Le poids du doute

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Les enquêtes de Izzy McNeil, vol. 3

Et si son père n’était pas mort ?

Cette question hante Izzy McNeil depuis qu’un inconnu lui a sauvé la vie dans une ruelle sombre de Chicago. Un inconnu dont elle n’a pas eu le temps de voir le visage mais dont la voix lui a semblé étrangement familière. Plus troublant encore : il l’a appelée par le surnom que son père lui donnait lorsqu’elle était enfant, jusqu’au jour tragique où il avait disparu, peu de temps après ses huit ans. Perturbée, Izzy doit malgré tout poursuivre son travail de détective et boucler au plus vite l’enquête qu’elle mène au cœur d’un dangereux réseau de gangsters. Une tâche facilitée par la présence du séduisant Theo, l’homme qui lui a rendu le sourire et sur qui elle peut vraiment compter. Mais à peine Izzy parvient-elle a faire passer au second plan ses préoccupations personnelles que d’incroyables révélations concernant son père vont venir bouleverser à tout jamais son existence.

Publié le : dimanche 1 septembre 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280306157
Nombre de pages : 544
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Les événements étranges se produisent souvent à a nuit tombée. Lorsque ça m’est arrivé, i n’était pas oin de minuit, et i y avait encore beaucoup de monde dans ce bar-restaurant, surtout pour un dimanche. Les dimanches, à Chicago, sont comme ça : cames a pupart du temps; es habitants de a vie presque tous enfoncés sous a couette à 22 heures avec es journaux du week-end éparpiés au so, à portée de main. Mais parfois, quand a journée a été bee et que a douceur joue es proongations, quand e cie d’azur vire entement au beu nuit, puis au noir tendre, es choses peuvent prendre une tournurebeaucoupmoins pantoularde. Et je suis e genre de îe qui aime qu’un petit vent de foie soufle de temps à autre sur e dimanche soir. Voià pourquoi j’aurais dû être ravie d’être assise à, à a meieure tabe du Gibsons Bar. La sae vibrait de conver-sations animées et de rires. Derrière es carreaux de a fenêtre, je voyais es passants qui continuaient à déambuer dans Rush Street magré ’heure tardive. Oui, si j’avais été entourée d’amis, j’aurais été ravie d’être à. Mais je n’étais pas entourée d’amis. Dez Romano a posé e bras sur e dossier de mon tabouret haut. Même s’i avait passé e seui de a quarantaine depuis queques années, Dez — diminutif de Desmond — avait des cheveux noir corbeau. Lissés en arrière, is onduaient gracieusement jusqu’à sa nuque, où is boucaient un peu. La petite bosse qui déformait égèrement ’arête de son nez
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était e seu accident de son visage aux traits réguiers, et ee ne faisait qu’ajouter à son indéniabe sex-appea. I sembait si sûr de ui, et son regard exprimait une tee énergie que, ’espace d’un instant, j’en suis venue à penser que tous es hommes auraient dû ressember à Dez Romano. A en croire John Mayburn, e détective privé qui m’em-poyait à ’occasion, Dez devait son prénom à un cardina cathoique qu’admirait sa mère. Mais avoir été baptisé en hommage à un reigieux ne ’avait pas empêché de prendre a tête d’un important can maîeux. Mayburn m’avait même dit que mon compagnon de tabe était e nouveau visage du crime organisé à Chicago. Le nouveau visage du crime organisé à Chicago… Rien que ça. Dez m’a souri. Jusqu’aors, j’avais toujours cru que e sourire d’un te homme était forcément superîcie et pein de menaces sous-jacentes. Eh bien, non. C’était un sourire sincère. Du moins, i m’est apparu comme te. Mayburn m’avait donc expiqué qu’à certains égards, Dez représentait une nouvee espèce de maîeux; une espèce qui fréquen-tait tous es miieux, qui préférait conquérir es femmes par a douceur que par a force, et qui faisait d’importants dons înanciers aux œuvres caritatives, non parce que ces maîeux-à attendaient queque chose en retour, mais parce que c’était ce que faisaient toutes es entreprises respectabes. Je ui ai rendu son sourire en songeant que e probème, avec cet homme, n’était certainement pas son apparence physique ou son manque de générosité, que ce soit avec une femme comme moi qu’i avait rencontrée dans un bar — une femme à qui une amie avait soi-disant posé un apin — ou avec ses associés. Non, e probème, avec Dez Romano — en tout cas du point de vue du FBI —, c’était qu’i gérait un abyrinthe de sociétés, un bras de a Camorra itaienne, réputée pus ambitieuse et pus brutae encore que a Cosa Nostra, rendue céèbre par e îmLe Parrain.Sous ses airs modernes et affabes, Dez était donc aussi de ’ancienne écoe maîeuse, cee qui devait sa prospérité à ’usage de
