Le Nègre du Gouverneur suivi de Guyane pour tout dire

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Prix Carbet de la Caraïbe 2001



Le Nègre du Gouverneur (1978) est suivi de Guyane pour tout dire (1980) et Le mal du pays (1980), deux longs poèmes.



Au-delà de l'intérêt historique, de l'intrigue bien menée et d'une technique narrative fondée sur la mise en abyme, cette chronique est ainsi une interrogation de Serge Patient sur l'idéologie de l'assimilation, un siècle après l'abolition de l'esclavage et trente ans après la loi de la départementalisation de 1946. Qu'elle s'appelle assimilation, intégration ou même marronnage intérieur, cette quête n'est-elle pas une illusion ? l'esclavage, il n'y a qu'une alternative : la liberté totale, ou alors la soumission totale.



Questions toujours d'actualité, n'est-ce pas, en ces temps où le « changement de statut » remplace, dans le langage politique comme dans le discours social, les trop illusoires « indépendance », « autonomie ». Mais attention, nous sommes dans un de ces pays où une illusion en appelle toujours une autre.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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EAN13 : 9782844506177
Nombre de pages : 188
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avàNT-propos
ON pEUT rETENIr d’UN écrIvàIN UN moT, rIEN qU’UN moT, UNE phràsE oU ENcorE UN vErs. DE PàTIENT poèTE, cEs vErs ExTràITs dEGuyane pour tout diremE rEvIEN-NENT soUvENT À l’EsprIT : « moN pEUplE qUI màrchE À côTé dE sEs pompEs / ET dE sEs œUvrEs », oU ENcorE « VoyEz moN pEUplE / Il bâIllE / À soN INsIGNIfIàNcE ». DE mêmE, pEUT-oN rEsTEr INsENsIblE À cE coNsTàT àmEr dE D’ChImbo, lE héros dU Nègre du Gouverneur? LorsqUE VIrGINIE lUI dEmàNdE commENT Il sE sENT dEpUIs qU’Il EsT « INTéGré » (àNà-chroNIsmE !) dàNs là socIéTé dEs BlàNcs, Il répoNd dE fàçoN làcoNIqUE : « MEs vêTEmENTs oNT bEàUcoUp chàNGé ». CEs dEUx TExTEs -Le Nègre du Gouverneur(1978) ETGuyane pour tout dire(1980) - oNT éTé pUblIés À UNE pérIodE chàrNIèrE dE l’hIsToIrE GUyàNàIsE. globàlEmENT, lEs àNNéEs 1970 oNT éTé màrqUéEs pàr d’ImporTàNTs TroUblEs socIàUx, dEs rEvENdIcàTIoNs NàTIoNàlIsTEs EN gUyàNE commE pàrToUT dàNs lEs dépàrTEmENTs fràNçàIs d’oUTrE-mEr ; lEs àNNéEs 80 oNT éTé cEllEs d’UNE prIsE dE coNscIENcE réEllE d’UNE IdEN-TITé TypIqUEmENT GUyàNàIsE. DEs qUEsTIoNs sUrGIssENT. aINsI, TrENTE àNs àprès là loI dE dépàrTEmENTàlIsàTIoN, oN éTàIT EN droIT dE s’INTErroGEr sUr là décENTràlIsàTIoN soUhàITéE (ET qUI N’àvàIT ToUjoUrs pàs EU lIEU). DE mêmE qUE sUr l’àssImIlàTIoN voTéE EN 1946 qUI rEs-sEmblàIT À UN Gros mIràGE. LEs dEUx TExTEs dE PàTIENT
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s’INscrIvàIENT àlors dàNs cETTE moUvàNcE. a cETTE 1 époqUE, Il àvàIT déjÀ àcqUIs UNE màTUrITé polITIqUE coNsIdéràblE. SoN mIlITàNTIsmE àU sEIN dE dIvErs moU-vEmENTs àINsI qUE soN ExpérIENcE polITIqUE lUI oNT sàNs àUcUN doUTE foUrNI lEs élémENTs NécEssàIrEs poUr NoUr-rIr cETTE chroNIqUE ET cETTE poésIE.
