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Le point final
Arlette Séré
Le point final
ROMAN
© Editions Le Manuscrit, 2003 ISBN: 2-7481-3203-3 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-3202-5 (pour le livre imprimé)
A mon mari Luis et à mes enfants Béatrice et David
CHAPITRE I
Laube nallait certainement plus tarder à poindre mais aucune lueur ne pénétrait encore par les vitres de la fenêtre aux rideaux tirés et le silence était presque total dans la grande pièce presque entière-ment plongée dans lobscurité où seule une petite lampe était allumée à côté de Viviane. Depuis son retour après labominable soirée passée chez Natha-lie, elle était restée assise devant son ordinateur, bien droite, les jambes croisées, et ne quittait pas lécran du regard en écrivant rapidement. Soudain elle sar-rêta, sétira, changea de position, se mit à bailler et revint au début de son document pour se relire :
« Enfin, tu as daigné arriver ! On allait se mettre à table sans toi. » Dun geste presque rageur, sans esquisser le moindre petit sourire ni me concéder un seul regard, Nathalie marracha presque des mains le cadeau que je lui tendais, le posa brutalement sur un petit guéridon où sentassaient déjà dautres paquets, puis me poussa vers le salon où sélevait un mur-mure confus de voix. Une exclamation unanime dimpatience maccueillit dès que je fis mon appa-rition sur le pas de la porte : « Il nest pas trop tôt ! - Un peu plus et on mourait de faim ! - Madame nous a enfin fait lhonneur darriver !
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Le point final
- Tu as fait rater le repas de Nathalie ! » Personne ne se donna la peine de me saluer ni découter les vagues excuses que javais préparées et que je balbutiais en baissant la voix à chaque syl-labe ; pressés, ils sétaient tous levés dun bond pour se diriger vers la table de la lourde salle à man-ger en chêne qui sentassait dans une petite pièce adjacente où ils sinstallèrent après maintes discus-sions pour savoir qui sasseyait à côté de qui, tout en faisant de petites remarques désobligeantes, en cla-mant bien haut que cétait vraiment incommode que je vienne toujours seule et que jabîme ainsi leur par-faite alternance. Finalement, ils mexilèrent volon-tairement en bout de table comme une enfant mise au coin parce quelle ne sétait pas bien portée avec les grandes personnes. Une fois le brouhaha des chaises apaisé, les pro-pos fusèrent de toutes parts, chacun affectait une gaîté qui sonnait faux et, bien quils fassent sem-blant davoir des choses à se dire, dêtre contents de se retrouver, le parti-pris de mignorer quils af-fectaient envers moi ne montrait que trop bien qu ils étaient encore contrariés de lattente que je leur avais infligée, que je nétais pas pardonnée et que ce nétait que par égard pour Nathalie quils ne se lan-çaient pas dans des reproches désobligeants quils estimaient pourtant mérités et qui leur brûlaient les lèvres ; oui, ils tenaient à me faire sentir quils préfé-raient momentanément ne pas madresser la parole pour ne pas commencer une querelle qui risquait de compromettre le repas, mais elle couvait dangereu-sement, cette querelle, et tous mes sens me disaient quelle pouvait éclater sous le premier prétexte venu. Lydia plus nerveuse que les autres ne put contenir complètement son exaspération et, dune voix cin-glante, elle me lança à travers la table :
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