Le secret du tombeau

De
Publié par

Tome 1 de la série suspense « The Graveyard Queen », d'Amanda Stevens.

Lorsque le cadavre d'une jeune femme est découvert dans le vieux cimetière de Charleston dont on lui a confié la restauration, Amelia Gray comprend que sa vie solitaire et tranquille est en train de voler en éclats. Car le meurtrier, comme s’il prenait un plaisir sadique à la provoquer, a dissimulé des indices pouvant mener jusqu’à lui au milieu des pierres tombales. Des indices qu’elle est la seule à pouvoir déchiffrer… Aussi, quand l’inspecteur John Devlin lui demande son aide pour résoudre cette affaire, Amelia pressent qu’elle n’a pas le choix : elle va devoir mener l’enquête avec lui. Pourtant, elle qui cache depuis l’enfance un don terrible et étrange sait aussi qu’il lui faudrait à tout prix garder ses distances avec cet homme sombre et ténébreux, hanté par des ombres du passé. Sauf que l’attirance qu’elle ressent pour Devlin ne fait que s'intensifier à mesure que les indices la rapprochent du tueur… mais aussi du voile ténu qui sépare les vivants du monde des morts.

A propos de l’auteur :

Dans ses romans, Amanda Stevens accorde une grande importance à la psychologie de ses personnages. Elle sait transcrire avec talent, par le biais de situations intenses, la force de leurs émotions et leur combat contre le mal.

« Découvrez The Graveyard Queen, une série aussi haletante que bouleversante : dans un style nerveux et résolument contemporain, Amanda Stevens construit ici des intrigues passionnantes, dont les nombreux rebondissements vous tiendront en haleine. Des suspenses saisissants et originaux qu’on se plaît à savourer… et dont on attend la suite avec impatience ! »

A retrouver dans la série « The Graveyard Queen » :

Prologue : Le temps du secret
Tome 1 : Le secret du tombeau
Tome 2 : Les secrets d'Asher Falls
Tome 2 : Le secret de la nuit
Publié le : mardi 1 juillet 2014
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280319423
Nombre de pages : 416
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
1
J’avaîs neuf ans orsque je vîs mon premîer fantôme. J’aîdaîs mon père à ramasser es feuîes entre es tombes du cîmetîère dont î étaît e gardîen. Les prémîces de ’automne commençaîent à peîne à se faîre sentîr. I faîsaît encore doux, assez pour se passer d’un pu-over. Maîs, cet après-mîdî-à, ’aîr s’étaît subîtement rafraïchî dès que e soeî avaît pongé derrîère es chênes. Une brîse égère charrîaît une odeur de feu de boîs mêée d’aîguîes de pîn et, comme e vent se evaît, une nuée d’oîseaux noîrs prît soudaîn son envo depuîs a cîme des arbres, te un mauvaîs présage. La maîn en vîsîère, je es regardaî passer. Ce n’est qu’en baîssant a tête que je e vîs. I se tenaît au oîn, sous es branches tombantes d’un vîeux chêne vert. La umîère chatoyante quî itraît à travers es fougères baîgnaît sa sîhouette d’un hao verdâtre îrîsé d’or, aux relets surnatures. I étaît à demî dîssîmué dans ’ombre, à te poînt que, ’espace d’une seconde, je crus à un mîrage. Dans a umîère décînante, son contour se it peu à peu pus net. Les traîts de son vîsage se dessînèrent progressîvement. C’étaît un vîeux monsîeur, encore pus vîeux que mon père, avec des cheveux bancs quî tombaîent sur e co de sa veste, et des yeux où sembaît danser une lamme întérîeure. Courbé sur son râteau, mon père, împassîbe, s’échînaît à nettoyer es tombes engazonnées.
