Le seigneur des sables (Harlequin Prélud')

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Le seigneur des sables, Diana Palmer

"Depuis des années, aucune femme n'a su éveiller mon désir. Des rumeurs commencent à courir à ce sujet parmi mes ennemis. Il faut absolument les faire taire. Aussi, je vous propose un rôle : celui de première et unique concubine du cheikh. Aux yeux de tous, vous serez donc ma maîtresse, mais vous ne partagerez pas mon lit..."

Passé le premier moment de stupeur, Geraldine se sent parcourue d'un frisson d'excitation. Certes, elle était vierge et inexpérimentée, mais le cheikh était un homme ténébreux, racé, très séduisant, et elle pouvait déjà sentir son imagination l'entraîner sur des chemins sensuels. Alors, donner le change ? Seulement ? Elle voulait plus, beaucoup plus. En fait, elle le voulait lui. Il l'attirait comme un aimant. Si bien qu'elle s'en fit le serment : elle allait réussir là où toutes les autres femmes avaient échoué et, à la fin de son séjour au Qawi, elle serait devenue si experte et habile que le cheikh ne voudrait plus jamais la quitter. Et même, il l'épouserait.

Publié le : jeudi 1 février 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280262132
Nombre de pages : 352
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Chapitre 1
Le Maroc…
En embarquant à bord du long-courrier, Geraldine fit défiler dans sa tête la mosaïque d’images bigarrées qu’évoquait ce seul nom. Les souks, les palais à l’architecture somptueuse… Les épices enivrantes… Les charmeurs de serpents… De sombres Berbères voilés de bleu profond, sur les contreforts des montagnes du Rif…
Et le désert. Pour elle, la Texane de souche, un pays aussi lointain, niché au carrefour de deux mers et porte de l’Afrique, représentait avant tout une énigme. L’exotisme absolu… Assise à côté d’elle, son amie Maggie semblait elle aussi absorbée dans ses rêves.
Les trois heures trente que dura le vol de Bruxelles à Casablanca filèrent à la vitesse de l’éclair. Le temps de lire la presse internationale distribuée gracieusement… et l’avion se posa en douceur sur le tarmac de Casa, au bord de l’Atlantique, sous les applaudissements enthousiastes des passagers.
Peu après, Geraldine eut la sensation de débarquer dans un autre monde…
Ici, chacun avançait masqué. Telle fut du moins la première réflexion qui lui vint à l’esprit comme elle observait, avec curiosité, la foule grouillant dans le terminal principal de Casablanca. Les corps étaient dissimulés sous d’amples robes gracieuses, à capuchon et manches longues — djellaba pour les hommes à la tête enveloppée d’un long chèche blanc ou noir, cafetan pour les femmes souvent voilées, dans la plus pure tradition musulmane.
Plus surprenant, une escouade de gardes armés en tenue de camouflage escorta les voyageurs en transit jusqu’au comptoir des douanes, puis de là, vers différentes salles d’attente en fonction de la correspondance retenue.
Le décollage pour Tanger fut un moment d’éblouissement. Le front collé au hublot, Geraldine bénéficia d’un panorama saisissant tandis que le gros porteur amorçait son virage pour mettre cap au nord. Et, surprise, la jeune femme regarda Casa, paresseusement étalée au bord de l’océan, qui déployait sa blancheur fastueuse. Le vert métallique des palmeraies tranchait sur les myriades de toits en terrasse immaculés qui se découpaient sur l’azur. Mais le plus étonnant, peut-être, pour Geraldine, fut de découvrir que quantité de gratte-ciel sugissaient au cœur même de la cité. Vues du ciel, les rues paraissaient aussi embouteillées que dans n’importe quelle métropole américaine…
Perdue dans sa contemplation, elle ne vit pas le temps passer. De nouveau, l’avion amorçait sa descente ; de nouveau, il fallut déjà boucler sa ceinture. On était sur le point d’atterrir à Tanger.
*  *  *
Maggie et Geraldine débouchèrent dans la touffeur de la nuit méditerranéenne. De nombreux taxis s’alignaient devant l’unique terminal et les chauffeurs attendaient les voyageurs.
Si bien que, quelques minutes plus tard, une Mercedes les conduisait à l’hôtel Minzah dont l’agence de voyages leur avait vanté le confort, les services et surtout, la vue exceptionnelle sur la baie de Tanger.
Dans les rues pleines de monde en dépit de l’heure tardive, l’éclairage généreux soulignait les singularités de la cité cosmopolite. Ainsi le trafic, très dense, offrait un contraste incongru avec les vestiges antiques qui se dressaient à l’improviste au détour des carrefours. Habituée à une conduite pondérée au volant, Geraldine tressaillait à chaque voiture jaillissant à l’improviste des ruelles adjacentes, Klaxon poussé à fond. Le coude à la portière — tous, ici, roulaient vitre baissée — les conducteurs entamaient alors des échanges exaltés dans un arabe guttural, gestes vigoureux à l’appui, tout en rivalisant d’habileté pour se faufiler…
Au fil des minutes, on se laissait prendre au charme de cette animation presque électrique. C’était si bon de lâcher prise et de humer, la tête renversée contre le dossier, les senteurs étranges, épicées et suaves, qui embaumaient la nuit ! Là-haut, à tous les coins de rue, la couronne brillante et touffue des palmiers frémissait dans la brise tiède. Une vague de bien-être envahit Geraldine, qui échangea un regard avec sa compagne. Ces vacances promettaient d’être grandioses. Après l’escale de Bruxelles qui leur avait offert un bref, un trop bref aperçu de l’Europe, voilà que le Maroc étalait ses fastes sous leurs yeux éblouis.
— Quelle aventure, murmura-t-elle, les yeux rougis de sommeil.
— Je t’avais promis un bond dans l’inconnu ! confirma Maggie en souriant. Le voyage est épuisant, mais il en vaut la peine.
Geraldine acquiesça en silence et se replongea dans sa contemplation émerveillée. Quelques tenues occidentales, parmi les badauds, tranchaient sur les robes traditionnelles.
— Est-ce que nous sommes loin du Sahara ? demanda alors la jeune femme.
Le chauffeur lui jeta un regard amusé dans le rétroviseur.
— Le désert du Sahara se trouve à plusieurs centaines de kilomètres d’ici, mademoiselle.
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