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Le retour au soleil

De
243 pages
Espoirs et désespoirs amoureux La lutte d'un couple face à l'enfer de la drogue Francis, jeune ouvrier des chemins de fer, se remet très mal d'une douloureuse rupture et est au bord de la dépression. Alors qu'il se complaît dans la mélancolie, Paul, un collègue de travail, le prend sous son aile et lui présente Isabelle, une jeune femme séduisante et mystérieuse qui tente de se sortir de la drogue depuis des années. Résolu à l'aider, Francis pousse Isabelle à se faire désintoxiquer et commence avec elle une relation tumultueuse. La force de son amour suffira-t-elle à vaincre les démons d'Isabelle? Dans ce roman réaliste et cru, Willy Robert nous entraîne dans les méandres de la toxicomanie, et soulève la question de la possibilité d'une rédemption.
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Willy Robert
Le retour au soleil
Roman
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02348-0 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304023480 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02349-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304023497 (livre numérique)
Willy Robert
Encore une journée qui commençait. Elle serait aussi moche que les autres. Il n’avait plus aucun plaisir à rien. C’était presque le noir complet. Chaque jour qui se suivait apportait son quotidien de ras le bol, de grisaille, de manque d’entrain. Tous les matins c’était le même cérémonial, lever, rasage, un coup de lavette, une tasse de café prise sur le pouce. Il avait la tête dans une sorte de brouillard qui ne se dissipait pas tout au long de la journée. Il vivait dans un univers glauque, poisseux. Il n’osait même plus se regarder dans un miroir, car il se serait craché dessus, tant il se dégoûtait. Cela avait au moins un point positif, ça l’empêchait de penser. Car il ne pensait plus. Depuis que Renée l’avait quitté, il y avait maintenant deux longues années, c’était tous les jours la même chose. Il déprimait, ne pensant même plus à relever la tête. Pourtant, il n’avait pas tout raté. Les examens de fin d’apprentissage de mécanicien, avaient été couronnés de succès. Mais la conjoncture de
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l’époque ne lui avait pas permis de trouver une place de travail qui aurait pu le satisfaire. Les licenciements, le chômage, ne permettaient pas de bien grandes aspirations. Il s’était tourné alors vers les chemins de fer et avait été engagé comme ouvrier professionnel. Il avait travaillé les premières années avec enthousiasme, mettant dans son travail tout ce qu’il avait appris, cherchant à parfaire ses connaissances. Il travaillait plus lentement que ses camarades, ne laissant rien au hasard. Cela lui apportait les moqueries des autres qui le laissaient indifférent. De la jalousie aussi, car les mécaniciens préféraient les machines qu’il avait contrôlées, Ils étaient sûr de ne pas avoir de pépins durant leur prestation. Puis, il avait trouvé Renée. Un soir, se sentant seul en sortant du travail il était allé jusqu’à la buvette au bord du lac. Elle était là, attendant, elle ne savait quoi. Une esseulée qui tuait le temps comme elle pouvait. Elle était assez grande, un visage ovale, régulier encadré par des cheveux milongs d’un noir de geai partagés par une raie au milieu. Un nez légèrement aquilin, une bouche qui s’ouvrait sur de magnifiques dents blanches, on voyait qu’elle les entretenait. Elle portait un chemisier blanc, ouvert sur la poitrine, qui laissait voir la naissance de ses seins qu’elle avait hauts et
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fermes. Les bras qui dépassaient des manches courtes étaient légèrement bronzés, attachés à des mains longues et fines. Un petit médaillon au bout d’une fine chaîne, rehaussait la pureté de sa peau. Un pantalon noir, moulant, faisait contraste avec le chemisier et l’ensemble dégageait une impression de propreté et de chaleur que rehaussait la tenue de toute sa personne. Il avait suffit d’un seul regard pour qu’ils se comprennent. Deux âmes seules cherchant une épaule pour se consoler mutuellement de leur solitude. Un an plus tard, elle allait habiter chez lui et cela dura deux ans. Francis était d’un caractère plutôt indécis pesant longuement le pour et le contre avant de prendre une décision. Renée était plutôt une fonceuse, prenant les problèmes à l’emporte pièce. Cela lui avait causé bien des déboires, mais elle ne pouvait lutter contre ce caractère. Elle finit par se lasser des tergiversations de Francis, qu’elle quitta pour aller vivre « une vie plus mouvementée » lui avait-elle dit. Et il se retrouva seul, se réfugiant dans le travail, s’enfonçant de plus en plus dans une monotonie dont il ne parvenait pas à en sortir. Il se replia sur lui-même, parlant juste ce qu’il fallait dans le cadre de son travail. Peu à peu, il fut délaissé et mis de côté.
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Les moqueries se tournèrent en vexations, et il finit par se lasser de cette situation. Son travail ne s’en ressentait pas, mais il l’accomplissait avec moins de plaisir, moins d’ardeur. Il s’installa dans une routine qui n’avait plus rien à voir avec son enthousiasme du début.
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