Le Respect qu'on se doit

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Le héros de cette histoire est par excellence un anti-héros. Au moindre problème, au moindre échec, le suicide lui apparaît comme la seule et unique solution acceptable. Pourtant il ne va jamais jusqu'au bout de son acte, soit parce qu'il s'y prend mal à chaque fois, soit parce que sa bonne fortune lui ouvre toujours une porte de sortie qui le fait renoncer à son geste. Son existence n'est qu'une accumulation de déconvenues variées, professionnelles, financières, sentimentales, doublées d'un mal-être permanent et d'une insatisfaction perpétuelle. Renvoyé de son travail, ruiné par son épouse, il connaîtra la précarité. Remis à flot par un héritage inopiné, il vivra la perte douloureuse d'un fils qui lui aura toujours été caché. Mais peu à peu, il acquerra une solide philosophie qui lui permettra par la connaissance de lui-même d'atteindre le "bonheur des simples" au sein de la nature, le seul milieu avec lequel il se sera senti en parfaite adéquation. Alors qu'il a tout surmonté, une dernière épreuve vient l'atteindre, celle d'une maladie incurable: cette fois, c'en est trop et il choisira de "s'incliner et de tomber avec grâce", privilégiant avec sa liberté de choix "le respect dû à son individu" qui méritera mieux qu'une fin sordide sur un lit d'hôpital.


Publié le : mercredi 7 mai 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342023299
Nombre de pages : 286
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Alain Giraudo LE RESPECT QU’ON SE DOIT
Mon Petit Éditeur
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Préambule qui pourrait aussi bien servir de conclusion que d’introduction. Ceci est l’histoire de ma vie. Dans ces pages, rien qui ne soit sincère, rien qui ne soit vrai. Pourquoi mentirais-je d’ailleurs? Quand j’aurai écrit la dernière ligne de ces mémoires, mon exis-tence s’achèvera et puis ce sera tout. Ma décision est prise, je ne faiblirai pas, je le sais car l’idée me trotte dans la tête depuis trop longtemps et de toute façon, je n’en puis plus. Toutefois, je ne veux pas mourir sans laisser de témoignage, cette démarche m’est indispensable pour partir en paix et quelque fatigue qu’il m’en coûte, je l’accomplirai. J’ai commencé ce texte il y a seu-lement quinze jours, depuis que je sais que plus rien n’est possible. Qui me lira ? Je ne sais. Me lira-t-on dans tous les cas ? Sans femme, sans enfants ou amis, nul ne s’intéressera, je le crains bien, à ce cahier que je remplis à toute allure sachant que si je tarde trop, les forces me manqueront pour achever mon dessein. Peu importe, l’important est d’écrire ce que j’ai à écrire et il se trouvera bien une personne pour trouver ce document, surtout si je le laisse à côté de moi avant de… sauter le pas. Soyons clair: il est hors de question d’importuner mon lec-teur éventuel par de fastidieux détails sur le quotidien d’une existence qui fut à l’image de beaucoup d’autres, rien moins qu’héroïque, souvent monotone et sans relief particulier. Je ne rédige pas une biographie qui n’intéressera nullement les ama-teurs de vies remarquables, sachant que je n’ai été qu’un citoyen quelconque, ni meilleur ni pire qu’autrui et que les neuf 7
LE RESPECT QU'ON SE DOIT dixièmes de mon temps passé sur terre ne se différencient au-cunement (ou si peu!) du lot commun de mes semblables. En revanche, maintenant que j’arrive au terme de ma parabole, j’ai la ferme conviction que ces soixante années ont tenu dans quelques moments privilégiés. Qu’on ne s’y trompe point: les moments dont je parle et qui vont constituer la substantifique moelle de ce livre ne sont aucunement des épisodes heureux de ma vie. Je ne veux pas dire par là que je n’ai jamais connu le bonheur. Comme tout un chacun, j’ai éprouvé de grandes joies et des instants de liesse profonde, j’ai ressenti la douceur de l’amour donné et reçu, j’ai vibré en de multiples occasions pour une femme ou sur une simple musique: doté par nature d’un tempérament sensible à l’excès, j’ai souffert plus que de raison pour des contingences aussi bien que pour des motifs avérés, mais en retour, j’ai joui sans modération et dans une proportion sûrement supérieure à la moyenne des diverses occurrences que la vie m’a proposées et s’il fallait résumer cette dernière sur ma pierre tombale, je rédigerais l’épitaphe suivante comme étant la plus représentative de ce que je fus vraiment : Il a souffert, il a joui, il a vécu. Pourtant, si intenses fussent-ils, ces instants de bonheur n’ont en aucune façon été les plus marquants de ma vie. Et si, pour reprendre l’adage fameux selon lequel «le but de la vie, c’est la mort», ces moments joyeux dans ma mémoire doivent laisser le pas à d’autres, nettement plus sombres où justement la camarde est venue frapper à ma fenêtre, tantôt discrètement, tantôt à coups redoublés, comme si elle était, selon l’occasion, plus ou moins impatiente que je lui ouvrisse la porte, devinez pourquoi ? Ces épisodes particuliers ont jalonné mon existence et si une poétique image apparentait cette dernière à un collier de jours porté autour de mon cou, ils en seraient les perles noires réparties assez régulièrement tout le long de la chaîne par
