Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 22,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Le pain de Guillaume

De
401 pages
Guillaume Tremblay est un jeune apprenti boulanger, chassé de sa seigneurie de l’Île-de-France. Vagabondant jusqu’à Paris, il y rencontre un homme dont le fils est parti dans la colonie française d’Amérique. Il s’embarque vers le Nouveau-Monde malgré sa peur. À sa descente du bateau, les autorités l’assignent au bourg de Trois-Rivières en lui conférant le titre de maître boulanger. Les années passent, Guillaume cuisine chaque jour un pain délicieux. Mais il souffre de la grande pénurie de la Nouvelle-France : le manque de femmes.
Et voilà qu’un jour le bon roi de France envoie au Canada des jeunes femmes sélectionnées avec soin, dans le but de les voir prendre époux rapidement. Guillaume se marie et confie à Jeanne, son épouse, la recette de son pain en lui faisant jurer que, quoiqu’il arrive, leur premier fils devra devenir boulanger. François naît quelques mois après le décès de Guillaume.
François devient boulanger à l’île d’Orléans. Il est ensuite appelé à remplacer le boulanger de Trois-Rivières et Jeanne, mourante, s’enivre d’une odeur
qu’elle n’avait jamais oubliée : celle du pain de Guillaume.
Ce troisième roman de près de 400 pages est présenté en deux parties : l’une
masculine (Guillaume) et l’autre féminine (Jeanne). La forme est classique, avec une narration à la troisième personne et des dialogues. Du point de vue historique, ce roman respecte beaucoup les conflits entre les Français et les peuples iroquois, présentant avec rigueur les moeurs de ces gens. La seconde partie du texte est nettement un roman d’amour, de la part d’une femme ne pouvant vivre aux côtés de celui qu’elle aime. Des personnages très bien définis et attachants. Un roman plein de rebondissements, fidèle à la vie sociale française (les trois ordres).
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Le pain de Guillaume
MARIO BERGERON
Le pain de Guillaume Destin, courage et grand amour à l’époque de la Nouvelle-France
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Bergeron, Marîo, 1955-Le paîn de Guîllaume (Collectîon La Mandragore) ISBN978-2-89726-228-0I. Tître. II. Collectîon : Collectîon La Mandragore. PS8553.E678P34 2015 C843.54 C2015-942143-8 PS9553.E678P34 2015
Pour l’aîde à la réalîsatîon de son programme édîtorîal, l’édîteur remercîe la Socîété de Développement des Entreprîses Culturelles (SODEC), le Programme de crédît d’împôt pour l’édîtîon de lîvres - gestîon SODEC. L’édîteur remercîe également le Gouvernement du Canada pour son aîde en regard du programme du Fonds du lîvre du Canada.
Marcel Broquet Édîteur 580, rue du Mîstral, Salaberry-de-Valleyield (Québec) Canada J6T 0B4 Téléphone : 450 747-0676 marcel@marcelbroquet.com www.marcelbroquet.com Créatîon de la couverture et mîse en page : Alejandro Natan Révîsîon : Lorraîne Longtîn Dîstrîbutîon : Messagerîes ADP* 2315, rue de la Provînce, Longueuîl (Québec), Canada J4G 1G4 Tél. : 450 640-1237 - Téléc. : 450 674-6237 www.messagerîes-adp.com * ilîale du Groupe Sogîdes înc. ilîale du Groupe Lîvre Quebecor Medîa înc. Dîstrîbutîon pour la France et le Benelux : Pour tous les autres pays : DNM Dîstrîbutîon du Nouveau Monde Marcel Broquet Édîteur 30, rue Gay-Lussac, 75005 Parîs 580, rue du Mîstral, Salaberry-de-Valleyield, Tél. : 01 42 54 50 24 Fax : 01 43 54 39 15 (Québec) Canada J6T 0B4 Lîbraîrîe du Québec Téléphone : 450 747-0676 30, rue Gay-Lussac, 75005 Parîs marcel@marcelbroquet.com Tél. : 01 43 54 49 02 www.marcelbroquet.com www.lîbraîrîeduquebec.r
Dîfusîon – Promotîon : r.pîpar@phoenîx3allîance.com
e Dépôt légal : 4 trîmestre 2015 Bîblîothèque et Archîves du Québec Bîblîothèque et Archîves Canada Bîblîothèque natîonale de France
Tous droîts de reproductîon, d’adaptatîon et de traductîon înterdîts sans l’accord de l’auteur et de l’édîteur.