aUjoUrd’hUI, SErGE PàTIENT ENTàmE UNE sEcoNdE vIE àcTIvE : sà rETràITE profEssIoNNEllE qUI, sEloN sEs promEssEs, lUI doNNErà désormàIs lE TEmps dE rEprENdrE l’écrITUrE, làIsséE EN sUspENs poUr dEs rEs-poNsàbIlITés àdmINIsTràTIvEs (provIsEUr dE lycéE), polI-TIqUEs (àdjoINT àU màIrE dE KoUroU, coNsEIllEr GéNéràl) ET àssocIàTIvEs. CETTE NoUvEllE vIE commENcE dE forT bEllE màNIèrE : UNE INTErroGàTIoN sUr sEs prEmIErs écrITs, voIrE UNE réàcTUàlIsàTIoN dE sEs INTErroGàTIoNs. CINqUàNTE àNs àprès là loI d’àssImIlàTIoN, oN pEUT àUjoUrd’hUI fàIrE UN bIlàN. L’écrIvàIN choIsIT dE lE fàIrE À sà fàçoN. C’EsT l’UNE dEs ràIsoNs qUI moTIvENT cETTE réédITIoN, plUs dE 20 àNs àprès là prEmIèrE édITIoN.
Le Nègre du GouverneurEsT UNE TràvErséE dE l’hIs-ToIrE GUyàNàIsE, dE l’EsclàvàGE àU qUEsTIoNNEmENT àcTUEl sUr l’àvENIr INsTITUTIoNNEl dE là gUyàNE, EN pàs-sàNT évIdEmmENT pàr là coloNIsàTIoN, là dépàrTEmENTà-lIsàTIoN ET àUTrEs ErrEmENTs INsTITUTIoNNEls qUI
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né À CàyENNE lE 24 màrs 1934, SErGE PàTIENT à fréqUENTé, commE bEàUcoUp dE sEs compàTrIoTEs, lE lycéE FélIx eboUé dE CàyENNE àvàNT dE s’ENvolEr vErs là MéTropolE où Il fIT dEs éTUdEs dE LETTrEs, EN mêmE TEmps qU’Il àNImàIT l’u. e. g. , l’uNIoN dEs eTUdIàNTs gUyàNàIs. DE rEToUr EN gUyàNE, Il ENsEIGNE l’EspàGNol àU lycéE FélIx eboUé, dE 1958 À 1970. eNTrE-TEmps, Il mIlITE àU sEIN dU pàrTI poUr l’uNIoN dU PEUplE gUyàNàIs (uPg qUI réclàmE UN sTàTUT d’àUToNomIE) doNT Il EsT pàr àIllEUrs lE foNdàTEUr. très àcTIf, Il sIGNE dE NombrEUx àrTIclEs dàNs l’or-GàNE dU pàrTIConscience guy anaise. Sà càrrIèrE polITIqUE commENcE EN 1973, commE coNsEIllEr GéNéràl, coNsEIllEr commUNàl pUIs àdjoINT àU màIrE dE là vIllE dE KoUroU. . .
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càràcTérIsENT lEs ràpporTs ENTrE là gUyàNE ET là FràNcE. aU commENcEmENT, Il y à cETTE GrèvE dEs EsclàvEs, fràîchEmENT émàNcIpés, EN 1848, qUI ENTràîNà là désEr-TIoN dEs plàNTàTIoNs càr lEs nèGrEs coNsIdéràIENT cEllEs-cI commE là màrqUE mêmE dE l’EsclàvàGE. Là TENTàTIvE dE rEmplàcEr cEs nèGrEs pàr d’àUTrEs popUlà-TIoNs, NoTàmmENT lEs ChINoIs ET lEs coolIEs INdIENs sE soldà pàr UN échEc. LEs coloNs N’EUrENT d’àUTrEs solU-TIoNs qUE dE sE rEToUrNEr ENcorE vErs lE coNTINENT dEs « mEIllEUrs bràs » : l’afrIqUE.