9
— Ne e regarde pas, me dît-î entre ses dents. Interdîte, je is vote-face. — Tu e voîs, toî aussî ? — Ouî, je e voîs. Maîntenant, reprends ton travaî. — Maîs quî est-ce ? — Je t’aî dît de ne pas e regarder ! La sévérîté de sa voîx manqua de me faîre sursauter. Rares étaîent es foîs où î haussaît e ton avec moî. Et qu’î me reprenne aussî brusquement, sans a moîndre raîson, me it înstantanément monter es armes aux yeux. S’î étaît une chose que je trouvaîs însupportabe, c’étaît bîen es réprîmandes de mon père. — Ameîa…, reprît-î. I y avaît des regrets dans sa voîx, et de a compassîon dans ses yeux beus. Maîs ce sentîment, je ne devaîs ’îdentîier que pus tard. — Excuse-moî de t’avoîr grondée, maîs î est très împortant que tu fasses ce que je te dîs. Tu ne doîs pas e regarder, répéta-t-î d’une voîx radoucîe. Nî uî nî es autres. — Est-ce que c’est un… ? — Ouî. Un frîsson gacîa parcourut ma coonne vertébrae. Maîs je gardaî es yeux au so, obéîssant sagement à ses înstructîons. — Pérot…, murmuraî-je. Je ’avaîs toujours appeé comme ça. J’îgnore d’où m’étaît venue ’îdée d’un surnom aussî désuet, maîs î uî aaît comme un gant. Même s’î n’avaît pas encore cînquante ans, î m’avaît toujours paru d’un âge vénérabe. D’aîeurs, aussî oîn que mes souvenîrs remontaîent, je ’avaîs toujours connu aînsî, e vîsage burîné, sîonné de profondes rîdes, pareî au ît craqueé d’une rîvîère desséchée, et es épaues voûtées sous e poîds des années qu’î avaît passées, pîé en deux, à s’affaîrer au-dessus des tombes.
10
Magré son dos déformé, son port dégageaît une grande dîgnîté, et son regard, tout comme son sourîre, îrradîaîent une tendresse îninîe. Du haut de mes neuf ans, je ’aîmaîs de tout mon cœur. Maman et uî constîtuaîent tout mon petît monde. Du moîns jusqu’à ce moment. Queque chose avaît subîtement changé dans ’expres-sîon de mon père. Résîgné, î ferma entement es yeux, tout en prenant une ongue înspîratîon. Puîs î mît nos râteaux de côté et posa une maîn sur mon épaue. — Nous aons faîre une petîte pause, dît-î. Tournant e dos au fantôme, nous nous assïmes sur e so et contempâmes onguement ’ocre du crépuscue, quî rampaît à notre rencontre depuîs es Basses Terres de Caroîne du Sud. Magré a caresse encore tîède des dernîers rayons de soeî sur mon vîsage, je trembaîs comme une feuîe. — C’est quî ? inîs-je par murmurer, încapabe de tenîr ma angue pus ongtemps. — Je ne saîs pas. — Pourquoî je doîs pas e regarder ? însîstaî-je, redoutant davantage a réponse de mon père que e fantôme uî-même. — Parce qu’î ne faut pas qu’î sache que tu e voîs. — Maîs pourquoî ? Face à son mutîsme, je ramassaî machînaement une feuîe morte, a perçaî d’une aîguîe de pîn et a is tourner nerveusement entre mes doîgts à a manîère d’un mouînet. — Pourquoî, pérot ? m’entêtaî-je. — Parce que es morts feraîent n’împorte quoî pour rejoîndre notre monde. Ce sont des parasîtes. Is se nourrîssent de notre énergîe et se repaîssent de notre chaeur. S’îs s’aperçoîvent que tu es voîs, îs s’accro-cheront à toî comme a mîsère sur e pauvre monde ! Jamaîs tu ne parvîendras à t’en débarrasser. Is inîront par te dérober ta vîe.
11
Je ne saîs pas sî je comprîs tout ce que mon père me dît ce jour-à, maîs ’îdée d’être hantée à jamaîs me gaça e sang. — Tout e monde n’a pas e pouvoîr de es voîr, pour-suîvît-î. Maîs, pour ceux d’entre nous quî e peuvent, î y a certaînes précautîons à prendre pour nous protéger, nous et ceux quî nous entourent. La premîère — et a pus împortante — est de ne jamaîs es aîsser devîner que nous es voyons. Ne es regarde pas, ne eur pare pas, ne es aîsse pas percevoîr ta peur. Même orsqu’îs te touchent. Un frîsson de terreur me parcourut. — Is… Is peuvent nous toucher ? — Parfoîs, ouî. — Et tu sens eurs maîns ? I prît une courte înspîratîon. — Ouî, tu es sens. Prîse de panîque, je âchaî mon petît mouînet. Ramassant mes genoux contre mon menton, je serraî fort mes bras autour de mes jambes. Magré mon jeune âge, j’étaîs déjà capabe de rester came en apparence, même sî mon cœur battaît a chamade. — La deuxîème chose que tu doîs savoîr est cee-cî, reprît mon père. Ne t’éoîgne jamaîs des sanctuaîres. — Qu’est-ce que c’est, pérot, un sanctuaîre ? — La partîe ancîenne de ce cîmetîère en est un, par exempe. Maîs ça n’est pas e seu. I en exîste d’autres, où tu seras toujours en sécurîté. D’îcî queque temps, ton înstînct saura te guîder jusqu’à eux. Tu sauras natureement quand tu en auras besoîn et où tu pourras es trouver. Je m’efforçaî d’assîmîer ses consîgnes, sans toutefoîs parvenîr à comprendre vraîment cette îdée de sanctuaîre. Pourtant, en mon for întérîeur, je savaîs depuîs toujours que e vîeux cîmetîère étaît un endroît pas comme es autres. Lové contre e lanc de a coîne, protégé du soeî par
