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Les événements étranges se produisent souvent à a nuit tombée. Lorsque ça m’est arrivé, i n’était pas oin de minuit, et i y avait encore beaucoup de monde dans ce bar-restaurant, surtout pour un dimanche. Les dimanches, à Chicago, sont comme ça : cames a pupart du temps; es habitants de a vie presque tous enfoncés sous a couette à 22 heures avec es journaux du week-end éparpiés au so, à portée de main. Mais parfois, quand a journée a été bee et que a douceur joue es proongations, quand e cie d’azur vire entement au beu nuit, puis au noir tendre, es choses peuvent prendre une tournurebeaucoupmoins pantoularde. Et je suis e genre de îe qui aime qu’un petit vent de foie soufle de temps à autre sur e dimanche soir. Voià pourquoi j’aurais dû être ravie d’être assise à, à a meieure tabe du Gibsons Bar. La sae vibrait de conver-sations animées et de rires. Derrière es carreaux de a fenêtre, je voyais es passants qui continuaient à déambuer dans Rush Street magré ’heure tardive. Oui, si j’avais été entourée d’amis, j’aurais été ravie d’être à. Mais je n’étais pas entourée d’amis. Dez Romano a posé e bras sur e dossier de mon tabouret haut. Même s’i avait passé e seui de a quarantaine depuis queques années, Dez — diminutif de Desmond — avait des cheveux noir corbeau. Lissés en arrière, is onduaient gracieusement jusqu’à sa nuque, où is boucaient un peu. La petite bosse qui déformait égèrement ’arête de son nez
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était e seu accident de son visage aux traits réguiers, et ee ne faisait qu’ajouter à son indéniabe sex-appea. I sembait si sûr de ui, et son regard exprimait une tee énergie que, ’espace d’un instant, j’en suis venue à penser que tous es hommes auraient dû ressember à Dez Romano. A en croire John Mayburn, e détective privé qui m’em-poyait à ’occasion, Dez devait son prénom à un cardina cathoique qu’admirait sa mère. Mais avoir été baptisé en hommage à un reigieux ne ’avait pas empêché de prendre a tête d’un important can maîeux. Mayburn m’avait même dit que mon compagnon de tabe était e nouveau visage du crime organisé à Chicago. Le nouveau visage du crime organisé à Chicago… Rien que ça. Dez m’a souri. Jusqu’aors, j’avais toujours cru que e sourire d’un te homme était forcément superîcie et pein de menaces sous-jacentes. Eh bien, non. C’était un sourire sincère. Du moins, i m’est apparu comme te. Mayburn m’avait donc expiqué qu’à certains égards, Dez représentait une nouvee espèce de maîeux; une espèce qui fréquen-tait tous es miieux, qui préférait conquérir es femmes par a douceur que par a force, et qui faisait d’importants dons înanciers aux œuvres caritatives, non parce que ces maîeux-à attendaient queque chose en retour, mais parce que c’était ce que faisaient toutes es entreprises respectabes. Je ui ai rendu son sourire en songeant que e probème, avec cet homme, n’était certainement pas son apparence physique ou son manque de générosité, que ce soit avec une femme comme moi qu’i avait rencontrée dans un bar — une femme à qui une amie avait soi-disant posé un apin — ou avec ses associés. Non, e probème, avec Dez Romano — en tout cas du point de vue du FBI —, c’était qu’i gérait un abyrinthe de sociétés, un bras de a Camorra itaienne, réputée pus ambitieuse et pus brutae encore que a Cosa Nostra, rendue céèbre par e îmLe Parrain.Sous ses airs modernes et affabes, Dez était donc aussi de ’ancienne écoe maîeuse, cee qui devait sa prospérité à ’usage de