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a vioence a pus sauvage. En déînitive, ’homme pein de charme qui me souriait en ce moment même avait sans doute pusieurs meurtres sur a conscience. — Aors, Suzanne, a dit Dez en m’appeant par e prénom que je ui avais donné. Quee direction va prendre a soirée, maintenant? J’ai ri et j’ai consuté ma montre. — I est bientôt minuit et je sens quemasoirée va prendre a direction de mon appartement. — Vous avez peur de vous transformer en citrouie? — Regardez mes cheveux, ça commence déjà. Les yeux de Dez se sont posés sur mes bouces rousses et i a ri à son tour. — Votre appartement, hein? a-t-i ancé avec une ueur maicieuse dans e regard. Et où se trouve-t-i donc? — Du côté d’Od Town, ai-je répondu, voontairement vague. Je vivais vraiment dans e quartier d’Od Town. Mayburn m’avait appris à saupoudrer mes mensonges de bribes de vérité aîn de es rendre pus crédibes. Cette technique permettait en outre de ne pas s’emmêer es pinceaux et d’éviter ainsi de sérieux ennuis. Suivre à a ettre es instructions de mon professeur en enquêtes privées ne m’avait pourtant pas empêchée de connaïtre des situations hautement périeuses, ors des précédentes missions qu’i m’avait conîées. Je jurais chaque fois qu’on ne m’y reprendrait pus, et voià qu’une nouvee fois, je n’avais pas su ui dire non. « Je voudrais vous demander un petit service, Izzy, m’avait-i dit pus tôt, ce soir-à. J’aimerais que vous aiez faire un tour au Gibsons et que vous jouiez à cee qui attend une amie. Dez Romano passe tous ses dimanches soir dans ce bar. Exécutez donc un beau jeté de cheveux roux par-dessus votre épaue et aguichez-e avec votre fameux sourire. Parez avec ui, faites-vous draguer, essayez d’amener a conversation sur son ami Michaë DeSanto, et notez bien tout ce qu’i dit. »
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Je ne savais pas que mon sourire était « fameux », mais je n’avais pas reevé. Pas pus que je ne ui avais fait remar-quer que son « petit » service pouvait me mettre engranddanger. Non, je m’étais contentée de demander des précisions et d’accepter presque aussitôt. Pas tant parce que j’avais besoin d’argent — c’était pourtant e cas! —, mais parce que Mayburn était amoureux et que je ne ’avais jamais vu aussi heureux. Sauf qu’i risquait de perdre sa bien-aimée au proît de Michaë DeSanto, un banquier véreux qu’on avait contribué à mettre en prison pour banchiment d’argent au proît du crime organisé. Crime organisé qui avait donc e séduisant visage de Dez Romano. — Je suis garé juste en face, a dit Dez. Laissez-moi vous ramener chez vous. — Inutie de vous donner cette peine, ai-je dit en tendant e doigt vers a fenêtre derrière aquee passaient queques taxis. Je vais rentrer par mes propres moyens. Mais merci beaucoup, ai-je ajouté avec un petit mouvement de tête en direction de a tabe couverte de bouteies vides et de desserts à peine entamés. Au ieu d’insister, Dez Romano m’a dit qu’i avait passé une soirée formidabe et qu’i aimerait me revoir. — J’aurais dû vous e demander pus tôt, a-t-i soupiré avec une surprenante douceur dans e regard. Vous n’êtes pas en coupe, n’est-ce pas? J’ai répondu a vérité. — Non, je suis céibataire, en ce moment. Queques mois pus tôt, je jongais encore entre trois hommes, mais je m’étais brusquement retrouvée seue. Ces jours-ci, ’un d’entre eux tentait un come-back dont je ne savais trop que penser. En attendant, et même s’i m’arrivait d’éprouver des regrets — voire des remords — orsque je songeais à ceux qui étaient sortis de ma vie, j’étais ibre de passer mes soirées avec qui bon me sembait. Même avec un chef maîeux. Et même si c’était dans e cadre d’une mission que j’effectuais pour John Mayburn, mon ami détective privé. Si j’avais ignoré es iens très étroits de Dez Romano