12
es branches noueuses des chênes verts, Rosehî s’étendaît dans a fraïcheur du sous-boîs, ombragé et pîttoresque. C’étaît, à vraî dîre, e îeu e pus sereîn que j’avaîs jamaîs connu. I étaît fermé au pubîc depuîs bîen des années et, quequefoîs, orsqu’î m’arrîvaît de m’y promener toute seue, je me iguraîs que es anges ébréchés quî peupaîent es massîfs de fougères étaîent autant de fées et de nymphes des boîs. Et moî, eur déesse, je régnaîs sur mon cîmetîère comme une reîne sur son royaume. La voîx de mon père m’arracha à mes rêverîes. — Rège numéro troîs… Certaînes personnes sont hantées. Garde tes dîstances avec ees. Et, sî jamaîs ’une d’ees tente d’entrer en contact avec toî, détourne-toî de son chemîn, car ces gens-à représentent une terrîbe menace. Personne ne peut eur faîre coniance. — Est-ce qu’î y a d’autres règes ? demandaî-je, moîns par curîosîté que parce que je ne savaîs pas vraîment quoî dîre. — Ouî, maîs nous en parerons pus tard. I se faît tard, maîntenant, ma chérîe… Nous ferîons mîeux de rentrer avant que ta mère ne s’înquîète. — Ee es voît, ee aussî ? — Non. Et tu ne doîs pas uî en parer. — Pourquoî ? — Ee ne croît pas aux fantômes. Ee penseraît que tu es as îmagînés ou que tu racontes des bêtîses. — Maîs je pourraîs jamaîs mentîr à maman ! — Je e saîs bîen, ma chérîe. Maîs cea doît rester notre secret. Quand tu seras pus grande, tu comprendras. Pour ’înstant, efforce-toî de suîvre es règes du mîeux que tu peux, et tu verras que tout îra bîen. Tu croîs que tu en es capabe ? — Ouî, pérot. Maîs, tandîs que je formuaîs ma promesse, une îrré-sîstîbe envîe me dévoraît déjà : jeter un œî par-dessus mon épaue.
13
La brîse redoubant d’întensîté, un froîd gacîa m’envahît soudaîn. Conjurant a tentatîon, je réussîs à ne pas me retourner, maîs je savaîs qu’î étaît à. I s’étaît rapproché, et mon père e savaît, uî aussî. I étaît tendu, e vîsage fermé. — Maîntenant, assez paré. Souvîens-toî bîen de tout ce que je t’aî dît. — Ouî, pérot. L’haeîne gacîae du fantôme efleura a base de ma nuque et je me mîs à greotter. A trember comme une feuîe, sans pouvoîr me contrôer. — Tu as froîd ? s’enquît mon père d’un ton faussement nature. C’est norma, c’est a saîson. Le temps commence à changer. L’été ne peut pas durer éterneement. Je ne dîs pas un mot. J’en auraîs été bîen încapabe. Les maîns du fantôme fouîaîent ma cheveure. Caressant mes mèches encore chaudes de soeî, î es it entement gîsser entre ses doîgts. Papa se eva et me tendît e bras. Le fantôme s’éoîgna un înstant, avant de revenîr à a charge. — Fîons, maîntenant. Ta mère m’a dît qu’ee nous préparaît un gombo aux crevettes, ce soîr. I attrapa es râteaux et es caa sur son épaue. — Avec de a purée de mas ? demandaî-je d’une voîx banche, presque înaudîbe. — Sûrement. Aez, vîens. On va couper à travers ’ancîen cîmetîère. Tu vas voîr, j’aî nettoyé pusîeurs pîerres tombaes, ce matîn. Et puîs, tu verras es petîts anges. I prît ma maîn et a serra entre ses doîgts chauds et rassurants tandîs que nous traversîons e cîmetîère, e fantôme sur nos taons. Nous atteîgnïmes a partîe ancîenne du cîmetîère. Papa avaît déjà tîré a cé de sa poche. I a it tourner dans a serrure, et e ourd portaî en fer pîvota sans bruît sur ses gonds soîgneusement huîés. A peîne avîons-nous pénétré dans e sanctuaîre que
14
ma peur s’étaît dîssîpée. Ce courage înattendu me rempît d’assurance. Je is sembant de trébucher et, tout en m’age-nouîant pour refaîre mon acet, je ançaî en arrîère un coup d’œî vers e portaî. Le fantôme lottaît dans ’aîr, juste de ’autre côté. Manîfestement, î étaît încapabe d’entrer, et je ne pus retenîr un rîctus vîctorîeux. Maîs, tandîs que je me reevaîs, mon père me ixa droît dans es yeux. — Rège numéro quatre ! ança-t-î d’un ton sévère. Ne t’avîse jamaîs, jamaîs de provoquer e destîn.