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a vioence a pus sauvage. En déînitive, ’homme pein de charme qui me souriait en ce moment même avait sans doute pusieurs meurtres sur a conscience. — Aors, Suzanne, a dit Dez en m’appeant par e prénom que je ui avais donné. Quee direction va prendre a soirée, maintenant? J’ai ri et j’ai consuté ma montre. — I est bientôt minuit et je sens quemasoirée va prendre a direction de mon appartement. — Vous avez peur de vous transformer en citrouie? — Regardez mes cheveux, ça commence déjà. Les yeux de Dez se sont posés sur mes bouces rousses et i a ri à son tour. — Votre appartement, hein? a-t-i ancé avec une ueur maicieuse dans e regard. Et où se trouve-t-i donc? — Du côté d’Od Town, ai-je répondu, voontairement vague. Je vivais vraiment dans e quartier d’Od Town. Mayburn m’avait appris à saupoudrer mes mensonges de bribes de vérité aîn de es rendre pus crédibes. Cette technique permettait en outre de ne pas s’emmêer es pinceaux et d’éviter ainsi de sérieux ennuis. Suivre à a ettre es instructions de mon professeur en enquêtes privées ne m’avait pourtant pas empêchée de connaïtre des situations hautement périeuses, ors des précédentes missions qu’i m’avait conîées. Je jurais chaque fois qu’on ne m’y reprendrait pus, et voià qu’une nouvee fois, je n’avais pas su ui dire non. « Je voudrais vous demander un petit service, Izzy, m’avait-i dit pus tôt, ce soir-à. J’aimerais que vous aiez faire un tour au Gibsons et que vous jouiez à cee qui attend une amie. Dez Romano passe tous ses dimanches soir dans ce bar. Exécutez donc un beau jeté de cheveux roux par-dessus votre épaue et aguichez-e avec votre fameux sourire. Parez avec ui, faites-vous draguer, essayez d’amener a conversation sur son ami Michaë DeSanto, et notez bien tout ce qu’i dit. »
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Je ne savais pas que mon sourire était « fameux », mais je n’avais pas reevé. Pas pus que je ne ui avais fait remar-quer que son « petit » service pouvait me mettre engranddanger. Non, je m’étais contentée de demander des précisions et d’accepter presque aussitôt. Pas tant parce que j’avais besoin d’argent — c’était pourtant e cas! —, mais parce que Mayburn était amoureux et que je ne ’avais jamais vu aussi heureux. Sauf qu’i risquait de perdre sa bien-aimée au proît de Michaë DeSanto, un banquier véreux qu’on avait contribué à mettre en prison pour banchiment d’argent au proît du crime organisé. Crime organisé qui avait donc e séduisant visage de Dez Romano. — Je suis garé juste en face, a dit Dez. Laissez-moi vous ramener chez vous. — Inutie de vous donner cette peine, ai-je dit en tendant e doigt vers a fenêtre derrière aquee passaient queques taxis. Je vais rentrer par mes propres moyens. Mais merci beaucoup, ai-je ajouté avec un petit mouvement de tête en direction de a tabe couverte de bouteies vides et de desserts à peine entamés. Au ieu d’insister, Dez Romano m’a dit qu’i avait passé une soirée formidabe et qu’i aimerait me revoir. — J’aurais dû vous e demander pus tôt, a-t-i soupiré avec une surprenante douceur dans e regard. Vous n’êtes pas en coupe, n’est-ce pas? J’ai répondu a vérité. — Non, je suis céibataire, en ce moment. Queques mois pus tôt, je jongais encore entre trois hommes, mais je m’étais brusquement retrouvée seue. Ces jours-ci, ’un d’entre eux tentait un come-back dont je ne savais trop que penser. En attendant, et même s’i m’arrivait d’éprouver des regrets — voire des remords — orsque je songeais à ceux qui étaient sortis de ma vie, j’étais ibre de passer mes soirées avec qui bon me sembait. Même avec un chef maîeux. Et même si c’était dans e cadre d’une mission que j’effectuais pour John Mayburn, mon ami détective privé. Si j’avais ignoré es iens très étroits de Dez Romano