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avec e crime organisé, je n’aurais pas hésité une seconde avant d’accepter son invitation. J’étais sur e point d’avoir trente ans, et ’imminence de cet anniversaire sembait avoir modiîé queque chose dans a façon dont je regardais e sexe opposé. Je n’avais jamais eu d’histoire avec un homme vraiment pus âgé que moi, et pour tout dire, je m’étais putôt désintéressée, jusque-à, des mâes au-deà de trente-cinq ans. Mais Dez, avec ses quarante et queques années, me paraissait aujourd’hui tout à fait consommabe. I a posé es avant-bras sur a nappe verte et banche et m’a ancé un sourire qui méritait sans nu doute e quai-îcatif de sexy. — Aors? Vous vouez bien dïner avec moi, un de ces soirs? Ça me ferait vraiment paisir. J’étais sur e point de répondre : « Moi aussi, ça me ferait paisir. » D’autant que c’était précisément ce que Mayburn attendait de moi : que je gane toute information que e maîeux pourrait aisser échapper sur Michaë DeSanto et, dans e meieur des cas, que j’étabisse un contact assez fort avec Romano pour qu’on soit amenés à se revoir ; e but étant de mutipier es occasions d’apprendre des choses sur DeSanto. J’ai jeté un coup d’œi vers a fenêtre du bar pour me donner e temps de formuer ma réponse, et c’est à que je ’ai vu, sur e trottoir d’en face. Vêtu d’une veste beu marine et e visage fermé, i attendait que es voitures s’arrêtent pour traverser a rue. I a consuté sa montre avant de reever es yeux vers e feu tricoore, qui est aors passé au rouge. J’ai sûrement fait une drôe de tête quand i s’est engagé sur e passage piétons et qu’i s’est dirigé droit sur nous, parce que Dez à suivi mon regard. — Hé! Mais c’est DeSanto, a-t-i dit d’un ton affectueux. I s’est ensuite tourné vers moi et j’ai refermé ma bouche entrouverte, m’efforçant de redonner une taie normae à mes yeux qui devaient être ronds comme des soucoupes. J’ai vouu me composer une expression neutre pour
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masquer a panique qui commençait à me gagner, mais je n’ai pas dû réussir à donner e change. — Vous connaissez Michaë? a demandé Dez en pissant égèrement es yeux. — Euh… Qu’est-ce que je pouvais répondre à ça? « Oui, on s’est rencontrés aors que je faisais sembant d’être copine avec sa femme pour pouvoir m’introduire dans son bureau et copier son disque dur, tout ça aîn d’aider es autorités à e mettre sous es verrous. Et e pus drôe, Dez, c’est que j’effectuais aors une mission pour e compte du même détective privé qui m’a demandé de vous tirer es vers du nez. Marrant, non? » Mayburn et moi avions décidé que si je parvenais à faire ami-ami avec Dez Romano et que j’arrivais d’une manière ou d’une autre à orienter a conversation sur Michaë DeSanto, je pourrais peut-être mentionner, mine de rien, que j’avais rencontré son épouse Lucy — a femme dont Mayburn était amoureux —, à a sae de sport ou dans un autre ieu pubic. Mais en éaborant cette stratégie, Mayburn et moi n’avions pas imaginé un instant que Michaë DeSanto ferait son apparition dans ce bar, et qu’i m’y trouverait attabée avec son pote Dez Romano. Je me suis evée et je me suis penchée en avant dans ’espoir que mon décoeté ferait un peu diversion. Ça a fonctionné. Le front de Dez s’est déridé et son regard s’est détendu. I a evé es yeux vers moi, et je dois dire qu’i a eu ’éégance de ne pas es baisser de nouveau vers ma poitrine. Les miens se sont posés sur a porte du bar que poussait Michaë DeSanto. L’instant d’après, i était à, à queques mètres de moi, en train de sauer e patron des ieux. « Poutre en hêtre! », ai-je huré intérieurement. Ces mots absurdes étaient es derniers survivants d’une campagne anti-jurons qui n’avait pas résisté à ’avaanche d’ennuis dont j’avais été a proie au cours des huit derniers mois; ennuis sufîsamment sérieux et persistants pour me donner d’exceentes raisons de proférer de véritabes grossièretés
