Le sang d'Atys

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Ce poème allégorique est une pièce maîtresse dans l'œuvre de François Mauriac.

Publié le : lundi 1 janvier 1940
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246774396
Nombre de pages : 42
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Plaintes de Cybèle
Ton rire jaillissait, vif entre les eaux vives,
Mes branches déchiraient lentement le brouillard
Et ta face brillait sur Cybèle attentive
Mieux que les astres morts qui n'ont pas de regard.
Ton reflet s'endormait dans mes sources cachées
Dont un souffle ridait l'eau froide au goût terreux.
De la chair fourmillante à ma chair attachée
Je ne sentais plus rien que les mains écorchées
D'Atys qui caressait l'herbe de mes cheveux.
Ma douleur sur la mer poussant un cri farouche,
Eût réveillé le peuple assis aux sombres bords :
Atys, tu me brûlais de ta petite bouche,
Je n'avais pas de bras pour enserrer ton corps.
Une ligne de sable, un renflement de dune,
Une frange d'écume et de varech : la mer...
Le doux trait des sourcils sur ta paupière brune
Et l'obscure forêt au bord du front désert :
Ton visage éclairé du feu de deux prunelles,
Étoiles de ma nuit dont les flammes jumelles
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