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avec e crime organisé, je n’aurais pas hésité une seconde avant d’accepter son invitation. J’étais sur e point d’avoir trente ans, et ’imminence de cet anniversaire sembait avoir modiîé queque chose dans a façon dont je regardais e sexe opposé. Je n’avais jamais eu d’histoire avec un homme vraiment pus âgé que moi, et pour tout dire, je m’étais putôt désintéressée, jusque-à, des mâes au-deà de trente-cinq ans. Mais Dez, avec ses quarante et queques années, me paraissait aujourd’hui tout à fait consommabe. I a posé es avant-bras sur a nappe verte et banche et m’a ancé un sourire qui méritait sans nu doute e quai-îcatif de sexy. — Aors? Vous vouez bien dïner avec moi, un de ces soirs? Ça me ferait vraiment paisir. J’étais sur e point de répondre : « Moi aussi, ça me ferait paisir. » D’autant que c’était précisément ce que Mayburn attendait de moi : que je gane toute information que e maîeux pourrait aisser échapper sur Michaë DeSanto et, dans e meieur des cas, que j’étabisse un contact assez fort avec Romano pour qu’on soit amenés à se revoir ; e but étant de mutipier es occasions d’apprendre des choses sur DeSanto. J’ai jeté un coup d’œi vers a fenêtre du bar pour me donner e temps de formuer ma réponse, et c’est à que je ’ai vu, sur e trottoir d’en face. Vêtu d’une veste beu marine et e visage fermé, i attendait que es voitures s’arrêtent pour traverser a rue. I a consuté sa montre avant de reever es yeux vers e feu tricoore, qui est aors passé au rouge. J’ai sûrement fait une drôe de tête quand i s’est engagé sur e passage piétons et qu’i s’est dirigé droit sur nous, parce que Dez à suivi mon regard. — Hé! Mais c’est DeSanto, a-t-i dit d’un ton affectueux. I s’est ensuite tourné vers moi et j’ai refermé ma bouche entrouverte, m’efforçant de redonner une taie normae à mes yeux qui devaient être ronds comme des soucoupes. J’ai vouu me composer une expression neutre pour
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masquer a panique qui commençait à me gagner, mais je n’ai pas dû réussir à donner e change. — Vous connaissez Michaë? a demandé Dez en pissant égèrement es yeux. — Euh… Qu’est-ce que je pouvais répondre à ça? « Oui, on s’est rencontrés aors que je faisais sembant d’être copine avec sa femme pour pouvoir m’introduire dans son bureau et copier son disque dur, tout ça aîn d’aider es autorités à e mettre sous es verrous. Et e pus drôe, Dez, c’est que j’effectuais aors une mission pour e compte du même détective privé qui m’a demandé de vous tirer es vers du nez. Marrant, non? » Mayburn et moi avions décidé que si je parvenais à faire ami-ami avec Dez Romano et que j’arrivais d’une manière ou d’une autre à orienter a conversation sur Michaë DeSanto, je pourrais peut-être mentionner, mine de rien, que j’avais rencontré son épouse Lucy — a femme dont Mayburn était amoureux —, à a sae de sport ou dans un autre ieu pubic. Mais en éaborant cette stratégie, Mayburn et moi n’avions pas imaginé un instant que Michaë DeSanto ferait son apparition dans ce bar, et qu’i m’y trouverait attabée avec son pote Dez Romano. Je me suis evée et je me suis penchée en avant dans ’espoir que mon décoeté ferait un peu diversion. Ça a fonctionné. Le front de Dez s’est déridé et son regard s’est détendu. I a evé es yeux vers moi, et je dois dire qu’i a eu ’éégance de ne pas es baisser de nouveau vers ma poitrine. Les miens se sont posés sur a porte du bar que poussait Michaë DeSanto. L’instant d’après, i était à, à queques mètres de moi, en train de sauer e patron des ieux. « Poutre en hêtre! », ai-je huré intérieurement. Ces mots absurdes étaient es derniers survivants d’une campagne anti-jurons qui n’avait pas résisté à ’avaanche d’ennuis dont j’avais été a proie au cours des huit derniers mois; ennuis sufîsamment sérieux et persistants pour me donner d’exceentes raisons de proférer de véritabes grossièretés