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putôt que des mots ayant une sonorité simiaire (je vous aisse deviner ce que rempaçaitPoutre en hêtre). « Poutre en hêtre !, ai-je donc huré intérieurement. Qu’est-ce qu’i fout à? » A en croire Lucy, son mari, récemment ibéré sous caution, n’avait pus de contacts avec ses anciens compagnons maîeux qui, comme Dez, avaient réussi à échapper d’une manière ou d’une autre aux foudres de a justice. Mais DeSanto était pourtant à, tout frais sorti de prison, et i ne faisait guère de doute qu’i était venu dans ce bar pour rencontrer Dez Romano. I ne s’attendait sûrement pas à e trouver en compagnie de a femme qui avait joué un rôe déterminant dans son arrestation. Enmacompagnie. — Je reviens tout de suite, ai-je marmonné. J’ai commencé à marcher vers es toiettes, mais je me suis rendu compte que mon chemin aait forcément croiser ceui de DeSanto. J’ai aors bifurqué en direction de a sortie avant de me îger brusquement : impossibe d’atteindre a porte du bar sans passer devant ui. DeSanto a brusquement cessé de parer avec e patron du bar pour me dévisager de ses yeux marron cair. Le banquier véreux s’était îgé, ui aussi, comme un anima face au danger; inquiet, mais prêt à se battre jusqu’à son dernier soufle avant de rendre es armes. J’aurais aimé avoir pus de sang-froid, être capabe de donner e change en toutes circonstances, mais magré tout ce que Mayburn m’avait appris sur ’art de ’inîtration, je n’avais pas ça dans e sang. Voià pourquoi je n’ai rien trouvé de mieux que de ancer un sourire vague à Michaë DeSanto, e même genre de sourire dont je gratiîais autrefois es avocats que je n’arri-vais pas à remettre ors des soirées professionnees. C’était un sourire fourre-tout, un sourire mondain et prudent qui sembait dire : « Bonjour, comment aez-vous? Que paisir de vous revoir… » Physiquement, DeSanto ressembait un peu à Dez Romano. Mais pour e moment, c’était à moi qu’i s’intéressait, et non
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à son ami. I a inciné a tête de côté, presque impercepti-bement. Ajouté à tout un tas d’autres petits signes, ce geste m’a fait comprendre que ça cogitait dur sous son crâne. Sans doute se disait-i qu’i m’avait déjà vue queque part, mais i n’arrivait pas à mettre un nom sur mon visage. Pas encore. Parce que j’étais certaine qu’i n’aait pas tarder à se souvenir de cette rousse. J’ai décidé de déguerpir avant que deux et deux ne fassent quatre dans son esprit. Détournant e regard, j’ai entrepris de e contourner par a droite. Mais une bande d’amis se séparait maintenant devant a porte du bar avec des effusions que ’abus d’acoo rendait ongues et démonstratives. Is se faisaient mie promesses qu’is ne tiendraient sans doute pas, s’embrassant et se tapant dans e dos comme s’is ne devaient jamais pus se revoir. On aurait dit une mêée de rugby. Sentant e regard de DeSanto qui me suivait, j’ai opté pour ’escaier, dont j’ai grimpé es marches quatre à quatre jusqu’à ’étage des toiettes. Une fois enfermée dans es W.C., je me suis efforcée de reprendre ma respiration et mes esprits. Devais-je dire au revoir à Dez avant de prendre a tangente? Ou tirer un trait sur cette mission et aer me réfugier dans mon appartement? En fait de mission, Mayburn m’avait simpement demandé d’aer taier e bout de gras avec un beau mec dans un bar, activité pour aquee j’ai toujours eu des dispositions naturees. Huit mois pus tôt, j’étais sur e toit du monde, avocate coaboratrice a mieux payée d’un des pus gros cabinets de Chicago, en route vers e statut ô combien convoité d’associée. Statut que j’étais égaement sur e point d’obtenir dans ma vie privée, en épousant mon îancé Sam Hoings. Et d’un seu coup —abracadabra!—, tout avait disparu. Ou putôt —patatras!— tout s’était effondré. Je m’étais retrouvée sans travai, sans îancé et sans avenir. Et je n’avais pas fait grand-chose ces deux derniers mois, à part me sentir coupabe de ne pas faire grand-chose. Mon compte en banque était dans e rouge vif depuis un
