arrivée tornitruante d’une toute petite fille, il fallut bien se rendre à l’évidence, Jésus était passé par là. Marie débarqua donc sur notre bonne vieille planète en début de soirée, début décembre, pas vraiment attendue, surtout de cette façon aussi virulente. Elle n’était pas fripée ou violacée. C’était même plutôt un joli bébé pas plus gros qu’une crevette dont elle avait la couleur après passage à l’eau bouillante, quelques cheveux clairs et déjà emmélés, mais surtout avec une puissante envie de vivre maintenant et très vite, comme elle allait le faire pendant toutes les années à venir.

Mais ce bébé étant considéré malgré tout comme un miracle, huit jours après son éclosion, il fut baptisé avec une marraine de secours, la vraie étant séparée de sa famille par la Méditerranée. Le temps lui étant peut-être compté, on para au plus pressé en prenant la tantine la plus proche sur le plan kilomètre-carré. Marie hérita donc de la Fée Carabosse au lieu de la jeune Fée algéroise et pendant très longtemps, à chaque fois en fait que leurs chemins se croisaient, la « tantine-marraine » en kit lui rabâchait :

– Tu était si petite que ton derrière tenait dans une seule de mes mains, là, celle-là, tu vois ? Pas vrai Gabriel – c’était son mari, genre discret et gentil, la tante parlant presque toujours à sa place – que notre petite fifille n’était pas plus grosse qu’une mouche et que je la tenais comme ça dans ma main ?

Cette chère tante, sœur aînée de Monique, elle n’eut jamais d’enfant hormis son chien qu’elle élevait comme un bébé.

– Ma chérie, dis bonjour à ton cousin Jicky, ordonnait-elle à Marie, fais lui une caresse.

– Bonjour cousin Jicky, répondait l’enfant que ce cousin à quatre pattes ravissait.

Marie, malgré son jeune âge, avait compris très tôt que sa tante compensait avec son petit chien au pelage noir les enfants qu’elle n’avait pu avoir, s’étant mariée sur le tard avec le tonton Gabriel. Ah, la tantine de Burgos comme on l’avait surnommée avec malice dans la famille, envahissante, contrariante, avare, celle qui a toujours raison, qui sait tout, les doigts toujours serrés autour d’aiguilles à tricoter ou de tissus à assembler et à coudre, ses lunettes sur le bout du nez, elle ressassait toujours à sa filleul par intérim :

– J’en ai vu des choses dans ma vie, belles et pas belles. Méfie-toi Marie.

Marie l’écoutait plus ou moins parler des hommes que sa tante avait connus.

– Tous des bons à rien, sauf ton oncle et ton grand-père. Ton pépé n’était pas gentil-gentil tous les jours avec nous les filles, mais je l’ai toujours aimé et respecté. Car lui, il m’a adoptée, alors que mon vrai père, celui-là, il ne voulait pasentendre parler de moi. Ton grand-père, lui, il aimait tant ma mère qu’il m’a prise avec elle lorsqu’il l’a épousée !

Mais pour la suite de son histoire, Marie en était aux toutes premières heures de sa vie et la seule chose qui lui importait alors était de réclamer à grands coups de cris et de gargouillis le sein et le lait de sa mère qui devait normalement la sustenter. Monique s’était un peu laissée aller pendant sa grossesse, elle n’avait pas eu beaucoup d’appétit depuis le mauvais rapport fait par son vieux médecin. Mais qui aurait eu grand appétit pendant ces mois diaboliques où l’on ne sait pas trop ce qui se passe dans son propre ventre ! Son lait était très pauvre et, pour couronner le tout, Monique empoisonna sa fille avec dès le premier jour de leur rentrée à la maison. En effet, la vieille sorcière était sur son balcon à guetter leur arrivée et dès qu’elle les vit, elle fit de drôles de gestes contre elles que Monique, très superstitieuse, interpréta immédiatement comme nocifs et extrêmement dangereux. Elle serra très fort contre elle sa petite crevette bien emprisonnée dans ses langes et se mit à courir pour disparaître au cœur de leur maison, à l’abri de la vieille et de ses maléfices. Il est certain que la contrariété fut aussi forte que la peur et les deux combinées eurent le résultat souhaité par la vieille sorcière. Le lait de Monique tourna et vira tant et si bien que le bébé en fut quitte pour avoir la visite de leur vieux docteur.

– Ma chère Madame Merryl, vous avez entièrement raison, votre lait n’est plus bon pour votre fille, elle est trop chétive. Elle doit prendre du lait que le pharmacien du quartier fera venir exprès du Service pour l’Enfance.

