Le Roi sans couronne

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1365, des compagnies de mercenaires sans foi ni loi ravagent la France au grand désespoir du roi Charles V et du pape Urbain V qui chargent Du Guesclin de les conduire en Espagne pour y déposer un roi tyrannique et sanguinaire, Pierre le Cruel, et le remplacer par son frère naturel, Henry de Trastamarre. Le prince Noir, Edouard, fils du roi d'Angleterre qui règne sur l’Aquitaine, joint ses troupes à l’entreprise. À la tête de douze mille soudards, Bertrand Du Guesclin entame une guerre d'une rare violence, longue de cinq ans et qui met l’Espagne à feu et à sang. Au milieu des duels, des embuscades, des trahisons, des conflits internes à son armée, Duguesclin découvre pourtant l'amour dans les bras d'une belle courtisane de la cour d'Henry. Vingt ans après, Gautier d’Ambreville, un jeune chroniqueur qui rédige la biographie de Guesclin, rencontre la belle et s’en éprend tandis qu’elle lui conte le récit de l’épouvantable campagne menée par Bertrand dans son pays. L’auteur signe ici un roman épique qui retrace un épisode moins connu de la vie du célèbre capitaine breton, plongé au cœur des rivalités de deux frères ennemis presque malgré lui et contraint d’épouser la cause d’un roi à qui il s’efforce de rendre sa couronne. Pris entre les exigences de sa mission et une vengeance personnelle, le futur connétable trouvera l’amitié, l’amour et perdra les deux avant de rentrer en France sur ordre de son roi.
Publié le : jeudi 12 avril 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748383300
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748383300
Nombre de pages : 298
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François Romain
LE ROI SANS COURONNE
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117365.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
Prologue. 1390 – Espagne : environs de la ville de Molina Le jeune homme chevauchait seul, maintenant sa monture
au pas sur une route poussiéreuse qui serpentait au cur dun environnement sec, aride et désolé. La lande quil traversait était vallonnée et les sols brûlés semblaient privés deau depuis long-temps. La terre était devenue poussière à force de soleil et, hormis quelques chardons émergeant dentre les pierres, la flore se faisait rare dans cette contrée reculée. On était en automne et une petite fraîcheur commençait à envahir latmosphère, dautant plus que le soleil sétait caché derrière de gros nuages annonciateurs dun orage imminent. Le cheval, un grand alezan clair, semblait plutôt fourbu. La robe pleine décume, la tête basse et la langue pendante, il avançait péniblement sur le che-min caillouteux, manquant de trébucher à chaque pas. Le cavalier, à peine plus frais, tenait à grand-peine sur sa selle et leur état respectif indiquait quils venaient de franchir une lon-gue et fatigante étape dans leur voyage. Ils avaient, de fait, parcouru une impressionnante distance durant la nuit et étaient harassés. Ils venaient de France et, en ces temps troublés, un long périple semé de diverses embûches les avait conduits dans ce coin perdu dEspagne où le cavalier savait, avec une quasi-certitude, trouver qui il était venu cher-cher. Lhomme était jeune, vingt-cinq ans environ, blond, solidement bâti, son visage quéclairaient deux yeux bleus très clairs était pour lheure mangé dune barbe de plusieurs jours. En dépit de sa posture avachie sur la selle, la façon dont il gui-
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dait sa monture et les brèves, mais vigoureuses reprises en main de ses rênes quand son cheval faisait un écart, attestaient chez ce jeune cavalier dune grande énergie. Ses traits fatigués ne parvenaient pas à gommer lexpression volontaire que son vi-sage dégageait. Une longue épée pendait à son côté et une dague était passée dans sa ceinture. Un bagage assez volumi-neux garnissait ses fontes et qui leût croisé aurait compris quil avait quitté ses pénates pour longtemps. Ses vêtements, quoique poussiéreux, étaient loin des guenilles qui habillaient la plupart des paysans quil avait croisés. Il travaillait pour son compte à écrire des récits vivants sur certains personnages dont la vie le passionnait. Il se disait chroniqueur et se nommait Gautier dAmbreville. Son père, un riche bourgeois qui avait fait sa for-tune dans le négoce des soieries dOrient, lui avait donné une éducation irréprochable, alternant études et exercices physiques, parmi lesquels différentes techniques de combat. Sa mère, de petite noblesse, élevée dans les traditions et qui réprouvait ces activités barbares, lavait néanmoins laissé faire, dautant plus quelle sétait rendu compte assez vite que son fils préféré, adulé comme il se doit puisquil était unique, semblait assez doué pour le sujet. Sa bourse, régulièrement garnie par ces parents aimants et accommodants, lui ouvrait souvent de nombreuses portes et lui permettait de vivre sa passion sans se soucier des vicissitudes du quotidien. Il aurait bien le temps de reprendre le commerce paternel quand le besoin sen ferait sentir. Son goût prononcé pour la bagarre lui faisait peu craindre de se faire dérober sa monnaie et certains truands, premier peuple des routes, fort mal avisés, en avaient fait plusieurs fois la douloureuse expérience. En ces temps où la pauvreté était le lot commun des popula-tions dEurope, Gautier, sensible et intelligent, se savait favorisé par sa naissance et affectait partout où il passait une attitude plutôt modeste, ce qui le rendait demblée sympathique à tout le monde. Il était en outre bien mis de sa personne et déclaré beau
