Le Murmure du diable

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Conakry, Guinée, dans les années soixante. Un guide de chasse attend à l'aéroport l'avion de UTA pour réceptionner un couple apparemment normal pour un safari apparemment sans histoire. Contrairement aux apparences, le guide n'est pas un guide normal et le couple cache un secret. Il faut savoir que l'Afrique remodèle souvent les destins, surtout ceux des étrangers. Sur ce continent, la sorcellerie est toujours présente et les choses peuvent ne pas se dérouler comme prévu. Il y a aussi l'amour imprévisible qui peut frapper comme la foudre... L'Afrique est une terre magique et fascinante pour ceux qui la connaissent... Cette fiction a été imaginée à partir d'un fait réel et certains des personnages mis en scène vivent encore.
Publié le : jeudi 11 décembre 2014
Lecture(s) : 9
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342031768
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342031768
Nombre de pages : 202
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Du même auteur
L’Homme manipulé, Éditions Les Trois Spirales, 2003 Golghota (le mystère dévoilé), Éditions Les Trois Spirales, 2007
Jean-Marie Durand LE MURMURE DU DIABLE
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120062.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
À mes amis Guinéens Félix, Aboubakar, Diallo et les autres… Tirée de faits réels Cette histoire est presque vraie Et la majorité des personnages a vraiment existé
Chapitre I
Cette étrange histoire débuta à l’aéroport de Conakry, dans les années soixante après que la Guinée eût accédé à l’indépendance. Francis Prémon, un Français né dans le pays et guide de chasse de son état, attendait l’avion d’UTA vol 418 en provenance de Marseille. Il était là pour accueillir un client ama-teur de safari et son épouse. Francis Prémon était un homme d’âge mûr au visage buriné par la vie au grand air. De taille moyenne avec de larges épaules, sa mise, composée d’un panta-lon, d’une chemise kaki, de rangers et chapeau de brousse, ne laissait aucun doute sur sa profession. L’ambiance de l’aérogare se trouvait surchauffée, non seule-ment par la chaleur humide de cette fin de saison des pluies mais également par le va-et-vient perpétuel d’une foule bariolée jacassant et s’interpellant. Dans ce chaudron bouillonnant, se mélangeaient, hommes d’affaires de nationalités indéterminées en costumes clairs armés de leur inévitable attaché-case, familles de Français retournant au pays pour leurs vacances annuelles, et une majorité d’autochtones pour la plupart restés fidèles à la tenue traditionnelle, boubou blanc ou bleu ciel pour les hom-mes et pagne multicolore pour les femmes. Il y avait aussi, ceux qui attendaient un ami ou un parent. Quelques inquiets, vérifiaient une dernière fois billets et passe-ports. Enfin, les curieux habituels, venus là pour respirer l’atmosphère des voyages en rêvant de pouvoir prendre un jour un de ces grands oiseaux de métal… Ceux-là composaient en
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bonne partie les buveurs installés au bar sur les hauts tabourets devant une bière locale. Francis Prémon, tout en promenant un regard désabusé sur cette mouvance cosmopolite, se demandait si un jour, il pourrait revoir le village de haute Provence où reposaient ses parents, dans ce petit cimetière qui fleurait si bon la lavande. Depuis combien de temps n’était-il plus retourné en Europe ? vingt ans… Déjà ! Il savait que jamais il ne pourrait refaire sa vie en France, ni ailleurs… Son pays c’était l’Afrique, ses amis étaient ici. Dans le village, il était considéré, on l’appelait « patron ». Pour être franc, il devait bien s’avouer que financièrement il n’avait pas les moyens de s’évader vraiment. Les clients ne se bousculaient plus depuis l’indépendance et puis, chasser était la seule chose qu’il savait faire… Il regarda sa montre, l’avion accusait déjà un retard de vingt minutes. Accoudé au long comptoir de bois, il entamait sa troi-sième canette, quand enfin, une voix féminine, par l’intermédiaire des haut-parleurs, annonça l’arrivée du vol en provenance de Marseille. Aussitôt une marée humaine afflua en direction des grandes baies vitrées à travers lesquelles on pou-vait apercevoir les pistes et les aires de stationnement des longs courriers. Après l’arrêt du sifflement des réacteurs, Francis savait que la descente des passagers et le contrôle douanier lui laissaient largement le temps de finir sa bière. Une demi-heure plus tard, les premiers arrivants commencè-rent à faire leur apparition. À la suite d’un si long voyage, la plupart des visages reflétaient une lassitude bien légitime. Au milieu des embrassades, des poignées de mains suscitées par les retrouvailles, surmontant le brouhaha, perçaient les invitations coutumières : — Taxi ? Taxi ? Nonchalamment, Francis quitta alors son tabouret et s’avança vers les arrivants. Privés de la confortable climatisation