Monique suivit les conseils de son médecin car, sûre de ce qu’elle avait vu faire par sa vieille voisine, elle s’empressa de se diagnostiquer un empoisonnement, alimentant ainsi sa phobie de la sorcière. Elle sevra donc sa fille dans l’instant de son précieux lait maternel pour de la poudre de laboratoire. C’est aussi pour cela que le baptême eut lieu si vite. Il fallait absolument se prémunir contre les sortilèges. On attribua donc au nouveau-né trois prénoms plus que saints, probablement pour que ces trois anges gardiens fassent tout leur possible pour que le miracle continue le plus longtemps à fonctionner et à lui prêter vie et force. Monique ne lui avait-elle pas d’ailleurs révéler, vingt cinq ans après, dans la chambre de la clinique où Marie-Madison venait de mettre au monde son propre enfant, en un aveu effectué dans un murmure :

– Ma chérie, ta grossesse a été semblable à la mienne, dure, traumatisante. Maintenant que tu est mère à ton tour, tu dois savoir que, pendant que tu étais dans mon ventre, je t’ai offerte à la Vierge.

– À la Vierge ? s’exclama Madison, tu m’as offerte à la Vierge ! Maman, qu’est-ce que c’est encore que cette histoire ?

Avec Maman, qui prenait toujours des airs mystérieux pour dire que le facteur était passé, que sa meilleure amie avait téléphoné, que Philippe avait un peu de fièvre…, Madison s’attendait à tout.

– Allez Maman, tu vas droit au but et tu ne prends pas cet air dramatique que je ne supporte pas, je suis grande, je peux tout entendre et je te promets d’essayer de comprendre ce que la Vierge vient faire dans ma vie.

Maman prit un air de conspiratrice et lui chuchota :

– Je lui ai dit que si tu étais une fille et que si elle consentait à te redonner la vie, je t’offirais à elle quand tu serais grande, pour la servir.

Madison se rappela toute sa vie cette drôle d’histoire que sa mère lui avait confessée. Cela lui faisait penser à cette seconde tétée qu’essayait en vain de prendre son tout petit garçon, âgé de quelques heures seulement, car ses seins tressautaient au rythme du fou-rire incontrôlable qui la prit à cette terrible révélation. « Moi, consacrée à la Vierge, pensa-t-elle. Je ne suis peut-être pas une courtisane mais je ne me vois pas non plus dans la peau d’une sainte ! ».

Finalement, Marie échappa heureusement à la réclusion à perpétuité dans un couvent et, sans savoir qu’elle avait cette épée de Damoclès sur la tête, elle décida très tôt de vivre avec frénésie et de ne pas mourir sans avoir connu des aventures extraordinaires. Le baptême eut donc lieu sans tralala particulier, juste avec ses parents, sa sœur Elisabeth âgée alors de cinq ans et de la marraine par intérim accompagnée du tonton toujours muet. Il y avait aussi André, le parrain, qui était un cousin de Philippe le papa, et qui avait pu avoir une permission de l’armée de l’air où il œuvrait comme jeune capitaine très prometteur. Mais trois prénoms, même sublimes et incomparables, c’était trop pour la nature virulente de la petite Marie. Dès qu’elle fut en âge de réfléchir, elle préféra ne s’en octroyer qu’un seul et son imagination fertile et sa nature romanesque la conseillèrent dans son choix. Elle répondait fièrement à qui lui demandait :

– Comment t’appelles-tu mon petit ?

– Je m’appelle Madison.

Elle avait entendu ce mot à la radio et celui-ci l’avait enthousiasmée, ignorant sa véritable signification : une danse américaine. Ainsi, Marie devint Madison lorsqu’elle entra dans sa vie scolaire, période qui commença dès qu’elle atteignit trois ans. Du vœu de Monique de la consacrer à la Sainte Vierge, il ne restait aujourd’hui à Madison que le souvenir d’une étrange coïncidence, de ce non moins étrange souhait de devenir sœur missionnaire en Afrique noire, dès que le Bon Dieu et son Monseigneur d’évêque voudraient d’elle. Car, évidemment, Madison effectua toute sa première scolarité chez les sœurs-religieuses, dont elle admirait éperdumment la Mère supérieure.

