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le printemps des tourterelles

De
291 pages
Cette histoire vraie débute en 2009. A cette époque, les progrès de l'informatique et de l'électronique sont tels qu'il devient possible de fabriquer de minuscules robots capables de s'insinuer partout sans être détectés. Télécommandés, ils peuvent amener la morts n'importe où impunément. Faciles à mettre au point, ils sont mêmes à la portée des petits seigneurs de par le monde. Ce sont eux qui ont véhiculé l'épidémie qui a décimé les dirigeants de la planète : politiques, industriels, mafieux, etc. Et c'est là qu'il devient pressant de répondre à la question : pourrons-nous vivre sans chefs ?Ce récit retrace comment tout ceci est arrivé.
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Armand et Yvonne Tardella
Le Printemps des tourterelles
ROMAN
Avertissement de l’éditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre.
manuscrit.com 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
© manuscrit.com, 2003
RENCONTRE
Jacques poussa doucement la porte de fer forgé du petit cimetière. Ce lieu, juste à la sortie du vil-lage, dégageait indéniablement une impression de paix et de repos. Ses tombes, pour la plupart très an-ciennes, et parfois surmontées d’une verrière typique du pays, reflétaient l’art de la région avec ces porce-laines fines où s’inscrivaient en noir sur fond blanc le nom du regretté défunt. Les allées bien droites bordées de pierres tombales aux couleurs grises scin-tillaient sous le soleil de ce mois d’août. Jacques se dirigea vers l’endroit que sa femme et lui avaient choisi pour y reposer un jour, quand la mort viendrait les chercher. Ils ne pensaient pas alors, que moins de trois ans plus tard, l’un d’eux y serait couché. Il s’arrêta devant le caveau de sa compagne et déposa dans le lourd vase de fonte un bouquet de fleurs fraîchement coupées. Des fleurs de son jardin. Il se remémora amer les derniers mois de souf-france endurée par sa femme. Maintenant pour elle, tout était fini, et c’était mieux ainsi. L’acharnement thérapeutique l’avait rendue aussi légère qu’un fétu de paille, et les maux qu’elle semblait éprouver malgré les doses élevées de médicaments ingurgités, le rendait, lui, fou de douleur. Assister impuissant à la lente agonie de l’être aimé n’est pas supportable... Il avait même
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parfois souhaité la disparition d’Hélène pour que tout cela cesse, qu’il ne la voit plus être la proie dé-chirée par cette terrible maladie, par cette leucémie aiguë qui l’avait terrassée en moins de quatre mois... Mais avait-elle vraiment eu la volonté de lutter contre ce mal insidieux qui ravageait son sang ? Avait-elle simplement recherché au fond d’elle même la force de se battre contre le mal ? Peut-être n’avait-elle pas réussi à surmonter la profonde bles-sure causée par la mort récente de leur fils, disparu en Janvier 2008 au volant de sa voiture. La route était toujours aussi meurtrière en cette fin de décennie ! "Rien à voir avec le décès de votre fils", avaient affirmé les médecins. Jacques, lui, n’aurait pas été aussi affirmatif : le moral est un facteur si important pour lutter contre la maladie et faire face aux épreuves de la vie ! En tout cas, la leucémie l’avait emportée. Hélène était décédée le 22 août 2008, il y avait un an exac-tement ! Aucun traitement n’avait réussi à la sauver. Le mal avait été trop brusque, trop violent. Bien sûr, ils avaient fini par guérir le Sida ! Les vaccins, ça rapporte ! Et tout le monde était vacciné depuis maintenant presque deux ans. On ne pensait quasiment plus à ce fléau des trente dernières années. Mais le cancer ! Il n’y avait pas de vaccin contre le cancer ! C’était, paraît-t-il, plus compliqué... Et s’il était mieux, pour elle, dans ces conditions de souffrance physique, de quitter le monde, il res-tait à Jacques à apprendre à vivre seul avec cette im-mense déchirure au fond du cœur. Six mois après le décès de sa femme, il avait eu 65 ans. Lui qui, auparavant, attendait avec impatience ce moment, se trouvait si désemparé qu’il avait hé-sité à prendre sa retraite. Abandonner toute activité professionnelle l’effrayait soudain : la peur de l’en-nui et surtout tant de solitude... Mais par conviction,
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Armand et Yvonne Tardella
et par solidarité avec les chômeurs dont on n’arrivait toujours pas à diminuer le nombre, il avait cédé son poste de travail à un plus jeune. Il n’avait cependant pu se résoudre à quitter son domicile de la banlieue parisienne, pour partir vivre définitivement dans ce village campagnard du Mas-sif Central où, avec Hélène, ils avaient acheté une vieille maison. Alors, depuis, il errait entre ses deux habitations.