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putôt que des mots ayant une sonorité simiaire (je vous aisse deviner ce que rempaçaitPoutre en hêtre). « Poutre en hêtre !, ai-je donc huré intérieurement. Qu’est-ce qu’i fout à? » A en croire Lucy, son mari, récemment ibéré sous caution, n’avait pus de contacts avec ses anciens compagnons maîeux qui, comme Dez, avaient réussi à échapper d’une manière ou d’une autre aux foudres de a justice. Mais DeSanto était pourtant à, tout frais sorti de prison, et i ne faisait guère de doute qu’i était venu dans ce bar pour rencontrer Dez Romano. I ne s’attendait sûrement pas à e trouver en compagnie de a femme qui avait joué un rôe déterminant dans son arrestation. Enmacompagnie. — Je reviens tout de suite, ai-je marmonné. J’ai commencé à marcher vers es toiettes, mais je me suis rendu compte que mon chemin aait forcément croiser ceui de DeSanto. J’ai aors bifurqué en direction de a sortie avant de me îger brusquement : impossibe d’atteindre a porte du bar sans passer devant ui. DeSanto a brusquement cessé de parer avec e patron du bar pour me dévisager de ses yeux marron cair. Le banquier véreux s’était îgé, ui aussi, comme un anima face au danger; inquiet, mais prêt à se battre jusqu’à son dernier soufle avant de rendre es armes. J’aurais aimé avoir pus de sang-froid, être capabe de donner e change en toutes circonstances, mais magré tout ce que Mayburn m’avait appris sur ’art de ’inîtration, je n’avais pas ça dans e sang. Voià pourquoi je n’ai rien trouvé de mieux que de ancer un sourire vague à Michaë DeSanto, e même genre de sourire dont je gratiîais autrefois es avocats que je n’arri-vais pas à remettre ors des soirées professionnees. C’était un sourire fourre-tout, un sourire mondain et prudent qui sembait dire : « Bonjour, comment aez-vous? Que paisir de vous revoir… » Physiquement, DeSanto ressembait un peu à Dez Romano. Mais pour e moment, c’était à moi qu’i s’intéressait, et non
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à son ami. I a inciné a tête de côté, presque impercepti-bement. Ajouté à tout un tas d’autres petits signes, ce geste m’a fait comprendre que ça cogitait dur sous son crâne. Sans doute se disait-i qu’i m’avait déjà vue queque part, mais i n’arrivait pas à mettre un nom sur mon visage. Pas encore. Parce que j’étais certaine qu’i n’aait pas tarder à se souvenir de cette rousse. J’ai décidé de déguerpir avant que deux et deux ne fassent quatre dans son esprit. Détournant e regard, j’ai entrepris de e contourner par a droite. Mais une bande d’amis se séparait maintenant devant a porte du bar avec des effusions que ’abus d’acoo rendait ongues et démonstratives. Is se faisaient mie promesses qu’is ne tiendraient sans doute pas, s’embrassant et se tapant dans e dos comme s’is ne devaient jamais pus se revoir. On aurait dit une mêée de rugby. Sentant e regard de DeSanto qui me suivait, j’ai opté pour ’escaier, dont j’ai grimpé es marches quatre à quatre jusqu’à ’étage des toiettes. Une fois enfermée dans es W.C., je me suis efforcée de reprendre ma respiration et mes esprits. Devais-je dire au revoir à Dez avant de prendre a tangente? Ou tirer un trait sur cette mission et aer me réfugier dans mon appartement? En fait de mission, Mayburn m’avait simpement demandé d’aer taier e bout de gras avec un beau mec dans un bar, activité pour aquee j’ai toujours eu des dispositions naturees. Huit mois pus tôt, j’étais sur e toit du monde, avocate coaboratrice a mieux payée d’un des pus gros cabinets de Chicago, en route vers e statut ô combien convoité d’associée. Statut que j’étais égaement sur e point d’obtenir dans ma vie privée, en épousant mon îancé Sam Hoings. Et d’un seu coup —abracadabra!—, tout avait disparu. Ou putôt —patatras!— tout s’était effondré. Je m’étais retrouvée sans travai, sans îancé et sans avenir. Et je n’avais pas fait grand-chose ces deux derniers mois, à part me sentir coupabe de ne pas faire grand-chose. Mon compte en banque était dans e rouge vif depuis un