Comme elle n’était pas particulièrement une petite fille très sage et effacée, sauf le dimanche pendant la messe et les autres jours devant les grandes personnes – le regard de Philippe, son papa, y pourvoyait – mais plutôt le garçon manqué que son cher papa aurait voulu, Madison décida que personne chez les femmes de sa famille ou de son entourage ne pourrait lui donner un exemple à suivre, hormis la très vénérable Mère supérieure qui, exception oblige, était d’une douceur angélique et sereine. Malheureusement pour Madison, il y avait un sacré dragon qui gâcha certains moments de sa vie en primaire, en la personne de la sœur cuisinière. La sœur cuisinière ? Madison la détestait tout simplement.

– Madison, tu sors du rang et tu laisses tes compagnes sortir du réfectoire. Je suis sûre que tu dois avoir certaines choses à confesser, disait-elle immanquablement après chaque repas à la cantine de l’école.

Elle, que Madison avait surnommée Sœur Cuisinière, droite comme un I et heureuse de sa qualité d’adulte, prenait un air de circonstance du genre « toi ma petite, tu ne m’auras pas encore cette fois ». Dieu merci, pour la fierté de l’enfant, Sœur Cuisinière attendait leur tête-à-tête pour imposer ce que Madison considérait comme un calvaire. A peine la dernière élève sortie et qui jetait un œil compatissant à la pauvre Madison, Sœur Cuisinière se plantait devant la fillette qui baissait la tête, honteuse d’être aussi stupide, elle qui se targuait d’une imagination féconde. Là, invariablement, elle se faisait piéger.

– Ouvre tes mains et montre-moi ce que tu caches dans les poches de ton tablier, ordonnait Sœur Cuisinière, savourant à l’avance la punition.

Madison obtempérait car se retrouver punie dans la cave, sous le cours élémentaire, lui faisait froid dans le dos. Aussi, morceau après morceau, elle sortait de ses poches soit un reste de jambon avec sa couenne et ses poils de soie, soit un morceau de bœuf en daube où les nerfs étaient rois. Pire encore, des rondelles de concombre écrasées par le poids des autres denrées car ce légume lui donnait des boutons et des plaques rouges sur la peau. Elle étalait sur une des tables tout ce qu’elle n’avait pu avaler. Et, invariablement, Sœur Cuisinière lui faisait ravaler morceau après morceau tout le petit tas que Madison avait eu tant de peine à dissimuler au regard inquisiteur de la nonne.

« Elle a dû naître pendant la guerre, elle aussi » pensait Madison. C’est ce que répétait Maman lorsque, pendant quatre heures d’affilée les jours de congés où Madison déjeunait à la maison, elle se battait en duel avec deuxmorceaux de viande, perdus seuls dans son assiette aussi vaste qu’un désert, morceaux qu’elle devait ingurgiter chauds ou froids, qu’importe.

– Tu aurais dû naître pendant la guerre, là tu n’aurais pas fait ta difficile, tu aurais tout avalé sans te poser de question, s’indignait Maman.

Mais Madison se disait qu’heureusement elle n’était pas née pendant la guerre, car elle se serait laissée mourir de faim plutôt que d’avaler ces horreurs. Berk, berk, berk. Il est vrai qu’elle était difficile sur le plan alimentaire. Dieu qu’elle était pénible. Elle n’aimait pas manger, surtout quand il s’agissait de plats avec du gras à l’intérieur. D’où les colères de Maman et ses consignes auprès de Sœur Cuisinière, qui avait ordre de faire manger coûte que coûte tout ce qui était servi à la petite fille. Pour vite s’éloigner de cette sœur qu’elle trouvait méchante et qui ne dégustait certainement pas la même chose que les élèves, Madison se forçait à avaler le tas infâme répandu sur la table de formica jaune, de façon désordonnée et presque goulûment. Puis, après avoir salué Sœur Cuisinière d’une légère génufléxion, elle courait à toutes jambes dans les toilettes sous le préau, sous le regard de ses copines, et sans se forcer vomissait de tout son soûl jusqu’à sentir ses jambes flageoler sous elle. Madison pensait à ce moment, pour se réconforter, que grâce à elle quelques petits poissons survivraient alors qu’elle rendait presque l’âme tant la nausée et les spasmes étaient forts. Comment grossir avec ce régime draconien imposé ? Comment mâcher des aliments qu’elle ne supportait pas avec en prime des appareils dentaires extrêmement gênants, que Maman l’obligeait à porter pour avoir avoir trop sucé son poucequand elle était bébé, déformant ainsi toute sa dentition ? Et à cause de ces appareils, son élocution zozotait.

