Le sang des innocentes

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Au pensionnat Bel Air, institution chic et internationale, trois jeunes filles sont successivement retrouvées décapitées et dénudées. Pour sa première enquête,Emma Kanega,une métisse franco-sénégalaise va seconder l'inspecteur Novak et se heurter à l'acariâtre directrice de l'établissement. Derrière ses murs calfeutrés, Bel Air cache des secrets qui vont mettre les inspecteurs face à une effroyable vérité.
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 61
EAN13 : 9782748126020
Nombre de pages : 111
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LesangdesinnocentesK. N diaye
Lesangdesinnocentes
ROMAN' manuscrit.com, 2002
ISBN: 2-7481-2603-3 (pourle fichiernumØrique)
ISBN: 2-7481-2602-5 (pour le livreimprimØ) CHAPITREPREMIER:NID DE VIP¨RES
1
La premiŁre fois qu Emilie Coulthard-Vernet
posa les yeux sur l imposante bâtisse du pensionnat
Bel Air, situØ à la sortie de Fontainebleau en Seine
et Marne, un frisson lui parcourut l Øchine. La
brume matinale donnait au pensionnat un aspect
inquiØtant presque fantomatique. Le parc aux cou-
leurs chatoyantes de l automne Øtait plongØ dans un
silence quasi-religieux. Emilie rØcupØra une grosse
valise à carreaux dans le coffre d’un taxi en gris
chromØ flambant neuf et pØnØtra timidement dans
le bâtiment principal. Le grand hall aux formes
arrondies possØdait un sol en damier qui sentait
l’encaustique. Un grand escalier de marbre lui fai-
saitface. UnefemmeauvisagemarquØ,latrentaine
passØe, grande, sŁche, brune aux reflets auburn et
vŒtue d un tailleur anthracite s approcha avec une
dØmarche militaire vers la jeune adolescente. Elle
lui tendit la main tout en la dØtaillant avec une
certaine mØfiance.
Apparemment la tenue d Emilie ne lui plaisait
pas. Il faut dire que la jeune fille avait une allure
qui ne cadrait en aucun cas avec le classicisme du
lieu. Une mŁche teinte en violet lui barrait le front,
7Le sang des innocentes
son nez Øtait percØ d’un anneau, elle portait un pan-
talon en cuir noir et pour finir son visage supportait
unmaquillageoutrancier. Letoutluidonnaituneap-
parence gothique.
Je suis Barbara De Falsff, la directrice de cet
Øtablissement. Je vous souhaite la bienvenue mais
vous allez immØdiatement aller dans votre chambre
pour vous dØbarbouiller et mettre une tenue dØcente
pourressembleràquelqu undeconvenable. Suivez-
moi ! »
Emilie avaitenviedevomir mais elle secontenta
d Ømettre un souffle d agacement et suivit la direc-
trice à contrecœur. La jeune fille croisa sur le che-
min quelques pensionnaires qui la dØvisagŁrent en
rØfrØnant des gloussements. Emilie les ignoraet dØ-
taillaitlesreproductionsdes peintures flamandesdu
dix-septiŁme siŁcle de Rubens, Van Dyck qui agrØ-
mentaient les murs, un grand d me dorØ qui sur-
plombait l artŁre centrale. “Du tape à l il, pensa
Emilie, Øc urØe par ce luxe ostentatoire. Elle se
mit à maudire ses parents, de riches industriels, de
l avoir envoyØ ici en catastrophe aprŁs son renvoi
d unautrepensionnatchiclondonien. Pourconsom-
mation d’ectasy. Elle regrettait la prØsence de sa
copine Sandy avec qui elle faisait les quatre cents
coups. Elles s Øtaient promis de se revoir Noºl pro-
chain. Coßte que coßte. Mais dans l immØdiat, elle
devaitseule,affronterl universcarcØralequeluiins-
piraitlespensionnats. Cetteimpressionseconfortaà
ses yeux lorsqu elle dØcouvrit sur son lit la tenue de
la parfaite lycØenne : chemise blanche brodØe, jupe
plissØe, longues chaussettes blanches, cardigan gris
avec l Øcusson de l’Øcole.
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L’horreur. Emilie le pensa si fort que mademoi-
selleDeFalsffsemblaitavoirentendusoncridedØ-
tresse. «Jesuissßrequecettetenuevousiraàravir,
lan a t-elle avec ironie.
-Jen endoutepas,rØponditsurlemŒmetonEmi-
lie.
-Je vous attends dans mon bureau dans une
heure. »
Elle sortit de la chambre en claquant la porte. La
jeune fille fit le tour de la piŁce. Elle Øtait modeste,
ne comportant que le strict nØcessaire, une armoire
en pin, un bureau et deux chaises. Les murs Øtaient
revŒtus d une tapisserie ringarde avec des motifs
grossiers. La prØsence d un second lit laissait sup-
poser qu elle devait partager sa chambre. Emilie se
rØsigna à vŒtir l uniforme. Elle se dØmaquilla et ta
son piercing nasal.
Voil je ressemble à une parfaite fille de bonne
famille… totalement insipide. Elle fut prise d’un
rirenerveux. Acetinstant,laportes ouvritetlaissa
placeàuneadolescenteasiatique. ElleØtaitdepetite
taille, fluette, avec une longue chevelure noire et
soyeuse.
Bonjour,dit-elled unairjovial,tudoisŒtreEmi-
lie. EnchantØ de faire ta connaissance, je m appelle
Lin,tacompagnedechambre. Lajeunechinoiseten-
ditlajouepourluifairelabisecequisurprisEmilie.
« Bonjour, fit simplement Emilie.
-Je suis contente que tu sois l , j en avais assez
d’Œtre seule. J espŁreque tute plairas àBelAir.
-J en doute,rØtorqua froidementl adolescente.
-Tu t y feras, j ai eu la mŒme rØaction que toi
quand je suis venue il y a un an. J y ai dØcouvert
quelquechosedetrŁsimportantquejen avaisjamais
ressenti jusqu prØsent.
-C estquoi? questionnaEmilieplusparpolitesse
que par curiositØ.
9

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