Le sortilège du vent

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Azilis rentre en Gaule pour retrouver son frère jumeau Ninian. Grâce aux visions de Myrddin, elle apprend qu’il est esclave à la cour du roi franc Childéric. Myrddin l’initie à la magie et ils descendent tous les deux dans le Monde des Ténèbres afin d’y lire l’indicible... En Grande-Bretagne, Kian est aux côtés d’Arturus qui veut convaincre le roi du clan de Dumnonia de s’allier à lui pour vaincre les Saxons ; ainsi il espère devenir roi. Dans les combats qui éclatent, Kian est prêt à risquer sa vie pour oublier Azilis, séduite par Myrddin…
Une épopée tumultueuse au cœur de l’Europe du Ve siècle, menée par une héroïne d’exception libre et volontaire. À l’image d’Azilis, chaque personnage, même secondaire, trouve son destin au cœur d’un dénouement épique. Ce récit d’aventures se double d’une fresque sur la vie quotidienne des femmes et des hommes de ce siècle, et revisite la légende arthurienne en lui offrant une nouvelle lisibilité, une grande sensualité, une audacieuse modernité.
Publié le : mercredi 20 octobre 2010
Lecture(s) : 10
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782700240528
Nombre de pages : 408
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Sommaire

L’ORAGE DE MER

LE CAUCHEMAR DE KIAN

LEÇON D’ÉPÉE

LES DOUTES D’ARTURUS

LE MONASTÈRE

LE FORT DE HUNNO

LE MONDE DES TÉNÈBRES

LA FAIBLESSE DE CAISU

L’AUBERGE DU NIGRO PULLO

BELLES DE MAI

LES ARMES DE L’ENCHANTERESSE

LA FÊTE DE CALAN HAF

LE PIÈGE DE MARCUS

L’ATTAQUE DES SCOTS

LE SORTILÈGE

« UN ROYAUME T’ATTEND »

LA DERNIÈRE CHEVAUCHÉE

LA PRISON D’AIR

PRINCE KHLODOWING

LES ADIEUX

Couverture de Stéphanie Hans

978-2-700-23751-1

 

© RAGEOT-ÉDITEUR – PARIS, 2010.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

Pour mes enfants, Tristan et Hermione.

Et pour Pierre, évidemment.

L’orage de mer

1

Début avril 478
Mare Britannicum1

 

Le bateau s’immobilisa sur la crête de la vague puis plongea brutalement en avant. Un cri de terreur transperça le tumulte avant de se muer en sanglot. La cale du navire, sombre et malodorante, était parcourue de craquements sinistres. Les muscles tendus, Azilis et Enid se serraient l’une contre l’autre, tentant en vain de résister au roulis qui les projetait contre la coque à chaque instant. Leurs forces diminuaient. Tout comme l’espoir de survivre à la tempête qui faisait rage.

Au matin, quand le bateau avait quitté les côtes de Bretagne2, le soleil luisait dans un ciel d’azur. Deux heures plus tard, des masses de nuages noirs surgissaient du néant, transformaient le jour en crépuscule, s’amassaient sur la mer devenue d’huile. La grande voile qui propulsait leur navire vers la Gaule avait molli, et le navire s’était arrêté.

– Un orage de mer… On va subir un orage de mer…

Même si elle n’avait pas perçu la frayeur dans la voix du marin, Azilis aurait eu peur. Le monde semblait s’être figé. Plus un souffle de vent et, dans l’air humide et tiède, une odeur étrange. Plus aucun goéland. Le capitaine ordonna d’affaler la voile. Les chevaux, entravés dans la cale, s’agitaient en hennissant.

Enfin, un immense éclair avait illuminé l’horizon, zébrant le ciel noir avant de frapper la mer dans un claquement assourdissant.

Et la colère des cieux s’était déchaînée sur eux.

Depuis, à chaque nouveau plongeon du navire, Azilis croyait qu’il ne se redresserait jamais. Les vagues qui soulevaient leur embarcation avaient la taille de montagnes. Combien de temps encore la coque de chêne résisterait-elle à ces chocs répétés ? Combien de temps avant de sombrer ? Chaque instant paraissait être le dernier.

L’orage grondait avec une violence inouïe. Les coups de tonnerre s’enchaînaient et se répercutaient sur la mer tumultueuse, assourdissaient les tympans, réduisaient à un chuintement le terrible déferlement des vagues.

Les chevaux hennissaient en roulant des yeux terrifiés. Parfois, l’un d’eux tentait de rompre les liens qui l’attachaient à un pilier du navire. Caius et ses guerriers s’efforçaient de ne pas montrer leur angoisse. Mais ces hommes qui ne craignaient rien sur la terre ferme avaient le visage blême. Plusieurs vomirent. La mer leur infligeait des nausées contre lesquelles ils n’avaient aucune arme. Combien de temps avant qu’ils ne s’écroulent ? Combien de temps avant qu’un étalon ne s’échappe ?

Azilis, quand elle trouvait la force d’ouvrir les yeux, admirait Myrddin qui passait d’un cheval à l’autre, murmurant à leurs oreilles des mots incompréhensibles qui les calmaient un moment.

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