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de l’appareil, les dessous-de-bras commençaient à s’orner d’odorantes auréoles. Le guide n’eut aucune peine à repérer le « client » et son épouse, tant l’homme était conforme à l’image qu’il s’était faite de lui à travers leur correspondance. Riche commerçant Monégasque, la cinquantaine passée, le visage san-guin, un embonpoint certain, les cheveux drus et blancs taillés en brosse, ce chasseur passionné n’avait même pas discuté le prix. Il faut dire que ce dernier était bien en dessous des tarifs pratiqués au Kenya, au Sénégal ou en Côte d’Ivoire. Sa femme, une petite brune pétillante dans une robe à fleurs et perchée sur de hauts talons se tenait près de lui. Tous deux, immobiles au centre de l’immense hall, attendaient que l’on veuille bien les récupérer. Francis fendit la foule et s’avança le sourire aux lè-vres. — Monsieur Vignetti ? Le visage s’éclaira. — Affirmatif ! Appelez-moi Léopold et voici mon épouse Clémence. La poignée de main franche et le regard direct firent bonne impression au client. Clémence à son tour lui tendit une petite main fine soigneusement manucurée. Le guide nota qu’elle ne portait aucun bijou. « Voilà une idée intelligente » pensa-t-il. Puis il ajouta : — Moi c’est Francis. Je vais vous aider, donnez-moi une de vos valises, ma Jeep n’est pas très loin. À l’extérieur, la chaleur était écrasante. La poussière rouge, soulevée par les voitures démarrant en direction de la ville, ve-nait se coller à la peau moite. Quand les bagages, et le fusil de Léopold Vignetti bien protégé dans sa belle housse de cuir fauve, furent rangés à l’arrière du quatre-quatre, Francis deman-da : — Pas trop de problèmes pour passer votre arme ? — Non ! pensez donc, toutes mes autorisations sont en règle et la douane a été très correcte. Il m’a été simplement signifié
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que je devais la présenter à mon retour. Je n’ai pas le droit de la laisser ici ou de la vendre. Le guide prit le volant. — Madame devrait monter devant, c’est plus confortable. Son mari, déjà installé sur la banquette arrière, commençait à s’éponger le front et le cou. La hauteur du marchepied obligea Madame Vignetti à relever sa robe jusqu’au-dessus du genou afin de pouvoir lever la jambe et se hisser dans le véhicule. Francis ne manqua rien du spectacle et admira en connaisseur la paire de cuisses fermes et bien rondes. La petite dame à qui le regard de l’homme n’avait pas échappé rosit et dit comme pour chercher une excuse : — J’aurais dû mettre un pantalon, heureusement j’en ai em-porté, ici ce doit être indispensable. Elle prononçait une phrase entière pour la première fois. La voix fort agréable se laissait porter par l’accent légèrement chan-tant du midi de la France. Quand la Jeep eut démarré, le « client » demanda : — Combien de temps nous faut-il pour arriver chez vous ? Après avoir évité un chien errant, le chauffeur répondit : — D’ici Kindia il y a deux heures de route environ, c’est la seule qui soit goudronnée. Et oui ! Cent cinquante kilomètres en soixante-cinq ans de colonisation… Ensuite nous attaque-rons la piste, alors là… Il fit un geste évasif et ajouta : — Peut-être encore deux heures ou trois… Mais il y a des bières dans la glacière qui se trouve à vos pieds, on ne mourra pas de soif. De plus, en roulant, nous aurons moins chaud. Il termina sa phrase en y ajoutant une pointe de bonne hu-meur afin de rassurer ses hôtes. Mme Vignetti qui apparemment en était à son premier voyage sur ce continent ne perdait rien du spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Il faut dire, qu’une fois dépassé les hangars et bâtiments austères de l’aérogare, le paysage offrait une orgie de couleurs à laquelle
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