Le soleil du fleuve

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Un samedi matin à l’aube, le beau-fils d’un bijoutier se fait voler une mallette pleine de pierres précieuses. Pour cela, les truands n’hésitent pas à couper la main qui retenait la mallette. Peu à peu de bouche à oreille, les notables, mais aussi les brigands de Cayenne sont mis au courant de ce rapt. Lorsque l’un des voleurs est assassiné, cette banale affaire de vol prend une ampleur considérable, surtout que dans ce même samedi un couple est trouvé massacré. Y-a-t-il un lien ? Ces pierres précieuses qui suscitent tant de convoitise, passeront ainsi de main en main, pour une destination inconnue. Un roman à travers lequel, André Paradis, nous décrit les facettes diverses et multiples de la Guyane tant dans ses paysages que dans ses populations et ses classes sociales.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782844508843
Nombre de pages : 287
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Chapitre 1
LeS dIamantS débaRquèRent de l’avIon de la suRIname AIRwayS en pRovenance de Belém le 27 maI veRS une heuRe tRente du matIn, avec SIx heuReS de RetaRd. La valISe de faux cuIR bRun quI leS contenaIt ne payaIt paS de mIne, maIS une petIte chaîne d’acIeR bRIllant la RelIaIt au poIgnet de Son accompagnateuR, SIgne ceRtaIn que celuI-cI luI accoRdaIt une ceRtaIne ImpoRtance.
BIen SûR, la valISe ne contenaIt paS que deS dIamantS : Il y avaIt SuRtout deS pIeRReS de couleuR oRIgInaIReS du BRéSIl, dont quelqueS émeRaudeS d’un jolI pRIx, et une Rangée de pépIteS de taIlle et de foRmeS IntéReSSanteS, maIS l’eSSentIel de Sa valeuR venaIt d’un lot d’une douzaIne de dIamantS dont l’oRIgIne n’étaIt paS foRcément celle IndIquée SuR leS ceRtIfIcatS quI leS accompa-gnaIent, maIS cecI eSt une autRe hIStoIRe et quI ne nouS RetIendRa paS.
L’homme que la chaîne attachaIt à la valISe étaIt jeune et élé-gant, d’un type humaIn paRfaItement IndéteRmIné, et donc d’une natIonalIté InvéRIfIable au RegaRd du polIcIeR (comme de l’ethno-logue) le pluS ImagInatIf. il Se RendIt d’un paS feRme, comme S’Il avaIt l’habItude deS lIeux veRS leS buReaux de la douane, où Il pRéSenta un paSSepoRt bRéSIlIen, quI fut étudIé avec SoIn avant d’êtRe accepté, et Il fut admIS danS un autRe buReau IntéRIeuR où ce genRe paRtIculIeR d’ImpoRtatIon RecevaIt leS attentIonS qu’Il méRItaIt. Cela ne pRIt que quelqueS heuReS, caR la maRchandISe étaIt on ne peut pluS en Règle, et Son nouveau pRopRIétaIRe légal étaIt venu luI-même la cheRcheR avec touteS leS gaRantIeS exIgéeS. il étaIt cInq heuReS quaRante-cInq quand la valISe, quI avaIt changé de poIgnet, put quItteR l’aéRogaRe de Cayenne-rochambeau, à boRd d’une renault ClIo blanche maIS paS tRèS pRopRe, quI attendaIt juSte en face de la SoRtIe deS paSSageRS, en accoRd avec la polIce, dont la complIcIté eSt en pRIncIpe néceS-SaIRe pouR StatIonneR à cet endRoIt. A SIx heuReS dIx, à l’heuRe où le SoleIl pRenaIt Son élan juSte SouS l’hoRIzon, la valISe, toujouRS au même poIgnet gauche, deScendaIt de voItuRe devant une
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gRande bIjouteRIe du centRe de Cayenne. Elle n’avaIt que deux mètReS à faIRe pouR paSSeR de la voItuRe à la boutIque, maIS elle ne leS fIt paS. Elle étaIt à peIne SoRtIe de la voItuRe qu’elle Se tRouva face à face avec le canon ScIé d’un fuSIl de chaSSe rémIngton calIbRe douze, et là, quelqu’un S’IRRIta de ce que la chaîne quI la RelIaIt au poIgnet avaIt une SeRRuRe dont la clef n’étaIt paS ImmédIatement dISponIble. sI bIen que, pendant que d’autReS fuSIlS agItaIent leuR canon en touS SenS pouR faIRe ReS-pecteR l’oRdRe et la paIx IndISpenSableS, le poIgnet fut tout SIm-plement tRanché d’un coup de SabRe, ce quI bIen SûR pRovoqua un huRlement quI attIRa l’attentIon deS tRèS RaReS paSSantS de cette heuRe matInale, maIS IlS ne vIRent RIen d’autRe que deux voItuReS quI démaRRaIent en tRombe, devant deux hommeS dont l’un peR-daIt Son Sang et huRlaIt à pleInS poumonS.
PRécISonS que la maIn coupée fut laISSée SuR place, et que leS pompIeRS, quI aRRIvèRent leS pRemIeRS SuR leS lIeux bIen que le commISSaRIat de polIce fut tout pRoche, euRent la bonne Idée de la RamaSSeR et de la confIeR à l’hôpItal, et que fInalement deS chI-RuRgIenS de Lyon paRvInRent à la RemettRe pluS ou moInS en place, ce quI leuR valut leS honneuRS de la pReSSe InteRnatIonale. Cette maIn devaIt RedevenIR pReSque opéRatIonnelle une bonne année pluS taRd, maIS manIfeSta toujouRS une pRofonde Répugnance pouR leS poIgnéeS de valISe, en dépIt de tRaItementS pSychologIqueS pRolongéS et coûteux.
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