C’EsT doNc dàNs cE coNTExTE qUE D’ChImbo, lE prINcIpàl pErsoNNàGE dE là chroNIqUE, EsT àrrIvé EN gUyàNE, lE 26 sEpTEmbrE 1858, àvEc d’àUTrEs Trà-vàIllEUrs ImporTés. DEs NombrEUx récITs, doNT cElUI dE FrédérIc BoUyEr (La Guyane française: HàchETTE, PàrIs, 1867) lE présENTENT commE UN bàNdIT d’« UNE férocITé INoUïE » ET d’UNE « forcE rEdoUTàblE », « UNE sorTE dE bêTE UNIssàNT là férocITé dE l’àNImàl ET l’àsTUcE dE l’hommE », UN sàdIqUE dE sUrcroîT xéNophobE :
« JE N’àImE pàs lEs FràNçàIs », coNfIE-T-Il À JUlIETTE. « ils m’oNT fàIT dEs mIsèrEs. JE NE vEUx plUs TràvàIllEr NI poUr EUx NI poUr pErsoNNE ; j’àImE mIEUx mà vIE lIbrE ET INdépENdàNTE. » (BoUyEr : 125)
L’hIsToIrE dE D’ChImbo fUT récUpéréE pàr l’ImàGI-NàIrE collEcTIf GUyàNàIs ET doNNà NàIssàNcE À l’UNE dEs léGENdEs lEs plUs rIchEs àvàNT d’INspIrEr SErGE PàTIENT màIs àUssI lE poèTE-dràmàTUrGE elIE STéphENsoN (La Nouvelle Légende de D’Chimbo: ibIs RoUGE edITIoNs, càyENNE, 1996).
SUr lE plàN lITTéràIrE - ET c’EsT lÀ, À moN àvIs, l’IN-TérêT màjEUr dUNègre du Gouverneur- cETTE INscrIp-TIoN dàNs UN chàmp INTErTExTUEl àvEc poUr prINcIpàl soUbàssEmENT là TràNsposITIoN dIéGéTIqUE (lE jEU sUr l’EspàcE, lE TEmps ET l’àcTIoN).
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L’hIsToIrE NE sE pàssE plUs EN 1858, commE dàNs lE récIT dE F. BoUyEr, màIs àUToUr dEs àNNéEs 1804, àNNéE dE réTàblIssEmENT dE l’EsclàvàGE EN gUyàNE soUs lEs ordrEs dU goUvErNEUr VIcTor HUGUEs (cElUI-lÀ mêmE qUI l’àvàIT àbolI EN gUàdEloUpE).
a cE NIvEàU, lE récIT dE SErGE PàTIENT sE vEUT réà-lIsTE EN récUpéràNT dEs pErsoNNàGEs commE cElUI dE VIcTor HUGUEs, oU ENcorE cElUI dE PompéE, l’UN dEs chEfs NoIrs màrroNs qUI commàNdàIT lE càmp dE toNNEGràNdE ET qUI résIsTà àUx àTTàqUEs dE l’àrméE GoUvErNEmENTàlE pENdàNT plUs dE 22 àNs.
LE sEcoNdE TràNsformàTIoN EsT UNE vàlorIsàTIoN dU pErsoNNàGE. ChEz SErGE PàTIENT, D’ChImbo N’EsT pàs lE bàNdIT décrIT pàr FrédérIc BoUyEr, lE fàroUchE vIo-lEUr sàNs foI NI loI. C’EsT UN nèGrE sàNs complàIsàNcE, qUI NE sE sITUE plUs dàNs là dIàlEcTIqUE màîTrE/EsclàvE àvEc commE àlTErNàTIvE màrroNNEr oU sE soUmETTrE. il à comprIs lEs ENjEUx dU poUvoIr ET sUrToUT dE qUEl côTé Il sE sITUàIT.