PR EM IÈR EPART IE 3 L’ESPOIRDEGUILL AUME
3 AVRIL À JUILLET 1635 GUILLAUME TREMBLAY, DIT LE POLTRON
uillaume Tremblay sent son estomac se contracter et les membres enGun râle mortuaire, sans avoir eu le temps de remercier Dieu pour de son corps fondre. Il s’écroule et vomit, avant de s’évanouir ses seize années de vie. Un mousse, de mauvaise humeur, nettoie le dégât tout en insultant le corps inerte de Guillaume. Il le ranime en passant sur son visage le chiffon imbibé de ses vomissures.
Guillaume se demande où il se trouve, avant de se rendre compte que son cauchemar, entrepris il y a déjà six semaines, se poursuit sans cesse au rythme étourdissant des vagues frappant le vaisseau. Il tangue, ses voiles claquent, le soleil impitoyable frappe le pont. Des marins entourent le mousse et s’amusent autant que lui de la faiblesse de ce peureux. D’ailleurs, depuis le départ, l’équipage n’a pas hésité longtemps avant de l’affubler du sobriquet « dit le Poltron », comme une particule de noblesse au bout de son nom – Tremblay – qui déjà, à lui seul, évoque le tremblement d’un homme sans courage.
Un lieutenant de bord disperse les matelots en les qualifiant de fainéants. Du bout de sa chaussure, il pique les côtes de Guillaume, qui réclame à voix éteinte la présence d’un prêtre et d’un chirurgien. L’homme empoigne Guillaume par le cou et lui maugrée son mépris dans un patois qu’il n’arrive pas à comprendre. Il le lève du sol et le pousse vers un mat, où le jeune homme s’accroche en implorant la
9
LEPAINDEGUILLAUME
miséricorde du ToutPuissant. Le lieutenant le fait fuir en approchant d’un pas très décidé.
Guillaume rejoint sa couche, dans la saintebarbe, où il se cogne contre tout. L’odeur d’urine et de vomissure lui donne un hautle cœur, alors qu’il pose sa tête sur son traversin humecté d’eau salée et des sueurs de son propre désespoir. À la vue des poux jouant à saute mouton, il se redresse aussitôt et se frappe le crâne contre le bois de la couchette supérieure. Deux hommes entrent en riant fort des histoires drôles qu’ils se racontent. Ils louchent méchamment vers Guillaume, comme s’il était un intrus morose dans leur joie. Ils sont fatigués des plaintes de ce jeune homme, de ses hurlements nocturnes, de ses prières incessantes et de la peur de ce gaillard pourtant costaud, alors que la plupart d’entre eux paraissent plus petits et moins musclés. Sentant leur mépris, Guillaume fait semblant que tout va bien. Tout cela devient tellement embarrassant ! Même les rares femmes de la traversée rient en douce de sa faiblesse, lui dont le physique pourrait attirer leur chaste admiration.
En retournant sur le pont, Guillaume est accueilli par les sifflements moqueurs de deux mousses : « Guillaume Tremblay, dit le Poltron ! Guillaume Tremblay, dit le Poltron ! » Le jeune homme ignore leurs railleries. Après avoir avalé sa salive, il approche du rebord du navire pour regarder courageusement droit devant lui. L’horizon est éternellement le même depuis toutes ces semaines. Parfois, la mer s’immobilise et leSaintJacquesy semble cloué. Il n’y a pas longtemps, le navire était demeuré sur place pendant trois jours, alors que les voiles refusaient de bouger et que le soleil accablait tout le monde. Les matelots communiquaient facilement à voix normale avec leurs confrères des trois autres vaisseaux de la traversée, comme s’ils ne formaient qu’un seul bâtiment. Guillaume se souvient surtout que la mer s’était déchaînée après cette accalmie insupportable. Les vents diaboliques avaient éloigné les quatre navires l’un de l’autre et les
10