Mes souvenîrs d’enfance s’envoèrent brusquement avec ’arrîvée de a serveuse. Les bras chargés d’un îmmense pateau, ee m’apportaît e hors-d’œuvre sur eque j’avaîs jeté mon dévou. Une soupe de tomates vertes grîées, a spécîaîté de a maîson, sembaît-î, tout comme a tarte aux noîx de pécan que je comptaîs bîen commander en dessert. Sîx moîs pus tôt, j’avaîs déménagé de Coumbîa à Chareston, où j’avaîs prîs mes quartîers. J’avaîs maîn-tenant trouvé mes marques dans ma nouvee vîe, maîs je n’avaîs encore jamaîs poussé a porte de ’un de ces restaurants gastronomîques quî s’aîgnaîent sur e front de mer. D’ordînaîre, mon budget ne m’y autorîsaît pas, maîs ce soîr-à, c’étaît un soîr partîcuîer. Pendant que a serveuse s’appîquaît à déboucher ma bouteîe de champagne, je surprîs son regard de bîaîs. La jeune femme me consîdéraît avec une curîosîté non dîssîmuée — presque înconvenante, d’aîeurs —, maîs pour rîen au monde je ne ’auraîs aîssée me gâcher e paîsîr de cet înstant. Certes, j’étaîs seue, maîs ce n’étaît pas une raîson sufisante pour me prîver d’une petîte fête. Un peu pus tôt, je m’étaîs octroyée une ongue baade sur a Battery. J’avaîs remonté toute a promenade hîstorîque quî ongeaît e front de mer, et même poussé jusqu’au bout de a pénînsue et admîré e soeî couchant.
15
Derrîère moî, a vîe rougeoyaît dans es dernîers rayons du jour, tandîs que, devant moî, e cîe écataît en un kaéîdoscope de rose, de avande et d’or. Les couchers de soeî, en Caroîne du Sud, avaîent toujours queque chose de profondément émouvant, maîs à ’approche du crépuscue e paysage tout entîer s’étaît d’un seu coup fondu en une grîsaîe unîforme. Un brouîard monté du arge s’accrochaît maîntenant à a cîme des arbres, formant une canopée argentée. Soudaîn, une ombre ouatée vînt se camper derrîère une tabe voîsîne, sous a fenêtre. I n’en faaît pas davantage pour émousser mon enthousîasme. Le crépuscue est un moment déîcat, pour es gens comme moî. Un înstant de lottement crîtîque et dange-reux. Un entre-deux, comme a grève entre ’océan et e contînent, ou a îsîère d’une forêt.Caol’aIt, c’est aînsî que es Cetes désîgnaîent ces înstants et ces îeux ténus où a barrîère déîcate entre notre monde et ’au-deà se résume à un voîe transparent d’une îninîe égèreté. Détournant e regard de a fenêtre, j’avaaî entement une ampe gorgée de champagne, détermînée à ne pas aîsser a socîété des esprîts me gâcher ma soîrée. Au fond, ce n’étaît pas tous es jours qu’une tee aubaîne tombaît du cîe. Et cette foîs, je n’avaîs, pour aînsî dîre, quasîment pas eu à ever e petît doîgt. D’ordînaîre, mon métîer consîste en de ongues heures de travaî manue pour une rémunératîon modeste. Je suîs restauratrîce de cîmetîères. Je sîonne tout e sud des Etats-Unîs, et restaure es cîmetîères oubîés, aîssés à ’abandon, réparant es vîeîes pîerres tombaes usées par es ééments, brîsées par es vîcîssîtudes du temps. C’est un travaî rude, parfoîs même harassant. La réha-bîîtatîon compète d’un grand cîmetîère peut demander pusîeurs années de abeur mînutîeux, tantôt en peîn soeî, tantôt sous une puîe battante. C’est un métîer de patîence, quî aîsse peu de pace aux récompenses
16