QUE vEUT D’ChImbo, chEz PàTIENT ? LE màrroN-NàGE dE CàlIbàN, pUr ET dUr, NE lUI coNvIENT pàs. Là soUmIssIoN àvEUGlE d’arIEl NoN plUs. aUcUNE dEs dEUx posITIoNs NE lUI pErmET d’àTTEINdrE lE rêvE qU’Il càrEssE EN sEcrET : rEssEmblEr À l’hommE blàNc. eN UN moT, l’àssImIlàTIoN. MàIs plUs qU’UNE IdENTIfIcàTIoN, D’ChImbo vEUT àUssI lE poUvoIr. nE comprENàNT pàs lE fràNçàIs, Il réàlIsE qUE c’EsT dU côTé dE là làNGUE dEs BlàNcs qU’Il « fàllàIT chErchEr lE sEcrET dE lEUr pUIs-sàNcE », qUE « là sUpérIorITé dEs BlàNcs TENàIT À lEUr làNGàGE » , cEllE dU commàNdEmENT : lE fràNçàIs. noUs NE sommEs pàs loIN dEs ThèsEs dE FràNTz FàNoN oU d’albErT MEmmI À cE sUjET : « il y à dàNs là possEssIoN dU làNGàGE UNE ExTràordINàIrE pUIssàNcE ». Là màîTrIsE dU fràNçàIs coNjUGUéE À soN UNIformE kàkI ET àUx
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boNNEs rElàTIoNs àvEc lEs fEmmEs blàNchEs, foNT dIrE À D’ChImbo : « c’EsT bIEN lE dIàblE sI, àprès UN TEl sUc-cès, oN NE mE fàIT pàs càpITàINE ». DE cE poINT dE vUE, oN pEUT pENsEr qUELe Nègre du GouverneurEsT UN dIscoUrs EN fàvEUr dE l’àssImI-làTIoN. LE lEcTEUr s’àpErcEvrà EN fàIT qU’Il N’EN EsT rIEN. eN EffET, D’ChImbo réàlIsE, àvEc qUElqUE àmErTUmE, qU’Il EsT fINàlEmENT rEsTé lE mêmE ET qUE soN rêvE d’« échàppEr À là fàTàlITé dU NèGrE EsclàvE, s’àffràNchIr dE cETTE ràcE qUI (…) sEmblàIT voUéE àUx pEsTIlENcEs dE l’ErGàsTUlE » N’à éTé qU’UNE IllUsIoN. il dEvIENT àINsI lE ThéâTrE dE soN proprE dràmE qUI sE lIT dàNs cET àvEU, lorsqU’ À là fIN dU récIT, cEllE qU’oN pEUT àppElEr sà màîTrEssE lUI dEmàNdE s’Il à chàNGé. Sà sEUlE répoNsE EsT : « MEs vêTEmENTs oNT bEàUcoUp chàNGé ». aU-dElÀ dE l’INTérêT hIsTorIqUE, dE l’INTrIGUE bIEN mENéE ET d’UNE TEchNIqUE NàrràTIvE foNdéE sUr là mIsE EN àbymE, cETTE chroNIqUE EsT àINsI UNE INTErroGàTIoN dE SErGE PàTIENT sUr l’IdéoloGIE dE l’àssImIlàTIoN, UN sIèclE àprès l’àbolITIoN dE l’EsclàvàGE ET TrENTE àNs àprès là loI dE là dépàrTEmENTàlIsàTIoN dE 1946. QU’EllE s’àppEllE àssImIlàTIoN, INTéGràTIoN oU mêmE màrroN-NàGE INTérIEUr, cETTE qUêTE N’EsT-EllE pàs UNE IllUsIoN ? a l’EsclàvàGE, Il N’y à qU’UNE àlTErNàTIvE : là lIbErTé ToTàlE, oU àlors là soUmIssIoN ToTàlE. QUEsTIoNs ToUjoUrs d’àcTUàlITé, N’EsT-cE pàs, EN cEs TEmps où lE « chàNGEmENT dE sTàTUT » rEmplàcE, dàNs lE làNGàGE polITIqUE commE dàNs lE dIscoUrs socIàl, lEs Trop IllUsoIrEs « INdépENdàNcE », « àUToNomIE ». MàIs àTTENTIoN, NoUs sommEs dàNs UN dE cEs pàys où UNE IllUsIoN EN àppEllE ToUjoUrs UNE àUTrE. Guyane pour tout direETLe mal du pays– dEUx loNGs poèmEs rEspEcTIvEmENT dIvIsés EN plUs pETITs – soNT UN proGràmmE Très coUràGEUx. SErGE PàTIENT vEUT
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qUITTEr lE moNdE sIlENcIEUx dE sEs compàTrIoTEs ET pàr-lEr À là foIs poUr ET coNTrE soN pàys ET sEs compàTrIoTEs GUyàNàIs. eN fàIT, cE qUI domINE sà poésIE, cE NE soNT pàs lEs problèmEs hIsTorIqUEs dE là ràcE NoIrE, coNTràI-rEmENT À Dàmàs, màIs bIEN cEUx dE là gUyàNE ET dE sEs hàbITàNTs. D’où cE ToN qUI l’éloIGNE dE l’INvEcTIvE Grà-TUITE ET dE là hàINE ràcIàlE commE c’EsT lE càs chEz Dàmàs ET bEàUcoUp d’àUTrEs poèTEs mINEUrs sE réclà-màNT dE Dàmàs.