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bon moment et pus aucun organisme de crédit ne vouait entendre parer de moi. Je craignais pus que tout d’être contrainte de vendre mon appartement d’Od Town, et à ce train-à, cette angoisse n’aait pas tarder à devenir réaité. Aors, quand Mayburn m’avait demandé de reprendre du service, un méange de cupabiité et de nécessité m’avait poussée à accepter. Et voià comment es soupçons du détective envers e mari de ’éue de son cœur — i était persuadé que, contrairement à ce qu’i afîrmait à sa femme, DeSanto avait repris contact avec ses amis maîeux — m’avaient conduite à où je me trouvais maintenant, c’est-à-dire dans es W.C. d’un bar fréquenté par e crime organisé. Mais ça sufîsait comme ça. Même si Mayburn avait e cœur brisé, i comprendrait que j’aie dû îcher e camp d’ici. J’ai quitté es toiettes et j’ai rapidement descendu une première rangée de marches avant de me pencher pour observer a sae, mains sur a rampe chromée. Michaë DeSanto avait déserté a porte du bar, tout comme e groupe d’amis qui ’encombrait queques minutes pus tôt. J’ai dévaé e reste des marches, aussi vite que me e permettaient mes taons hauts et mes jambes en coton. Mes poumons étaient manifestement tombés en panne et je n’avaais, par à-coups, que de minuscues quantités d’air. Je me suis arrêtée au bas de ’escaier pour reprendre ma respiration, ’œi rivé sur a porte d’entrée. Ee n’était pus qu’à queques mètres de moi. Le patron m’a adressé un petit signe de tête empreint de assitude, comme pour me souhaiter une bonne soirée. Mais orsqu’i a jeté un coup d’œi vers sa droite, ’expression de son visage s’est brusquement modiîée. J’ai suivi son regard pour comprendre a raison de ce changement. C’était Michaë DeSanto. De ’autre côté de a sae, i parait avec de grands gestes à Dez Romano. Dez m’a repérée à ce moment-à. Ses yeux sont passés par-dessus ’épaue de son ami pour venir se panter droit dans es miens.
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— Hé ! vous! a-t-i ancé. Même à distance, j’ai pu voir a coère qui assombrissait son regard. I restait encore pas ma de cients dans e bar, et a voix de Romano a résonné assez fort pour capter ’attention de chacun d’entre eux. Le sience s’est fait et es têtes se sont tournées vers Dez, puis vers moi. D’un seu coup, es deux hommes ont commencé à marcher dans ma direction. La fureur qu’exprimait eur visage m’a poussée à ’action. Je me suis baissée, j’ai retiré mes chaussures à taons hauts, et je me suis enfuie aussi vite que j’ai pu dans Rush Street. — Taxi! ai-je crié en evant a main, bras tendu vers e cie d’encre. Mais e taxi en question avait sa umière éteinte, et i est passé devant moi sans même raentir. Idem pour e taxi suivant et pour ceui d’après. J’ai détaé en direction d’Oak Street, scrutant désespé-rément a nuit à a recherche d’un taxi en service. Mais pas de ueur savatrice sur e toit des voitures jaunes. J’ai entendu quequ’un crier. Un regard par-dessus mon épaue, et j’ai vu Michaë DeSanto et Dez Romano courir dans ma direction. En retrait derrière eux se trouvait un autre homme qui es suivait, tête baissée et visage masqué par une casquette de base-ba. Le garde du corps de Dez? J’ai coincé mes chaussures sous mon bras et j’ai piqué un sprint. Je me suis engouffrée dans une ruee étroite que j’ai traversée jusqu’à ce que j’aperçoive un voiturier avachi sur une chaise, à ’entrée d’un parking qui s’éevait sur trois étages. — Ticket? a-t-i demandé d’une voix engourdie de fatigue. J’ai essayé de reprendre ma respiration, mais es bruits de pas qui marteaient a ruee se rapprochant beaucoup trop vite de moi, ne m’aidaient pas à retrouver un rythme cardiaque norma. J’ai jeté des regards frénétiques en tous sens. L’entrée principae du parking se trouvait dans State Street. Si je e traversais et que je ressortais de ’autre côté, i y avait de bonnes chances pour que DeSanto, Romano et e gros bras qui es accompagnait empruntent e même chemin
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