Le retour de l'étrangère (Harlequin Prélud')

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Le retour de l'étrangère, Barbara McMahon

Eliza Shaw et Cade Bennett ont seize ans et s'aiment passionnément. Mais la sœur de Cade, jeune fille maladivement attachée à son frère, ne supporte pas de devoir le partager. Un jour, e'est le drame : pour les séparer, elle se suicide en accusant Eliza, par lettre, de l'avoir poussée à bout. Le monde explose alors pour Cade et Eliza : fou de rage et de chagrin, Cade refuse d'entendre les explications d'Eliza ; de son côté, désespérée, celle-ci quitte leur Mississippi pour un foyer d'accueil, persuadée qu'elle ne reverra jamais ni Cade ni les hauteurs de Maraville... Pourtant, des années plus tard, le destin ramène Eliza vers ces terres qui, pense-t-elle, lui sont devenues étrangères. Etrangères, vraiment ? Quand elle pousse la porte de sa vieille maison d'enfance, elle est assaillie par les souvenirs, transportée malgré elle à l'époque où elle ne vivait que pour Cade. Alors soudain, l'évidence s'impose à elle : le temps est venu d'affronter le passé et de démêler avec Cade tous les malentendus.

Publié le : dimanche 1 avril 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280262194
Nombre de pages : 352
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Prologue
— On va chez moi ? proposa Shell en accélérant dangereusement, sur la petite route.
Le moteur vrombit et Eliza s’accrocha dans son siège. Qu’est-ce qui lui avait pris de sortir avec ce garçon ? Elle n’avait pourtant aucun goût pour les frimeurs ! Pas plus que pour les as du volant, d’ailleurs. Elle ne quittait pas la petite route des yeux, priant à chaque virage que la voiture ne fasse pas d’embardée. Les platanes, plantés le long de l’accotement, défilaient à toute allure — à tous les coups, ils allaient finir par en emboutir un.
— Non, on ne va pas chez toi, déclara-t-elle sèchement. Il faut que je rentre.
Quel enfer ! Elle avait passé une journée absolument atroce et n’avait qu’une hâte : en finir au plus vite. Et vivante, de préférence ! Elle n’avait à s’en prendre qu’à elle, de toute façon. A la minute même où elle avait accepté l’invitation de Shell, elle avait su qu’elle faisait une erreur. Ce type était une catastrophe ambulante ! Elle pouvait bien s’en mordre les doigts, c’était trop tard. Il fallait qu’elle assume, maintenant, et qu’elle se prépare au pire. En cela, la manière totalement irresponsable dont Shell conduisait en ce moment, si elle la punissait déjà de sa témérité, n’était rien au regard de l’accueil qu’allait lui réserver Maddie. Non seulement elle venait de passer la journée à La Nouvelle-Orléans sans en avoir averti sa mère adoptive, mais comme si ça ne suffisait pas, elle avait séché les cours. Elle avait prétexté un devoir à réviser pour quitter la maison une heure plus tôt que d’habitude, prétendant qu’elle devait rejoindre une de ses camarades de classe chez elle pour bosser. Même si elle rentrait à une heure plausible, elle craignait que Maddie ait découvert le bobard et l’attende de pied ferme pour lui faire la morale. Il y avait des chances, en effet, pour que le lycée ait appelé à la maison dans la matinée. Elle était épuisée, affamée, et au bord de la crise de nerfs. Il ne manquait plus qu’elle se prenne un savon et elle aurait tout gagné ! Super journée…, se dit-elle en posant son front contre la vitre.
Enfin, même si elle devait subir les foudres de la ville entière, elle s’en moquait pas mal, au fond. L’important était qu’elle ait réussi à rendre Cade jaloux. Normalement, April avait dû, l’air de rien, l’informer de sa virée avec Shell et, connaissant son petit ami, il avait sûrement bondi. Du moins l’espérait-elle. C’était un test : soit il tenait encore à elle et il était furieux à l’heure qu’il était ; soit il ne réagissait pas et elle n’aurait plus qu’à faire une croix sur leur relation.
Non, impossible que Cade ne l’aime plus. Bien sûr, elle l’avait vu dans les bras de Marlise, mais ça ne prouvait rien. Ça ne pouvait pas être sérieux entre eux, elle en était certaine. Ce qu’elle voulait, c’était juste lui ouvrir les yeux, et l’obliger à lui parler, à s’expliquer. Quant à elle, il lui serait facile de le convaincre qu’il ne s’était rien passé avec Shell. Ce type lui sortait littéralement par les yeux ! Il avait passé la journée à essayer de la peloter et à lui servir des blagues plus ou moins fines avec un air content de lui. Une vraie tête à claques ! Heureusement, ils arrivaient à Maraville : elle allait bientôt pouvoir se débarrasser du boulet.
Sauf qu’il insista…
— Allez, ma puce, insista ce dernier en posant la main sur sa cuisse nue. Détends-toi ! On ne va tout de même pas se quitter comme ça ! Pas après la journée géniale qu’on vient de passer tous les deux…
Ce mec ne s’arrêtait donc jamais ? Il en tenait une sacrée couche, vraiment ! Idiot, et grossier, avec ça. Eliza poussa un soupir d’exaspération et colla ses jambes contre la portière. Elle était certaine de ne pas avoir montré le moindre signe d’enthousiasme depuis qu’ils étaient partis, ce matin ; de fait, elle n’avait quasi pas desserré les dents. Et malgré tout, Shell avait trouvé la journée géniale ? C’était pathétique. Tout comme l’idée qu’elle avait eue de mettre un short, d’ailleurs. Evidemment, la température ambiante s’y prêtait, mais elle aurait pu deviner que son partenaire du jour chercherait à en profiter. Il était réputé pour ça, au lycée. Pour lui, une fille, c’était avant tout une paire de jambes et un décolleté…
— Laisse tomber, lança-t-elle. Je te dis qu’il faut que je rentre. Ma mère va m’étriper si elle apprend que j’ai séché les cours.
— Si tu veux mon avis, ricana Shell, elle est déjà au courant. Tu connais Douglass, il s’est sûrement jeté sur son téléphone dès qu’il a su que tu manquais à l’appel. C’est un sadique, il adore coincer les élèves.
Eliza accusa le coup. En effet, le proviseur du lycée ne laissait pas passer grand-chose. Et spécialement en ce qui concernait les , comme il les nommait. Si elle ne faisait pas expressément partie du lot, il n’en allait pas de même pour ses deux sœurs adoptives. A croire même qu’il avait programmé le numéro de Maddie Oglethrope sur son portable ! Il appelait tous les quatre matins pour se plaindre de Jo et de ses insolences, ou bien menacer Maddie de lui faire retirer ses allocations de famille d’accueil si elle ne veillait pas d’un peu plus près sur April. Evidemment, il était plus facile de s’en prendre à des orphelines, placées chez une femme sans ressources et dont tous les moyens dépendaient de son statut de mère adoptive qu’aux gosses de riches des beaux quartiers de Maraville ! Ceux-là, on les chouchoutait, de peur sans doute qu’ils quittent le lycée et aillent mettre leur argent ailleurs.élèves à problèmes
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