Aujourd’hui, jour du premier anniversaire de la disparition de sa femme, il était allé au cimetière. Non parce qu’il était croyant, il n’avait d’ailleurs ja-mais vraiment su prier, même quand enfant, ses pa-rents l’avaient forcé à suivre le catéchisme et à aller à la messe tous les dimanches. Il les enviait presque pourtant ces êtres qui se concentraient si fort qu’ils semblaient, par moment, entrer dans une extase to-tale de communication avec le Créateur ! Mais à lui, ce genre d’envolée spirituelle ne semblait guère ré-servé. Et d’ailleurs, maintenant, il ne croyait plus en toutes ces balivernes. Il y avait déjà bien long-temps que cet ancien cégétiste avait abandonné toute croyance religieuse ou politique. Il restait encore au fond de lui quelques idées philosophiques, mais la vie s’était chargée de lui ôter bien des illusions... Jacques se tenait près de la tombe d’Hélène. Il était venu pour le souvenir, pour partager encore quelques instants comme avant. Pour la proximité aussi, car elle était là, à moins de deux mètres sous terre. Il aurait presque pu la toucher... Si seulement tout pouvait recommencer comme avant, au temps de leurs projets communs ! - Ah ! Ça aurait pu être une belle journée, son-gea-t-il, la rage au cœur, en regardant ce ciel lumi-neux, d’un bleu sans tache. Au lieu de ça, je me traîne ici... Tout seul !
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Le vol d’un rapace, au-dessus tourna quelques instants de ses amères.
de sa tête, le dé-pensées tristes et
Il était un peu plus de deux heures de l’après-midi. Il régnait une chaleur torride dans ce calme village d’Aureil, où il avait prévu de vivre paisiblement sa retraite en compagnie de sa femme. Ils avaient choisi de s’installer à proximité d’une grande ville de pro-vince et leur habitation se situait à environ sept kilo-mètres à l’Est de Limoges. Le bruit, l’agitation urbaine incessante, la circu-lation dense de la ville leur avaient fait préférer le calme serein de ce petit bourg qui offrait l’avantage d’être en retrait du tourbillon de la vie moderne. En même temps suffisamment proche de l’aggloméra-tion limousine, ce lieu leur permettait de profiter du progrès technique. En cas de besoin, dix mi-nutes leur suffisaient pour aller y faire leurs courses, consulter un médecin, ou faire une sortie dans un res-taurant, sans oublier le cinéma dont ils étaient tous deux de grands amateurs... Et puis, la capitale n’était plus qu’à deux heures de train de Limoges. Il était facile de rejoindre leur habitation campagnarde, pour le week-end en attendant d’en profiter pleinement sept jours sur sept l’âge venu. Tous deux avaient eu le même coup de cœur en découvrant ce village. On y accédait en quittant la route départementale 44. Après avoir franchi le petit pont de pierres, on grimpait doucement vers le haut du bourg. Un ancien pigeonnier surmonté d’un toit de tuiles faisait face à la mairie moderne qui jouxtait l’école où se regroupaient les enfants de maternelle et primaire. Au sommet de la butte se dressait une vieille église romane dont le clocher lançait fière-ment son coq de fer vers le ciel. Une petite place bor-dée d’arbres prolongeait le bâtiment sur sa gauche.
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