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LE RESPECT QU'ON SE DOIT la volonté d’un dieu qui fut pour moi tantôt funeste, tantôt pro-tecteur. Autant dire que ces points d’orgue de ma vie seront la trame essentielle et quasi unique de ce document que je laisse à la pos-térité, encore que cette affirmation soit bien orgueilleuse de ma part. Car ils ont été le champ de bataille où se sont affrontées dans un combat titanesque deux puissances formidables : d’une part la mort que j’ai déjà citée et de l’autre, mon amour instinc-tif de la vie et des joies qu’elle procure. C’est ainsi que maintes fois, au cours de ce gros demi-siècle de mon passage sur la ma-chine ronde, j’ai ressenti (et je ne me fais point faute de l’avouer) l’incoercible envie d’en finir et de trancher radicale-ment le cours d’une existence soudainement malmenée par une catastrophe ou un état de désespérance tel que je me sentais incapable de poursuivre l’aventure plus loin. Très dissemblables furent les motifs de mes brutales appétences au suicide, mais tous furent battus en brèche et donc vaincus, au moins momen-tanément, par ce que j’appellerai ma gourmandise du bonheur et mon envie de profiter encore et toujours des bonnes choses que ma présence sur terre était susceptible de m’offrir, jouis-sances robustes des acmés de ma vie ou plus simplement, petits plaisirs simples du quotidien, faciles à goûter et qui ne coûtent rien, contentement du palais sous la caresse d’un chocolat fon-dant, bouffée d’air pur aux effluves de fleurs printanières, coucher de soleil sur la Grande Bleue, la liste serait longue… N’allez pas croire, vous qui me lirez, que je fusse un vulgaire épicurien, pire, un hédoniste avide seulement de butiner de-ci de-là toutes les voluptés possibles et imaginables. Ou ce qui est pire, un décadent à fleur de peau, corrompu par sa propre déli-quescence et n’aimant rien tant que jouer à se faire peur. Loin de là !
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LE RESPECT QU'ON SE DOIT Ma vie a été celle de beaucoup de gens, ni plus ni moins. J’ai travaillé, j’ai aimé, j’ai essayé de construire dans le domaine pragmatique et matériel, bref, rien que de très classique aux antipodes de l’image du jouisseur précieux et maniéré dans la-quelle, malgré les apparences, je ne me suis jamais vraiment reconnu. Mais nonobstant mes coups durs (et j’en ai connu ma bonne part), malgré mes échecs, mes mauvais choix et mes dé-convenues, en dépit de tous les efforts dispensés pour rien ou si peu, je puis affirmer haut et fort que si je n’ai pas baissé les bras jusqu’à aujourd’hui, si je n’ai jamais succombé à l’envie d’en finir une bonne fois pour toutes, je le dois à cet amour invétéré de la vie qui m’a permis de tenir envers et contre tout pendant près de cinquante ans. Je dis cinquante ans quoique j’en accuse à présent soixante-deux bien sonnés, parce que mes premières infortunes, du moins celles qui m’ont insufflé l’idée sombre de commettre, n’ont débuté qu’une fois ma quatorzième année atteinte. Au cours de cette longue période, que d’occasions suf-fisamment dramatiques ou simplement décourageantes propres à me donner l’envie de me faire sauter le caisson ! Ce sont ces occurrences qui forment la trame du présent récit, elles seules me semblent résumer ma vie. Néanmoins cette narration ne saurait se suffire à elle-même et il est hors de question pour moi de présenter dans l’histoire d’un être humain, moi en la circons-tance, la liste fastidieuse des moments suffisamment douloureux pour que celui-ci en vienne à envisager de dégager la place. Entendons-nous bien: ce que j’entends démontrer, car j’ai cette prétention, même au seuil de la mort, c’est que la plupart de nos malheurs peuvent être surmontés et qu’en ce qui les concerne, la vie doit l’emporter en les reléguant au second plan des choses de peu d’importance. C’est le message d’espoir que je souhaite léguer à ceux ou celles qui par hasard tomberaient sur le présent cahier : les chagrins d’amour, les soucis d’argent,
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