îmmédîates et aux proits facîes. Maîs j’adore ce que je faîs. Nous autres, dans e Sud, avons toujours voué un cute partîcuîer à nos ancêtres, et je suîs heureuse de penser que, d’une certaîne façon, grâce à mon travaî, je permets aux habîtants du présent de se rapprocher de ceux quî ont vécu avant nous. A mes heures perdues, j’anîme un bog, que j’aî baptîsé « Au coîn de a tombe ». Les taphophîes, amoureux des cîmetîères, et autres arpenteurs passîonnés de nécropoes abandonnées peuvent y échanger des photographîes, des technîques de restauratîon, et même, à ’occasîon, queques hîstoîres de fantômes. J’avaîs ancé ce bog en tant que hobby, rîen de pus, maîs depuîs queques moîs mon ectorat avaît îttéraement exposé. Tout commença avec a restauratîon du vîeux cîme-tîère de a petîte bourgade de Samara, au nord-est de a Géorgîe. La tombe a pus récente avaît une bonne centaîne d’années, et es pus ancîennes remontaîent à a pérîode d’avant a guerre de Sécessîon. Le cîmetîère avaît été argement négîgé depuîs que a socîété d’hîstoîre ocae, à court de fonds, avaît dû fermer dans es années soîxante. Les tombes envahîes par a végétatîon dîsparaîssaîent sous es fougères et es ronces, et es pîerres tombaes, îvrées aux assauts des ééments, offraîent des surfaces muettes, poîes par e temps. Les vandaes y avaîent faît eur œuvre, eux aussî, et a premîère des prîorîtés avaît consîsté à ramasser et évacuer près de quarante années de déchets accumués. Depuîs des années, des rumeurs persîstantes racon-taîent que e cîmetîère étaît hanté, à te poînt que certaîns habîtants de a petîte bourgade refusaîent catégorîquement d’y mettre es pîeds. Dans ces condîtîons, j’avaîs eu tout e ma du monde à trouver de a maîn-d’œuvre sur pace, et pus encore à a garder. Pourtant, j’étaîs bîen pacée pour savoîr que e cîmetîère de Samara n’étaît habîté d’aucun fantôme.
17
J’avaîs donc dû me résoudre à faîre a pus grande partîe du travaî moî-même. Maîs, une foîs e nettoyage termîné, ’attîtude des habîtants avaît changé radîcae-ment. De eur propre aveu, j’avaîs îbéré eur vîe d’un nuage sombre quî pesaît sur ee depuîs trop ongtemps. Les pus enthousîastes étaîent aés jusqu’à me conier que ma restauratîon n’avaît pas été seuement physîque, maîs spîrîtuee. Un reporter accompagné d’une équîpe de tournage avaît été dépêché sur pace depuîs Athens, au nord de ’Etat, pour m’întervîewer. Lorsque a vîdéo avaît été mîse en îgne, quequ’un avaît repéré en arrîère-pan un relet dont e contour rappeaît vaguement une sîhouette humaîne. I lottaît au-dessus du cîmetîère et sembaît monter au cîe. A a vérîté, î ne faaît rîen y voîr de pus qu’une îusîon d’optîque, maîs a nouvee s’étaît répandue comme une traïnée de poudre. Des dîzaînes de sîtes web spécîaîsés dans e paranorma avaîent reprîs e soî-dîsant scoop, et a vîdéo pubîée sur YouTube avaît décenché des dîzaînes de mîîers de cîcs. C’est à ce moment que es înternautes avaîent commencé à consuter en masse « Au coîn de a tombe », où je m’exprîmaîs sous e pseudonyme de « Reîne des cîmetîères ». Et bîentôt, a fréquentatîon de mon bog étaît devenue tee que es producteurs d’un magazîne téévîsé consacré aux chasseurs de fantômes avaîent proposé de sponsorîser mon sîte. D’où a bouteîe de champagne et ’exquîse tourte aux champîgnons du très séect Pavîîon, sur a jetée de Chareston. On dIraIt bIen que la vIe a enin décIdé de me sourIre, me dîs-je à moî-même, avec un brîn d’autosatîsfactîon. C’est aors qu’un hasard accrocha mon regard au fantôme. Maîs surtout, uî aussî me ixaît droît dans es yeux.
18
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi