Le nom du père

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Mal noté par ses supérieurs, solitaire et grand amateur de « Suze-cassis », l’inspecteur Bogart de la PJ du 12e arrondissement de Paris attend, sans impatience particulière, une retraite dont la perspective s’éloigne.

Après qu’un homme ait été abattu en plein jour gare de Lyon, avec un sang froid digne d’un professionnel, et qu’on ait retrouvé dans le portefeuille de la victime un papier sur lequel deux noms étaient griffonnés, Bogart se voit confier la tâche d’élucider cet aspect d’une enquête qui en comporte beaucoup d’autres.

S’agit-il d’un crime crapuleux, lié aux magouilles du financement des partis politiques ?

Ou la solution se trouve-t-elle, au contraire, au coeur d’une histoire d’amour née il y a plus de cinquante ans dans les rues d’une banlieue parisienne ?

Bogart, à la fin de son enquête, trouvera-t-il l’assassin ? Trouvera-t-il l’amour ? Ou les deux ?

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782954036908
Nombre de pages : non-communiqué
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Mardi 22 juin 2010
10 h 30, Paris, gare de Lyon, salle Méditerranée, terrasse du bar entre « Croq’Voyage » et « Relay ». L’homme vient de terminer son petit déjeuner. Il a pris une « formule » : bois-son chaude, viennoiserie, pain, beurre, confiture, jus d’orange frais : 6,90 euros. Sur la table, devant lui, un ordinateur por-table et un téléphone mobile posé à côté. L’homme travaille. La quarantaine, lunettes, chevelure poivre et sel, grand, pas un gramme de graisse superflue, pantalon noir tenu par des bretelles noires, chaussures noires, chemise noire à fines rayures blanches, il est concentré sur son écran et ne lève même pas la tête pour éconduire les vendeurs de journaux, qui se succèdent quasiment toutes les dix minutes. À cette heure de la matinée il y a peu de monde de ce côté de la salle Méditerranée : quelques tables occupées seulement, par des voyageurs avec sacs et valises. Un peu plus loin, trois enfants jouent à poursuivre un pigeon qui semble offusqué qu’on vienne troubler le cours de sa quête de nourriture, tant il semble chez lui à l’intérieur de la gare. Une employée pré-posée au nettoyage passe, la mine morose, en poussant son chariot. Elle est suivie par une jeune femme élancée, l’allure décidée, portant jeans et bottes à talons, avec un corsage échancré laissant voir la naissance d’une poitrine portée haut.Elle a des cheveux noirs, raides, et un joli maquillage tout
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en nuances. L’employée du nettoyage passe ; la jeune femme, qui tire une valise à roulettes, s’arrête devant la terrasse à environ cinq mètres de l’homme qui, à présent, termine une conversation téléphonique et se concentre sur son travail. La femme sort calmement de son sac une arme munie d’un silencieux. À ce moment, l’homme lève la tête, et dans la seconde où il la voit, elle tend le bras dans sa direction, ajuste et fait feu à trois reprises.L’homme s’écroule sur la table. La femme remet l’arme dans son sac, s’incline légère-ment pour attraper la poignée de sa valise et continue son chemin en direction de la place Henry Frenay. Pendant quel-ques secondes tout est étrangement calme. Seul à réagir, le pigeon s’est envolé. Les consommateurs de la terrasse, qui se sont jetés au sol ou réfugiés sous les tables au moment des coups de feu, sont les premiers à comprendre ce qui est arrivé, puis le garçon de café qui servait dans la salle, puis le barman et le gérant qui s’extirpent de derrière le comptoir. On s’approche de l’homme, sans le toucher, tandis qu’on appelle qui les pom-piers, qui le SAMU, qui la police. Certains s’en vont, cho-qués ou préférant s’éviter des complications. D’autres, au contraire, les plus nombreux, s’approchent, mus par on ne sait quel atavisme de charognards. Un médecin, fort oppor-tunément présent sur les lieux, fait écarter les importuns et, voyant que la victime est encore vivante, accomplit les pre-miers gestes de secours. Quelques minutes plus tard, l’homme, dans le coma, est transporté par le SAMU à l’hôpital Saint-Antoine et la police commence son enquête en interrogeant les témoins.
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