Le point final

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Où commence la fiction et où termine la réalité ? C’est cette frontière que Viviane franchit en recommençant à écrire après plusieurs années d’aridité. Après un dîner d’anniversaire orageux avec ses plus anciens amis où elle fait piètre figure, son orgueil blessé la pousse à faire d’eux les personnages d’un roman. Elle part dans une maison de campagne, et, à l’aide de ses souvenirs et de vieilles photos elle reconstruit pas à pas l’histoire de ces gens qu’elle méprise profondément et cette histoire la stupéfait. Elle découvre avec dégoût les trahisons, les pensées secrètes de chacun, leurs petits calculs et son livre devient une mission. C’est un véritable devoir pour elle que de leur révéler la vérité, de pronostiquer des événements dont son livre ne peut être qu’une anticipation.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 141
EAN13 : 9782748132021
Nombre de pages : 330
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Le point final
Arlette Séré
Le point final
ROMAN
© Editions Le Manuscrit, 2003 ISBN: 2-7481-3203-3 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-3202-5 (pour le livre imprimé)
A mon mari Luis et à mes enfants Béatrice et David
CHAPITRE I
Laube nallait certainement plus tarder à poindre mais aucune lueur ne pénétrait encore par les vitres de la fenêtre aux rideaux tirés et le silence était presque total dans la grande pièce presque entière-ment plongée dans lobscurité où seule une petite lampe était allumée à côté de Viviane. Depuis son retour après labominable soirée passée chez Natha-lie, elle était restée assise devant son ordinateur, bien droite, les jambes croisées, et ne quittait pas lécran du regard en écrivant rapidement. Soudain elle sar-rêta, sétira, changea de position, se mit à bailler et revint au début de son document pour se relire :
« Enfin, tu as daigné arriver ! On allait se mettre à table sans toi. » Dun geste presque rageur, sans esquisser le moindre petit sourire ni me concéder un seul regard, Nathalie marracha presque des mains le cadeau que je lui tendais, le posa brutalement sur un petit guéridon où sentassaient déjà dautres paquets, puis me poussa vers le salon où sélevait un mur-mure confus de voix. Une exclamation unanime dimpatience maccueillit dès que je fis mon appa-rition sur le pas de la porte : « Il nest pas trop tôt ! - Un peu plus et on mourait de faim ! - Madame nous a enfin fait lhonneur darriver !
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Le point final
- Tu as fait rater le repas de Nathalie ! » Personne ne se donna la peine de me saluer ni découter les vagues excuses que javais préparées et que je balbutiais en baissant la voix à chaque syl-labe ; pressés, ils sétaient tous levés dun bond pour se diriger vers la table de la lourde salle à man-ger en chêne qui sentassait dans une petite pièce adjacente où ils sinstallèrent après maintes discus-sions pour savoir qui sasseyait à côté de qui, tout en faisant de petites remarques désobligeantes, en cla-mant bien haut que cétait vraiment incommode que je vienne toujours seule et que jabîme ainsi leur par-faite alternance. Finalement, ils mexilèrent volon-tairement en bout de table comme une enfant mise au coin parce quelle ne sétait pas bien portée avec les grandes personnes. Une fois le brouhaha des chaises apaisé, les pro-pos fusèrent de toutes parts, chacun affectait une gaîté qui sonnait faux et, bien quils fassent sem-blant davoir des choses à se dire, dêtre contents de se retrouver, le parti-pris de mignorer quils af-fectaient envers moi ne montrait que trop bien qu ils étaient encore contrariés de lattente que je leur avais infligée, que je nétais pas pardonnée et que ce nétait que par égard pour Nathalie quils ne se lan-çaient pas dans des reproches désobligeants quils estimaient pourtant mérités et qui leur brûlaient les lèvres ; oui, ils tenaient à me faire sentir quils préfé-raient momentanément ne pas madresser la parole pour ne pas commencer une querelle qui risquait de compromettre le repas, mais elle couvait dangereu-sement, cette querelle, et tous mes sens me disaient quelle pouvait éclater sous le premier prétexte venu. Lydia plus nerveuse que les autres ne put contenir complètement son exaspération et, dune voix cin-glante, elle me lança à travers la table :
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