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gentilhomme par lensemble des femmes qui le croisaient sur leur chemin, quel que soit leur âge, ce qui ajoutait un peu plus à son personnage et faisait de lui, somme toute, un homme plutôt accompli. Fort bien pourvu par la nature, il était prédisposé aux jeux de lamour et du hasard et, quoiquil fût jeune, certaines dames de lentourage de sa famille sétaient pâmées dans de torrides étreintes avec ce jeune mâle inépuisable et inventif. Nombreuses étaient les alcôves au creux desquelles, en grand secret, dans les moiteurs de fusions charnelles aussi débridées que proscrites par la morale, certaines virginités sétaient envo-lées à jamais et où des époux insouciants sétaient vus soudainement parés dornements frontaux sans même quaucun dentre eux ne puisse soupçonner ce jeune homme si bien élevé de les leur avoir offerts. Son périple le menait à la recherche dune femme susceptible de lui fournir des renseignements sur lhomme dont il rédigeait la biographie et que, selon ses informations, elle avait bien con-nu au moment de son passage en Espagne. Il espérait ainsi compléter ses écrits en faisant moisson de détails qui lui man-quaient et que seule une rencontre avec elle lui permettrait dobtenir. Parvenu au sommet dune butte, il aperçut en contrebas un village dominé par un château, petit mais trapu. Le ciel était menaçant, les énormes nuages gris noir plombaient latmosphère et, excepté celui du pas de son cheval, aucun bruit ne résonnait dans cet environnement hostile que même les lé-zards filant sous les sabots de sa monture semblaient fuir. Gautier jeta un il fataliste sur la voûte céleste, toit dacier qui ne tarderait pas à lui dégringoler en cataracte sur le coin de la figure et se maudit de ne pas sêtre arrêté plus tôt. Malgré tout, il imaginait que londée à venir serait du goût des habitants qui devaient, comme les végétaux, souffrir de la sécheresse. Il espé-rait que ce village perdu dans la rocaille possédait au moins une auberge où il pourrait sabriter et se reposer.
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Il engagea son cheval hésitant dans la descente et parvint au centre du bourg où, à sa grande surprise, régnait une efferves-cence insoupçonnée car cétait jour de marché. Coloré, bruyant, joyeux et fort bien approvisionné, ce mar-ché était pour lui totalement inespéré mais tout à fait étonnant, tant lunivers quil avait traversé pour latteindre paraissait abandonné du monde. Après avoir mis pied à terre et attaché sa monture, il commença à déambuler au milieu des étals, attiré par des effluves appétissants qui lui rappelèrent que ni lui ni son cheval navait ingurgité quoique ce soit depuis la veille au soir, or il était plus de midi. Un gamin dépenaillé dune dizaine dannées surgit tout à coup à côté de lui et Gautier, instinctivement, porta la main à sa bourse. Elle était là, bien accrochée à sa ceinture par une chaîne qui interdisait au premier larron cupide de len délester. Mais lenfant le regardait avec curiosité, simplement, gentiment, et létonnement que Gautier lu dans ses yeux noirs était tout natu-rellement lié à son apparence. Son cheval était racé, son manteau, épais et coûteux, il était seul à posséder des armes, son chapeau ne ressemblait en rien aux couvre-chefs que les Espa-gnols portaient, et tout chez lui indiquait quil était étranger. Du reste, les habitants du village qui navaient manifestement pas lhabitude de croiser ce type de voyageur lobservaient par en-dessous. Avec lair de ne pas y toucher, ils lobservaient bel et bien en détail et sous toutes les coutures depuis son entrée dans le bourg. Intrigué, le petit garçon ne le quittait pas des yeux, alors Gautier sortit une pièce de sa bourse et lui montra son cheval en faisant le geste universel de porter la main à sa bou-che pour lui signifier que sa monture avait faim. Quand le gamin eut pris la pièce, il lexamina, la soupesa, la mordit comme il avait vu faire son père et, satisfait de son examen, hocha la tête en signe dacquiescement avant de filer vers lalezan. Gautier se mit alors en quête dun lieu susceptible de lui fournir de quoi se sustenter. Il avait atteint le centre du
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