Mais pour pallier à ces petits riens qui lui gâchaient sa jeune vie, Madison mettait un point d’honneur à très bien travailler en cours. Elle était souvent récompensée d’un tableau d’honneur, voire d’excellence. Cela ne l’empêchait pas de se retrouver régulièrement à la cave, sous la salle du cours élémentaire. Punition qui tombait très facilement pour des manquements aux règles du silence, des mains aux ongles rongés ou de son agitation naturelle. Et surtout, l’envie de faire un tour « aux cabinets » sous le préau, envie qui tournait à l’obsession pour mieux lui offrir un peu de mouvement, un peu de liberté, alors que paradoxalement elle s’enfermait entre trois planches et une porte qui s’ouvrait comme un rien au moindre coup de vent !

Que d’efforts faisait-elle pour donner le meilleur d’elle-même. Madison était un bon petit diable, jolie comme un cœur, avec des tresses blondes d’où s’échappaient quelques mèches rebelles, des yeux de biche, un visage à l’ovale parfait, une fossette sur chaque joue et ce regard noisette et malicieux où un voile de mélancolie se posait parfois sans en savoir la raison. Et ses belles robes dont elle tenait les pans de chaque côté pour jouer à la princesse, seul jeu de fille qui trouvait grâce à ses yeux. Pratiquement toutes ses photos d’enfance la représentaient effectuant une révérence. Déjà, elle se prenait pour la princesse que le Charmant ne saurait tarder à venir délivrer. Mais ces semblants de jeux n’étaient que broutille en vérité pour Madison, car les seuls qui l’intéressaient et lui convenaient parfaitement étaient ceux que l’on octroyait d’office aux garçons, les jeux de filles étantimmanquablement destinés pour apprendre le métier de future épouse ! Berk, berk, berk.

Rien ne l’enchantait autant que la pêche aux têtards, la recherche d’orvets, les jeux de sioux ou de se ramasser toutes les puces de tous les chiens du quartier. Etant privée de ce compagnon à quatre pattes car papa ne voulait pas de chien à la maison, elle s’en était inventée un qu’elle avait prénommé Walk. Les puces, elles par contre, avaient une prédilection pour partager ses jeux d’aventurière, en élisant domicile dans ses cheveux, ses bras ou ses jambes. Maman tentait de les déloger à grands coups de jet d’eau fraîche, jaillissant du tuyau d’arrosage du jardin, tandis que de la bouche de Madison s’échappaient silencieusement des tas de jurons appris auprès des copines de classe.

Ah ce jardin. Son jardin. Cet univers magique où toute son imagination délirante trouvait et puisait sa nourriture. Un jardin extraordinaire composé de buissons où l’on pouvait se dissimuler, d’arbres aux essences dont les effluves viennent encore la faire soupirer : des orangers, des citronniers, des mandariniers, un néflier. Et le potager : des plants de tomates, des salades, des fraisiers et toutes sortes de légumes que faisaient pousser son père. Et les fleurs : des rosiers, des violettes, des hortensias, de blancs arums dans lesquels des hannetons à la carapace bleutée de vert sombre venaient se cacher. Et le lavoir derrière la maison où il faisait bon y faire couler de l’eau et s’y plonger les chauds jours d’été. Et le gazon où il était interdit de marcher mais où Madison adorait se rouler quand elle était persuadée que personne ne la voyait. Evidemment, son corps y laissait son empreinte et Madison ne la distinguait pas, tant son plaisirétait immense. Et la punition qui ne manquait pas de tomber !

Privée de sortir dans son jardin, privée de jouer avec ses deux copains, ses plus proches voisins, l’un habitant au-dessus de chez elle : Christian, l’autre dans la maison d’à-côté : Bernard. Tous les deux se disaient ses chevaliers servants mais Madison se considérait comme leur égale étant à ses yeux plus garçon manqué que fille. Et de le leur prouver le plus souvent possible en se battant, en attaquant, en grimaçant, en se grisant de ces plaisirs d’enfant qui se lancent dans d’innombrables aventures de corsaires, d’indiens, de châteaux hantés… Dans ce jardin qui était son univers préféré, Madison vivait des aventures exotiques, perchée sur son néflier, épiant les hirondelles qui nichaient en été sous le auvent de l’entrée de la maison, cherchant à trouver à son chant la cigale parfaitement dissimulée à son froncement de sourcils. Elle voyageait debout sur sa branche vers de lointains rivages, elle bâtissait de très romantiques cathédrales d’aventures aux fins heureuses. Madison partait à l’attaque de monstres fabuleux, se fabriquant grâce à l’établi de Papa toutes sortes d’armes comme une épée, une lance, un bouclier ou un arc. Toutes ces armes faites avec des bouts de bois et de planches laissés par son père avaient à ses yeux la beauté de celles que l’on voyait dans les feuilletons télévisés commeIvanohé, Zorro, la Flêche briséeou bien encoreles Voyages dans le temps, les Envahisseurs, Rintintin… Que de divertissements n’avait-elle pas inventés, avec des suites ou des fins heureuses. Quelles exaltations dans ces combats contre les forces puissantes du mal dont elle triomphait toujours.

