Le prince impérial

De
Publié par

Biographie du prince Napoléon. "Ce bon fils ignore tout du terrain nouveau qu'il va rencontrer. La Cour lui est un pays plus inconnu que les cirques lunaires. Dans un milieu où sont épiés les moindres gestes, toutes paroles guettées et commentées, il fait étalage de franchise, aussi peu courtisan que possible, même assez paysan du Danube".
Publié le : mardi 1 janvier 1935
Lecture(s) : 10
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246798606
Nombre de pages : 256
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
DU MÊME AUTEUR :
Chez Plon-Nourrit et Cie

LES GRANDES MYSTIFICATIONS LITTÉRAIRES, 1re série. Un volume in-16.

LES GRANDES MYSTIFICATIONS LITTÉRAIRES, 2e série (Couronné par l’Académie française). Un volume in-16.

AUGUSTIN THIERRY D’APRÈS SA CORRESPONDANCE ET SES PAPIERS DE FAMILLE (Couronné par l’Académie française. Prix Marcelin Guérin, honoré d’une souscription du Ministère de l’Instruction publique et du Comité France-Amérique). Un volume in-8°.

TROIS AMUSEURS D’AUTREFOIS : Carmontelle, Collé, Moncrif. Un volume in-16.

UNE HÉROÏNE ROMANTIQUE : La Princesse Belgiojoso (Couronné par l’Académie française, prix Bordin). Un volume in-8°.

UN COLONIAL AU TEMPS DE COLBERT : Robert Challes, écrivain du Roi (honoré d’une souscription du Ministère de l’Instruction publique). Un volume in-8° écu.

MÉMOIRES DE ROBERT CHALLES : Voyage aux Indes d’une escadre française (1690-1691). Un volume in-8° écu.

Chez Ed. Malfère, éditeur.

UN MÉNAGE D’AVENTURIERS. Un volume in-16.

MADEMOISELLE DE CLÉNORD, roman historique. Un volume in-16.

LES « RÉCITS DES TEMPS MÉROVINGIENS » (Collection des Grands Evénements Littéraires). Un volume in-16.

LES « LIAISONS DANGEREUSES » (Collection des Grands Evénements Littéraires). Un volume in-16.

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

© Éditions Grasset & Fasquelle, 2012.

9782246798606 — 1re publication

A SON ALTESSE IMPÉRIALE

LE PRINCE NAPOLÉON

HÉRITIER DU GRAND NOM DES BONAPARTE

23 Janvier 1935.

A la fin du présent volume, on trouvera l’énumération des sources d’information générale, journaux et publications diverses, la liste des principaux ouvrages que nous avons consultés.

L’auteur est en outre redevable, pour beaucoup, des précieux documents inédits et des témoignages particuliers contenus dans ce livre, à l’inépuisable complaisance, au bon vouloir averti et jamais lassé de monsieur le duc de Massa. Qu’il veuille bien agréer ici l’expression de sa reconnaissance.

Cette gratitude doit également s’adresser à Madame la princesse de Wagram, au feu général Espinasse, à monsieur le duc d’Albuféra, au commandant J. Hanoteau, à monsieur Louis Maudet, qui acceptèrent, avec tant d’obligeante bonne grâce, d’interroger leurs souvenirs, de compulser leurs collections, d’entr’ouvrir pour lui leurs archives de famille.

I

L’ENFANCE

I

LA NAISSANCE ET LE BAPTÊME

Mil huit cent cinquante-six : l’année bénie du Second Empire.

C’est, à l’intérieur, le calme enfin rétabli, le pays rassuré, le commerce et l’industrie renaissant, les grands travaux publics amorcés qui vont transformer Paris et la province.

Au dehors, c’est notre prestige restauré, l’étoile française obscurcie qui reprend son éclat.

L’Empire naissant s’est haussé au plan des vieilles monarchies qui l’acceptent et lui font honneur. A Windsor, malgré son orgueil dynastique et ses préjugés traditionnels, la reine Victoria n’a-t-elle pas voulu réserver le plus flatteur accueil au couple impérial : ne vient-elle pas, rendant la visite, de cimenter en personne l’amitié franco-anglaise nouée dans les tranchées devant Sébastopol ? Et là-bas, aux rivages de Crimée, après Inkermann et l’Alma, Malakoff et la Tchernaïa, jeunes victoires auréolant les aigles, la superbe moscovite a dû s’humilier, le tsar solliciter la paix.

Une paix que discutent actuellement les plénipotentiaires assemblés en Congrès au Louvre, où la Prusse et l’Autriche implorent comme une faveur de participer, où l’Orient délivré accepte notre patronage, où l’Angleterre, elle-même, nous consent la plus belle part !

A peine, si dans quelques salons du noble faubourg, on nasarde encore « le Parvenu de Décembre », si dans quelque soupente bellevilloise, on injurie « Napoléon le Petit ». Mais les uns, déjà, pensent au ralliement ; et les autres, muselés, n’osent élever la voix.

Et voilà qu’une joyeuse rumeur nait, grandit, circule, se propage : « L’Impératrice a des espérances. »

Depuis quelque temps, on le soupçonnait. Aux dernières fêtes de la Cour, sa pâleur et sa lassitude avaient frappé tous les regards. Les mieux renseignés n’ignoraient pas, qu’à Londres, elle avait consulté sir Charles Lockoch, l’accoucheur de la reine.

Pourtant, l’on doutait encore ; mais, à présent, nulle hésitation possible. L’autre jour, à Courbe voie, pendant une visite aux blessés de la Garde rapatriés de Sébastopol, un malaise a saisi la souveraine. Le docteur Conneau l’a confié au major Blaise qui tenait à lui présenter un mutilé de la face :

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.