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Titre
Le repli
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Titre Yonathan Ebguy
Le repli
Roman
5 Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit, 2010 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-03520-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304035209 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03521-6 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304035216 (livre numérique)
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I Comme papillon . . On les aura papie!
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I Comme papillon
COMME PAPILLON
C’est rien, c’est trois fois rien. Antoine est assis et toussote depuis la fin du dîner, des petites perles sans queue ni tête dévalant le verre de sa fenêtre. Dans la maison, les autres dorment. Lui devine une espèce de brume, une brume infâme au fond de ses yeux, derrière, partout derrière, vestiges de la journée. Rien à voir avec la pluie, rien à voir avec le tonnerre abattu dans les cieux plus torturés qu’à l’accoutumée, elle est sa brume synthétique.C’est rien, c’est trois fois rien. Il fait tourner un disque entre ses doigts et voudrait l’écouter. Étonnant comme certains gestes ont bien plus de poids que d’autres. Peut-être se contentent-ils de faire déborder le vase ? Mais leur poids… le battement d’aile est proche. N’importe qui peut le sentir, jusqu’au vieux monsieur trempé barbu assis au sommet de la côte, ça ne fait pas l’ombre d’un doute, que le battement d’aile est proche. L’effet papillon interne, la brume infâme.
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Yonathan Ebguy
La chanson parle de l’exil, parle du désir que les femmes peuvent instiller de ne jamais rentrer chez soi. C’est rien, c’est trois fois rien. Chante pourtant. C’est dans la lueur des cigarettes solitaires, celles dont la cendre s’écroule sur les replis des cuisses, les cuisses collées aux chaises que germent quelques idées qu’il voudra croire fertiles. Donner vie. Il l’avait fait, il l’avait fait. C’est rien, toujours rien. Pourtant. C’est dans la lueur des chansons malades, celles dont les notes s’égrènent sur les replis des tripes, les tripes collées aux chaises que germent quelques projets qu’il voudrait croire utiles. C’est encore brouillon, un foisonnement incontrôlé, mais Antoine l’écoute, tout ouïe. Il est bien, décalé de lui, enfin. Il appuie sur « Repeat », la chanson reprend, il se lève.Rien d’autre.Respiration.Voici Antoine au loin.Il se répéta quelques phrases, des postulats de base. Blablablabla. Ceux dont l’étrangeté s’érigerait au devant de ses pas seraient ses nouveaux fœtus. Blablabla. Rien d’autre. Le
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