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bon moment et pus aucun organisme de crédit ne vouait entendre parer de moi. Je craignais pus que tout d’être contrainte de vendre mon appartement d’Od Town, et à ce train-à, cette angoisse n’aait pas tarder à devenir réaité. Aors, quand Mayburn m’avait demandé de reprendre du service, un méange de cupabiité et de nécessité m’avait poussée à accepter. Et voià comment es soupçons du détective envers e mari de ’éue de son cœur — i était persuadé que, contrairement à ce qu’i afîrmait à sa femme, DeSanto avait repris contact avec ses amis maîeux — m’avaient conduite à où je me trouvais maintenant, c’est-à-dire dans es W.C. d’un bar fréquenté par e crime organisé. Mais ça sufîsait comme ça. Même si Mayburn avait e cœur brisé, i comprendrait que j’aie dû îcher e camp d’ici. J’ai quitté es toiettes et j’ai rapidement descendu une première rangée de marches avant de me pencher pour observer a sae, mains sur a rampe chromée. Michaë DeSanto avait déserté a porte du bar, tout comme e groupe d’amis qui ’encombrait queques minutes pus tôt. J’ai dévaé e reste des marches, aussi vite que me e permettaient mes taons hauts et mes jambes en coton. Mes poumons étaient manifestement tombés en panne et je n’avaais, par à-coups, que de minuscues quantités d’air. Je me suis arrêtée au bas de ’escaier pour reprendre ma respiration, ’œi rivé sur a porte d’entrée. Ee n’était pus qu’à queques mètres de moi. Le patron m’a adressé un petit signe de tête empreint de assitude, comme pour me souhaiter une bonne soirée. Mais orsqu’i a jeté un coup d’œi vers sa droite, ’expression de son visage s’est brusquement modiîée. J’ai suivi son regard pour comprendre a raison de ce changement. C’était Michaë DeSanto. De ’autre côté de a sae, i parait avec de grands gestes à Dez Romano. Dez m’a repérée à ce moment-à. Ses yeux sont passés par-dessus ’épaue de son ami pour venir se panter droit dans es miens.
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— Hé ! vous! a-t-i ancé. Même à distance, j’ai pu voir a coère qui assombrissait son regard. I restait encore pas ma de cients dans e bar, et a voix de Romano a résonné assez fort pour capter ’attention de chacun d’entre eux. Le sience s’est fait et es têtes se sont tournées vers Dez, puis vers moi. D’un seu coup, es deux hommes ont commencé à marcher dans ma direction. La fureur qu’exprimait eur visage m’a poussée à ’action. Je me suis baissée, j’ai retiré mes chaussures à taons hauts, et je me suis enfuie aussi vite que j’ai pu dans Rush Street. — Taxi! ai-je crié en evant a main, bras tendu vers e cie d’encre. Mais e taxi en question avait sa umière éteinte, et i est passé devant moi sans même raentir. Idem pour e taxi suivant et pour ceui d’après. J’ai détaé en direction d’Oak Street, scrutant désespé-rément a nuit à a recherche d’un taxi en service. Mais pas de ueur savatrice sur e toit des voitures jaunes. J’ai entendu quequ’un crier. Un regard par-dessus mon épaue, et j’ai vu Michaë DeSanto et Dez Romano courir dans ma direction. En retrait derrière eux se trouvait un autre homme qui es suivait, tête baissée et visage masqué par une casquette de base-ba. Le garde du corps de Dez? J’ai coincé mes chaussures sous mon bras et j’ai piqué un sprint. Je me suis engouffrée dans une ruee étroite que j’ai traversée jusqu’à ce que j’aperçoive un voiturier avachi sur une chaise, à ’entrée d’un parking qui s’éevait sur trois étages. — Ticket? a-t-i demandé d’une voix engourdie de fatigue. J’ai essayé de reprendre ma respiration, mais es bruits de pas qui marteaient a ruee se rapprochant beaucoup trop vite de moi, ne m’aidaient pas à retrouver un rythme cardiaque norma. J’ai jeté des regards frénétiques en tous sens. L’entrée principae du parking se trouvait dans State Street. Si je e traversais et que je ressortais de ’autre côté, i y avait de bonnes chances pour que DeSanto, Romano et e gros bras qui es accompagnait empruntent e même chemin
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