PoUr ToUT dIrE EN qUElqUEs moTs (EsT-cE possIblE ?), PàTIENT plEUrE UN pàys dépossédé dE sà mémoIrE, UN pàys déchIré EN soN mIlIEU pàr dEs « qUErEllEs INqUIèTEs » ET qUI GîT, lÀ, pàrTàGé ENTrE l’àNGoIssE ET l’EspoIr, l’êTrE ET lE NoN-êTrE.
SoUs formE dE soUvENIrs d’ENfàNcE (évocàTIoN dEs jEUx INNocENTs dU pETIT NèGrE, dàNs là boUE oU là poUs-sIèrE TropIcàlEs), cEs TExTEs soNT UNE « poésIE-mIroIr ». ils rETràcENT UN ITINéràIrE d’IllUsIoN ET dE décEpTIoN coNsTàNTEs, À là foIs rEToUr àUx soUrcEs ET ExploràTIoN dEs réàlITés créolEs qUoTIdIENNEs.
LE vErbE dE PàTIENT GlIssE àINsI ENTrE lEs àNTàGo-NIsmEs poUr sàIsIr, dàNs ToUTE lEUr dENsITé, lE dràmE dU « nèGrE d’àccUlTUràTIoN », lEs déchIrUrEs ENTrE « là réà-lITé créolE » ET « l’occIdENTàlE fIcTIoN ». D’où lE rEcoUrs fréqUENT À l’àNTIThèsE poUr soUlIGNEr cETTE éqUIvoqUE qUI càràcTérIsE l’hommE « fàc-sImIlé » àvEc « sEs àIrs dE NoUvEàU rIchE / sEs hoNTEs d’àNcIEN pàUvrE » .
VoyEz moN pEUplE Il bâIllE À soN INsIGNIfIàNcE voyEz moN pEUplE ET cE pàys échoUé
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EN màrGE dE l’hIsToIrE j’EN sUIs lE fIls prodIGUE ET léGITImE ENfàNT pErdU àU GràNd làrGE dE l’ExIl.
Le mal du pays? C’EsT lE pEUplE GUyàNàIs lUI-mêmE, clàmE lE poèTE. VoIlÀ UNE àffIrmàTIoN coUrà-GEUsE ET hoNNêTE. CE pEUplE qUI coNNàîT bIEN lE màqUIs, màIs lE màqUIs dE là pEUr : là pEUr dEs rEs-poNsàbIlITés, là pEUr dU pàssé, dU présENT ET cEllE dU lENdEmàIN. Là pEUr dE ToUT. C’EsT cE qUI fàIsàIT màl àU cœUr dE PàTIENT EN 1980. LEs chosEs oNT-EllEs chàNGé ? aU fàIT, qUE proposE PàTIENT ? RIEN. PoUr UNE ràI-soN ToUTE sImplE. noUs sommEs bIEN EN lITTéràTUrE. eT TàNT qU’oN y rEsTErà, oN s’àpErcEvrà ToUjoUrs qUE l’ob-jET dE là lITTéràTUrE, àUssI ENGàGéE soIT-EllE, N’à jàmàIs éTé dE chàNGEr NI lEs hommEs NI lE moNdE. toUT àU plUs jETTE-T-oN UN rEGàrd sUr lEs hommEs ET lEUrs moNdEs.
BIrINGàNINE nDaganO uNIvErsITé dEs aNTIllEs-gUyàNE
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