Au temps de sa plus tendre enfance, jusqu’aux environs de ses douze ans, Madison avait donc eu deux merveilleux compagnons de jeux du même âge qu’elle. Christian Demonge, le petit-fils de la vieille sorcière, avait sa préférence. Il était un brin timide, réservé, mignon mais surtout il ne cessait de lui offrir plein de ces bonbons en forme d’ustensiles de cuisine, en pâte d’amande de toutes les couleurs et de toutes les saveurs. Ces cadeaux lui étaient aisés car sa maman tenait une pâtisserie en plein cœur de leur belle ville de Nice, toujours ensoleillée. Il se permettait de chaparder à volonté autant de bonbons qu’il le désirait, mais pour Madison c’était surtout le geste qui primait, avec aussi la guimauve, le chocolat… Christian, son cher ami d’enfance, qu’elle perdit complètement de vue porsqu’il déménagea avec ses parents vers une destination inconnue.

Départ qui ne manqua pas de faire un immense plaisir à son autre compagnon de jeux, Bernard Bantier, fils unique d’une famille bourgeoise habitant la superbe villa blanche à la droite de celle de Madison, aux grandes colonnes entourant un imposant escalier pour accéder à l’appartement principal. Bernard avait juste un an de plus que Madison, toujours le sourire aux lèvres, les yeux malicieux, plutôt joli garçon mais un peu trop sûr de lui au goût de Madison qui en déduisait que c’était pour cacher une forme de timidité. Le sous-sol de cette maison était également un de leurs domaines de jeux favoris. On y jouait à cache-cache, à papa-maman, au docteur, aux cow-boys et aux indiens. Les jeux étaient tellement prenants qu’une fois le Grand Chef Sioux Bernard ligota son amie en tant que butin de guerre et Squaw à Visage Pâle se retrouva solidement entravée au pilier central dugarage, changé pour la circonstance en terre indienne. Son ennemi du moment, Grand Chef Sioux Bernard, après avoir tourné et dansé autour de Squaw à Visage Pâle en poussant des cris et des incantations lugubres pendant de longues minutes, se lassa tout net de ce passe-temps et planta là Madison, toute seule, pendant une après-midi entière. Heureusement, Mme Bantier entendit la fillette hurler de désespoir en fin d’après-midi, après que Monique Merryl, très inquiète de l’absence prolongée de sa fille, lui ait demandé où celle-ci était passée la dernière fois que Mme Bantier avait aperçu Bernard. Elle délivra sa petite voisine de sa fâcheuse posture en jurant bien que son fils, dès qu’elle pourrait l’attraper, subirait une correction par elle et une autre par son père le soir à son retour.

Madison jura ses grands dieux comme dans la fable qu’on ne la reprendrait plus de sitôt à jouer avec cet infâme monsieur, ce sale type, cet individu de dix ans qu’elle détestait et maudissait dans ces moments-là. Et elle le détestait tant qu’un jour, lorsque du haut de ses dix printemps il lui demanda de l’épouser plus tard, Madison du haut de ses neuf ans lui répondit assez vertement :

– Mon cher, te fais pas d’illusions, ma réponse à ce jour est non, demain elle sera non et quand je serai grande elle sera toujours non.

Après cette réplique, Madison se sentit on ne peut mieux, elle avait eu sa vengeance de squaw !

– Et pourquoi ne changerais-tu pas d’avis ? rétorqua Bernard. Mon père dit toujours que les femmes sont réputées pour leurs sautes d’humeur et leur changement d’avis de dernière minute.

Le bougre, il connaissait déjà la nature féminine et c’est aussi pour cela que Madison ne se laisserait pas mettre la corde au cou par ce gredin, ce malotrus, ce coureur de jupons, ce…

– Parce que tu chantes comme un canard et que je ne supporte pas les hommes qui chantent faux....

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